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samedi, janvier 09, 2010

Assumer mes 37 ans...

En ce début d'année marquée par le départ de Lhasa et quelques petits ennuis de santé, je ne peux que réaliser plusieurs considérations existentielles. La première étant certainement que finalement vieillir n'est pas une fin en soi. La mort est une fin en soi (bien qu'encore là, il y a matière à discussion) mais vieillir n'est bien qu'un processus naturel de la vie. Pour vivre, il faut vieillir...

J'ai fêté cette nouvelle année et mon anniversaire avec des amis de longue date dont l'un que je n'avais pas vu depuis longtemps. Me retrouver en leur compagnie, tous ensemble, mûrs mais avec la même essence, m'a fait ressentir la texture de 21 ans sans pour autant en être nostalgique. Ce fut du bonheur en boite.

Ceci m'a permis d'aborder ces 37 ans qui, avouons le, m'angoissent un peu, avec un très bon état d'esprit. Et puis, apprendre la nouvelle du décès de Lhasa et de ses 37 ans a certainement approfondi la réflexion dans laquelle je baignais déjà.

Comment ne pas me rendre compte que 37 ans c'est bien jeune pour mourir! Que l'on a encore tant à créer. Que nous n'avons pas toutes l'occasion de vieillir et d'explorer ce que la vie peut nous offrir. Il y a quelques siècles de cela, 37 ans était certainement un âge honorable pour passer à trépas mais, de nos jours, ce n'est plus le cas.

J'ai aussi réalisé que désormais, je veux arrêter de pleurnicher sur le temps qui me passe sur la peau. D'autant plus que je n'ai pas dit mon dernier mot et que je travaille fort mes abdos et mon cardio! Mais que même si je n'ai plus le corps de mes 21 ans, il me reste encore bien des choses en ma vie (malgré les rides qui se dessinent). Que ce que je perds en élasticité corporelle, je le gagne en élasticité mentale et ce n'est pas plus mal. C'est juste différent. Tout aussi important...

Même si l'approche de la quarantaine ne me fait pas sauter de joie (physiquement parlant, les rides ont tendance à m'ennuyer les nerfs), je suis vivante et heureuse de l'être. J'ai beaucoup d'amis. Je fais des choses qui me plaisent. Et j'ai en ma maison une petite fille exceptionnelle et un mari aimant (dans le fond c'est tout ce qui compte). En cela, je suis choyée. Et par respect pour ceux qui ne le sont pas autant, cette année, je prends la résolution d'accepter les petits désagréments du quotidien avec philosophie et d'aller passer une mammographie...

Avoir 37 ans

mardi, novembre 10, 2009

Quatre ans...

Il y a quatre ans, à 7hres du matin, je perdais mes eaux. Douze heures plus tard arrivait sur Terre une petite fille prénommée Lily-Soleil. Que d'efforts, d'épreuves, de bonheurs et d'apprentissages depuis. Mettre au monde ce brin de nous aura été un chemin de croix pour mon corps et une délivrance pour mon coeur. Je ressens pour elle un amour d'une profondeur infinie qui m'infuse l'être. Un amour qui submerge mes sens et que je laisse couler en mon sang. Il y a quatre ans devenir parents était un nouveau concept à nos idées. Désormais c'est une réalité dont on ne pourrait plus se passer...

collage de Lily-Soleil

Devenir parent est une sacré aventure! Un voyage mental et émotionnel qui bouscule les repères et responsabilise les pensées. L'aventure débute en une fusion "parent-bébé". Puis, au fur et à mesure que l'enfant devient autonome, le parent doit subtilement se détacher (tout en restant présent) pour ne point brimer son développement. Devenir parent tue l'égoïsme latent, il dénombrilise les jours et permet à l'esprit de s'élever plus haut, plus loin.

Devenir maman à 32 ans a été un processus naturel. Maturité aidant. Merci à cet instinct que je possède en ma peau. J'apprécie cet instinct qui me guide de par les sentiers invisibles de mon inconscience. Il fait le pont avec ma conscience qui réalise mon quotidien.

