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lundi, août 23, 2010

Pérégrinations de lac...

Alors que je ramasse les miettes de mes concentrations, je trébuche en effaçant par mégarde un long billet. Celui-ci disparait dans le néant informatique pendant que je hoquette. Voilà bien longtemps que je n'avais pas commis une telle gaffe! Fatiguée je suis...

Je respire de grosses bouffées d'air pur avant de  me replonger dans les eaux troubles de mes neurones agacés. L'été enchaine son dernier sprint. Même si les belles journées ensoleillent les heures qui s'effacent, les collines commencent à jaunir. Le vert se fane. Bientôt l'automne sera là.

Je cherche mes repères de solitude, de cybertravail et de discipline tandis que M'zelle Soleil s'échappe de mes jupes pour gambader de nouveau. Elle croque la vie avec un appétit retrouvé. Cela me comble. Je recommence à dormir (et à rêver).

Après sa première journée de garderie, son éducatrice explique à Juan qu'elle la trouve pareille qu'en son souvenir. Elle l'apprécie beaucoup. C'est une petite fille douce et facile. Je le prends comme un compliment, nous avons bien travaillé. Bientôt elle aura cinq ans...

M'zelle Soleil retrouve confiance en elle. En notre quotidien résonne ses éclats de rires insouciants. Taquine, elle s'amuse de nos limites parentales. L'entendre rire de bon cœur est une musique dont je ne me lasse point.

Même s'il y a de ces jours où je me passerais de la discipline parentale! Constante. Permanente. Hé oui, je sais, cela n'est pas prêt de s'arrêter! J'en ai encore pour des années à répéter, encadrer, guider, expliquer, discipliner...

Avec cet été plâtré, j'ai encore une fois réalisé à quel point l'on ne devait jamais rien prendre pour acquis et combien la banalité du quotidien est précieuse. Voir son enfant courir est naturel en soi mais c'est aussi une chance...

La demoiselle récupère plus vite que sa vieille mère qui désespère de ses pairs. La fin de semaine dernière, l'association pour la protection du lac a organisé un après-midi sans bateau à moteur dans la petite baie de ce grand plan d'eau. Mais c'était sans compter sur un citoyen vexé par l'idée qui en a profité pour faire un petit ramdam local...

La culture des moteurs sur l'eau

Ce citoyen vexé a décidé de protester en organisant une manifestation de bateaux à moteurs dans cette petite baie tranquille. Après avoir écrit à l'association puis téléphoné à la présidente pour la menacer et lui expliquer qu'il en avait assez des actions écolos, il a rassemblé une quarantaine de bateaux pour faire entendre son indignation! Au programme; intimidation des canotiers et kayakistes avec pour grande finale: déversement d'essence dans la baie assez important pour qu'il faille appeler Environnement Canada!

Je reste estomaquée par un tel comportement. Comment peut-on être si abruti? Cela me dépasse. C'est si stupide que j'en reste sans mot. Abasourdie. J'ai honte de mes pairs. La culture des bateaux à moteurs qui sévit au lac me sidère. Et l'on ne parlait même pas du lac en son entier, mais juste de la baie! Ce qui est triste à penser, c'est que l'on peine à rassembler trente personnes pour nos conférences et activités alors que ce genre d'individu peut sans mal regrouper quarante bateaux!

À mes yeux, ce genre d'individu est une sorte de terroriste de lac. Il ressent le besoin de faire régner la terreur chez ceux qui pratiquent canots, voiles et kayaks et il se sent même le droit d'empoisonner le lac pour faire entendre sa voix. Désabusée je suis.

Lake vibrations

Dimanche, M. Claude Phaneuf a donné une conférence pour aider à mieux comprendre les enjeux des lacs au Québec. Une vingtaine de personnes étaient présentes. Je connais M. Phaneuf depuis quelques années déjà. J'apprécie toujours la pertinence de ses discours environnementaux. Aussi, lorsqu'il a abordé la problématique des bateaux à moteurs, il a comparé la position de ceux qui osent la dénoncer à ceux qui se retrouvent devant un peloton d'exécution. Fusillade assurée.

J'œuvre au sein de l'association depuis trois ans, plus j'en apprends, plus j'en comprends et plus je décourage. Présentement, je flotte sur un nuage sombre. Si encore il était possible de discuter et d'échanger avec intelligence avec ceux qui pensent que le moteur est vital aux plaisirs nautiques, l'on pourrait penser qu'il y a de l'espoir. Mais c'est loin d'être le cas. Et c'est sans parler de la municipalité qui fait la sourde oreille!

Les usagers de bateaux à moteurs font la loi. Ils se soucient peu de respecter ceux qui apprécient le nautique autrement qu'avec des moteurs. Et c'est bien là le problème. Le manque de respect. Un respect qui est aussi inexistant que la volonté municipale d'affronter ce monstre qui s'ébat à sa surface. Dépitée je suis.

Durant cette conférence j'ai bien aimé l'idée de faire une politique d'usage nautique basé sur les jours pairs et impairs. Par exemple, les jours pairs, les canots, kayaks et voiles sont libres de pratiquer à leur guise et les jours impairs, les embarcations à moteurs peuvent en profiter comme ils savent si bien le faire. Avec bruit et vagues.

