Cinéma: Ils me font rire avec leur 18 juin (Looking back with Antonin Baudry’s masterful diptych at the significance of a then-unnoticed June 18 speech that literally changed France’s history… and that from Roosevelt-Trump to de Gaulle-Zelensky, still points to history’s strangely recurring patterns)

5 juillet, 2026

À tous les Français » : l'affiche de Londres - Histoire ...Les relations entre Roosevelt et Charles de Gaulle, par Claude Julien (Le Monde diplomatique, août 1956)Zelensky says Trump relationship can be repaired after White House row
Ils me font rire avec leur 18 juin. On penserait que tout est venu de là, alors que cela fait oublier toutes les batailles, les conflits, les arguments, les mémorandums, etc. Charles de Gaulle (cité par Julian Jackson)
On s’est plu, par la suite, à faire du 18 juin un acte isolé, une sorte de coup de théâtre. En réalité, cet appel était le premier d’une longue série. Il s’inscrivait dans une attitude que j’avais prise depuis longtemps et que je n’ai jamais abandonnée. Charles de Gaulle (Mémoires de guerre, 1954)
C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. Maréchal Pétain (17 juin 1940)
Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. Charles de Gaulle (brouillon et version officielle, 18 juin 1940)
Le gouvernement a demandé à l’ennemi à quelles conditions pourrait cesser le combat. Il a déclaré que si ces conditions étaient contraires à l’honneur, à la dignité, à l’indépendance de la France, le combat devait continuer. Charles de Gaulle (texte édulcoré réellement prononcé, 18 juin 1940)
Moi, général de Gaulle, j’entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale. L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la Patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront. (…) J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre. Charles de Gaulle (22 juin 1940)
La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! Charles de Gaulle (affiche, Londres, août 1940)
À mesure que s’envolaient les mots, irrévocables, je sentais en moi-même se terminer une vie, celle que j’avais menée dans le cadre d’une France solide et d’une indivisible armée. À 49 ans, j’entrais dans l’aventure, comme un homme que le destin jetait hors de toutes les séries. (…) Dès l’après-midi du 17 juin, j’exposai mes intentions à M. Winston Churchill. Naufragé de la désolation sur les rivages de l’Angleterre, qu’aurais-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la BBC à ma disposition. (…) À 18 heures, je lus au micro le texte que l’on connaît. Charles De Gaulle (Mémoires de guerre, 1954)
Bien que le contenu du texte ne soulève aucune objection, il n’est pas souhaitable que le général de Gaulle, persona non grata auprès de l’actuel gouvernement français, parle à la radio, aussi longtemps qu’on peut espérer que l’actuel gouvernement français agira d’une façon conforme aux intérêts de l’Alliance. Compte rendu de la réunion du cabinet de guerre britannique (18 juin 1940)
De l’Appel proprement dit, on n’a rien enregistré sur disque. On a su trop tard que le général allait parler pour prendre les dispositions nécessaires. Elizabeth Barker (BBC, 1965)
Roosevelt traitait de Gaulle presque aussi mal que Trump malmène Zelensky. Finalement, de Gaulle est sorti la tête haute de cet affrontement, car il a toujours gardé le cap de l’intérêt national et de la liberté. Bernard de Montferrand (ancien ambassadeur de France en Allemagne, 2025)
On a toutes les raisons de penser que l’appel passa sur les ondes à 22 heures. (…) Il est clair que les Britanniques ont censuré l’appel du 18 juin. La radicalité a été gommée. Aurélie Luneau (2023)
Il est clair que les Britanniques ont censuré l’appel du 18 juin. La radicalité a été gommée. (…) De Gaulle veut prendre date par rapport à la menace de l’armistice. Se retirer de la guerre officiellement, cela veut dire qu’au jour de la victoire, la France n’aura plus voix au chapitre, et pour de Gaulle, c’est absolument inconcevable. Olivier Wieviorka (2025)
Il a été ramené à l’aspect militaire. Gilles Ragache (2025)
Dans ces jours-là, il y a ce qu’il voulait dire et ce qu’il pouvait dire. Il a été réfréné de manière incontestable sur la qualification du gouvernement français. Mais le général rationalise la défaite. Il l’attribue non pas à la faiblesse ontologique des démocraties par rapport aux régimes totalitaires, comme le prétend Pétain, mais à des causes purement militaires. Il donne un pourquoi, un schéma d’explication, une vision des choses et redonne ainsi une possibilité d’action, un chemin et un horizon. Continuer à se battre à un sens, assure-t-il face à ceux qui disent : “A quoi bon ?” Frédéric Fogacci (2025)
Le début de partie est moins brillant que ne le retient la légende dorée de la France libre. (…) Le contraste est immense entre l’écho immédiat de l’appel du 18 juin et l’importance que le passage du temps lui a conférée. (…) Churchill avait d’une certaine façon deux fers au feu. D’un côté, il misait sur de Gaulle, à tout hasard, en attendant qu’arrivent à Londres des politiciens français de poids, type Reynaud ou Mandel. De l’autre, il espérait encore que le gouvernement installé à Bordeaux poursuivrait la guerre. (…)Le mystère demeure. Le texte finalement lu sur les ondes de la BBC n’exclut pas que la France reste dans la guerre. Un sursaut patriotique auquel de Gaulle ne croyait pas du tout. Jean-Louis Crémieux-Brilhac (2025)
Il ne s’agit pas d’un rapport des services secrets suisses. Il provient en fait de l’organe militaire chargé de l’écoute des radios étrangères: le Gruppe Ohr (Groupe Oreille). À l’époque, les moyens d’enregistrement n’existent pas. Les contenus radiophoniques sont donc retranscrits à la main, souvent par des agents bilingues, voire trilingues. Le compte-rendu du discours du général du Gaulle apparaît dans le Bulletin n° 153, publié à 6h le 19 juin 1940, à la page 3. Il est rédigé en allemand: « Die frz. Regierung hat beim Feind angefragt, zu welchen ehrenvollen Bedingungen ein Waffenstillstand möglich wäre… Christian Rossé (2010)
Aucun doute: l’Appel marque un tournant majeur pour la France de ces années noires. Difficile de comprendre comment un simple général de brigade, sous-secrétaire d’État à la guerre depuis quinze jours, a trouvé les ressources pour désavouer sa hiérarchie et incarner loin de chez lui la France « résistante ». Avant d’installer ses quartiers à Carlton Gardens, de Gaulle loge au 7-8 Seamore Grove, près de Hyde Park, dans l’appartement d’un de ses collaborateurs. Là, au lendemain de son arrivée à Londres, il rédige un texte qu’il a prévu de lire le soir même sur les ondes de la BBC. Le maréchal Pétain vient de demander un armistice aux Allemands. De Gaulle, qui refuse vigoureusement l’arrêt des hostilités, veut agir vite. Que nous reste-t-il de l’Appel? Un brouillon manuscrit, quelques extraits dans les journaux. Et l’impression de l’avoir entendu mille fois: « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas… » Or, le discours du 18 juin n’a pas été conservé par la BBC. Et fort peu de gens l’ont entendu. Le texte « officiel », tenu comme tel par le Général et les gardiens de la mémoire gaullienne, commence par ces mots: « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. » Surpris par les différences entre ce texte et d’autres versions de l’Appel, publiées notamment par les journaux de l’époque, un notaire français, Jacques Fourmy, mène sa petite enquête à la fin des années 1980. Ses recherches le conduisent vers les « services de renseignement » helvétiques, qui retranscrivaient scrupuleusement tout ce qu’ils entendaient à la radio. Banco! Les Suisses ont bien capté, vers 22h, les paroles du général. L’historien suisse Christian Rossé a récemment localisé ce document dans les archives fédérales. «Il ne s’agit pas d’un rapport des services secrets suisses. Il provient en fait de l’organe militaire chargé de l’écoute des radios étrangères: le Gruppe Ohr (Groupe Oreille).» « À l’époque, poursuit Christian Rossé, les moyens d’enregistrement n’existent pas. Les contenus radiophoniques sont donc retranscrits à la main, souvent par des agents bilingues, voire trilingues. Le compte-rendu du discours du général du Gaulle apparaît dans le Bulletin n° 153, publié à 6h le 19 juin 1940, à la page 3. Il est rédigé en allemand: «Die frz. Regierung hat beim Feind angefragt, zu welchen ehrenvollen Bedingungen ein Waffenstillstand möglich wäre… » Tiens ce début… Rien à voir avec l’autre, l’ « officiel ». La version « suisse » est clairement plus bienveillante à l’égard du gouvernement Pétain. Traduisons: « Le gouvernement français a demandé à l’ennemi à quelles conditions honorables un cessez-le-feu était possible. Il a déclaré que, si ces conditions étaient contraires à l’honneur, la dignité et l’indépendance de la France, la lutte devait continuer. Dans la version «officielle», de Gaulle semblait avoir totalement rompu avec le gouvernement français. Dans la version «suisse», la vraie puisque celle qu’il a lue au micro de la BBC, il laisse encore à Pétain le bénéfice du doute. Le général a donc édulcoré son texte au cours de l’après-midi ou la soirée du 18 juin. L’histoire officielle du gaullisme place pourtant cette journée sous le sceau du recueillement. «C’est étrangement la seule journée banale de cette période qui ne l’était, certes, pas. Comme si l’Histoire avait suspendu sa marche jusqu’à six heures du soir, pour donner plus d’importance au geste qui allait s’accomplir», racontera Geoffroy de Courcel, qui était alors officier d’ordonnance du général. Vraiment ? «Cette journée fut tout sauf calme», estime l’historien François Delpla. Peu après midi, le cabinet de guerre britannique refuse que de Gaulle parle à la radio. Et il faut tout l’entêtement du général Spears, alors soutien de de Gaulle, pour faire réveiller Churchill en pleine sieste, lequel obtiendra l’aval des membres de son cabinet. Les «négociations» se poursuivent sans doute dans la soirée. «Le gouvernement britannique est alors divisé en deux tendances, rappelle François Delpla. D’un côté Churchill, très hostile à Hitler, de l’autre le chef de la diplomatie Lord Halifax, adepte d’une attitude plus conciliante à l’égard de l’Allemagne.» Churchill avait d’une certaine façon deux fers au feu, estime l’historien et ancien résistant Jean-Louis Crémieux-Brilhac. «D’un côté, il misait sur de Gaulle, à tout hasard, en attendant qu’arrivent à Londres des politiciens français de poids, type Reynaud ou Mandel. De l’autre, il espérait encore que le gouvernement installé à Bordeaux poursuivrait la guerre. » De Gaulle a-t-il spontanément modifié son texte, tenant compte du climat de grande prudence qui régnait à Londres? L’a-t-il fait sur instruction britannique? « Le mystère demeure, note Jean-Louis Crémieux-Brilhac. Le texte finalement lu sur les ondes de la BBC n’exclut pas que la France reste dans la guerre. Un sursaut patriotique auquel de Gaulle ne croyait pas du tout. Mathieu van Berchem (2010)
La tradition politique et historique veut que Churchill ait invité De Gaulle à faire son allocution le 18 juin 1940 sur la BCC et que le général n’ait eu qu’à se rendre dans la grande maison radiophonique britannique pour faire son allocution. Rien n’est moins vrai. Les débats politiques entre appeasers et « bellicistes » britanniques se poursuivaient au sommet de l’État britannique. Churchill n’avait pas le dessus. L’allocution manqua de passer à la trappe. De Gaulle comme Churchill ont dû s’adapter au jeu des appeasers. Depuis l’irruption en force du nazisme sur la scène allemande lors des élections de septembre 1930, Churchill s’efforce de réaliser une très large union contre ce fléau politique. La débâcle des forces alliées en mai-juin 1940, en Belgique et en France, loin de le faire changer d’idée, l’encourage à persévérer. Si le récent premier ministre britannique ne peut maintenir la France entière dans le combat, Churchill s’efforce de maintenir la plus grande partie possible de celle-ci dans la lutte. À partir du 9 juin 1940, date de la première visite à Londres de Charles de Gaulle, depuis peu général et ministre, Winston Churchill mise sur cette personnalité pour retenir la France de s’engager sur la pente d’une paix séparée, et pour combattre le défaitisme au sein du gouvernement britannique qu’il dirige. Le jour même, il fait devant le cabinet de guerre l’éloge de ce Français qui veut poursuivre la lutte. En effet, depuis que De Gaulle a pris, le 6 juin 1940, ses fonctions de secrétaire d’État à la Défense nationale, il s’efforce de retenir la France sur la voie de l’armistice. Dès qu’il apprend, le 16 juin au soir, le remplacement de Paul Reynaud à la tête du gouvernement par le maréchal Pétain, De Gaulle manifeste au député anglais Edward Spears, envoyé personnel de Churchill auprès de Reynaud, son intention de se rendre à Londres le lendemain, pour appeler les Français à continuer le combat. Spears contacte aussitôt par téléphone Churchill, qui donne son accord à cette idée. Spears est un conservateur totalement bilingue français-anglais et, depuis 1915, un ami personnel de Churchill. Churchill entrevoit probablement que De Gaulle a l’étoffe d’un chef d’État et celle d’un équivalent de Jeanne d’Arc. Churchill admire deux personnalités françaises, Jeanne d’Arc et Napoléon, ainsi que Clemenceau dont il va tant s’inspirer pendant toute la guerre et particulièrement dans cette période. Cependant, Churchill ne peut pas faire assaut de trop de romantisme face aux membres de son gouvernement qui se prétendent réalistes. Ils ont désormais pour chef de file Edward Halifax, le ministre des Affaires étrangères qui règne au Foreign Office et qui est un ami personnel du Roi. C’est pourquoi Churchill, après avoir reçu De Gaulle en présence de Spears, le 17 juin vers 15 h, ne lui ouvre pas immédiatement les studios et les micros de la BBC. Lors de la séance du cabinet de guerre britannique qui se tient en fin d’après-midi du 18 juin, Churchill présente prudemment le motif de l’arrivée de De Gaulle à Londres. Il s’agissait d’assurer sa sécurité car le français était menacé d’arrestation par son gouvernement installé à Bordeaux. C’est une crainte on ne peut plus fondée, témoin l’arrestation pendant quelques heures, de Georges Mandel et du général Bührer au cours de cet après-midi-là. Alfred Duff Cooper, ministre conservateur de l’Information, joue un rôle essentiel. Lors de la réunion suivante du cabinet britannique qui se tient le 18 juin vers 12 h 30, c’est lui qui présente un texte que De Gaulle doit prononcer à la radio. Churchill est absent de cette réunion parce qu’il est retenu par la préparation de son discours de combat aux Communes. Ce discours de Churchill est d’après ses derniers mots, celui « de la plus belle heure « . C’est Neville Chamberlain qui préside la réunion du cabinet. La décision s’avère négative, probablement sous l’influence de lord Halifax, le chef de file des appeasers. Il apparaît aux membres du cabinet britannique qu’il n’est pas opportun que De Gaulle parle « tant que le gouvernement français peut encore agir dans le sens des intérêts de