Le chemin de la parentitude est long. D'après mes estimations, il doit s'étaler sur plus de seize ans. Il ne longe pas un long fleuve tranquille. L'on y découvre cascades, remous, courants et eaux calmes. Le chemin de la parentitude s'inscrit dans une véritable épopée humaine. Le parent grandit avec l'enfant ou plutôt il vieillit. Car l'enfant deviendra l'adulte de demain et le parent essaiera de ne pas devenir un vieux con. Le présent de l'enfant est à la source de son futur. Le présent du parent deviendra son passé. Ainsi est la vie qui s'écoule en nos veines.

Être maman c'est concocter des brownies en forme de cœur à 10hres du soir pour le bonheur de l'enfant qui aura 4 ans le lendemain. Sous la lune en croissant, la maison s'embaume. Un cœur en chocolat fondant attend le réveil de M'zelle Soleil. À huit heures du matin, alors que j'ai décidé de garder ma puce enrhumée à la maison, j'entends M'zelle Soleil se réveiller...

J'ouvre la porte de sa chambre pour découvrir une petite fille, levée, avec les yeux qui brillent dans le beurre de peanut, qui s'exclame dans un élan de joie: " Z'ai quatre ans!" tout en levant dans les airs une main de quatre doigts. Le sourire empreint d'innocence qui s'affiche sur son visage m'emporte le cœur en des sphères lointaines.

Quatre ans...

mardi, février 03, 2009

Tranche de vie

Dans le creux de l'hiver, les flammes humaines réchauffent l'âme en peine. Juan a eu 29 ans samedi dernier. Du haut de mes 36 ans, je ne vois guère ces sept ans de différence qui nous séparent. Parfois je les sens en mes expériences mais rarement j'y pense. Sauf peut-être lorsqu'il souffle ses 29 bougies...

Pour son anniversaire, j'ai organisé une petite fête. Juan était content. M'zelle Soleil pétillait comme une étincelle à l'idée du gâteau éclairé. Elle adore les anniversaires et chanter "bonne fête" en français (ou en anglais). Depuis des jours elle en répétait la rengaine. Elle a regardé son père allumer le gâteau avec une extrême concentration. La présence des jeunes enfants renverse nos habitudes. Elle nous rend plus souple. L'on s'adapte à leur rythme, l'on s'ajuste en fonction. De retour à la maison, l'on commence donc par dévorer le gâteau pour ensuite attaquer les fromages, les pâtés, la salade, pour finalement finir la soirée sur une quiche fumante!

Au menu, une quinzaine d'adultes, quelques enfants, des amis que l'on connait depuis longtemps, depuis le temps où l'on n'avait pas d'enfant en nos partys. Cela fait du bien de se retrouver. Avec l'âge les occasions de se réunir se font plus rares, nos quotidiens respectifs nous absorbent le temps qui nous efface, les partys deviennent de plus en plus compliqué à organiser. Heureusement il reste encore de ces soirées pour nous rapprocher, pour ne point s'oublier l'amitié. Avec les années qui nous avalent, ces soirées se font plus précieuses. La fête commence au palais de glace puis l'on se retrouve en la chaleur de notre maisonnée enjouée. Malgré la grippe qui sévit en nos blanches latitudes, les sourires sont au rendez-vous et la soirée est chaleureusement bonne...

Le lendemain, alors que nous avons des têtes de déterrés et que la grippe prend sa revanche pour nous accrocher la morve au nez, l'homme sort faire une course. Deux minutes après je l'entends revenir. À peine a-t-il traversé le pas de la porte qu'il m'appelle:

- Etol, Etol, mais qu'est-ce que tu as fait de la voiture???
- Hein?

Je le croise dans la cuisine. Il ne rigole pas. Il répète:

- Non, mais sans jokes, tu as fait quoi de la voiture???
- Hein, mais de quoi tu parles ?!!!?
- Ben la voiture est pas dans le tempo!
- Comment ça?

Je nage en pleine incompréhension. Il est tout simplement impossible que la voiture se soit envolée. Et encore moins que quelqu'un puisse l'avoir volé! J'insiste...

- Mais voyons, tu me niaises? Comment ça la voiture est pas dans le tempo?
- Ben elle est pas là, t'en as fait quoi?