J'ai aussi eu l'idée folle d'installer un couloir d'eau désigné pour les canots et kayaks, comme une piste cyclable mais sur l'eau. Ce qui aurait aussi pour bienfait de protéger les rives qui s'érodent sous les vagues des bateaux à moteurs qui les rasent. Mais je sais bien que je rêve en couleurs...

Ceci n'est pas sans me rappeler que la municipalité a déclaré ne pas avoir assez d'argent pour mettre en place une patrouille nautique (qui sensibiliserait et garderait un œil sur les comportements nuisibles), pourtant celle-ci ne rechigne devant aucun frais pour instaurer une dictature de plage en employant des gardes qui en controlent l'entrée et patrouillent le sable. Admettons que lorsque l'été bat son plein, cela puisse se révéler utile, lorsque les vacanciers ont déserté les lieux, ceci devient carrément surréaliste.

Pour l'anecdote: Vendredi dernier, j'emmène M'zelle Soleil et Charles (petit voisin du même âge) à la plage. Évidement, je dois montrer patte blanche pour fouler le sable désert, dérangeant ainsi la lecture du garde de service.

Puis je constate que les quatre sauveteurs de service pique-nique non loin tandis que je surveille les deux enfants présents. Je suis aux anges de savoir que mes taxes sont si bien dépensées! Et je repense à cette déclaration municipale qui explique qu'elle ne possède pas les 4000 dollars nécessaires à la patrouille nautique. Est-ce un manque d'argent ou de volonté? En voyant les sauveteurs pique-niquer et les gardes respirer l'air du temps, ma raison penche sérieusement vers un manque de volonté...

Sur la plage

Lorsque les poissons se rebellent

Mais pour finir sur une note plus légère, je vais conter ici ma récente rencontre avec un poisson psychotique. Une rencontre qui s'est déroulée à fleur d'eau en un endroit calme, sur une rive éloignée de la grande plage. Ce poisson (psychotique à mon imagination mais certainement sain d'esprit sous ses écailles) était pour le moins particulier. Et ce qui est sûr, c'est qu'il a eu le don de me divertir tout en me faisant réfléchir au soleil.

L'on dit que les rives sont la pouponnière du lac. C'est là que les poissons se reproduisent. C'est un environnement fragile qui abrite une vie aquatique dont on ne soupçonne guère la complexité. J'ai toujours trouvé romantique cette idée de pouponnière d'eau...

Mais il aura fallu que je vive dix ans en ce coin de brousse pour rencontrer un poisson. Pas de chance, je tombe sur un agressif! Alors que j'apprécie l'eau douce sur mes jambes nues, je sens un petit coup sur mon orteil. Je me penche et j'observe la transparence limpide pour apercevoir un petit poisson vert prêt à l'attaque! Surprise, je recule. Il se rapproche. Je fais quelques pas en arrière. Il avance. Amusée, je constate que celui-ci me suit à la trace. Et si je m'arrête, il se prépare à l'affront! J'étudie le phénomène avec un sourire aux lèvres.

Je cours chercher mon appareil photo et je retourne dans la zone interdite pour le voir rappliquer aussi vite. La surprise passée, la peur niaiseuse s'estompe. S'enclenche alors une petite danse d'eau entre mes pieds et le poisson. Étrange relation entre femme et poison. J'imagine qu'il protège son territoire. C'est peut-être une mère inquiète pour ses œufs. Ou alors c'est un poisson qui n'en peut plus de la présence de l'homme en ses eaux! Qui sait?

Poisson psychotique

Pérégrinations de lac...

mardi, septembre 15, 2009

Hélico sur lac

Hier soir, je suis allée (à l'autre bout du lac) assister à une réunion municipale. Le sujet du jour était la renaturalisation des bandes riveraines. J'ai donc pris des notes en ma qualité de membre du conseil d'administration de l'association pour la préservation du lac. Hors, en ce qui concerne la revégétalisation de la bande riveraine, idéalement sur une dizaine de mètres, quelques problèmes persistent...

Plusieurs riverains rechignent encore. Certains sont trop agés pour s'en occuper, d'autres ne sont jamais là, d'autres ne sont tout simplement pas intéressés. Mais l'excuse la plus surréaliste que j'ai entendue est certainement celle-ci: "Mais voyons je ne peux pas! Je n'aurai plus de place pour poser mon hélico!" C'est sûr, tout le monde n'a pas les priorités aux mêmes places...

Brève de lac

lundi, novembre 17, 2008

Travaux sur plage

Picnik collage

Mercredi dernier intéressante rencontre avec le directeur du conseil municipal: Trois pages d'informations obtenues, des notes gribouillées au coin d'un chic bureau, quelques confidences et de nouveaux liens de tissés entre deux partis. Un article à rédiger et plusieurs de choses à discuter lors de la prochaine réunion du CA de l'Asso. Pendant ce temps, le village est sens dessus dessous, la plage est en chantier et le lac s'empoussière...

Travaux sur plage

dimanche, novembre 09, 2008

Maux à mots...