l’alliance ». En d’autres termes, on attend que la situation se décante à Bordeaux, lorsque seront connues les conditions allemandes d’armistice et de paix. Cooper et Spears reviennent à la charge dans l’après-midi du 17 juin et obtiennent de Churchill que la décision puisse être revue s’ils convainquent un par un les membres du cabinet. Halifax en profite pour faire amender plusieurs fois le texte de De Gaulle, jusqu’à une version finale qui le dénature complètement, en affirmant dès sa première phrase que Pétain recherche  » un armistice dans l’honneur ». Le général cède, sans doute, pour arriver à lancer son appel, mais la bataille se poursuit dans la nuit, sans qu’on en connaisse les détails mais seulement le résultat. Le début du texte publié par les journaux anglais le 19 juin a été changé par rapport à celui qui a été prononcé et que nous connaissons par une écoute des services secrets suisses. Ce texte est conforme à ce que nous connaissons, et ne parle plus d’armistice honorable. Cependant, la fin aussi diffère, par l’ablation de la phrase « demain comme aujourd’hui je parlerai à la radio de Londres « . Voilà qui ressemble au résultat d’un troc. Si on ne parle plus de Pétain comme d’un homme d’honneur, de Gaulle perd son droit à une émission quotidienne. En définitive, la version officielle de l’appel du 18 juin, fixée et publiée en août 1940, reproduira le texte des journaux anglais tout en rétablissant la dernière phrase. De Gaulle est effectivement privé de micro jusqu’au 22 juin, date de sa première allocution connue par un enregistrement. On avait appris alors à Londres la teneur des conditions d’armistice et le gouvernement britannique, inquiété notamment par les conditions concernant la flotte de guerre française, essayait par-là de dissuader les Français de signer l’armistice avec les Allemands. Lorsqu’on apprend à Londres dans la soirée que l’armistice est signé, de Gaulle monte soudain en grade. Le cabinet de guerre britannique décide, le lendemain matin, de ne plus reconnaître le gouvernement Pétain et appelle à la formation d’un « comité national  » français en espérant que de hautes personnalités en fassent partie. Pour commencer, de Gaulle en est le « secrétaire « , et il va annoncer tout cela à la BBC le soir même. Cependant, après la diffusion de son allocution, Halifax interdit aux journaux de la reproduire et s’en explique le lendemain devant le cabinet. Il a été assailli dans l’après-midi par des Français éminents présents à Londres, Jean Monnet, Alexis Léger, Charles Corbin l’ambassadeur français au Royaume-Uni, se prétendant hostiles à la fois à l’armistice et à cette façon de procéder. Il faudrait, disaient-ils, que la résistance parte des colonies françaises et de leurs gouverneurs. Churchill ne proteste pas contre cette violation flagrante des décisions collégiales. C’est le signe qu’il craint, par-dessus, toute la crise que déclencherait un désaveu de Halifax et qu’il ne se sent pas assez fort, politiquement, pour croiser le fer avec lui. Quelques jours plus tard, le 28 juin, aucun gouverneur de colonie française n’a désavoué l’armistice et le cabinet britannique accorde à de Gaulle une reconnaissance minimale. Le cabinet britannique reconnaît de Gaulle comme « le chef des Français qui se rallient à lui ». François Delpa (2024)
Non, le général rebelle n’a pas dit ce jour-là : « La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! » Non, il n’a pas clamé : « Moi, général de Gaulle, j’entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale », se posant ainsi en chef militaire et politique du pays. Oui, il a conclu : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas », donnant à ce mot, « résistance », un sens qui n’a cessé de s’ennoblir à son tour en Résistance. Non, enfin, la version canonique, entérinée par de Gaulle dans ses Mémoires de guerre (Plon, 1954), n’est pas exactement celle qu’il prononça au micro. (…) L’appel du 18 juin… Rarement un événement aura suscité autant de livres ou de travaux d’historiens et dégagé aussi peu de certitudes. Les souvenirs des témoins se contredisent sur bien des points quand ils n’évoluent pas dans le temps. Mouvement naturel de la mémoire, mais aussi souci ultérieur du personnage principal, devenu l’« Homme du 18 juin », d’établir une doxa et, peut-être, un mythe de ce moment fondateur… Commençons par ce qui fait consensus. Ce 18 juin 1940, le général s’assoit devant une petite table, dans un studio de la BBC. Il est en uniforme et bottes lustrées. Il a posé à côté de lui ses gants blancs et son képi. L’ingénieur du son, Gibson Parker, demande un essai de voix. « La France », dit cet orateur qui entend à cet instant rien de moins que de l’incarner. Puis l’un des deux speakers français de la BBC, Maurice Thiéry ou Pierre de Valençais, annonce : « Et maintenant, le général de Gaulle, qui fut sous-secrétaire d’Etat du gouvernement Reynaud, vous parle. » De Gaulle se lance. « Il paraissait très calme mais assez tendu, comme s’il concentrait toutes ses forces en un seul instant, racontera Elizabeth Barker, une assistante britannique qui l’avait accompagné dans le studio, dans Le Figaro littéraire du 17 juin 1965. Je suis sûre qu’il ne distinguait personne dans le studio, rien que le micro qu’il regardait fixement, comme s’il voyait au-delà de l’appareil. » L’Appel dure quatre minutes. « A mesure que s’envolaient les mots, irrévocables, je sentais en moi-même se terminer une vie, celle que j’avais menée dans le cadre d’une France solide et d’une indivisible armée, écrira Charles de Gaulle dans ses Mémoires. A 49 ans, j’entrais dans l’aventure, comme un homme que le destin jetait hors de toutes les séries. » Il est alors général « à titre temporaire », en raison de ses récents faits d’armes aux batailles de Moncornet et d’Abbeville. Il passe depuis longtemps pour un militaire surdoué et un emmerdeur patenté, ne cessant de harceler ses supérieurs de sa vision de ce que doit être une armée moderne et mécanique. Il s’est notamment brouillé avec le maréchal Pétain, son ancien mentor. De Gaulle a été nommé sous-secrétaire d’Etat à la guerre, le 5 juin. A deux reprises déjà, il s’est rendu à Londres et a rencontré Winston Churchill, le premier ministre britannique, comme émissaire de Paul Reynaud, le président du Conseil. Il revient d’un de ces voyages, le 16 au soir, quand il apprend à Bordeaux la démission de son patron et son remplacement par Pétain. Au petit matin du 17 juin, de Gaulle s’envole à bord de l’avion d’Edward Spears, le représentant personnel de Churchill en France. Il est accompagné de Geoffroy Chodron de Courcel, son ordonnance. A Londres, le Général pose ses bagages dans un petit appartement de Seamore Place qu’on lui a prêté. « Je m’apparaissais à moi-même seul et démuni de tout, comme un homme au bord d’un océan qu’il prétendrait franchir à la nage », se décrit-il dans ses Mémoires. Le même jour, à 12 h 30, le maréchal Pétain prononce son discours d’abandon avec cette phrase célèbre : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. » A peine débarqué, de Gaulle rencontre Churchill. « Dès l’après-midi du 17 juin, j’exposai mes intentions à M. Winston Churchill, poursuit-il dans ses Mémoires. Naufragé de la désolation sur les rivages de l’Angleterre, qu’aurai-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la BBC à ma disposition. » Churchill ne dit pas autre chose dans ses propres Mémoires. Pieux mensonge que cette entente immédiate entre les deux géants…« Le début de partie est moins brillant que ne le retient la légende dorée de la France libre », résume Jean-Louis Crémieux-Brilhac, grande figure de cette France libre, avant d’en devenir un des plus précieux mémorialistes (L’Appel du 18 juin, Armand Colin, 2010). Toujours ce 17, Chodron de Courcel appelle Elisabeth de Miribel, une amie installée à Londres, et l’invite à venir, le lendemain à 10 heures, assurer le secrétariat du Général. L’idée de l’Appel est clairement en germe dès cet instant. De Gaulle y pense aussi quand il dîne chez Jean Monnet, directeur de la mission économique française au Royaume-Uni. « Que venez-vous faire à Londres ? », lui demande Silvia Monnet, la maîtresse de maison. « Sauver l’honneur de la France », répond l’invité. Toute la soirée, il affirme vouloir parler à la radio, frotte ses thèmes à l’auditoire, s’emporte contre Pétain, au grand dam de Monnet. Il a été convenu avec Churchill que de Gaulle pourrait parler et appeler à poursuivre la guerre sitôt que la France aurait demandé un armistice séparé qui briserait le pacte d’alliance signé entre leurs deux pays. L’appel à « cesser le combat » de Pétain semble bien indiquer une volonté de mettre fin unilatéralement aux hostilités. Du moins est-ce ce qui apparaît à de Gaulle, qui y voit le feu vert pour sa prise de parole. D’autant que les journaux anglais du 18 au matin rapportent le discours de Pétain et évoquent la débandade qu’il a provoquée dans l’armée française. Dès 8 heures, le Général s’attelle donc à la rédaction de son Appel. « Puisqu’on ne se bat plus, je n’ai plus de raison d’attendre », dit-il à son ordonnance. Elisabeth de Miribel tape sur sa machine le manuscrit que doit lui déchiffrer Geoffroy Chodron de Courcel, « texte finement écrit et surchargé de ratures », selon elle. Sauf qu’aux yeux des Britanniques, ce 18 juin, la situation est loin d’être aussi claire que ne le juge de Gaulle. Le défaitisme de Pétain a hérissé, même en France. Sur le terrain, la bataille se poursuit, fût-elle désespérée (les armes ne se tairont totalement que le 25 juin). Et puis, il reste l’Empire, encore en mesure de lutter. Dernier point, et non des moindres, à élucider : quelle sera la position de Hitler, qui pour l’heure se tait face à l’offre de négociation de Pétain ? Ce 18 juin, tandis que de Gaulle noircit les feuillets, le gouvernement britannique décide d’envoyer à Bordeaux deux délégations, l’une britannique, conduite par Lord Lloyd, l’autre française, menée par Jean Monnet. Leur mission : mesurer les intentions du gouvernement, mais également savoir si des personnages de premier plan seraient prêts à rejoindre Londres. Sur place, Monnet sonde le personnel politique. Aucun ne montera dans l’avion qui redécolle le 19. Alors, dans ce grand moment de flottement, le cabinet de guerre britannique décide de ne pas laisser parler l’exilé. « Bien que le contenu du texte ne soulève aucune objection, il n’est pas souhaitable que le général de Gaulle, persona non grata auprès de l’actuel gouvernement français, parle à la radio, aussi longtemps qu’on peut espérer que l’actuel gouvernement français agira d’une façon conforme aux intérêts de l’Alliance », est-il écrit dans le compte rendu de la réunion. Winston Churchill est absent. Il travaille à un discours qu’il doit prononcer dans l’après-midi devant la Chambre des communes. Il est lui-même en difficulté face aux partisans de l’apaisement (les « appeasers »), prêts à composer avec Hitler. Ce discours du premier ministre sera un vibrant plaidoyer jusqu’au-boutiste, qui scellera sa victoire sur les « appeasers ». A 14 heures, de Gaulle déjeune avec Edward Spears et Alfred Duff Cooper. Ce dernier est ministre de l’information et donc patron de la BBC, en ces temps de guerre. De Gaulle sait-il déjà que son Appel a été recalé ? Là encore, les avis divergent. Mais, un peu plus tard, Spears va interrompre la sieste de Churchill et plaider la cause du Français interdit d’antenne. Le premier ministre donne son approbation à un appel, sous réserve de celle du cabinet de guerre. Spears et Cooper vont alors faire le siège de ses membres. L’accord tombe en fin d’après-midi : de Gaulle peut parler. Selon la version officielle, le Général et son ordonnance sautent dans un taxi, déposent Elisabeth de Miribel chez elle et arrivent à la BBC. « A 18 heures, je lus au micro le texte que l’on connaît », est-il sobrement écrit dans les Mémoires de guerre. Plusieurs historiens, dont Jean-Louis Crémieux-Brilhac, s’appuyant notamment sur des grilles horaires de la BBC, pensent que l’Appel fut en réalité annoncé à 20 heures et lancé deux heures plus tard. « On a toutes les raisons de penser que l’appel passa sur les ondes à 22 heures », confirme l’historienne Aurélie Luneau dans L’Appel du 18 juin (Flammarion, 2020). De Gaulle s’accrochera toujours à l’horaire de 18 heures, peut-être pour occulter les tractations qui suivirent. Interrogé bien plus tard par l’historien Henri Amouroux, le Général jurera « n’avoir jamais fait relire aucun texte ». « Il est clair que les Britanniques ont censuré l’appel du 18-Juin, affirme, lui, Olivier Wieviorka, historien spécialiste de la période. La radicalité a été gommée. » Le brouillon aujourd’hui conservé et qui sacralise la version officielle débute ainsi : « Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat. » En écrivant « cesser le combat », de Gaulle reprend donc l’expression de Pétain. Une attaque directe contre le maréchal capitulard. Or Londres n’entend pas encore se fâcher avec le héros de Verdun et les nouvelles autorités qu’il incarne. Dans des conditions qui restent à ce jour inconnues, de Gaulle change donc son exorde : « Le gouvernement a demandé à l’ennemi à quelles conditions pourrait cesser le combat. Il a déclaré que si ces conditions étaient contraires à l’honneur, à la dignité, à l’indépendance de la France, le combat devait continuer.” Ce nouveau préambule prend au mot le discours de Pétain et lui fait crédit de vouloir négocier dans les règles de l’honneur avec les Allemands. Plus loin se déchiffre sur le manuscrit le passage suivant : « Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs, au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. » La dernière partie de la phrase a été « caviardée » lors de sa lecture, encore dans le souci de ménager les susceptibilités des autorités françaises. Pour ajouter à la confusion, Elizabeth Barker, l’assistante britannique, fera une traduction anglaise de la version originale tapée à la machine par Elisabeth de Miribel, donc sans les ultimes modifications. Elle sera reprise, intégralement, par le London Times du 19 juin et, partiellement, par d’autres grands titres anglo-saxons. Mais la version prononcée – et donc remaniée – sera publiée le lendemain par quelques journaux du sud de la France, pas encore occupé. Sur quelles bases ? Nouveau mystère et nouvelles empoignades entre spécialistes. On sait seulement que l’agence Havas, l’ancêtre de l’Agence France-Presse, publia depuis Londres une dépêche reprenant l’Appel. Finalement, seules une écoute et une retranscription des services secrets suisses, retrouvées récemment par un historien amateur, confirmeront les modifications du discours prononcé. Quelle qu’en soit la version, le texte dépeint une situation militaire catastrophique. « Nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l’ennemi. » Manière de leçon aux vieilles badernes qui n’ont pas su l’écouter et se sont arc-boutées sur leurs théories désuètes. Puis vient l’espoir : « Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! » La célèbre répétition n’est pas qu’un effet oratoire. De