Une lumière s'allume enfin en mon cerveau embrumé.

- Mais, je suis revenue de l'hotel de glace avec Kay et Alex! Tu nous a même accompagné! C'est toi qui devait revenir avec le char. Tu es revenu avec qui?
- Ohh Sh...! Je suis revenu avec Phyl et Dine! J'avais bu deux cocktails, j'ai complètement oublié que t'avais pas pris le char!!!

Entre deux quintes de toux, j'éclate de rire.

- Ben c'est ça, c'est TOI qui a oublié l'auto là-bas!!!!

L'été de ses 22 ans, Juan s'est cassé le cou en sautant dans le lac. La chance régnait dans sa malchance et il n'en garde que peu de séquelles si ce n'est la balafre sexy qui lui barre le cou. Les docteurs l'ont réparé en lui insérant une plaque de titane pour maintenir en place ses vertèbres. Depuis ce grave accident, sa tête est définitivement bien attachée à son corps! Ce qui ne l'empêche pas de parfois la perdre dans les nuages...

Souvent lui et moi, nous nous retrouvons sur un nuage d'idéal. D'ailleurs c'est de là qu'a germé l'amour que nous cultivons aujourd'hui. Un amour qui ne se fane pas avec les années qui défilent, un amour qui fleurit aux rythmes de la vie, au fil de nos rides. Cela fera bientôt dix ans que cela dure et j'espère que cela durera encore et toujours. Bon anniversaire à l'homme qui comble mon coeur...

Tranche de vie

jeudi, janvier 01, 2009

En vrac de fête...

J'avale mes 36 ans sous les -30 dans le vent. De retour de la grande ville. Petites vacances virtuelles. Bouffées urbaines. Visites et rencontres amicales. Chaleurs humaines. Deux nuits au coeur du Plateau. Quelques jours passés à Montréal pour expérimenter pluie, températures douces, trottoirs patinoires, bourrasques infernales et fourmilière moderne. L'aventure est de la partie...

Un soir, alors que Juan fait prendre le bain à la petite, je descends chercher des trucs dans l'auto garée sur la rue. Le vent est si puissant qu'il absorbe les bruits de la ville. J'entends un crack-boum étouffé. Je me retourne et reste bouche bée. La façade temporaire d'un magasin en rénovation vient d'être arrachée. Emportée par une rafale elle s'est disloquée sur deux autos. Je suis à dix mètres du fracas. J'écarquille les yeux. Un passant, lève à peine la tête. Il parle au téléphone collé à son oreille. Je l'entends dire:

- Ouais, j'ai des champignons. Non, l'acide c'est impossible, on peut plus en trouver...

Il se penche et enjambe les trucs qui encombrent le trottoir sans même se poser de questions. Deux habitants de l'immeuble au dessus du magasin éventré sortent explorer les dégâts. Je reste clouée su place. Je regarde le trottoir en face et constate que notre voiture est juste de l'autre coté. Si le vent se décidait de soulever ce qu'il reste de la façade, c'est sur notre voiture qu'il atterrirait. J'ouvre de nouveau la bouche. La referme. M'approche. Sort mon objectif de ma poche et mitraille l'action. Au loin le hurlement des sirènes de police se fait entendre. Les pompiers arrivent aussi. J'observe la scène. Rassurée, les pompiers sont déjà à l'œuvre, mon "char" ne se fera pas écrabouiller ce soir. Ni moi d’ailleurs…

Je ne peux m'empêcher de sourire lorsque je remarque que les policiers sur place sont deux grandes blondes, bien jolies ma foi et un grand black aux fesses bien fermes! Durant quelques secondes folles un scénario "porno police" se glisse entre mes pensées. Me voilà amusée! L'une des blondes m'accoste et sur un ton de doberman me demande de reculer. La rue est bloquée, l'urgence est sous contrôle...

Picnik collage

Dire que quelques heures auparavant, alors que nous mangions tranquillement une crêpe dans un petit resto sympa. Notre voisine de table mit le feu à son journal. Juan se leva d'un coup pour l'aider à étouffer les flammes. Et la pauvre madame fut secouée par son expérience. Montréal me fait la fête. Plein d'action pour animer ma calme soirée de maman...