Lac de novembre

Après la neige du mois d'octobre, jeudi dernier a appelé l’été à la rescousse. Près de vingt degrés sous mes tropiques, surtout ne plus chercher à comprendre les saisons qui déraillent…

Le lac lisse comme le plus parfait des miroirs m’accueille le regard gourmand. Il fait prés de 20 degrés au soleil, pour un mois de novembre c’est particulier. En tee-shirt sur la plage, je contemple le paysage. Je me doute qu’en une telle journée, je peux m’attendre à voir des algues bleues-vert. Les éclosions de cyanobactéries naissent de la chaleur du jour, l’automne est leur saison de prédilection, pourtant je ne me doute pas de ce qui m’attend à la surface de l’eau.



Depuis un mois, le village est en gros travaux, la rue principale est un énorme chantier. L’on ne peut plus passer, d’énormes gouffres empêchent toute circulation. La municipalité est en train d’investir quatre millions de dollars dans la réfection de notre système d'égout devenu désuet. C’est une excellente initiative qui ne pourra, à long terme, qu’aider la santé du lac. Cela vaut tous les inconvénients de réfection. Mais je me demande bien quelles sont les répercutions actuelles de ce chantier sur le lac. À cette époque, le village est déserté (il compte environ 5000 habitants durant la saison estivale et prés de 400 à l’année). Nul va s’en dire que c’est durant la saison estivale que ce plan d'eau est plus exploité. Il y a encore cinquante ans, ce grand lac (anciennement nommé "Grand lac des Vents") vivait tranquillement entre ciel et collines. Aujourd’hui, c’est encore un petit joyau de nature réputé, même s'il souffre plus qu'on ne peut le soupçonner...

Je m’avance sur la plage en champ de bataille, il ne me faut pas longtemps pour réaliser qu’une forte éclosion d’algues bleues dessine à la surface de l’eau de tristes symptômes. L’atmosphère anormalement chaude semble en suspension. Pas un souffle d’air à l’horizon. Le lac est strié de cyanobactéries. J’empêche Chanelle de s'y tremper le museau. Je rencontre une dame avec un chien sur la plage. Alors qu’elle me salue, je l’aborde pour lui parler de l’eau. Elle me demande :

- Justement je me demandais c’était quoi, c’est de la pollution?
- Non c’est des algues bleues
- Ah c’est d’ça que ça a d’l’air alors…

S’ensuit une conversation sur le sujet où j’enfile mon habit d’éducatrice bénévole en matière de lac et d’eutrophisation accélérée. Elle me remercie des informations pertinentes que je partage librement. Je continue d’investiguer la rive. Je rencontre une autre dame, plus âgée, plus chic. Je lui montre mon désarroi. Elle comprend ma peine. Elle me dit : « Va voir plus loin c’est pire ». L'on papote quelques minutes. Je suis le sable qui se verdit de cette mousse presque phosphorescente. Je vois un tuyau qui se vide directement dans le lac. Je remarque qu’une forte concentration d'algues bleues se retrouve autour de cet étrange tuyau qui glougloute. Je prends note. Je capture les images des dégâts, une pénible sensation au fond du cœur. Je rencontre deux petits vieux au bout de la plage. Rendu là, j’ai la hargne. Je sens monter ma révolte. Je l’étouffe de mon mieux. En ma peau rebelle, la militante s'est éveillée. J'accoste le couple si ridé qu’il en est fripé (moyenne d'âge 85 ans). Ils sont si vieux qu'ils en sont mignons. Rendu à un âge ancestral, l'on redevient aussi inoffensif qu'un bambin en bas âge et inconsciemment c'est touchant. Je m'attends des vieux à une certaine sagesse et je suis toujours déçue lorsque je ne la retrouve pas (ce qui est ici le cas). Incrédule, je les écoute minimiser la situation :

- Ben, c’est pas si grave, y’en a à chaque année…
- Ah bon?!? En tout cas, y’en aura encore l’année prochaine et l’année suivante, c'est un cercle vicieux qui va en s’empirant…

Je sais qu'ils me baratinent la poire, le passé ne comptait avec ce phénomène précis. Je sais que ces éclosions sont récentes, je sais qu'elles sont un signe du futur. J'en connais beaucoup qui vivent ici depuis des décennies et qui n'ont jamais vu cela...

Je sais que plusieurs personnes préfèreraient éviter le sujet surtout lorsqu’ils l’ont dans la face. Certains arrivent même à feinter de ne rien voir. J’ai déjà constaté que plus ils sont vieux, plus ils ont tendance à se foutre de l’état de la planète qu’ils laissent derrière eux. Cela m’estomaque. J’avale ma rage. Je reprends le chemin de sable qui m’offre la vue des excès de notre modernité.

My creation

Je croise deux petites madames, gentiment, je les force à ouvrir les yeux. Elles les écarquillent bien grand tandis que j’éclaire une petite zone de connaissance. Tout le monde ne ressent pas la même indifférence mais tous semble nager dans la même ignorance! Je recroise la dame qui m’avait indiqué où se situait le pire. Elle me dit :

- Ah! C’est beau quand même
- Oui mais cela serait plus beau sans les algues bleues! Pour ma part c’est une belle journée un peu gâchée par cette présence d’algues bleues...