Gaulle n’est pas totalement néophyte à la radio : il s’est déjà exprimé sur les ondes en France, notamment le 21 mai, dans un discours enregistré à Savigny-sur-Ardres, qui préfigure l’appel du 18 juin. A cette époque où la réception des postes est de piètre qualité, il lui a été recommandé de répéter les temps forts. De même lui a-t-on conseillé de parler lentement, pour se rendre plus intelligible, et de marteler les phrases. Le brillant élève a retenu cet enseignement, qui ne prendra que plus de pertinence par la suite quand les émissions commenceront à être brouillées par les Allemands, dès le milieu de l’été 1940. Sur le fond, le général de Gaulle, on le sait aujourd’hui, aurait voulu prononcer un discours plus politique et parler – déjà – au nom de la France. « Mais il a été ramené à l’aspect militaire », explique l’historien Gilles Ragache, auteur de deux livres sur le sujet (Les Appels du 18 juin, Larousse, 2010, et Juin 1940, Perrin, 2020). « Le message a rétréci, dans une lessive dont les phases nous échappent, mais dont le résultat est indubitable », résume un autre historien, François Delpla, auteur de L’Appel du 18 juin 1940 (Grasset, 2000). « Dans ces jours-là, il y a ce qu’il voulait dire et ce qu’il pouvait dire, admet Frédéric Fogacci, directeur des études et de la recherche de la Fondation Charles de Gaulle. Il a été réfréné de manière incontestable sur la qualification du gouvernement français. » Mais, ajoute l’enseignant à Science Po, dans le climat de sidération que vit alors le pays, l’Appel garde sa force de lucidité et d’espoir. « Le général rationalise la défaite, analyse M. Fogacci. Il l’attribue non pas à la faiblesse ontologique des démocraties par rapport aux régimes totalitaires, comme le prétend Pétain, mais à des causes purement militaires. Il donne un pourquoi, un schéma d’explication, une vision des choses et redonne ainsi une possibilité d’action, un chemin et un horizon. Continuer à se battre à un sens, assure-t-il face à ceux qui disent : “A quoi bon ?” » « De Gaulle veut prendre date par rapport à la menace de l’armistice, ajoute Olivier Wieviorka. Se retirer de la guerre officiellement, cela veut dire qu’au jour de la victoire, la France n’aura plus voix au chapitre, et pour de Gaulle, c’est absolument inconcevable. » Aucun enregistrement n’a donc gravé dans le marbre les paroles du général ce 18 juin. Deux versions s’opposent pour l’expliquer. La première, la plus souvent avancée, serait que le disque de l’Appel aurait disparu dans le bombardement des studios de la BBC. La seconde est émise par Elizabeth Barker : « De l’Appel proprement dit, on n’a rien enregistré sur disque. On a su trop tard que le général allait parler pour prendre les dispositions nécessaires. » Il convient d’ajouter une hypothèse, évoquée à ce jour sans preuve par certains exégètes : le disque aurait été détruit ou caché pour que le Général puisse faire entrer sa propre version du texte à la postérité et gommer les petites humiliations qu’il a dû supporter. Tout le monde s’accorde sur un point : l’Appel a été lancé dans le vide des ondes et, à l’évidence, très peu entendu. « Le contraste est immense entre l’écho immédiat de l’appel du 18 juin et l’importance que le passage du temps lui a conférée », constate Jean-Louis Crémieux-Brilhac. De Gaulle sait que ce n’est là qu’un début. A la fin de son message, il a d’ailleurs ajouté : « Demain comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres. » Le 19, il prépare donc une autre intervention. François Delpla en a retrouvé un dactylogramme dans les archives du Foreign Office. Il ne sera jamais radiodiffusé. Le micro de la BBC lui est coupé ce jour-là. Winston Churchill et son cabinet de guerre ne connaissent toujours pas les intentions françaises. De Gaulle est donc réduit au silence. A sa place, ce 19 juin, parle Charles Corbin, l’ambassadeur de France, qui relaie la position officielle du gouvernement de Pétain… La diète va durer jusqu’au 22 juin. A 18 h 52, la France signe un armistice infamant avec l’Allemagne. Churchill s’indigne de cette trahison et s’inquiète de voir la flotte française tomber aux mains des Allemands. De Gaulle est autorisé à parler. Pour autant, ce n’est pas la fin de l’humiliation : il doit soumettre son discours au cabinet de guerre. Il fait antichambre tandis qu’un intermédiaire entre et sort pour lui signifier, « phrase après phrase », raconte Gilles Ragache, des modifications. « Ridicule, ridicule ! », s’emporte de Gaulle à chaque demande. Mais, finalement, ce second appel ne sera guère dénervé par les censeurs. A 22 heures, ce 22 juin, il peut enfin reparler à la BBC. C’est là une intervention de chef, politique et militaire. « Moi, général de Gaulle, j’entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale », dit-il vraiment, cette fois. « L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la Patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront. » Et enfin : « J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre. » L’aventure de la France libre peut commencer, il faut le dire, dans la plus grande indifférence. « Vous êtes tout seul. Eh bien, je vous reconnais tout seul », lui lance Winston Churchill le 27. Début août 1940 est placardée à Londres et dans les grandes villes anglaises une affiche, destinée à recruter sur place des volontaires. Le texte paraphrase mais de manière plus incisive le discours du 18 juin. Y est ajoutée en italique la célèbre formule : « La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! » Elle comporte l’expression « gouvernants de rencontre » qui fera florès. Après la Libération, cette affiche sera reprise en France, avec la signature du général de Gaulle et la date du 18 juin, ajoutant encore à la confusion. Charles-Henry Groult et Benoît Hopquin (Le Monde, 2025)
Jusqu’à il y a trois mois, le 18 juin n’était pas dans le film. Dans les versions de scénario que j’avais écrites avec Bérénice Vila, ma co-scénariste, c’était une scène qui était absente. En revanche, j’avais tourné un appel qui était un mélange de plusieurs appels, une allocution radio de Gaulle principalement fondée sur l’appel du 22 juin. (…) D’abord, parce qu’il était plus beau. Les phrases, plus poétiques. Il me plaisait davantage. Et parce qu’il avait été bien davantage entendu. J’avais d’ailleurs mélangé avec une phrase qui est dans un autre appel, je crois du 13 juillet. Tout cela visait à proposer un moment cohérent qui pouvait résumer en une seule scène les appels. On ne peut pas montrer toutes les allocutions dans un film. Il faut en trouver l’essence. (…) Plusieurs options se présentent : prendre une seule allocution et la reproduire à l’identique, ce qui va plaire aux historiens, ou bien prendre des libertés et les combiner. J’ai toutefois respecté les mots de de Gaulle. Je n’ai pas inventé de phrase pour cette scène parce que je trouvais ça important, alors que j’ai inventé des phrases de de Gaulle dans tout le reste du film. Dans cette scène, je n’ai pris que des phrases qui avaient été effectivement prononcées à la BBC dans cette période. Je trouvais le film assez bien ainsi. (…) [Mais] Il y a à peu près deux mois, nous avons montré le premier volet du film, L’Âge de fer, à Angers pour une séance test. Les gens ont aimé le film, mais une partie non négligeable pensait en sortant qu’il se terminait sur l’Appel du 18 juin, alors qu’il finit en 1942… J’ai compris qu’ils avaient cherché l’Appel du 18 juin pendant tout le film et avaient été soulagés de croire le voir à la fin. Ce contresens historique m’a perturbé. Ma première réaction a été de ne rien faire. Puis j’ai pensé qu’il ne fallait pas mépriser son public. On fait un film pour que les gens y trouvent du plaisir, que les gens le voient et que ce qu’ils voient ait du sens pour eux. J’avais voulu contourner le 18 juin parce qu’il était trop connu, trop iconique, un peu trompeur, mais c’est de fait un signifiant majeur. À partir du moment où l’ignorer perturbait le sens du film pour mon audience, j’ai décidé de revenir sur ma position.  J’ai donc décidé de mettre l’Appel du 18 juin, mais c’était compliqué.  (…) Je n’avais pas enregistré ce discours. L’avantage est que dans le cinéma on peut toujours réenregistrer des acteurs pour modifier le son de certaines scènes. J’avais toujours Simon Abkarian sous la main, j’avais une équipe qui pouvait enregistrer et une salle de mixage encore ouverte. J’avais tous les éléments qu’il fallait, et j’avais déjà pris la liberté de mélanger plusieurs discours. (…) Il y avait une phrase, qui est d’un autre appel, celui du 24 juin 1940, que je voulais garder. « Il faut qu’il y ait un soleil. Il faut qu’il y ait une espérance. Il faut que, quelque part, brille et brûle la flamme de la Résistance française. » Je ne voulais pas la retirer parce que la dernière phrase de l’Appel du 18 juin, qui a exactement le même sens, est très sèche, et n’est pas du tout émotionnelle. À ce moment-là du film et de l’histoire, je pensais qu’il fallait quelque chose qui fasse appel à une émotion, semblable à celle qu’a pu sentir un homme qui a dû finalement rompre avec tout ce à quoi il a cru. Il a été élevé en tant que militaire, dont le mot d’ordre est de toujours obéir. Le poids de cette rupture devait être incarné. (…) J’ai enregistré les premières phrases de l’Appel du 18 juin et j’ai gardé le reste. Ce que je veux dire : quand on fait un travail de création, on est surtout embarrassé non pas par les faits historiques, mais par leur iconisation, parce que les gens considèrent comme important. En l’occurrence, au risque d’en décevoir certains, je ne pense pas que le 18 juin soit une date importante. (…) D’abord, parce que ce discours a été très peu entendu. Ensuite, parce que la Résistance et la France libre, ne sont pas sorties du 18 juin comme Aphrodite de sa coquille dans le tableau de Botticelli : ce fut un processus compliqué, laborieux, plein de conflits. Le 18 juin, il n’y avait encore rien. Tout ce qui est devenu la France libre par la suite résulte de chocs, de problèmes, de hasards, de circonstances, et de la volonté manifestée par plusieurs personnalités bien trempées. Le 18 juin est devenu une espèce d’encapsulation de quelque chose de beaucoup plus vaste. Quand on fait un film, c’est précisément contre ce genre de chose qu’on se bat lorsqu’on a l’ambition de garder un lien fort avec la vérité. (…) [Avec l’historien britannique Julian Jackson] C’est un cas concret intéressant et assez atypique : nous n’en avons pas tellement parlé entre nous. Ça s’est joué en post-production, dans le rush de la fin, à toute allure. J’ai appelé Simon, je lui ai demandé de venir enregistrer quelque chose — ça s’est fait en une heure, avec mon ingénieur du son et mon mixeur. Ça ne fait donc pas vraiment partie du processus de maturation. Il y a beaucoup de maturation dans ce travail, mais aussi beaucoup de décisions de dernière minute, comme celle-ci. (…) Je n’ai pas du tout vécu l’interaction avec Julian comme contraignante, au contraire. Je me suis octroyé le plaisir et l’espace d’écrire, de visualiser dans ma tête ce à quoi je croyais, ce que j’avais envie de montrer, en sachant qu’ensuite j’allais en parler avec Julian. Il allait le lire et pouvoir me donner son regard dessus, me dire : « Ça, on ne sait pas si ça s’est passé ou pas, mais ça aurait pu se passer, ça ne pose aucun problème » ; ou à l’inverse : « Ça, c’est plus improbable, mais finalement ça ne tord pas du tout le sens historique des choses » — ou encore : « Là, tu es en train de tordre les choses, tu vas trop loin. » Cette interaction-là m’a donné, paradoxalement, beaucoup de liberté. (…) [Et] De toute façon, quand vous réalisez un film, vous avez le dernier mot… (…) Au début, on pensait mettre de Gaulle en civil à la fin du II. Puis j’ai trouvé que la fin était mieux autrement. Dans tous les cas, j’avais envie de le voir en civil à un moment donné — c’était dans l’air, en quelque sorte. Deuxièmement, il y a la question de savoir s’il était sincère ou non. Comme tu le dis, on ne sait pas vraiment : c’est une interprétation de dire qu’il l’était, c’en est une autre de dire qu’il ne l’était pas. Mais on peut aussi se dire que si c’était une forme de comédie, on peut très bien jouer la comédie avec des vêtements. Et à partir du moment où je n’avais pas la preuve qu’il n’était jamais allé en civil dans ce bureau, je n’avais pas de raison majeure de m’interdire de le montrer ainsi. (…) Cela apporte une symbolique, quelque chose qu’on n’avait jamais vu avant dans ce genre de film, et qui est assez étrange : même nous, Français, avons finalement assez peu vu de Gaulle en civil, sauf peut-être dans les actualités de l’époque présidentielle. C’est inhabituel. (…) Mais c’est une décision sur laquelle nos discussions m’ont beaucoup éclairé, parce qu’elles m’ont aidé à la faire mûrir. Il y a d’autres cas, à l’inverse, où tu me disais : « Non, ça, je ne le sens pas », et j’ai suivi ce que tu me disais. Dans ce cas précis, en revanche, nos échanges ont fait que cette décision soit plus mûrie, plus assumée. C’est un exemple concret.  (…) J’ai un autre exemple, où il y avait une erreur historique très précise. C’était tout au début du travail : on voulait montrer l’existence de l’antisémitisme en Afrique du Nord, avec certains personnages, et il y avait une étoile jaune portée par l’un d’eux. Julian m’a rappelé que l’étoile jaune n’était pas portée en Afrique du Nord. Évidemment, je l’ai immédiatement retirée. Cet autre exemple n’est pas une question d’interprétation cette fois, mais simplement une question de fidélité historique. C’est là que ce double regard permet vraiment la liberté : savoir qu’il y aura ce regard d’historien, qui connaît vraiment sa matière et qui a aussi accès à d’autres historiens, permet de savoir qu’on ne va pas n’importe où — ou en tout cas qu’on ne le fera pas sans le savoir. S’il y a une chose qu’on veut vraiment faire, dramatiquement, parce qu’on a la conviction que c’est ce que le film doit apporter au fond, alors on l’assume — mais on ne le fait jamais sans le savoir. (…) [avoir un historien comme consultant] J’ai toujours pensé que c’était absolument nécessaire. D’autre part, j’étais vraiment très heureux que ce soit Julian — d’abord parce que son livre m’avait ouvert la porte sur certains aspects de de Gaulle. Ensuite, parce que l’esprit du livre était exactement celui qui me portait vers de Gaulle. Et aussi parce que Julian est quelqu’un qui comprend les choses : ce n’est pas du tout un historien pointilleux qui se bat pour imposer sa discipline. On est dans un exercice différent : celui d’un film de fiction basé sur des événements historiques, qui s’adresse à un public a priori non spécialiste. Je n’ai jamais caché que je n’avais pas envie de faire un film pour des spécialistes de de Gaulle ou de la Seconde Guerre mondiale. J’avais envie de faire un film pour les amis de mes enfants, pour cette génération-là. Cela a tout de suite fonctionné et nous a permis de bien travailler ensemble. (…) Concrètement, j’envoyais des documents à Julian, qui était souvent en France, et venait donc à la maison. On discutait à la maison, puis on allait manger ensemble, puis on rediscutait à la maison — ça se faisait de manière très naturelle. On a dû faire ça quatre ou cinq fois, et on se parlait aussi par mail et par téléphone de temps en temps. C’était très fluide. (…) [À propos de Fernand Bonnier de la Chapelle et l’idée d’une double intrigue, d’un côté celle du général] L’idée est venue du fait que [mon épouse] Bérénice m’a fait écouter une lecture, sur France Inter, de la lettre que Bonnier de la Chapelle a envoyée à son père la veille de son exécution. En entendant cette lettre, très sincèrement, j’ai fondu en larmes. On s’est regardés, on en a parlé, et on s’est dit qu’il fallait que ce soit dans le film. On a donc creusé ce fil narratif autour de Bonnier de la Chapelle, sur lequel il y avait assez peu de documentation disponible. Un livre est paru entre-temps, qu’on a utilisé, qu’on a lu, mais les sources restent rares. Ce livre est très intéressant, mais il soulève en réalité beaucoup de questions, parce qu’on ne sait pas tant de choses sur Bonnier de la Chapelle. On sait qu’il a assassiné Darlan, qu’il y a eu un procès, on sait ce qui s’y est dit au cours du procès, on sait qu’il était au lycée Stanislas, et qu’il a été éduqué par son oncle et sa tante, qui étaient de gauche et amis de Léon Blum. Ce qui m’agace beaucoup, c’est d’entendre des amateurs d’histoire, à gauche comme à droite, affirmer qu’il était royaliste — alors qu’en réalité, on n’en sait rien. Il était au lycée Stanislas, où il y avait certes des royalistes, et il avait, comme à peu près tous les jeunes de son époque, accès à des livres maurrassiens, etc. La personne qui lui a procuré les armes faisait probablement partie de l’obédience royaliste. Mais il n’existe rigoureusement aucune preuve que Fernand était royaliste, d’autant qu’il a été élevé par un couple résolument républicain. [Depuis cette rencontre, le neveu de Fernand a pris contact avec Bérénice. Sa tante, la «petite Suzanne» que l’on voit dans le film est toujours vivante… et elle a vu le film! Ça m’a beaucoup ému. Le neveu nous fait parvenir deux documents incroyables, deux écrits du père de Fernand. Fernand, écrit-il, « n’a jamais été ni royaliste, ni cagoulard, et dans ses veines ne coulait que le sang rouge des vrais républicains. » Il rappelle le tempérament de Fernand et « son caractère enthousiaste et décidé qui ne lui permettait pas de comprendre et surtout d’admettre les réalités affreuses du moment. » Son père ajoute aussi : « la voix française de Londres, seul réconfort pour tant de Français, était attendue par lui tous les jours avec impatience. Il écouta l’appel du général de Gaulle et sa décision d’aller le rejoindre fut prise immédiatement. »] (…) Une chose m’a frappé et nous a beaucoup influencé avec Bérénice en lisant son procès, qui a été très expéditif : les juges n’arrivaient pas à imaginer qu’un jeune de cet âge ait pu agir par lui-même et en conscience. Ils étaient obsédés par l’idée de comprendre qui l’avait manipulé. Plusieurs théories ont alors circulé : certains pensaient qu’il avait été manipulé par les Italiens, parce que son père était d’origine italienne ; d’autres, que c’était évidemment Churchill qui l’avait manipulé — ce qui n’était pas vrai ; d’autres encore, que c’était de Gaulle — ce qui n’était pas vrai non plus ; et d’autres enfin, qu’il avait toujours été royaliste — ce qui est peu probable à mon avis. [Depuis, les nouveaux documents auxquels j’ai eu accès, me le confirment pleinement.] Je me suis dit qu’il fallait donner sa chance à ce jeune : le considérer comme une personne humaine qui a agi par elle-même. C’est ce que le film cherche à faire : dans ce film, ce sont des gens qui existent par eux-mêmes. C’est pour cela que les discussions sur les détails, qui sont le plus souvent le fait de gardiens du temple qui s’improvisent historiens au dernier moment, sont agaçantes. Elles détournent la lecture du film d’une chose importante : qu’un jeune homme de 17 ans puisse agir par lui-même. J’ai été très touché par cette trajectoire. Je suis ensuite allé au lycée Stanislas, et c’était émouvant, parce que j’y ai trouvé des documents qui n’avaient jamais été ouverts et consultés par aucun historien — notamment les lettres de son oncle au proviseur, pour essayer d’éviter que le jeune homme ne soit renvoyé. On sent les efforts de l’oncle pour faire pardonner le caractère bouillonnant de Fernand — c’est émouvant. C’était en effet un trublion, il avait besoin d’agir tout le temps, il y avait chez lui un débordement d’énergie permanent. C’était une sorte de De Gaulle sans la vision d’aigle sur l’histoire et le futur. Son oncle passait son temps à écrire au proviseur pour lui demander de l’excuser, pour dire qu’il avait tout de même des qualités. Je trouve cela assez émouvant. (…) Ce que cela permettait, ensuite, c’était de voir comment quelqu’un qui vit à Paris — avant de partir pour Alger, ce qui occupe à peu près la seconde moitié du film — perçoit ce que fait de Gaulle. Sur ce point, honnêtement, on n’en sait rien : on n’a aucune preuve de la façon dont Fernand recevait les discours de de Gaulle. Pour moi, quand on ne sait pas, c’est un terrain parfait pour l’imagination ! Mais toujours sous le regard d’un historien. Si Julian avait trouvé certaines scènes impensables, il me l’aurait dit et j’aurais changé mon fusil d’épaule et je ne serais pas allé dans cette direction-là. [Depuis, les documents cités ci-dessus me confirment dans mon intuition, ce qui me réjouit.] Quand on fait des films, même des fictions, à partir du moment où ils s’appuient tout de même sur des faits historiques, il est important d’avoir un degré élevé de sincérité. Il faut résister à ajouter des éléments qui pourraient rendre le film meilleur, mais sont contraires à la compréhension qu’on a du personnage. La sincérité est donc essentielle. Si on est sincère, on peut recevoir et assumer la critique. C’est, au fond, une question d’intégrité. (…) Je me suis beaucoup amusé à écrire ce discours de de Gaulle, j’avais besoin pour le coup, de la validation de Julian avant de le tourner avec Simon Abkarian. (…) [pour le personnage inventé du plombier polonais] Je voulais montrer avec ce personnage que de Gaulle essayait de recruter absolument tout le monde, même son plombier s’il le pouvait. Et puis, Bérénice et moi aimons ce personnage. C’est aussi le personnage préféré de plusieurs membres de l’équipe de post-production, leur chouchou. (…) Un film ne consiste qu’à faire des choix. Avec Bérénice, assez tôt, on a décidé de ne pas parler de l’année 1941. On peut faire un film sur l’année 1941.  Si j’avais dû traiter de l’année 1941, j’aurais dû faire trois films. J’avais pourtant déjà écrit le scénario de l’année 1941. Ce sont des choix qui sont des crève-cœurs, mais qu’il est nécessaire de faire et qu’on fait en permanence. Il y a deux jours, pour le volet deux, j’ai coupé une scène, une semaine donc avant la sortie. J’adorais cette scène, mais le film était mieux sans elle. Tous les personnages sont importants, toutes les scènes sont importantes. Mais il faut faire des choix pour faire un film. Si on coupe beaucoup, pourquoi reste-t-il Saint-Pierre-et-Miquelon ? Le Grand Continent a une partie de la réponse, avec la publication de la Doctrine Muselier. C’est le moment où l’on se base sur un détail, alors qu’en réalité il s’agit de l’essentiel : l’indépendance de la France vis-à-vis des plus forts. L’argument, c’est qu’on ne pouvait pas laisser tomber Saint-Pierre-et-Miquelon, même si, comme le dit Pleven, ce sont deux îles enneigées toute l’année, sans grande importance apparente. Et pourtant si, c’est important, parce que cela fait partie du territoire : si on laisse filer ça, cela veut dire qu’on peut potentiellement tout laisser filer. Je trouvais cela intéressant, parce qu’en miroir, il y avait une idée que je n’ai jamais voulu mettre explicitement dans la bouche de de Gaulle mais que je trouvais forte malgré tout : si de Gaulle est si insupportable avec Churchill, si incapable, ou en tout cas si peu disposé à faire le moindre compromis sur quoi que ce soit, cela vient d’une conviction très précise : il est trop faible pour se permettre des compromis. Le montrer à travers un événement comme celui de Saint-Pierre-et-Miquelon permettait d’envoyer un message plus large sur le type d’homme qu’était de Gaulle, et la situation dans laquelle il était. (…) En même temps, j’étais content de mettre en lumière des mécanismes qui me semblent éclairer notre époque actuelle, parce qu’au fond, ils éclairent toutes les époques : la façon dont les choses se construisent, à la fois dans les rapports de force et dans les émotions humaines. Il y a des choses qui m’ont frappé, qui ont aussi été des surprises pour moi. Tu parlais du fait que quelqu’un peut voir dans ton travail ce que toi-même tu n’avais pas vu — eh bien, cela m’arrive aussi, y compris à différentes étapes du même film. C’est ce qui est amusant dans la fabrication d’un film, qui est un processus très long, avec de nombreuses étapes : il m’arrive de voir, à une étape donnée, quelque chose que je n’avais pas vu à l’étape précédente. Par exemple — vous n’avez pas encore vu cette scène, elle est dans le deuxième film —, j’ai tourné la première rencontre entre Roosevelt et de Gaulle à Anfa, au Maroc, là où elle a véritablement eu lieu. Ce jour-là, Roosevelt recevait de Gaulle. Harold Macmillan, envoyé spécial de Churchill, qui venait de survivre à un accident d’avion et arrivait encore bandé, est arrivé sur les lieux et a vu des snipers postés un peu partout. Il a demandé si c’était Hitler qu’on recevait — et non, c’était de Gaulle ! De Gaulle était donc reçu sous la surveillance de snipers, cachés derrière des rideaux, dans une atmosphère de pression et de peur. J’ai tourné cette scène en 2024 (avant donc la fameuse rencontre de Trump et Zelensky qui a eu lieu en février 2025), et je l’ai redécouverte en commençant à la monter, en mai 2025. Et en la montant, je me suis aperçu qu’elle ressemblait beaucoup — avec des snipers en plus et des caméras en moins — à une scène devenue familière aujourd’hui : celle de Zelensky dans le bureau de Trump. Dans un cas, Roosevelt traite la France d’enfant, dans l’autre, on humilie Zelensky devant les caméras.  Ce n’est évidemment pas fait exprès de ma part, puisque cette scène a été tournée avant l’entretien de Zelensky. Mais il est intéressant de voir qu’il existe des constantes, des tendances qui reviennent dans l’Histoire. Antonin Baudry
Parfois, on ne voit pas soi-même ce qu’on a fait : c’est après que quelqu’un reprend votre travail que vous découvrez des choses que vous ne saviez pas y avoir mises. (…) [Comme par exemple] Cet aspect dont on a souvent parlé qui est tout à fait présent dans mon livre — à mon insu —, c’est le côté Don Quichotte de de Gaulle. Ce côté romanesque est pour moi une partie très importante du personnage. (…) C’est ce qui est fascinant : on voit que quelqu’un a fait quelque chose à partir de ce que vous avez fait vous-même, sans forcément le savoir, et cela génère un résultat différent, que je ne connaissais pas. (…) En fin de compte, Antonin faisait exactement ce qu’il voulait. Et c’est très important. Pour revenir sur ce point, je n’ai pas grand-chose à ajouter, si ce n’est que lorsque j’ai vu le film, j’ai remarqué que cette scène avait été ajoutée. Je ne l’avais pas trouvée dans les versions du scénario que j’avais lues. (…) À propos de l’importance, ou plutôt de la non-importance, du 18 juin, il y a une très belle citation de de Gaulle où il dit en substance : « Ils me font rire avec leur 18 juin. On penserait que tout est venu de là, alors que cela fait oublier toutes les batailles, les conflits, les arguments, les mémorandums, etc. » Lui-même en avait un peu assez de cette sacralisation du 18 juin. Pour un historien — je ne dis pas pour moi en particulier, mais pour n’importe quel historien —, on ne pourrait pas faire ce qui a été fait avec ce discours dans le film. Mais j’ai compris, en observant le travail d’Antonin, que des simplifications et des compressions sont nécessaires ; sinon le film devient incompréhensible, à moins de faire un documentaire en plusieurs volets, qui serait ennuyeux à mourir. Il faut donc faire des choix. Si l’on fabrique, dans un sens, un discours à partir de fragments qui existaient réellement, c’est pour simplifier. J’ai beaucoup appris de ce processus. (…) Pour moi, écrire un livre est aussi un acte de création, mais on y est soumis à certaines règles : les références, les notes de page, etc. Des contraintes que le cinéma (qui est aussi un travail de création) a la chance de pouvoir éviter. (…) Quand on m’a proposé de faire un film à partir de mon livre, ma première réaction a été assez absurde. Je me disais qu’il n’y avait pas de besoin de mon livre : toute l’histoire de De Gaulle est sur Wikipédia. Quand j’ai commencé à travailler avec Antonin, j’ai évidemment changé d’avis : j’ai vu ce qu’il a fait. C’est son idée de mon livre — c’est-à-dire que ce n’est pas forcément l’idée que je me faisais de mon propre livre. Parfois, on ne voit pas soi-même ce qu’on a fait : c’est après que quelqu’un reprend votre travail que vous découvrez des choses que vous ne saviez pas y avoir mises. (…) [Comme par exemple] Cet aspect dont on a souvent parlé qui est tout à fait présent dans mon livre — à mon insu —, c’est le côté Don Quichotte de de Gaulle. Ce côté romanesque est pour moi une partie très importante du personnage. Mais il y a d’autres choses qui ont moins fasciné Antonin, comme la part de raison chez de Gaulle, dont on parle moins dans le film. Dans l’avion qui le mène à Londres, de Gaulle est avec deux autres personnes, dont le général Spears. On met dans la bouche de de Gaulle un discours qui n’est pas tout à fait inventé, car il s’appuie sur des propos qu’il a tenus dans d’autres entretiens. C’est important, car Antonin met en scène son de Gaulle, avec tout le côté romanesque. (…) Je suis obsédé par les deux faces du personnage : le de Gaulle réaliste et classique, façon Cavour, et le de Gaulle romantique ; le de Gaulle bergsonien, et le de Gaulle penseur. Pour moi, la fascination qu’exerce de Gaulle s’explique par ce jeu entre ces deux dimensions. Mais dans le film, il y a sans doute davantage du de Gaulle romantique, ce qui est tout à fait légitime — et je ne savais pas à quel point cela se trouvait déjà dans le livre. C’est ce qui est fascinant : on voit que quelqu’un a fait quelque chose à partir de ce que vous avez fait vous-même, sans forcément le savoir, et cela génère un résultat différent, que je ne connaissais pas. (…) Mon idée de départ était fausse, j’ai donc dû l’abandonner. Quand j’ai commencé la biographie, mon idée était de montrer que de Gaulle n’était pas seul — de le montrer comme un produit de son époque, parce qu’en tant qu’historien, je suis sceptique à l’égard de l’idée de l’homme seul. Je déteste cette idée. Mais, pour de Gaulle, cela ne fonctionnait pas pour ma thèse de départ. Toutefois, j’ai quand même pu mettre en scène des gens aujourd’hui plus ou moins oubliés par la majorité du public — par exemple René Pleven, qui a joué un rôle très important dans la Quatrième République et dans les débuts de la France libre auprès de de Gaulle. Je suis donc très content de voir que, grâce à la lecture qu’il a faite de mon livre, Antonin a remis cette époque-là au centre du film. C’est un geste également très intéressant.  (…) Je trouve passionnant le fait que l’œuvre devient, une fois achevée, comme un bébé que chacun s’approprie, et dans laquelle chacun va finalement trouver ce qu’il y cherche. Je pense que cela vaut aussi bien pour le cinéaste que pour l’historien : de ce point de vue, il arrive que le cinéaste doive trancher, prendre parti — on ne peut pas, tout le temps, rester dans la nuance. À des moments, nous n’étions pas d’accord. C’était toujours amical, mais parfois je disais : « Je ne ferais pas ça », et Antonin répondait : « Je le ferai, parce que dramatiquement, c’est nécessaire. » (…) Je vous donne un cas où j’étais « contre » — c’est-à-dire que j’avais donné mon avis, mais c’était son film, et c’est lui qui décidait. Vous vous souvenez : c’était à la fin du premier film, après que les Américains ont porté au pouvoir, en Afrique du Nord, Darlan. De Gaulle pense alors que tout est fini. Dans le film, il y a une réunion du Conseil national à Londres, où de Gaulle dit, en substance : « On a fait de notre mieux, malheureusement ça n’a pas marché », et évoque sa démission. On voit alors une scène où de Gaulle apparaît en civil — la seule fois du film où il n’est pas en uniforme, parce qu’il n’est plus « de Gaulle ». Il a personnellement décidé de renoncer. Antonin a choisi de mettre cette scène pour qu’elle soit vraiment saisissante, pour montrer visuellement ce moment. Personnellement, je pense que de Gaulle n’avait pas abandonné. Le problème est qu’on ne sait jamais vraiment avec de Gaulle : quand on travaille sur lui, il est toujours deux pas devant vous. Il est tellement complexe que, lorsque vous pensez avoir atteint le fond du personnage, il s’avère qu’il est toujours plus loin. Cependant, dans ce cas, je pense qu’il était certes désespéré par la situation, mais qu’il savait qu’il allait finir par l’emporter. Pour moi, ce n’était donc pas un moment d’abandon réel chez de Gaulle. (…) Je comprends exactement pourquoi cette scène est là : c’est à la fois une interprétation tout à fait légitime, d’abord parce que la question de savoir s’il a vraiment voulu partir ou non reste ouverte ; et ensuite, parce que c’est une scène frappante, qui saisit le spectateur de manière très directe. C’est donc un exemple très concret de nos désaccords. (…) Je pense qu’il est très intéressant de savoir ce que le public, dans la salle, ou la critique, en pense. Je ne veux pas critiquer un autre film en particulier, mais je vais tout de même le faire. Je n’ai pas aimé le film The Darkest Hour, sur Churchill. Il y avait beaucoup de choses que je n’ai pas aimées, même si je trouvais certains choix légitimes. Il y a notamment une scène, à la fin du film, qui a beaucoup surpris : on y voit Churchill prendre le métro londonien. Or, je pense que Churchill n’a jamais mis les pieds dans le métro de sa vie. Il est dans le métro, entouré d’un homme noir, d’un trans… J’exagère un peu, mais l’idée était de montrer une sorte de monde multiculturel dans le métro. J’ai détesté, parce que ça sonnait faux, c’était creux. Il y a des choses qu’on ne devrait pas faire. On peut inventer des personnages, on peut inventer des dialogues, mais on doit rester fidèle à la réalité du personnage. C’est un exemple. Je n’ai pas non plus beaucoup aimé le film sur Napoléon de Ridley Scott pour d’autres raisons. Je pense qu’il y a des questions très légitimes sur ce qu’on peut faire, ce qu’on devrait faire, sur les lignes à ne pas franchir, etc. Mais personnellement, je trouve que, dans ce film, on est du bon côté — j’espère que je ne dis pas cela parce que j’étais moi-même tellement impliqué dans le film ! Je vous donne un autre exemple. Je pense que très peu de Français connaissent l’histoire de l’amiral Muselier, sauf les spécialistes. Muselier est un personnage très pittoresque, un amiral très ambitieux, qui voulait se débarrasser de de Gaulle. Il y a eu plusieurs conflits entre lui et de Gaulle, et je pense qu’il était important de les montrer pour faire comprendre à quel point de Gaulle était contesté à ses débuts. Il n’était pas seul, mais il avait des opposants à l’intérieur même du mouvement, parfois soutenus par les Britanniques. Il y a eu trois conflits majeurs entre Muselier et de Gaulle. C’était nécessaire de le montrer. Un historien pointilleux pourrait dire : le premier conflit, c’était en septembre 1941, le second en avril 1942 etc…— les dates dans le film ne sont pas exactement les bonnes, mais cela n’a aucun intérêt en soi. (…) Je pense qu’il est très intéressant de savoir ce que le public, dans la salle, ou la critique, en pense. Je ne veux pas critiquer un autre film en particulier, mais je vais tout de même le faire. Je n’ai pas aimé le film The Darkest Hour, sur Churchill. Il y avait beaucoup de choses que je n’ai pas aimées, même si je trouvais certains choix légitimes. Il y a notamment une scène, à la fin du film, qui a beaucoup surpris : on y voit Churchill prendre le métro londonien. Or, je pense que Churchill n’a jamais mis les pieds dans le métro de sa vie. Il est dans le métro, entouré d’un homme noir, d’un trans… J’exagère un peu, mais l’idée était de montrer une sorte de monde multiculturel dans le métro. J’ai détesté, parce que ça sonnait faux, c’était creux. Il y a des choses qu’on ne devrait pas faire. On peut inventer des personnages, on peut inventer des dialogues, mais on doit rester fidèle à la réalité du personnage. C’est un exemple. Je n’ai pas non plus beaucoup aimé le film sur Napoléon de Ridley Scott pour d’autres raisons. Je pense qu’il y a des questions très légitimes sur ce qu’on peut faire, ce qu’on devrait faire, sur les lignes à ne pas franchir, etc. Mais personnellement, je trouve que, dans ce film, on est du bon côté — j’espère que je ne dis pas cela parce que j’étais moi-même tellement impliqué dans le film ! Je vous donne un autre exemple. Je pense que très peu de Français connaissent l’histoire de l’amiral Muselier, sauf les spécialistes. Muselier est un personnage très pittoresque, un amiral très ambitieux, qui voulait se débarrasser de de Gaulle. Il y a eu plusieurs conflits entre lui et de Gaulle, et je pense qu’il était important de les montrer pour faire comprendre à quel point de Gaulle était contesté à ses débuts. Il n’était pas seul, mais il avait des opposants à l’intérieur même du mouvement, parfois soutenus par les Britanniques. Il y a eu trois conflits majeurs entre Muselier et de Gaulle. C’était nécessaire de le montrer. Un historien pointilleux pourrait dire : le premier conflit, c’était en septembre 1941, le second en avril 1942 etc…— les dates dans le film ne sont pas exactement les bonnes, mais cela n’a aucun intérêt en soi. (…) J’aimerais évoquer aussi un aspect très important pour la construction du premier film : les vies parallèles de de Gaulle et de Fernand Bonnier de la Chapelle. Je ne sais pas si l’idée venait de vous deux, mais elle est très importante car elle ancre l’histoire de de Gaulle dans le vécu d’un résistant français — résistant qui a lui aussi son côté Don Quichotte. De plus, ce jeune homme dénoue l’histoire à la fin, avec l’assassinat de l’amiral Darlan. Pourtant Bonnier de la Chapelle n’apparaît qu’une seule fois dans mon livre — simplement comme la personne qui a assassiné Darlan. Mais dans votre film, vous avez tous les deux, dès le début, eu cette idée qui donne une colonne vertébrale très intéressante à deux récits parallèles. (…) J’ai vu quelques articles sur le film, dont un d’un historien qui a fait ce que les historiens ont tendance à faire, c’est-à-dire pinailler sur une chose qui a pourtant vraiment existé, mais qu’il trouvait tellement invraisemblable qu’il la jugeait inventée. D’ailleurs moi-même quand je l’ai vue à l’écran moi-même, j’ai pensé : « C’est bizarre », mais je savais que cela avait existé ! C’est une scène qui se situe presque au début du premier film, lorsque les Britanniques veulent que de Gaulle se présente devant un public britannique. Il parle à peine anglais, il a peut-être un peu le trac — de Gaulle, après tout, reste un être humain. Si vous avez vu le film, il paraît sur scène avec un texte qu’il n’ose pas prononcer ; et il repart sans avoir parlé. Cela semble invraisemblable, mais cette scène a en réalité été découverte par une de mes doctorantes, Charlotte Faucher, qui faisait un doctorat sur l’Institut français de Londres, un très bon travail sur la diplomatie de l’époque. C’est elle qui a retrouvé, rapportée dans la presse de l’époque, cette anecdote surnommée « The Silent General » : le général qui paraît sur scène, ne dit rien, et laisse tout le monde un peu perplexe. Cette scène n’est donc pas inventée : elle a vraiment eu lieu, même si elle semble effectivement assez étrange ! (…) Une autre scène, à moitié inventée mais pas totalement, se situe en juillet 1942. De Gaulle donne un discours devant des députés britanniques et ce discours est suivi par un conseiller de Churchill, qui dit que de Gaulle était remarquable, que sa compréhension des questions géostratégiques, pour quelqu’un qui n’est pas au centre des processus décisionnel était remarquable, fort intelligente. (…) Antonin s’est dit que c’était une très bonne scène et m’a demandé : « Quel est le texte de ce discours prononcé devant des députés britanniques ? ». Je lui ai répondu qu’il avait probablement improvisé, et qu’il n’y avait pas de texte. Alors il m’a demandé si je pouvais l’écrire ! J’ai répondu « Non je ne peux pas ! ». Il a donc écrit lui-même le discours, tout à fait vraisemblable. [Pour les personnages inventés] J’adore le personnage du plombier polonais, qui devait être gallois, même si j’étais sceptique au départ. De toute façon il est drôle. Mais surtout il est là pour montrer la solitude de de Gaulle. Le plombier visite les locaux de Carlton Gardens pour la première fois et la seule chose qui l’intéresse est la plomberie très bien faite dans ces bâtiments. C’est très drôle et ça dit quelque chose de la solitude. (…) [l’historien fait lui aussi, des choix] Bien entendu. Dans mon livre sur de Gaulle, par exemple, il n’y a qu’une page sur Madagascar, et une demi-page sur la Nouvelle-Calédonie — on pourrait en écrire bien davantage. Un livre d’histoire ne s’écrit pas tout seul : il est écrit par quelqu’un qui fait des choix, pas exactement pour les mêmes raisons qu’un cinéaste, mais en fin de compte pour des raisons proches, presque artistiques — parce qu’une vie à raconter, c’est aussi une forme de création. On choisit où mettre la lumière, et où, au contraire, laisser certains aspects dans l’ombre.  Julian Jackson
De Gaulle non seulement connaît bien le sérail politique de droite comme de gauche, qu’il a systématiquement et continûment approché pour défendre ses idées en faveur de la création des divisions blindées (il s’est entretenu personnellement avec Blum, Paul-Boncour, ou même Déat) mais, en effet, avant d’être le conseiller écouté de Paul Reynaud qu’il va d’ailleurs inciter à soutenir la stratégie de Gamelin d’entrée en Belgique, principale cause de la défaite, il a été lui-même un court moment un homme politique en tant que sous-secrétaire d’État à la Guerre et à la Défense nationale du même Reynaud et ce sera, à ses yeux, un fait suffisamment important pour pouvoir, plus tard, devant les Alliés, en exciper pour – en tant que membre du dernier gouvernement de la IIIe République – revendiquer pour la France libre une reconnaissance diplomatique à la hauteur, c’est-à-dire un statut de gouvernement au même titre que les autres gouvernements alliés réfugiés à Londres. (…) Oser aborder le problème de la collaboration sans mentionner le nom même de Laval est un exploit ! (…) Laval représente une logique, mortifère sans aucun doute, mais une vraie logique, contraire en tous points à celle des dissidents De Gaulle et Giraud, en ce sens qu’elle se fonde sur la certitude de la victoire de l’Allemagne. Et, à partir de là, faire en sorte, par la signature à n’importe quel prix, d’un traité de paix avec l’Allemagne, que la France ait sa place dans l’Europe future dominée par le Reich. (…) Effacer Laval comme le fait le film, c’est donc gommer du même coup la logique des dissidents et minimiser leur combat pour la Libération. Ce qui est incompréhensible de la part d’un réalisateur qui s’emploie à servir la gloire de De Gaulle. S’agit-il de tout mettre sur le dos de Pétain ? Or si celui-ci a sa part, toute sa part dans la tragédie, encore convient-il de la définir. En se séparant brutalement de son vice-président du conseil, le 13 décembre 1940, il manifeste publiquement son désaccord avec sa politique. Le ralliement du maréchal Pétain à la politique de Laval visant un traité de paix avec l’Allemagne fut à mon sens plus tardif (…) Le régime de Vichy n’est pas homogène, surtout à ses débuts. Il réunit des élites d’origines diverses : peu de parlementaires de la IIIe République, même si Laval et Flandin ont incarné le régime dans l’entre-deux-guerres, de nombreux militaires, des hauts fonctionnaires devenus ministres et des technocrates qui vont jouer un rôle important, en particulier sous le gouvernement Darlan (…). Pour simplifier, on peut considérer qu’il existe à Vichy des sensibilités bien différentes, entre ceux que l’on peut considérer comme des traditionalistes voire des réactionnaires et d’autres qui sont plutôt des modernisateurs. (…) Cette alliance gaullo-soviétique est le non-dit, le tabou absolu, de l’histoire du gaullisme de guerre. Grâce aux archives soviétiques, j’ai éventé ce tabou des relations entre le chef de la France libre et le Tsar rouge dès 1988, avant la chute du Mur, dans mon livre De Gaulle et les communistes (Albin Michel, « L’Alliance » (1988), « Le Piège » (1989), réédition revue et complétée, Perrin, 2020). De Gaulle a pris l’initiative d’établir très tôt, dès le 12 novembre 1940, des liens avec le Kremlin qui ont abouti le 26 septembre 1941 à la reconnaissance de la France libre par Moscou sur la base de choix politiques et stratégiques communs. C’est Gaston Palewski, l’ancien directeur de cabinet de De Gaulle à Londres, qui a révélé peu avant sa mort l’existence de cette « relation officieuse » passant par lui-même et par Ivan Maïski, l’ambassadeur soviétique à Londres. Or novembre 1940, ce n’est pas seulement le moment où l’Allemagne nazie semble invincible ; c’est aussi l’époque où l’URSS est liée à elle par le Pacte germano-soviétique ! Mais assuré qu’il est de voir un jour, « par la nature des choses et des périls », l’URSS se retourner contre l’Allemagne, De Gaulle s’est donc lancé dès ce moment dans l’aventure d’un duo avec le Kremlin. Palewski s’est contenté de révéler l’existence de cette relation sans en dire davantage. Quant à de Gaulle, il n’en dit mot. Les archives soviétiques confirment que, comme une fusée, la diplomatie