Le soir d'avant, nous avions mangé dans une petite boite de jazz qui avait ravit note petit soleil. Depuis des jours, nous la couchions trop tard pour son propre bien et ce soir là nous avions décidé de lui donner l'occasion de se reposer en rentrant sagement à l'hôtel. Je remonte retrouver mes amours. Par la fenêtre qui surplombe la scène, l’on peut voir se dérouler l’opération de rescousse. M’zelle Soleil se couche et l’on se plonge dans la pénombre pour l'aider à trouver le sommeil…

En cette nouvelle année, aprés une escapade urbaine pour nous changer les idées quotidiennes, nous voilà de retour en notre brousse congelée. Comme tous les « premier janvier » depuis ma naissance, la nouvelle année dénombre mon existence. Juan me choie aujourd’hui, petit déjeuner au lit, amour d’après-midi, puis après la sieste de l’enfant qui retrouve son rythme de croisière, gâteau, bougies et cadeau…

En vrac de fête...

lundi, novembre 17, 2008

Célébrer l'enfance...

Après une fin de semaine passée à fêter l’enfant, la semaine débute froidement. De minuscules flocons flottent dans l’air glacé. Inscrire ces souvenirs dans le temps présent. Samedi, M’zelle Soleil a eu son premier "party" de fête. Rayonnante, elle a soufflé pour la troisième fois les bougies qui symbolisent ses trois ans.

Alors que nous préparions la fête. M’zelle Soleil réalise qu’il va se passer de quoi d’excitant. Il y a un petit thème de princesse qui plait beaucoup à ma fillette. Je dois cependant lui faire une petite leçon sur la générosité en même temps que je lui explique le principe des sacs cadeaux pour les invités. La pilule a un peu de mal à passer mais finit par se diluer dans la raison de l’enfant. Alors que je m’appréte à la coucher pour sa sieste, elle me dit d’un air piteux :

- Mais maman, ze suis pas invitée moi???
- Mais Liloo, toi tu as pas besoin d’être invitée, c’est pour toi qu’on fait la fête…


Cette année, elle a d’abord soufflé ses bougies en un petit comité familial, la deuxième fois à la garderie et pour le troisième gâteau, c'est avec un party digne de son nom que l'on clôture le tout. Un vrai party de fête qui commence à 16 :30 pour se terminer sur le coup de minuit. Une grosse douzaine d’adultes, huit enfants et un bébé. Du coté de l'enfance, j'ai réuni notre petite "gang de rue" à laquelle s'ajoute d'autres petits amis de la Miss. Les âges varient entre trois et 11 ans avec majorité de 6-7 ans. Les enfants sont à l'honneur. Coté adultes sont invités ceux de nos amis qui portent une affection particulière à notre petit brin de soleil. C'est une fête en deux phases, la première se déroule de 16 :30 à 19 :30, elle est axée sur l’enfance, le gâteau, les cadeaux. Je me fais maître de cérémonie. L’on commence par se faire des tatoos avec les premières arrivantes, puis l’on danse comme des folles et une fois bien échauffées, j’entraîne la troupe enfantine en un jeu sponsorisé par mon amie Dee qui m’en a soufflé les grandes lignes.

Deux par deux les enfants font équipe. L’un aura les yeux bandés et il sera guidé par son partenaire qui le déboussolera un peu avant de l’emmener devant un mur couvert de feuilles blanches pour y dessiner un objet préalablement choisi. Les plus grandes arrivent ainsi à dessiner des images qui me laissent bouche bée. Les enfants s’amusent et socialisent. La fête bat son plein...

My creationMy creation

Comme la glace est brisée je peux leur donner un temps d’expression libre sans m’en inquiéter outre mesure. M’zelle Soleil pétille de joie. Elle est en ébullition de bonheur. Parfois je ressens pour elle tant d’amour que j'ai l'impression que mon cœur est sur le point d'exploser. Il rejoue le big bang dans ma poitrine. Dieu qu’il peut être bon d’être maman!