Elle se contente d’acquiescer sans oser répliquer. Je poursuis sur ma lancée :

- On est pas sorti du bois…
- Non, je crois pas…

Verrais-je en cette croyance une étincelle de conscience? Je m’accroche à cette lueur d’espoir. Dans quelques jours je rencontre le directeur général du conseil municipal. Pour la cause j'enfilerai mon habit de journaliste et j'essaierai de creuser ce sujet aussi sensible que profond.

À force de faire des vagues sur le sable, je vois plusieurs de mes rencontres bavarder avec les ouvriers, je vois quelques têtes haut placées sur le chantier. Alors que je retourne sur mes pas, là où les cyanobactéries étaient le plus visibles, je remarque que l'on a déplacé l'étrange tuyau afin de créer un courant qui disperse le problème. Étouffer le sujet sensible. En parler le moins possible. L'éviter de son mieux. Voilà ce qui me semble être la nouvelle politique municipale. Je grogne en mes pensées troublées. J’ai mal à mon lac, mal à ma Terre. Et j’ai honte de mes pairs…

Lake Mirror

Eutrophisation: "L'accroissement des apports, en particulier en phosphore, facteur limitant le plus fréquent dans les lacs, a conduit à une eutrophisation accélérée qui se caractérise par une forte prolifération végétale. Cette biomasse, composée en majeure partie d'éléments de grande taille peu consommables (algues coloniales ou filamenteuses parfois toxique, Cyanobactéries) n'est que partiellement recyclable via le réseau trophique : une grande partie va sédimenter. L'augmentation de la matière organique sédimentée favorise la croissance des bactéries hétérotrophes qui consomment de l'oxygène en dégradant les composés organiques. Une charge excessive et une température élevée (durant l'été en région tempérée) aboutissent à une désoxygénation des eaux profondes et à une minéralisation partielle des substances organiques. La durée et l'épaisseur de la couche anoxique dépend de la charge organique et de la température (agissant sur le métabolisme bactérien).

Si la couche anoxique est assez épaisse, la désoxygénation conduit à une crise de fonctionnement, ou dystrophie, caractérisée par la production de méthane et d'hydrogène sulfuré avec prolifération de bactéries phototropes anoxygéniques ("malaigues" des lagunes méditerranéennes). En outre , une forte sédimentation des particules accélére le comblement des lacs. L'arrêt ou la réduction des apports anthropiques stoppe ou ralentit le processus d'eutrophisation. Le phénomène est cependant irréversible tant que perdure la couche de sédiment où le phosphore est piégé. C'est l'ensemble de ces processus qui constitue le phénomène d'eutrophisation et non la seule prolifération végétale qui n'en est que l'expression la plus visible. (lien source)"

Maux à mots

jeudi, octobre 16, 2008

Au service du lac...

Matinée de pluie, jour gris, M'zelle Soleil à la garderie. Une tonne de choses à faire avant le retour de ma fillette grandissante. Une nouvelle routine s’établit. Je retrouve quelques libertés personnelles. Je cherche des contrats, en achève certains et me tourne vers d'autres. Bientôt je reprendrai mes voies d'écriture. Dernièrement, j’ai accepté, en lien avec mon retour à la vie « active », d’entrer au conseil d’administration de l’association pour la préservation du lac.

L'association compte plusieurs centaines de membres. Nous sommes donc sept à la direction de ce mouvement humain au service de la nature. Je suis la plus jeune, tant et si bien que du haut de mes trente-cinq ans, j’ai la sensation d’en avoir vingt! J'ai l'impression d'avoir toute la vie devant moi. Un seul homme d’une cinquantaine d’année, professionnel dans le domaine de l’écologie et quatre autres femmes dans la cinquantaine aussi, toutes accomplies en leurs carrières de chef d’entreprises, de professeur ou de traducteur. La dernière est une jeune retraitée qui commence l’année sans plus se préoccuper de sa carrière au sein d’Hydro-Québec. En ce monde majoritairement féminin, je suis en charge des communications avec une implication au niveau de la sensibilisation. Depuis deux ans que je tiens, en parallèle, le blogue de l’association j’ai fait mes preuves en ce domaine. J’en profite d'ailleurs pour partager en ce petit coin de Toile plus personnel, un texte que j’ai écrit pour le compte de l’Asso et qui traite des algues bleues en notre quotidien automnal…

Car cette année encore, nous avons dû compter avec quelques épisodes de cyanobactéries plus ou moins développés, rien de bien grave selon les dires du gouvernement mais bien assez grave pour savoir que les excès humains entrainent un vieillissement prématuré de cet organisme liquide pourtant voué à vivre des milliers d'années. Il n'est pas tant ici question de pollution. L'on ne peut pas vraiment considérer les algues bleues comme de la pollution. Il s'agit plutôt d'un symptôme, une façon pour la nature de nous expliquer que nous exagérons. Je n'en verrai peut-être pas le pire, même si j'en perçois la dérive. Si l'insouciance se poursuit, le pire sera réservé à nos enfants et à nos petits enfants. Il n'est pas encore trop tard pour renverser la vapeur, espérons que l'humanité de ce petit coin de paradis québécois en prendra vite conscience...