gaullo-soviétique avait plusieurs étages. Il y eut d’abord cette « relation officieuse » de novembre 1940 à juin 1941, puis l’ouverture de « relations officielles » par les services de la France libre à partir de juin 1941, enfin une relation secrète, initiée en juillet suivant, celle-là relevant du seul De Gaulle, et qui s’est traduite en août 1942 par l’entrée en scène d’un personnage totalement occulté et qui jouera cependant un rôle important dans l’histoire du gaullisme de guerre et même d’immédiat après-guerre : un certain Ivan Avalov, colonel du NKVD. Le 24 juin 1941, donc, au lendemain de l’attaque de l’URSS par l’Allemagne, de Damas où il se trouve en inspection, de Gaulle charge par télégramme René Cassin et Maurice Dejean, directeur des Affaires politiques de la France libre, d’engager, malgré « les vices et les crimes (sic) » du régime communiste, des relations officielles avec l’URSS visant à l’échange de délégués militaires. Puis le 25 juillet 1941, depuis Ankara et via l’ambassadeur Serge Vinogradov, il double secrètement, ces relations officielles par la proposition d’une alliance continentale pour l’Europe d’après-guerre. Staline, satisfait de la bonne volonté gaulliste, reconnaît la France libre le 26 septembre 1941 sans toutefois mentionner la restauration de l’« intégrité » de la France. Or, l’étroitesse des liens entre la France libre et le Kremlin devient très vite telle qu’en septembre 1942, fait proprement ahurissant, Staline laisse à De Gaulle le soin de rédiger lui-même le texte de la reconnaissance diplomatique de la France combattante par Moscou. Entre-temps, les gaullistes auront demandé au Kremlin de les aider à établir le contact avec le PCF, et Moscou aura mis comme condition que la France libre se « démocratise »… De son côté, De Gaulle aura déclaré que la France combattante « est l’alliée désignée de la Russie nouvelle » (allusion à l’ode à La Russie nouvelle du très prosoviétique Édouard Herriot en 1922), il aura lié la libération nationale à l’insurrection nationale et souhaité publiquement que le peuple français s’« assemble pour une révolution » ; il aura même envisagé de s’installer en URSS ! (…) Oser traiter d’un sujet historique sans évoquer, même par de brèves allusions, le contexte qui l’éclaire, c’est le réduire inévitablement à une caricature. L’armistice répondait évidemment à une situation d’urgence dont la responsabilité était très partagée. Son armée en déroute, ses voies de communications détruites, les réfugiés se bousculant par dizaines de milliers dans la confusion la plus totale, le pays, en juin 1940, était exsangue. Or, cela n’est à aucun moment montré par le film, qui fait de l’armistice une décision seulement politique, motivée par la volonté de s’entendre avec les Allemands plutôt que de leur résister. C’est une déformation grave de la réalité. (…) Le film montre le chef de la France libre essentiellement occupé à retourner l’empire français en faveur de sa cause, au Tchad et au Sénégal. Mais s’il a pu le faire, ou essayer de le faire, et si le débarquement américain par lequel le film s’achève a pu réussir, c’est bien parce que l’armistice avait préservé l’empire français de l’occupation allemande. (…) Ce que l’on sait moins, et sur quoi le film fait l’impasse, c’est que l’affaire de Dakar a connu en novembre un remake avec le Gabon qui, refusant de reconnaître l’autorité du général de Gaulle, s’est opposé à l’offensive menée par les Forces Françaises Libres avec une aide anglaise pour s’emparer de ce territoire français de l’Afrique équatoriale. (…) Par les conséquences qu’elle a eues, mais qui ne sont pas celles qu’avance le film, l’affaire de Saint-Pierre-et-Miquelon est très importante en effet et elle mérite qu’on s’y arrête. Vue du côté gaulliste, elle est relativement simple : par antigaullisme, Roosevelt s’est opposé à la prise de contrôle, le 24 décembre 1941, de l’archipel français, jusque-là aux mains des dirigeants de Vichy, par les FNFL. Et Washington a surréagi en publiant aussitôt une note d’une extrême violence fustigeant par la voix de Cordell Hull les « so called Free French ships » (les « soi-disant navires Français libres ») et condamnant cette « action arbitraire menée contrairement aux accords de toutes les parties intéressées et sans que le gouvernement américain en ait été informé ou y ait en aucune façon consenti ».L’affaire remonte au mois de mars 1941. Une note de Carlton Gardens (le siège de la France libre) demandant à Garreau-Dombasle, représentant de la France libre aux États-Unis, ce qu’il pense d’une éventuelle opération pour « libérer » Saint-Pierre-et-Miquelon, celui-ci répond que les États-Unis sont hostiles à toute opération de ce genre. (…) Cette affaire aura des conséquences incalculables, car s’ajoutant à plusieurs reproches précis : -la revendication de De Gaulle d’une reconnaissance du chef de la France libre comme un chef de gouvernement à l’instar des autres gouvernements réfugiés à Londres. Or, pour le démocrate américain Roosevelt, le titre de chef de gouvernement passe nécessairement par l’élection et De Gaulle est un chef de gouvernement autoproclamé ; -par ses attaques violentes contre Pétain, De Gaulle peut faire basculer le gouvernement de Vichy vers une collaboration militaire avec l’Allemagne et provoquer l’occupation de l’Afrique du Nord par la Wehrmacht, court-circuitant ainsi les projets stratégiques de Roosevelt qui, dès novembre 1940, a délégué sur place son missi dominici spécial, Robert Murphy, puis une douzaine de « consuls » pour préparer le terrain à ce qui sera plus tard le débarquement du 8 novembre 1942 ; -l’échec de Dakar, dû très possiblement à des bavardages inconsidérés de marins gaullistes dans les pubs anglais ; -l’incompatibilité d’humeur entre les deux hommes, due au caractère de De Gaulle, que Roosevelt résume en une phrase assassine : « Parfois De Gaulle se prend pour Jeanne d’Arc et d’autres fois pour Clemenceau. Il serait temps qu’il choisisse son sexe ! » ; -la façon peu diplomatique dont les émissaires de De Gaulle, André Philip et Adrien Tixier, se sont comportés lors de leur réception à la Maison Blanche. Tous ces faits s’ajoutant à l’affaire de Saint-Pierre-et-Miquelon ont déterminé l’hostilité de Roosevelt à l’égard de De Gaulle qui, estimait-il, lui avait manqué, et ne méritait donc plus sa confiance ; une hostilité qui n’a fait que croître avec le temps et va amener le président américain à s’opposer catégoriquement à ce que Churchill (ainsi que celui-ci le révélera dans son discours secret aux Communes) prévienne le chef de la France libre du débarquement en Afrique du Nord. Il est vrai que la participation des FFL, pas plus d’ailleurs que celle des Britanniques, n’était, en raison des affaires de Mers el-Kébir, de Dakar, du Gabon et de Syrie, recommandée dans l’opération africaine à cause de l’hostilité de l’armée d’Afrique à leur égard. (…) – L’étoile jaune [évoquée par le père de Bonnier de La Chapelle qui vit à Alger] n’a jamais été portée en zone libre, même après son invasion en novembre 1942, le gouvernement s’y étant opposé. Il en allait évidemment de même en Afrique du Nord. Vichy a aboli le décret Crémieux, qui accordait la citoyenneté française aux juifs indigènes, mais les juifs d’Algérie (et encore moins ceux du Maroc et de Tunisie qui étaient sous la protection les uns, du roi, les autres, du bey) n’ont jamais été contraints de la porter. À ma connaissance, sous Weygand il n’en a même jamais été question. (…) La bataille de Bir Hakeim est un fait d’armes, mais ce n’est pas une victoire : Rommel est passé. Devant la propagande gaulliste, qui a grossi inconsidérément, à ses yeux, cette geste guerrière, Koenig lui-même prêchait la modestie : « Ce n’est pas Austerlitz, quand même ! », disait-il. Ce qui lui a valu une certaine cabale de la part de certains gaullistes ultras, qui sont allés jusqu’à l’accuser d’avoir quitté l’un des premiers le camp retranché avec sa secrétaire très particulière. (…) mais l’héroïsme dont les troupes de Koenig ont fait preuve lui a permis de redorer le blason de la France libre dans un moment difficile, marqué par les affaires Muselier et Dufour et des difficultés avec les Anglais à propos du Levant. (…) La guerre de De Gaulle fut en effet une guerre par les mots. Le nombre de ses discours est aussi impressionnant que le fait de les dire sans notes, de mémoire. Quand on imagine le temps qu’il passait à les écrire, au vu des ratures et des ajouts que révèlent ses manuscrits, puis à les apprendre par cœur, on reste confondu par la mobilisation intellectuelle proprement surhumaine que cela demandait et par l’immobilisation physique qui en résultait. Il était donc nécessairement, loin du champ de bataille. Il laissait ça aux « sportifs » comme il disait. C’est ainsi qu’il appelait, paraît-il, les résistants. (…) L’insurrection [à Alger] a été préparée de longue date par le groupe des Cinq (Jacques Lemaigre-Dubreuil, Henri d’Astier de la Vigerie, Jean Rigault, Alphonse Van Hecke, Jacques Tarbé de Saint-Hardouin), appuyée par des groupes de jeunes Juifs sous les ordres de la famille Aboulker et supervisée par les délégués de Giraud : les généraux Mast pour l’Algérie et Béthouart pour le Maroc, en liaison avec l’américain Robert Murphy et une demi-douzaine de consuls. Il était prévu de faire prisonnier les autorités civiles et militaires relevant du gouvernement de Vichy (Darlan, Juin, Noguès, etc.), mais les choses se sont retournées en raison d’une maladresse de Murphy (qui a cru au dernier moment devoir prévenir Juin, qui a lui-même alerté Darlan) et du retard mis par les forces anglo-saxonnes à débarquer. Et les autorités loyalistes, regroupées autour de Darlan, ont repris le contrôle de la situation. D’où un imbroglio aussi coûteux que sanglant. De Gaulle n’avait pas été averti du débarquement [américain en Afrique du Nord] car, ainsi que Churchill l’a révélé, Roosevelt s’y était fermement opposé, mais il en avait eu vent. Comment ? Très certainement par le colonel du NKVD, Ivan Avalov (de son vrai nom Agayantz) lors de leur entretien secret, fin août, à Beyrouth, car Staline, alliance oblige, voulait le mettre au courant de ce qui se préparait. Quant à sa réaction sur le moment, tant Billotte que Passy rapportent que lorsqu’il a appris la nouvelle du débarquement, le 8 au matin, De Gaulle, furieux, a déclaré : « J’espère que les gens de Vichy vont les foutre à la mer ! On ne rentre pas en France par effraction. » Mais, quelques heures plus tard, il a eu publiquement une tout autre réaction puisqu’il a vivement encouragé la population française d’Afrique du Nord à accueillir les troupes anglo-saxonnes. (…) [Sur l’impasse complète du film sur l’invasion allemande de la zone libre le 11 novembre 1942) Là encore, il s’agit d’une impasse ahurissante, car la crainte de l’invasion de la zone libre par les Allemands a été la principale cause des tergiversations des autorités loyalistes d’Afrique du Nord lors du débarquement des Américains et, l’invasion proprement dite, la principale raison du retournement de l’armée d’Afrique loyale à Pétain et à Weygand contre l’ennemi italo-allemand. (…) L’assassinat de Darlan a eu pour De Gaulle une importance capitale, puisque c’est elle qui lui a permis de revenir dans un jeu dont il risquait d’être définitivement écarté. Choisir, par commodité pédagogique, un fil rouge, en l’occurrence l’itinéraire du jeune Bonnier, pour mettre en relief la trajectoire gaulliste, était une bonne idée. Mais à condition de coller le plus possible aux faits concernant le faire-valoir, surtout quand ils sont archi-connus ! Or, s’il y a un événement historique qui relève du complot et un complot parfaitement documenté, c’est bien l’attentat contre Darlan. (…) Que De Gaulle ait été « habité », c’est l’évidence. Ils sont plusieurs, de Joxe à Buron, autour de la table du conseil des ministres, à l’avoir entendu murmurer : « Cela, je le dis depuis 2 000 ans ! » Mais faire de lui une sorte d’illuminé, parfois crotté, lui qui, tout au contraire, a fait du raisonnement le ressort de sa mystique, relève d’une certaine caricature. Qu’est-ce que De Gaulle penserait de ce film ? On peut estimer que sa gloire se passerait d’un hommage qui, par ses raccourcis, ses biais, finit par rendre sa légende moins crédible. La magie du cinéma et la qualité de la réalisation font que le spectateur y adhérera peut-être, mais c’est une adhésion qui va à un personnage de fiction plus qu’à celui de l’histoire. Henri-Christian Giraud
Aux noms qui précèdent [oubliés dans le film], on peut ajouter celui de Georges Mandel que le général de Gaulle côtoie dans les journées décisives de juin 1940 lorsqu’il se retrouve au gouvernement. Les deux hommes se connaissent peu, mais l’attitude de Mandel, le 13 juin à Tours, a marqué de Gaulle. Celui qui est alors ministre de l’Intérieur est un opposant farouche à l’armistice. De Gaulle s’en est souvenu et a avantageusement mis en scène dans ses Mémoires de guerre ou dans un discours prononcé à Lesparre (Gironde) en 1949 les jugements très flatteurs que Mandel aurait portés sur lui puisque ce dernier lui aurait dit : « Vous êtes un des rares qui, dans le drame que nous traversons, peut servir purement la France. »J’ajouterais qu’aux liens politiques, il faut ajouter les contacts médiatiques, même si la présence de De Gaulle n’apparaît pas explicitement dans la presse du fait de son statut militaire (il est référencé principalement par les comptes rendus de ses livres). (…) L’absence d’images de la débâcle, de la question des prisonniers, des problèmes du ravitaillement et des conséquences économiques dramatiques de l’occupation sont évidemment une toile de fond essentielle que j’ai déjà évoquée à propos de la collaboration. J’ajouterais un autre élément qui est absent du film : la colonie française de Londres, qui est loin d’être unanimement acquise au gaullisme. On trouve alors en effet à Londres au début de la guerre non seulement des pétainistes, mais aussi des Français hostiles à Vichy mais également réservés face à de Gaulle, un militaire qui serait porteur de césarisme. (…) L’élimination physique de Darlan est pour le général de Gaulle celle d’un adversaire important, alors que les semaines d’exercice du pouvoir de Darlan à Alger ont permis à De Gaulle de resserrer la résistance intérieure autour de lui. On en verra toute l’importance en 1943 lorsque, sous l’égide de Jean Moulin, elle se fédérera largement autour du général de Gaulle au détriment de celui qui deviendra alors son rival, le général Giraud (…) Si le film humanise le général de Gaulle, c’est à travers les relations dans le cercle familial. L’arrivée de sa femme et de ses enfants est restituée sans pathos excessif. Surtout, la figure de sa fille handicapée d’Anne, dont on sait à quel point il lui était attaché, est donnée à voir avec une subtilité qui touche la sensibilité du spectateur, notamment lorsque l’enfant le regarde par la fenêtre du jardin. Nous sommes alors loin de l’image publique du général de Gaulle ou de la geste qu’il met en scène dans ses Mémoires. Olivier Dard (Sorbonne)