Lizbeï notre poupon de service, sagement éveillé, se fait même « activité de jeu » tandis que les petites filles font la file pour la prendre et la papouiller. Lizbeï fait un tabac, elle passe de bras en bras sans chigner. Toute mignonne, elle ouvre grands ses petits yeux de bébé de trois mois. L’on chante tous ensemble cet air d’anniversaire qui donne à ma fille un sourire jusqu’aux oreilles. L’on chante en anglais et en français. L’on déguste le délicieux gâteau au chocolat gentiment confectionné par Vanou. Petit instant de gloutonnerie générale. M’Zelle Soleil s’amuse à chantonner « Bonne fête to you »...

Being Three

Arrive le temps d’ouvrir les cadeaux, l’enfant est gâtée et je suis émue de cet amour et attention dont on l’entoure. Il flotte une certaine magie dans l’air. Cette féerie emporte les quatre enfants qui repartent les premiers dans la nuit noire. Ensuite les papas sont mis à contribution avec un lâcher de confettis qui ravit ma fille et ses compères. M’zelle Soleil s’écrie un « Bravo les papas » des plus touchants. Elle a bien du mal à changer de disque dans les minutes qui suivent l’utilme bordélisation du salon.

La fête continue avec une intensité de décibels plus facile à supporter pour les adultes qui conversent aux quatre coins de la maison. Il reste encore quelques enfants avec qui l’on joue à la pâte à modeler. Une autre vague disparaît bientôt à l’horizon et l’on sort les hors d’œuvres, les salades, le fromage, les baguettes. M’Zelle Soleil passe d’un sourire à l’autre. L’ambiance est bonne, cela papote, cela rigole, cela échange. Marie H et Marie P, deux intervenantes en milieu difficile, (l’une travaille à la DPJ et l’autre en milieu communautaire) creusent ensemble ces causes qui les font travailler. Les hommes jasent, les conversations s’entrelient dans la nuit douce...

Sur le balcon, certains vont prendre une cigarette, d’autres les accompagnent, les discussions s’entremêlent dans l’air nocturne incroyablement tiède. M’zelle Soleil fatigue mais étire le plaisir jusqu’aux confins du possible. Vers onze heures et des poussières, nous finissons par arriver à la mettre au lit. Sans protester, elle tombe comme une masse. Elle est confite de bonheur. Le petit noyau adulte qui reste profite encore de la douceur de la nuit avant de reprendre la route. La fête se termine à l’heure où sortent les sorcières. Je sors mon balai, l'homme met la main à la pâte. Après quelques souffles ménagers, enchantés, l’on rejoint la chaleur bienheureuse de notre lit conjugual, tout en se disant qu'on a bien de la chance de pouvoir vivre de si bons moments d'existence…

Célébrer l'enfance

lundi, novembre 10, 2008

Il y a trois ans...

Picnik collage

... arrivait sur Terre notre petit rayon de soleil, ce petit être né de mes entrailles qui m'illumine (m'assagit) de l'intérieur. Un brin de fille pour éclairer (approfondir) notre chemin de vie commun. Sa mise au monde ne fut pas sans encombres mais pas un seul jour je n'ai regretté les obstacles et sacrifices que j'ai dû traverser pour rencontrer ce petit bout de fille qui me fascine tout autant qu'elle me fait grandir (vieillir) l'esprit. Devenue maman, je m'épanouis le coeur en sa compagnie. Trois ans déjà et tout le futur devant soi...

Il y a trois ans..

vendredi, novembre 10, 2006

Un an.

Birthday-Cake

Ce matin, l’on regarde Lily-Soleil manger sa bouillie. L’un après l’autre, nous lui disons en levant un doigt dans l’air :

- Aujourd’hui, tu as un an, un an, Lily-Soleil. Joyeux anniversaire…

Elle rigole, imite notre doigt levé et répond :

- Gnan Yan

Les nouveaux parents que nous sommes rayonnons de fierté et d’amour pour ce petit bout de chou qui a bouleversé nos vies en profondeur.