Colors of October


Comme à mon habitude, je retrouve ce coin de lac qui enchante le fil de mes saisons. L’automne mordoré enveloppe les collines de ses couleurs chatoyantes. Les chalets d'été sont déserts. Les citadins ont repris leur routine urbaine. La forêt regorge de senteurs qui embaument l’atmosphère. L’air est doux. Le lac, serein et paisible s’étend à l’horizon. Je m’approche de l’eau fraîche. À première vue, de loin, tout semble normal. Je fais quelques pas sur la plage. J'inspire l’air du temps. Je me fonds dans la nature généreuse tandis que mon œil perçant observe son environnement.

Regarder la nature avec attention

S’il s’approche de plus près, l’œil averti se rendra vite compte que la substance de l’eau est plus lourde qu’à la normale. La qualité de l’eau semble plus dense. Ceci lui donne une allure stagnante. Si l’œil averti s’approche davantage, il constatera alors une impression de soupe. De minuscules grains verdâtres composent une sorte de poudre qui épaissit la surface du lac. L’eau claire est recouverte d’une subtile couche presque visqueuse. L’œil averti aura vite compris qu’il est ici en présence d’algues bleues. Ceci est une soupe de cyanobactéries

Malheureusement, sans parler des éclosions virulentes qui sont apparues à plusieurs reprises dans le lac cet automne, j’ai pu personnellement remarquer que cet endroit de lac précis n'arrivait pas à se débarrasser de ces algues bleues-vertes. En ce petit coin d'eau que je fréquente régulièrement elles se sont manifestées début septembre. Depuis elles ne se sont plus vraiment dissipées. Il faudra atteindre l'hiver et les grands froids pour les voir disparaitre au fond du lac. En nappes plus ou moins épaisses, elles se sont logées en des recoins dispersés. Est-ce un processus auquel il faudra désormais s’habituer? Avec chaque automne venu, le retour de la soupe? Le lac est malade, en ce symptôme précis, il nous fait signe. Arriverons-nous à l’entendre?

Comme ce n’est que de la soupe et non pas une nappe épaisse qui recouvre la surface de l’eau, je laisse aller mon chien qui aime s’y rafraîchir les coussinets. L’eau est épaisse, les bulles qu’il laisse sur son passage n’éclatent pas comme elles le devraient. Elles glissent à la surface avant de se poser sur le sable. Est-ce l’eau plus lourde, l’eau chargée d’algues bleues qui les retient ainsi? La strie d’un canard qui vogue sur le lac paisible se fait aussi très longue. Le lac miroir reflète le ciel qui s’ennuage. Une feuille morte tombe à l’eau. Elle se pose sur un léger tapis d’algues microscopiques. Microscopiques mais pourtant en assez grande quantité pour que l’œil averti en prenne facilement conscience...

Et puis en y regardant d’encore plus prés, l’œil averti verra le sable se teinter de traces verdâtres et là, au coin d’un rocher, une concentration de cyanobactéries attirera facilement le regard de quiconque s’y posera et prendra la peine de regarder…

Algues bleues Été 2008 : Un premier bilan

En cliquant sur les liens, les images choisies avertiront l'oeil sensible à cette cause...

D'un oeil averti

mardi, septembre 23, 2008

Manques et surprises...

lac de septembre

Ce matin, péniblement commence ma matinée. M’zelle Soleil partie pour sa deuxième journée de garderie est toute contente de partir avec son père. Elle a une belle facilité d’adaptation, elle est en contact avec ses pairs, cela lui plait. Son père est fier de la voir si bien évoluer en différents milieux. Il m’en félicite. Je fais la moue. Il me dit : « C’est la preuve que tu as bien fait ton travail de maman. » Je fais toujours la moue. Autant la voir s’envoler gracieusement me ravit autant je sens qu’elle a moins besoin de moi et cela me rend toute chose. Ma petite fille n'est plus un bébé. Je ressens un petit manque. Une nouvelle routine s'enclenche. Je relativise. Après avoir consacré trois ans à sa vie, il est temps que je reprenne les rennes de la mienne.

Ce qui tombe à pic, c’est cette pige que j'ai décroché et qui me donne la chance de travailler concrètement sur un sujet précis. Un sujet qui me plait et avec lequel j'ai une certaine expérience. Le mandat n’est pas facile mais je pense arriver à m’en sortir. Six pages pour vendredi, un véritable dossier à monter, c’est quand même pas de la petite bière! Plus de détails à ce sujet lorsque j’en aurai terminé. Ainsi après m’être creusé le cœur pendant trois années, revoilà venu le temps de me creuser la cervelle.

J’ai donc commencé lundi le brouillon de mon article. Le cœur à l’ouvrage, je me suis plongée dans cette rédaction. La première journée est passée assez vite pour que je ne ressente pas trop la douleur de l’absence. Mais ce matin en la regardant partir, toute guillerette, un serrement de cœur me fait grimacer les pensées. Je me penche sur mon travail. Je ressens le manque de ma fille de façon perceptible. C’est une sensation pénible. C’est alors que sonne le téléphone. Je réponds. Pam, la présidente de l’association pour la préservation du lac me demande si je peux venir la rejoindre sur la plage. Une équipe de télévision anglophone est sur place afin de faire un reportage pour les nouvelles du soir. Ceci dans le cadre de la présence de la ministre de l’environnement à Québec.