Regarde ce qu’ils ont fait à mon discours, ma ! 

« Homme du 18 juin » et sauveur de l’honneur de la France, mais général « à titre temporaire »et  sous-secrétaire d’Etat à la guerre de quelques jours, photo du 18 juin postérieure, discours de 18h annoncé à 20 heures et lancé deux heures plus tard, version officielle postérieure en fait de 4 jours, discours reconstruit de l’affiche…

Silence sur son expérience politique avant 1940 comme de la débâcle de 1940, omission de l’invasion allemande de la zone libre, oubli de Pierre Laval, impasse sur ses contacts avec Staline, ses coups fourrés avec Roosevelt notamment avec la prise de Saint-Pierre-et-Miquelon,  escamotage du complot contre Darlan …

Où à l’occasion de la sortie du magistral diptyque d’Antonin Baudry …

Et ses inévitables libertés avec l’histoire malgré ses 5 heures et demie …

On redécouvre que le plus important discours de l’histoire de France contemporaine …

A non seulement failli ne jamais être prononcé…

Mais que très peu de gens l’ont en réalité entendu …

Et qu’il n’a fait l’objet d’aucun enregistrement…

Mais d’une unique retranscription suisse en allemand…

D’un brouillon …

Et d’une quinzaine de versions …

Dont une affiche anglaise …

Une photo postérieure …

Et la version « officielle » que nous aimons et connaissons tous…

Mais en fait, à la fois différente et postérieure à l’originale !

La Bataille De Gaulle selon Antonin Baudry et Julian Jackson

Entretien fleuve entre le réalisateur et l’historien qui l’a conseillé pour réaliser le film événement sur la France Libre.

Julian Jackson, vous avez consacré une année de votre vie au film d’Antonin Baudry, mais combien de temps avez-vous mis pour finaliser votre excellent ouvrage sur de Gaulle ? 

Julian Jackson — Je n’en ai aucune idée. J’ai vécu avec depuis si longtemps avec De Gaulle que je ne peux pas dire quand exactement ce travail a commencé, ni quand il s’est terminé. Il m’a hanté pendant des années.

Vous êtes donc marié à de Gaulle ?

Julian Jackson — Je rêvais presque de de Gaulle : je faisais des cauchemars, des rêves… Je pense que je ne suis pas le seul dans ce cas. Quand on demande à un historien s’il a commencé un travail, on pense souvent qu’on s’est longuement préparé, puis qu’un jour on se met aux archives. Mais, en réalité, tout commence bien avant.

Antonin Baudry a donc en quelque sorte mis en images vos rêves. 

Julian Jackson — Dans une version originelle, qu’il a supprimée, il y avait un passage où de Gaulle faisait un cauchemar à propos de l’amiral. Je lui ai demandé : « Comment savez-vous qu’il a fait ce rêve ? » Il m’a répondu : « Comment savez-vous qu’il ne l’a pas fait ? »

Finalement, ce passage a été coupé.

Comment travaillent ensemble un cinéaste qui doit prendre des libertés et un historien qui, au contraire, doit les bannir ? Concrètement, comment traite-t-on le 18 juin 1940 en cinéaste et comment le traite-t-on en historien ? 

Antonin Baudry — Je veux bien répondre à cette question à propos du 18 juin puisqu’elle est assez amusante. Jusqu’à il y a trois mois, le 18 juin n’était pas dans le film.

Dans les versions de scénario que j’avais écrites avec Bérénice Vila, ma co-scénariste, c’était une scène qui était absente. En revanche, j’avais tourné un appel qui était un mélange de plusieurs appels, une allocution radio de Gaulle principalement fondée sur l’appel du 22 juin.

Pourquoi ?

Antonin Baudry — D’abord, parce qu’il était plus beau. Les phrases, plus poétiques. Il me plaisait davantage. Et parce qu’il avait été bien davantage entendu.

J’avais d’ailleurs mélangé avec une phrase qui est dans un autre appel, je crois du 13 juillet. Tout cela visait à proposer un moment cohérent qui pouvait résumer en une seule scène les appels. On ne peut pas montrer toutes les allocutions dans un film. Il faut en trouver l’essence.

Quelles sont alors les possibilités ?

Antonin Baudry — Plusieurs options se présentent : prendre une seule allocution et la reproduire à l’identique, ce qui va plaire aux historiens, ou bien prendre des libertés et les combiner. J’ai toutefois respecté les mots de de Gaulle. Je n’ai pas inventé de phrase pour cette scène parce que je trouvais ça important, alors que j’ai inventé des phrases de de Gaulle dans tout le reste du film. Dans cette scène, je n’ai pris que des phrases qui avaient été effectivement prononcées à la BBC dans cette période.

Je trouvais le film assez bien ainsi.

Que s’est-il passé ?

Antonin Baudry — Il y a à peu près deux mois, nous avons montré le premier volet du film, L’Âge de fer, à Angers pour une séance test. Les gens ont aimé le film, mais une partie non négligeable pensait en sortant qu’il se terminait sur l’Appel du 18 juin, alors qu’il finit en 1942… J’ai compris qu’ils avaient cherché l’Appel du 18 juin pendant tout le film et avaient été soulagés de croire le voir à la fin. Ce contresens historique m’a perturbé.

Ma première réaction a été de ne rien faire. Puis j’ai pensé qu’il ne fallait pas mépriser son public. On fait un film pour que les gens y trouvent du plaisir, que les gens le voient et que ce qu’ils voient ait du sens pour eux.

J’avais voulu contourner le 18 juin parce qu’il était trop connu, trop iconique, un peu trompeur, mais c’est de fait un signifiant majeur. À partir du moment où l’ignorer perturbait le sens du film pour mon audience, j’ai décidé de revenir sur ma position.

J’ai donc décidé de mettre l’Appel du 18 juin, mais c’était compliqué.

Quel était le problème ? 

Antonin Baudry — Je n’avais pas enregistré ce discours. L’avantage est que dans le cinéma on peut toujours réenregistrer des acteurs pour modifier le son de certaines scènes. J’avais toujours Simon Abkarian sous la main, j’avais une équipe qui pouvait enregistrer et une salle de mixage encore ouverte. J’avais tous les éléments qu’il fallait, et j’avais déjà pris la liberté de mélanger plusieurs discours.

Que vouliez-vous mettre, par exemple ?

Antonin Baudry — Il y avait une phrase, qui est d’un autre appel, celui du 24 juin 1940, que je voulais garder. « Il faut qu’il y ait un soleil. Il faut qu’il y ait une espérance. Il faut que, quelque part, brille et brûle la flamme de la Résistance française. »

Je ne voulais pas la retirer parce que la dernière phrase de l’Appel du 18 juin, qui a exactement le même sens, est très sèche, et n’est pas du tout émotionnelle. À ce moment-là du film et de l’histoire, je pensais qu’il fallait quelque chose qui fasse appel à une émotion, semblable à celle qu’a pu sentir un homme qui a dû finalement rompre avec tout ce à quoi il a cru. Il a été élevé en tant que militaire, dont le mot d’ordre est de toujours obéir. Le poids de cette rupture devait être incarné.

Comment vous en êtes-vous sorti ?

Antonin Baudry — J’ai enregistré les premières phrases de l’Appel du 18 juin et j’ai gardé le reste.

Ce que je veux dire : quand on fait un travail de création, on est surtout embarrassé non pas par les faits historiques, mais par leur iconisation, parce que les gens considèrent comme important. En l’occurrence, au risque d’en décevoir certains, je ne pense pas que le 18 juin soit une date importante.

Pourquoi ?

Antonin Baudry — D’abord, parce que ce discours a été très peu entendu.

Ensuite, parce que la Résistance et la France libre, ne sont pas sorties du 18 juin comme Aphrodite de sa coquille dans le tableau de Botticelli : ce fut un processus compliqué, laborieux, plein de conflits. Le 18 juin, il n’y avait encore rien. Tout ce qui est devenu la France libre par la suite résulte de chocs, de problèmes, de hasards, de circonstances, et de la volonté manifestée par plusieurs personnalités bien trempées.

Antonin Baudry avec Campbell Scott, Simon Russell Beale et Thierry Lhermitte sur le tournage de la « La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom »

Le 18 juin est devenu une espèce d’encapsulation de quelque chose de beaucoup plus vaste. Quand on fait un film, c’est précisément contre ce genre de chose qu’on se bat lorsqu’on a l’ambition de garder un lien fort avec la vérité.

Comment cela s’est passé dans ce cas précis avec Julian Jackson ?

Antonin Baudry — C’est un cas concret intéressant et assez atypique : nous n’en avons pas tellement parlé entre nous. Ça s’est joué en post-production, dans le rush de la fin, à toute allure. J’ai appelé Simon, je lui ai demandé de venir enregistrer quelque chose — ça s’est fait en une heure, avec mon ingénieur du son et mon mixeur.

Ça ne fait donc pas vraiment partie du processus de maturation. Il y a beaucoup de maturation dans ce travail, mais aussi beaucoup de décisions de dernière minute, comme celle-ci.

Mais ce processus de maturation pour reprendre vos termes est un travail de création et il faut de la liberté pour pouvoir raconter l’histoire. Comment cela s’agence avec le travail de l’historien ? 

Antonin Baudry — Je n’ai pas du tout vécu l’interaction avec Julian comme contraignante, au contraire.

Je me suis octroyé le plaisir et l’espace d’écrire, de visualiser dans ma tête ce à quoi je croyais, ce que j’avais envie de montrer, en sachant qu’ensuite j’allais en parler avec Julian. Il allait le lire et pouvoir me donner son regard dessus, me dire : « Ça, on ne sait pas si ça s’est passé ou pas, mais ça aurait pu se passer, ça ne pose aucun problème » ; ou à l’inverse : « Ça, c’est plus improbable, mais finalement ça ne tord pas du tout le sens historique des choses » — ou encore : « Là, tu es en train de tordre les choses, tu vas trop loin. »

Cette interaction-là m’a donné, paradoxalement, beaucoup de liberté.

Vous n’aviez donc pas peur d’être bridé ?

Antonin Baudry — Non, pas du tout. De toute façon, quand vous réalisez un film, vous avez le dernier mot…

Julian Jackson — En fin de compte, Antonin faisait exactement ce qu’il voulait. Et c’est très important.

Pour revenir sur ce point, je n’ai pas grand-chose à ajouter, si ce n’est que lorsque j’ai vu le film, j’ai remarqué que cette scène avait été ajoutée. Je ne l’avais pas trouvée dans les versions du scénario que j’avais lues.

Et que pensez-vous du 18 juin ? 

Julian Jackson — À propos de l’importance, ou plutôt de la non-importance, du 18 juin, il y a une très belle citation de de Gaulle où il dit en substance : « Ils me font rire avec leur 18 juin. On penserait que tout est venu de là, alors que cela fait oublier toutes les batailles, les conflits, les arguments, les mémorandums, etc. » Lui-même en avait un peu assez de cette sacralisation du 18 juin.

Pour un historien — je ne dis pas pour moi en particulier, mais pour n’importe quel historien —, on ne pourrait pas faire ce qui a été fait avec ce discours dans le film. Mais j’ai compris, en observant le travail d’Antonin, que des simplifications et des compressions sont nécessaires ; sinon le film devient incompréhensible, à moins de faire un documentaire en plusieurs volets, qui serait ennuyeux à mourir. Il faut donc faire des choix. Si l’on fabrique, dans un sens, un discours à partir de fragments qui existaient réellement, c’est pour simplifier. J’ai beaucoup appris de ce processus.

Quelle est la différence avec votre métier d’historien ?

Julian Jackson — Pour moi, écrire un livre est aussi un acte de création, mais on y est soumis à certaines règles : les références, les notes de page, etc. Des contraintes que le cinéma (qui est aussi un travail de création) a la chance de pouvoir éviter.