Voici donc une première année d’existence pour ce petit bout de fille. Il y a un an, j’ai mis au monde un petit être, une petite personne est née de ma chair. Un individu de plus est venu prendre place sur cette grosse boule bleue qui gravite autour d’un gigantesque astre de feu…

Cet enfant est de nous mais elle ne nous appartient pas, même si elle devient elle à travers nous, même si elle se forme et grandit au creux de notre cocon! Nous ne la possédons pas. Elle est libre de sa destinée. Elle a explosé notre bulle d’intimité pour mieux la redéfinir, plus grande, plus vaste, avec sa place bien personnelle. Elle est Lily-Soleil

My-Heart-through-her-Eyes

Elle vit dans la solitude boisée de sa mère, au rythme du travail de son père, attentive, elle vit au fil des saisons qui s’écoulent. Elle connaît ses grands-parents, sa tante et fait toujours des sourires aux amis qui font la fête en sa maison. Elle a un chien et des chats. Elle développe une douce relation canine avec Chanelle, la chienne qu’elle nourrit, en riant, du haut de sa chaise. Les chats sont ses compagnons de jeux quotidiens, elle vit chez eux, chaque race respecte l’autre.

Elle connaît le lac, sa plage et son sable. Elle sait le vent qui souffle dans les arbres. Lundi dernier, elle a redécouvert la neige, il lui semblait bien qu’elle avait déjà vu cela mais jamais d’aussi près! Elle a grogné un peu parce-que c’est bizarre et qu’être emmanchée comme un pingouin pour ne pas avoir froid, c’est pas super amusant!

En ville, à quelques temps de voiture, habite sa grand-mère active, la maladie de sa mère lui a offert une mère-grand qui la gâte et « gagate ». Pour y aller, il y a la route et ses paysages qui défilent, maintenant que son siége regarde de l’avant, elle comprend mieux le principe. Elle aime bien sa tante, plongée dans son tourbillon d’adolescence, souvent elle lui réserve ses plus doux sourires…

Depuis quelques semaines, elle marche. Et ça c’est cool! Pendant plus d’un mois, elle est restée debout, bien plantée sur ses deux pattes, à se demander si elle allait oser le pas. Finalement elle s’est lancée, subtilement d’abord, puis avec de en plus en plus de confiance, maintenant elle gambade. Sa liberté est plus grande. Sur son territoire, les portes des pièces doivent être bien ouvertes, elle s’en assure régulièrement. D’un pas assuré, elle va surveiller les chats qui dorment sur le grand lit des parents, puis elle va discuter un coup avec la poupée géante en lui tirant bien les pieds histoire d’être sure qu’elle l’écoute. Ensuite, elle fait son tour de salle de bain, attrape une baleine bleue qui traîne au passage, revient faire son tour de placards de cuisine, et retourne voir ce que traficote sa mère dans le salon.

Lily-Soleil

Sa mère qui sait toujours ce qu’elle fait, l’attrape dès qu’elle essaie de faire une connerie, pas moyen d’aller jouer avec les croquettes ou de s’amuser avec l’eau des animaux. Pourtant les conneries cela fait aussi partie de la vie! Hier, elle avait d’ailleurs trouvé un super jeu. Baigner la vachette dans le gros bol d’eau, éclabousser le plancher et bien tremper le corps du jouet dans l’eau qui lui dégoulinait sur les pieds. Elle avait à peine commencé que sa mère l’avait déjà attrapée et d’un tour de bras l’avait ramenée en un endroit moins drôle. Elle n’était pas très contente. Obéir c’est quand même chiant! Mais c’est pas grave, elle aime bien sa maman quand même, elle aime bien les chatouilles de sa maman, elle aime rire aux éclats, se coller contre ses seins, écouter ses bavardages qui lui expliquent les choses de la vie.

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Je suis Lily-Soleil, je suis une gentille petite fille, je sais faire des câlins sur demande, tendre la bouche lorsque j’entends le mot bisou et je ne suis pas particulièrement adepte des pleurs inutiles. Je goute à tout ce que l'on me propose, j'aime bien les légumes, la viande, un peu moins les fruits sauf la banane coupée en morceaux. J'aime bien manger avec mes doigts.