J’ai à peine quinze minutes pour prendre une douche. Je me dis naïvement que c’est Pam qui se fera interviewer, que je ne ferai que couvrir l’évènement à l’interne, du coup, comme le temps presse, je fais fi de mon mascara. Je me regarde à peine dans la glace. J'enfile ma robe noire. J’arrange simplement ma chevelure broussailleuse en une queue de cheval et je ne prends garde aux frisotis qui s’échappent. Jack est déjà sur le pas de ma porte pour me conduire à destination. Une fois les pattes sur le sable, je savoure l’air frais et la beauté du lac. Je réalise à quel point le lac me manque depuis que je suis éclopée et que je ne peux me déplacer sans une certaine difficulté. La longue plage est située à cinq minutes de marche de ma maison mais ce sont cinq minutes de trop dans ma condition présente.

La plage est déserte si ce n'est de Pam et de l'équipe de télévision composée d'une journaliste et d'un caméraman. Les bateaux ont presque tous disparus du paysage. L'endroit redevient sauvage. Je suis heureuse de retrouver mon lac adoré, dans toute sa splendeur, solitaire, superbement bleuté sous le soleil de midi. J’observe l’entrevue de Pam, lui souffle quelques répliques en coulisses, regarde le caméraman prendre ses prises de vues. Je profite du soleil sur ma peau et du lac dans ma vue. Pam me présente à la sympathique journaliste, un courant passe, je souris.

Reportage sur le lac

Je discute depuis deux minutes avec la journaliste lorsqu’elle me demande de lui donner aussi une entrevue. Je sais que je ne peux refuser. Chaussée de ma botte Robocop, je demande un "head shot". C’est alors que le manque de mascara se fait cruellement sentir. D’un coup, je réalise que je suis on ne peut plus naturelle! Les frisottis au vent, j’avale mon orgueil. Je respire l'air pur qui m'entoure. J'essaie d’estomper ma gêne. Je connais le message sur le bout des doigts, je le porte en mon cœur. Après tout, c’est le message qui compte, pas ma face! Je me fais une raison. Une fois la camera dans le visage, je me maudis quand même de ne pas avoir pris la peine de me regarder un peu mieux dans le miroir! Je me dis que la grandeur du paysage sauvera ma petite mine. La caméra se met à tourner. La journaliste me pose une question, puis autre, je sors mon anglais de son placard. Avant même que je ne m'en rende compte, je suis tellement prise dans mon sujet que j’en oublie la caméra, mes frisottis, mon maquillage inexistant. J’accroche quelques termes qui m’échappent mais je ne bredouille pas. Je vois Pam sourire derrière le cameraman. Le courant passe avec la fille qui me questionne. Comme je suis un peu pompée, j’écorche au passage la municipalité qui cette année n’a pas placardé les mises en garde adéquates en ce qui concerne les algues bleues. Ces fameuses algues bleues dont plus personne ne parle…

L'automne s'installe

Même pas moi d’ailleurs, maintenant que j’y pense. Même si je continue à faire ma part pour le lac, à m’impliquer activement au sein de l’association, voilà longtemps que je n’ai pas traité du sujet en ce coin de Toile! Il faudra que je remédie à ce point en un prochain billet…

Mais le temps file, la journée s’est finalement écoulée pas mal plus rapidement que je ne m’en serai doutée en me levant ce matin. J’ai avancé sur mon article, encore une grosse journée de travail et j’en verrai le bout. Le manque de M’zelle Soleil persiste mais je gère le malaise. Il ne me reste plus qu’à passer au travers de ma séance de physio en soirée. Par exemple, en me levant ce matin ce que je ne me doutais point, c’est que ma face finirait aux nouvelles du soir, à peine coiffée, sans même une trace de maquillage! Comme quoi on ne sait jamais ce que nous réserve le jour…

Manques et surprises

mercredi, octobre 03, 2007

Poudre sensible et bleus de coeur

En début de semaine, je suis allée chercher ma zénitude de lac. J’y ai trouvé une nature paisible, des chalets désertés, des feuilles jaunies qui s’envolent à chaque souffle de vent. J’y trouvé le lac redevenu tranquille, j’y ai aussi trouvé quelques inquiétudes…

J’y ai même découvert un nouveau malaise. Une sensation troublante qui m'a un peu déstabilisée. En m’approchant d’un vieux quai abandonné, j’ai regardé d’un coté, tout était beau. L’eau était transparente, tout était serein, tout allait bien. Je me suis assise sur une vieille chaise de bois. J'ai aspiré la quiétude qui se dégageait de cet instant. J’ai admiré le paysage. J'ai inspiré l'air riche de toutes ces subtiles nuances d'automne. Puis je me suis rapprochée de l’eau, sans y penser, sans trop me poser de questions, juste pour observer quelques feuilles noyées au fond. Et c’est à ce moment là que je suis tombée sur une étrange soupe responsable de bien des tourments…

Voilà, je les avais trouvées! Les fameuses algues bleues dont tout le monde a parlé cet été au Québec. Voici donc les "poétiques" fleurs d'eau qui se livrent à mon regard dépité. Les célèbres algues bleues qui ont défrayé toutes les manchettes, juste là sous mon nez, je me suis approchée pour mieux les découvrir. Je les savais présentes cette année encore, depuis plusieurs semaines je savais qu’elles faisaient partie intégrante de « mon lac ». Je savais tout mais je n’avais encore rien vu. Je les avais aperçues l’automne dernier sans trop savoir ni comprendre ce qu’elles étaient. Là, ici, pour la première fois, je les regardais de près en toute connaissance de cause. Mon cœur a gémi, douloureuse notion que de comprendre les causes et les conséquences de nos existences humaines sur la nature qui nous entoure.