Faery-in-motionTomato-Warp

Mon papa est un roi qui me fait voler dans les airs, qui me porte sur ses épaules, qui prend soin de mon cœur durant les nuits difficiles lorsque les cauchemars, la douleur ou la crainte sont plus forts que le sommeil. Il trouve toujours des jeux supers marrants qui font souvent crier maman. Il s’occupe de moi le soir lorsque maman s’en va dans le noir. Il part le matin et je lui dis « Ba-ba » en secouant ma main pour lui dire au-revoir. Je suis Lily-Soleil et aujourd'hui j'ai un an…

Being-OneSouffler la bougieHappy-Birthday-Baby-I
Daddy's-Girl-IIILily-SoleilLily-SoleilMother-and-daughter

Un an

dimanche, avril 13, 2003

Ves & Day B-Bash

Une terrasse en demi-lune surplombe la rue animée. La nuit est douce et fraîche. Les danseurs, de l’autre coté des portes-fenêtres se déhanchent au Hip-Hop déchaîné de Keisuke. L’on est au nouveau World Beat, rue de la Montagne, Mtl…
Troisième étage, party privé. Il n’y a pas de spots de toutes les couleurs, à la place, des images de femmes nues bien en chair du siècle dernier, projetées sur la tapisserie dorée. De l’autre coté du rideau opaque, à l’autre bout de la salle, une exposition d’art : des tableaux aux couleurs gaies, des sculptures abstraites en marbre blanc, des statues de bronzes. Beautiful place filled with beautiful people. Sous l’égide du Cirque du Soleil la place revit encore une fois, cette église devenue discothèque, puis funérarium, abandonnée, pour se retransformer en club branché du centre ville nous accueille ce soir… Merci Monica...

Zoom dans le temps. Début de soirée. L’on arrive rue St-Urbain après trois heures de route, Keisuke ouvre la porte pour nous accueillir avec chaleur. L’on monte les escaliers : « Hé ! Ves, happy birthday! oh! T’es toute cute! » bisous, hugs and shared happiness…

Fast Forward. Juan et Keisuke partent installer le matériel du DJ, gérer les derniers préparatifs de la fête et laisser les filles se pouponner… Ves m’explique que son amie Lisa a gentiment proposé de maquiller les birthday girls avant la fête. Sur ces mots, la sonnette annonce avec son dringggggg, l’arrivée de Lisa avec tout son matériel. Il faut dire que Lisa, le maquillage c’est sa job ! Maquilleuse professionnelle, elle se déplace plus souvent sur les plateaux qu’à domicile…
- Hi Lisa !
- Hi Ves, Happy birthay !
- This is Étol, you know my friend from Québec..
- Hi Lisa! I greet her with a smile..
- Oh! I’ll do you too, if you want…
- Really! Oh! You’re an angel, thanks!

Lisa étale ses trésors sous nos ha et nos oh, émerveillées que nous sommes devant tant de stock ! Ves s’assoit sur le tabouret et Lisa se prépare à nous enrober de son art. Dreling, drelinggg…
Je vais ouvrir :
- Allo Day, whao! T’es toute jolie, c’est mignon ta jupe….
- Salut Étol! Comment ça va? Vous venez d’arriver… Juan est pas là !
- Non, il est parti avec Keisuke installer les trucs, pis les machins…

Lisa est concentrée, elle s’applique à crémer, poudrer Ves qui sous nos yeux émerveillés se transforme en une beauté de magazine. Lisa est une professionnelle, toute à son art, elle travaille fort, elle peint sous nos yeux éberlués un visage de déesse nocturne…
En l’espace d’une heure, Ves devient reine de Saba, superbe et éclatante de féminité, c’est quand même beau d’avoir 30 ans !
- Can I look, can I look? she asks nervously
- Whaa! Ves t’es une femme, t’sé t’embellit, depuis nos 15 ans, t’es devenue une vraie femme !
- Oh Ves, it’s so beautiful ! I can’t wait to see what you’ll do to me Lis’

Daisy prend place sur le tabouret et se laisse aux mais expertes de notre ange de beauté qui ce soir, comme la fée de Cendrillon, va de son pinceau magique nous faire princesse… C’est un processus différent pour chaque personne et le maquillage de Daisy prend une toute autre direction, elle devient romantique, séductrice…
Je prends en photo Ves, elle est tellement belle, on rit comme des gamines, on potine, deux heures déjà et Daisy est prête. C’est à mon tour de prendre place sur le tabouret. Je ne suis pas une birthday girl, mais Lisa accepte super gentiment de ne pas me laisser avoir l’air d’un crapaud à coté de ces dames. Il nous reste peu de temps mais elle se met à l’ouvrage avec précision et concentration.
-I’m won’t go too strong on your eyes, they’re beautiful by the way…
-Oh! Thanks!
-I’m gonna go for something smoky, something Rose McGowan…
-Oké… I’m in your hands Lisa!