Hypnotisée, j’observe dans la transparence de l’eau ces minuscules particules que je sais toxiques à grosses doses. Je m’approche de plus près. J’étudie avec un regard acéré le phénomène tant décrié. Par endroit c’est comme une poudre qui glisse à la surface, mais entre les roches, c’est une véritable soupe qui oscille au fil des clapotis de l’eau. À certains endroits l’eau est plus trouble, ces concentrés de particules, minuscules mais bien visibles à l'oeil nu, la perturbent perceptiblement. Alors voilà, c’est comme cela que l’on affecte la nature? En la déséquilibrant assez pour qu’elle se détraque juste un petit peu, un petit peu comme cette poudre nocive qui se fait soupe de lac...

Depuis la prise de conscience de l’année passée où soudainement l’épidémie d’algues bleues dans les lacs de la province est entrée dans l’actualité, nous nous sommes maintenus sous les feux des projecteurs. L’association défunte des années 80 a ressuscité de ses cendres pour atteindre plus de 400 membres en un an. Une association à laquelle je m'implique activement depuis cette première réunion qui me chauffa le sang. Par la force des choses, la municipalité a dû mettre sur pied un plan d’action, les médias sont régulièrement venus prendre le pouls de l’affaire, même la ministre est passée par la plage....


« Chaque lac est comme une planète avec son propre écosystème. »
Line Beauchamp, ministre de l’Environnement (6 août 2007)

L’association fait un gros travail de conscientisation et de révégetalisation qui, conjointement avec les efforts de la mairie, aura permis la renaturalisation de plus d’une centaine de terrains en bordure du lac. Le problème pénètre petit à petit les esprits mais la bataille ne fait que commencer. Ceci n'est qu'un symptôme. Le malaise est profond. En regardant cette soupe de lac, j'ai peur, j'ai mal, j'ai honte, je ressens un vif malaise. Mes sombres pensées me détraquent le moral. Ma zénitude s'évade sous le poids soudain de cet écologique chagrin. Je sais bien qu'il faudra des années de travail pour arriver à changer de direction, pour arriver à changer les mentalités et la façon dont le grand public perçoit ses lacs. Arrivera-t-on à préserver ces joyaux pour les offrir en héritage aux générations futures? L'on ne pourra certainement pas défaire en un coup de baguette magique l'insouciance de plusieurs décennies...

Purée-de-pois

En attendant des jours meilleurs (ou tout du moins pas pires!), il faudra s’attendre à voir apparaître chaque automne ces petites particules vertes, témoins de nos excès de société. J’ai l’âme amère alors que je regarde de très près cette soupe d’algues bleues qui ne sont même pas des algues et qui sont à peine bleues. Par contre, je sens bien les bleus qui se forment dans mon cœur alors que ma conscience matraque mon esprit limpide.

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Assise au bout de ce quai abandonné, pensive, un zeste désabusée, je regarde l'horizon bleuté. Le lac est silence, lisse comme un miroir, il reflète le monde qui l'entoure.

D'un coté de ce vieux quai de bois, rien ne vient perturber l'inconscience de mes pairs, rien qu'une eau claire et cristalline. De l'autre coté de ce même quai où j'ai posé mes fesses, une triste vérité se dessine sous la forme d'une étrange poudre qui transforme l'eau en une soupe de pois peu ragoutante. Comme la vie se joue de ma cervelle! Je regarde ce triste coté tout en sachant très bien que si je ne regardais que l'autre, je n'aurais point à m'en faire et encore moins à souffrir ainsi. Je regarde ce triste coté tout en sachant très bien que la majorité de mes pairs ne veulent voir que celui qui brille au soleil, que celui qui scintille dans toute sa transparence de saine nature, que celui qui ne dénonce pas les excès de nos modes de vie modernes sur notre fragile environnement...

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Poudre sensible et bleus de coeur

jeudi, juin 28, 2007

Lilounette au camp nautique

En ce moment, dès que j'ai un peu de temps, je travaille bénévolement pour le compte l'association de préservation du lac. Je rédige, je fais des entrevues, je prends des photos, j'enquête en vue de futurs articles, je tiens le site à jour, je vais à quelques réunions municipales. Ainsi, dans le cadre du programe de révégétalisation des berges, j'ai assité cette semaine, en compagnie de mon petit soleil, à une activité toute écologique et enfantine.

Une matinée dédiée à l'environnement, Lily-Soleil a adoré son expérience de camp au milieu des grands. Cela n'a pris de temps pour qu'elle se mette une jolie animatrice dans la poche. Pas timide pour deux sous, elle a socialisé à qui mieux mieux, elle a charmé quelques garçons (de quoi faire frémir son père!) et a couru après tous les ballons. J'ai pour cette occasion spéciale concoté un petit "billet-photo" pour le site de l'association que je partage ici bas:

Lorsque les enfants mettent la main à la pâte..

Mercredi le 27 juin s’est tenue une activité de revégétalisation à l'intention des enfants du Club Nautique St-Louis. Cette activité organisée par l’association comportait plusieurs volets. Elle s'est déroulée dans la bonne humeur, l'apprentissage et la compréhension...

My creation

Tout d’abord ces graines d'adultes ont sagement regardé une présentation des phénomènes divers qui entrainent la prolifération des algues bleues dans les plans d'eau. Ensuite Lynda, (notre présidente) a approfondi le sujet en expliquant aux enfants présents les principes et bienfaits de la renaturalisation des rives du lac. Puis, Jean François (notre technicien en milieu naturel) a enseigné aux enfants la meilleure façon de planter les différentes espèces végétales.

My creation

Après avoir assimilé toutes ces informations nouvelles, cette petite troupe s'est rassemblée sur la pelouse du Club Nautique pour mettre en terre les plantes. Les plus grands creusèrent des trous à l'aide d'un appareil adapté et les plus jeunes s'amusèrent à chercher les trous préalablement creusés pour y déposer leurs plants. Comme l’on ne peut pas utiliser d’engrais ou de fertilisant, une fois le trou creusé, l’on dépose simplement une pincée de poudre de champignons qui permettra à la plante de bien prendre racine, puis l’on enfonce le plant dans la terre, l'on tasse un petit peu et le tour est joué! Ensuite il suffira d'arroser régulièrement le tout et la nature se chargera du reste...

My creation

Une fois ce travail terminé, après une petite collation, les enfants ont dessiné, selon des thèmes choisis, leurs sentiments sur le sujet. Plusieurs ont ensuite pu discuter de leurs impressions avec Lynda, Michelle (notre directrice générale) et les animateurs du Club. Grâce à cette activité ludique et éducative, les enfants ont pu mieux comprendre leur environnement et apprendre ces petits gestes qui aident à préserver le lac à leurs pieds.

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Lorsque les enfants mettent la main à la pâte...

mardi, juin 19, 2007

...

L’homme parcoure le site de l’association du lac du lac et s’exclame :

- Ben dis donc, t’en fais des choses, des fois je me rends pas compte…

En effet, je fais toutes sortes de choses non rémunérées. La présidente de l’association est très reconnaissante de mon bénévolat qu’elle qualifie de contribution inestimable. J’offre aussi mes photos au service de la Corporation du bassin versant de ma région qui s’en sert pour illustrer les pamphlets, les réunions, les documents qui concernent la bonne santé du lac. Je les donne à la bonne cause, il ne pourrait en être autrement. Souvent l’on me dit : « Tu devrais essayer de plus vendre ce que tu fais, tu pourrais te faire des sous ». Je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à voir ainsi la vie. Je suis payée en « humanitude », tout au long de mon existence, je désire m’enrichir de l’intérieur afin d’en emmener le plus possible à ma mort. C’est ainsi que je vois la vie…

M'enfin, revenons à nos moutons d'eau. L’association du lac a mis en marche un programme de revégétalisation des berges, la semaine dernière, j’ai donc assisté à une séance sur le terrain afin de faire un petit reportage pour le profit du site de l’asso, une petite sortie qui s'est révélée très instructive. En voici les grandes lignes et quelques images:

(...) Plusieurs végétaux ont été plantés afin de filtrer l’eau qui dévale de la montagne et d'enrayer l’érosion des berges qui nuit à la bonne santé de notre plan d'eau. Mr L. possède sur son rivage un quai fait de béton comme l’on peut en voir beaucoup le long du lac...

Ces avancées de béton dans le lac ont un effet pervers car leur présence réchauffe insidieusement ses rives. Ce phénomène de réchauffement contribue à la prolifération des algues bleues. Ces quais sont indestructibles, il est très difficile de les enlever mais l'on peut quand même contrer leur processus d'infiltration et de réchauffement du lac.

Pour ce faire, il existe une solution toute simple qui consiste à révégétaliser la base des murets à proximité de la plage pour ainsi diminuer les infiltrations nuisibles et aider à ce que le béton ne se réchauffe pas trop. Pour éviter que le béton n'absorbe énormément de chaleur, l’on peut aussi faire pousser de la vigne vierge en pots, cette vigne en grandissant recouvrira la surface et isolera le béton des rayons du soleil.

Une bonne révégétalisation de la bande riveraine commence à la ligne des hautes eaux et s’étend vers la résidence sur 10 ou 15 mètres, selon la pente du terrain. Ceci forme alors un bouclier végétal qui protége le plan d'eau. Les plants appropriés pour la bande riveraine n’ont besoin d’aucun engrais ni entretien.

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Plusieurs espèces ont donc été plantées en cette magnifique journée:

- chèvrefeuille
- myrique baumier
- rudbeckie
- saule arctique nain
- spirée à large feuille
- vigne vierge

My creation

J'en profite pour remercier de leur hospitalité Mr. et Madame L. qui nous ont gentiment accueillis en leur demeure et qui ont ainsi donné le bon exemple sur ce qu'il est possible de faire pour améliorer la qualité de l'eau sans pour autant affecter leur superbe vue. Participer à la renaturalisation des rives est très important, c'est un tout petit geste qui s'inscrit dans une grande cause.

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