En 20 minutes, elle achève, les filles font Ho! Ha ! On est d’une humeur d’enfer. Ça fait tellement du bien un peu d’fun dans la vie !
- Here you go Etol, it’s just right, it’s even something you could wear regularly..

Je vais me regarder dans le miroir. En effet c’est pas mal. Très habillé, très chic. L’on se dépêche, l’on va être en retard ! Téléphone. Un taxi. Lisa qui remballe ses affaires. La sonnette. En bas de la rue le taxi qui nous ouvre la porte. Bye Lisa. Thanks. See you at the party. Thanks…
Sur la route, the girls giggle, they’re all excited. Who’s gonna be there, hope it’ll be fine, so wanna dance… Le centre ville se profile… Le skyline s'illumine. Ca y est on y est!

L’on pénètre dans le grand hall de l’entrée après avoir passé les premiers bouncers : « Nous, on va au troisième, birthday party Ves and Day ! » Le gorille nous sourit et nous laisse galamment passer… Yé, le party va commencer…
La place est superbe, grandiose, un vrai palace. Des miroirs haut de trois mètres, des vases remplis d’immenses fleurs tropicales Eh !Ben ! Ça nous sort du village…

Le troisième étage est notre lieu ce soir. Des divans moelleux dans les coins, des vitraux pour fenêtres, la terrasse en demi-lune, des bougies vacillantes un peu partout, une lumière tamisée, les femmes sur le mur, par un mur de vitre, la vue sur le deuxième étage, un projecteur qui éclaire un écran en bas dans l’immense salle. C’est le magicien d’Oz ! C’est de circonstance, je suis toute ébahie, mon Juan aussi…

Keisuke a installé ses affaires, il trône en DJ devant la piste de danse. Même les serveurs sont à croquer. Juan a un grand sourire, il est tout heureux. Oublié l’accident, il danse comme avant…

Un fond de Hip-Hop nous fait balancer des hanches.
Il est 22 : 30 ! Bientôt les invités commencent à arriver et la soirée prend vite. L’on s’embrasse, l’on discute. Andy a remplacé Keisuke et l’atmosphère est détendue, je retrouve Ro que je n’avais pas vu depuis New-York je suis aux anges… Juan est si beau quand il s’avance vers moi…

La moyenne d’age est dans la trentaine, ça fait tellement du bien, ça fait des mois que j’attendais un moment pareil. À Québec avec l’université, je socialise pas mal dans la vingtaine, et parfois j’ai le goût de parler avec des gens de mon age ! A Foss, mes amies sont les parents de mes petits élèves, tous dans la quarantaine. Je suis entourée de toutes sortes d’ages différent sauf le mien ! Mon mari lui aussi est dans la vingtaine, je ne m’en plains pas, j’adore ça. Mais cela fait partie de mes résolutions pour l’année prochaine essayer de trouver à Québec des gens de mon age…

En tout cas, ici à Montréal, je retrouve mes vieilles connaissances et j’apprécie doublement de les revoir tous, je me vautre dans ces moments avec la connaissance de leur rareté ! Allez on y retourne… Tiens voilà Tcha ! Anika et les autres…
La soirée se déroule merveilleusement bien, j’ai mal aux pieds, l’on range tout aux petites heures du matin et l’on rentre chez Ves, plein de bonheur dans le cœur. Ves a dansé toute la nuit, Anika aussi. Ro était trop mignonne et son sourire toujours aussi fabuleux. Day et Ves ont reçu plein de cadeaux, Ves les ouvre une fois à la maison. L’on papote, l'on se remémore jusqu’au lever du jour, l'on veut pas se démaquiller, l'on voudrait que ça dure encore, l'on est bien, la vie est cool