Que se passe-t-il alors quand on décide de faire un film à partir d’un livre ? 

Julian Jackson — Quand on m’a proposé de faire un film à partir de mon livre, ma première réaction a été assez absurde. Je me disais qu’il n’y avait pas de besoin de mon livre : toute l’histoire de De Gaulle est sur Wikipédia.

Quand j’ai commencé à travailler avec Antonin, j’ai évidemment changé d’avis : j’ai vu ce qu’il a fait.

C’est son idée de mon livre — c’est-à-dire que ce n’est pas forcément l’idée que je me faisais de mon propre livre. Parfois, on ne voit pas soi-même ce qu’on a fait : c’est après que quelqu’un reprend votre travail que vous découvrez des choses que vous ne saviez pas y avoir mises.

Pensez-vous à quelque chose en particulier ? 

Julian Jackson — Cet aspect dont on a souvent parlé qui est tout à fait présent dans mon livre — à mon insu —, c’est le côté Don Quichotte de de Gaulle. Ce côté romanesque est pour moi une partie très importante du personnage. Mais il y a d’autres choses qui ont moins fasciné Antonin, comme la part de raison chez de Gaulle, dont on parle moins dans le film.

Dans l’avion qui le mène à Londres, de Gaulle est avec deux autres personnes, dont le général Spears. On met dans la bouche de de Gaulle un discours qui n’est pas tout à fait inventé, car il s’appuie sur des propos qu’il a tenus dans d’autres entretiens. C’est important, car Antonin met en scène son de Gaulle, avec tout le côté romanesque.

Cette dimension romanesque vous intéresse tout autant ?

Julian Jackson — Je suis obsédé par les deux faces du personnage : le de Gaulle réaliste et classique, façon Cavour, et le de Gaulle romantique ; le de Gaulle bergsonien, et le de Gaulle penseur. Pour moi, la fascination qu’exerce de Gaulle s’explique par ce jeu entre ces deux dimensions. Mais dans le film, il y a sans doute davantage du de Gaulle romantique, ce qui est tout à fait légitime — et je ne savais pas à quel point cela se trouvait déjà dans le livre.

C’est ce qui est fascinant : on voit que quelqu’un a fait quelque chose à partir de ce que vous avez fait vous-même, sans forcément le savoir, et cela génère un résultat différent, que je ne connaissais pas.

Dans quelle mesure vous ne le saviez pas ? 

Julian Jackson — Mon idée de départ était fausse, j’ai donc dû l’abandonner. Quand j’ai commencé la biographie, mon idée était de montrer que de Gaulle n’était pas seul — de le montrer comme un produit de son époque, parce qu’en tant qu’historien, je suis sceptique à l’égard de l’idée de l’homme seul. Je déteste cette idée. Mais, pour de Gaulle, cela ne fonctionnait pas pour ma thèse de départ.

Toutefois, j’ai quand même pu mettre en scène des gens aujourd’hui plus ou moins oubliés par la majorité du public — par exemple René Pleven, qui a joué un rôle très important dans la Quatrième République et dans les débuts de la France libre auprès de de Gaulle.

Je suis donc très content de voir que, grâce à la lecture qu’il a faite de mon livre, Antonin a remis cette époque-là au centre du film. C’est un geste également très intéressant.

Après la sortie du film, avez-vous découvert de nouvelles choses ou des réactions de spectateurs vous ont-elles surpris ?

Julian Jackson — Je trouve passionnant le fait que l’œuvre devient, une fois achevée, comme un bébé que chacun s’approprie, et dans laquelle chacun va finalement trouver ce qu’il y cherche. Je pense que cela vaut aussi bien pour le cinéaste que pour l’historien : de ce point de vue, il arrive que le cinéaste doive trancher, prendre parti — on ne peut pas, tout le temps, rester dans la nuance.

À des moments, nous n’étions pas d’accord. C’était toujours amical, mais parfois je disais : « Je ne ferais pas ça », et Antonin répondait : « Je le ferai, parce que dramatiquement, c’est nécessaire. »

Avez-vous un exemple ? 

Julian Jackson — Je vous donne un cas où j’étais « contre » — c’est-à-dire que j’avais donné mon avis, mais c’était son film, et c’est lui qui décidait.

Vous vous souvenez : c’était à la fin du premier film, après que les Américains ont porté au pouvoir, en Afrique du Nord, Darlan. De Gaulle pense alors que tout est fini. Dans le film, il y a une réunion du Conseil national à Londres, où de Gaulle dit, en substance : « On a fait de notre mieux, malheureusement ça n’a pas marché », et évoque sa démission. On voit alors une scène où de Gaulle apparaît en civil — la seule fois du film où il n’est pas en uniforme, parce qu’il n’est plus « de Gaulle ». Il a personnellement décidé de renoncer.

Antonin a choisi de mettre cette scène pour qu’elle soit vraiment saisissante, pour montrer visuellement ce moment. Personnellement, je pense que de Gaulle n’avait pas abandonné. Le problème est qu’on ne sait jamais vraiment avec de Gaulle : quand on travaille sur lui, il est toujours deux pas devant vous. Il est tellement complexe que, lorsque vous pensez avoir atteint le fond du personnage, il s’avère qu’il est toujours plus loin. Cependant, dans ce cas, je pense qu’il était certes désespéré par la situation, mais qu’il savait qu’il allait finir par l’emporter. Pour moi, ce n’était donc pas un moment d’abandon réel chez de Gaulle.

Pourtant Antonin Baudry a donc gardé la scène… 

Julian Jackson — Je comprends exactement pourquoi cette scène est là : c’est à la fois une interprétation tout à fait légitime, d’abord parce que la question de savoir s’il a vraiment voulu partir ou non reste ouverte ; et ensuite, parce que c’est une scène frappante, qui saisit le spectateur de manière très directe. C’est donc un exemple très concret de nos désaccords.

Antonin Baudry — Nous sommes en train de recréer devant vous, en direct, les discussions que nous avions au cours du tournage [rires].

Au début, on pensait mettre de Gaulle en civil à la fin du II. Puis j’ai trouvé que la fin était mieux autrement. Dans tous les cas, j’avais envie de le voir en civil à un moment donné — c’était dans l’air, en quelque sorte. Deuxièmement, il y a la question de savoir s’il était sincère ou non. Comme tu le dis, on ne sait pas vraiment : c’est une interprétation de dire qu’il l’était, c’en est une autre de dire qu’il ne l’était pas. Mais on peut aussi se dire que si c’était une forme de comédie, on peut très bien jouer la comédie avec des vêtements. Et à partir du moment où je n’avais pas la preuve qu’il n’était jamais allé en civil dans ce bureau, je n’avais pas de raison majeure de m’interdire de le montrer ainsi.

Que peut apporter le fait de le montrer habillé en civil ?

Antonin Baudry — Cela apporte une symbolique, quelque chose qu’on n’avait jamais vu avant dans ce genre de film, et qui est assez étrange : même nous, Français, avons finalement assez peu vu de Gaulle en civil, sauf peut-être dans les actualités de l’époque présidentielle. C’est inhabituel.

Simon Abkarian dans « La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer »

Mais c’est une décision sur laquelle nos discussions m’ont beaucoup éclairé, parce qu’elles m’ont aidé à la faire mûrir. Il y a d’autres cas, à l’inverse, où tu me disais : « Non, ça, je ne le sens pas », et j’ai suivi ce que tu me disais. Dans ce cas précis, en revanche, nos échanges ont fait que cette décision soit plus mûrie, plus assumée.

C’est un exemple concret.

En avez-vous un autre ?

Antonin Baudry — J’ai un autre exemple, où il y avait une erreur historique très précise. C’était tout au début du travail : on voulait montrer l’existence de l’antisémitisme en Afrique du Nord, avec certains personnages, et il y avait une étoile jaune portée par l’un d’eux. Julian m’a rappelé que l’étoile jaune n’était pas portée en Afrique du Nord. » Évidemment, je l’ai immédiatement retirée.

Cet autre exemple n’est pas une question d’interprétation cette fois, mais simplement une question de fidélité historique.

C’est là que ce double regard permet vraiment la liberté : savoir qu’il y aura ce regard d’historien, qui connaît vraiment sa matière et qui a aussi accès à d’autres historiens, permet de savoir qu’on ne va pas n’importe où — ou en tout cas qu’on ne le fera pas sans le savoir. S’il y a une chose qu’on veut vraiment faire, dramatiquement, parce qu’on a la conviction que c’est ce que le film doit apporter au fond, alors on l’assume — mais on ne le fait jamais sans le savoir.

Vous n’avez donc jamais hésité à avoir un historien comme consultant ?

Antonin Baudry — J’ai toujours pensé que c’était absolument nécessaire. D’autre part, j’étais vraiment très heureux que ce soit Julian — d’abord parce que son livre m’avait ouvert la porte sur certains aspects de de Gaulle. Ensuite, parce que l’esprit du livre était exactement celui qui me portait vers de Gaulle. Et aussi parce que Julian est quelqu’un qui comprend les choses : ce n’est pas du tout un historien pointilleux qui se bat pour imposer sa discipline.

On est dans un exercice différent : celui d’un film de fiction basé sur des événements historiques, qui s’adresse à un public a priori non spécialiste. Je n’ai jamais caché que je n’avais pas envie de faire un film pour des spécialistes de de Gaulle ou de la Seconde Guerre mondiale. J’avais envie de faire un film pour les amis de mes enfants, pour cette génération-là. Cela a tout de suite fonctionné et nous a permis de bien travailler ensemble.

Julian Jackson, comment distinguez-vous les bons et les mauvais choix qui s’écartent de la vérité historique ? 

Julian Jackson — Je pense qu’il est très intéressant de savoir ce que le public, dans la salle, ou la critique, en pense. Je ne veux pas critiquer un autre film en particulier, mais je vais tout de même le faire.

Je n’ai pas aimé le film The Darkest Hour, sur Churchill. Il y avait beaucoup de choses que je n’ai pas aimées, même si je trouvais certains choix légitimes.

Il y a notamment une scène, à la fin du film, qui a beaucoup surpris : on y voit Churchill prendre le métro londonien. Or, je pense que Churchill n’a jamais mis les pieds dans le métro de sa vie. Il est dans le métro, entouré d’un homme noir, d’un trans… J’exagère un peu, mais l’idée était de montrer une sorte de monde multiculturel dans le métro.

J’ai détesté, parce que ça sonnait faux, c’était creux. Il y a des choses qu’on ne devrait pas faire. On peut inventer des personnages, on peut inventer des dialogues, mais on doit rester fidèle à la réalité du personnage. C’est un exemple. Je n’ai pas non plus beaucoup aimé le film sur Napoléon de Ridley Scott pour d’autres raisons.

Je pense qu’il y a des questions très légitimes sur ce qu’on peut faire, ce qu’on devrait faire, sur les lignes à ne pas franchir, etc. Mais personnellement, je trouve que, dans ce film, on est du bon côté — j’espère que je ne dis pas cela parce que j’étais moi-même tellement impliqué dans le film !

Je vous donne un autre exemple. Je pense que très peu de Français connaissent l’histoire de l’amiral Muselier, sauf les spécialistes. Muselier est un personnage très pittoresque, un amiral très ambitieux, qui voulait se débarrasser de de Gaulle. Il y a eu plusieurs conflits entre lui et de Gaulle, et je pense qu’il était important de les montrer pour faire comprendre à quel point de Gaulle était contesté à ses débuts.

Il n’était pas seul, mais il avait des opposants à l’intérieur même du mouvement, parfois soutenus par les Britanniques. Il y a eu trois conflits majeurs entre Muselier et de Gaulle.

C’était nécessaire de le montrer. Un historien pointilleux pourrait dire : le premier conflit, c’était en septembre 1941, le second en avril 1942 etc…— les dates dans le film ne sont pas exactement les bonnes, mais cela n’a aucun intérêt en soi.

Alors revenons sur la fabrication parce qu’on a vu que vous étiez pas mal concerté, mais concrètement, est-ce que vous avez envoyé à ce que vous avez écrit ? Vous étiez deux, d’ailleurs — il y avait aussi votre épouse. 

Antonin Baudry — Tout à fait, nous avons écrit le film avec mon épouse Bérénice Vilar. Le film est pour ainsi dire notre troisième enfant.

Concrètement, j’envoyais des documents à Julian, qui était souvent en France, et venait donc à la maison. On discutait à la maison, puis on allait manger ensemble, puis on rediscutait à la maison — ça se faisait de manière très naturelle. On a dû faire ça quatre ou cinq fois, et on se parlait aussi par mail et par téléphone de temps en temps. C’était très fluide.

Julian Jackson — J’aimerais évoquer aussi un aspect très important pour la construction du premier film : les vies parallèles de de Gaulle et de Fernand Bonnier de la Chapelle.

Je ne sais pas si l’idée venait de vous deux, mais elle est très importante car elle ancre l’histoire de de Gaulle dans le vécu d’un résistant français — résistant qui a lui aussi son côté Don Quichotte. De plus, ce jeune homme dénoue l’histoire à la fin, avec l’assassinat de l’amiral Darlan.

Pourtant Bonnier de la Chapelle n’apparaît qu’une seule fois dans mon livre — simplement comme la personne qui a assassiné Darlan. Mais dans votre film, vous avez tous les deux, dès le début, eu cette idée qui donne une colonne vertébrale très intéressante à deux récits parallèles.

À propos de Fernand Bonnier de la Chapelle, à quel moment l’idée d’une double intrigue, d’un côté celle du général, de l’autre celle de ce jeune homme, a-t-elle émergé ? 

Antonin Baudry — L’idée est venue du fait que Bérénice m’a fait écouter une lecture, sur France Inter, de la lettre que Bonnier de la Chapelle a envoyée à son père la veille de son exécution. En entendant cette lettre, très sincèrement, j’ai fondu en larmes. On s’est regardés, on en a parlé, et on s’est dit qu’il fallait que ce soit dans le film. On a donc creusé ce fil narratif autour de Bonnier de la Chapelle, sur lequel il y avait assez peu de documentation disponible.

Un livre est paru entre-temps, qu’on a utilisé, qu’on a lu, mais les sources restent rares.

Ce livre est très intéressant, mais il soulève en réalité beaucoup de questions, parce qu’on ne sait pas tant de choses sur Bonnier de la Chapelle. On sait qu’il a assassiné Darlan, qu’il y a eu un procès, on sait ce qui s’y est dit au cours du procès, on sait qu’il était au lycée Stanislas, et qu’il a été éduqué par son oncle et sa tante, qui étaient de gauche et amis de Léon Blum. Ce qui m’agace beaucoup, c’est d’entendre des amateurs d’histoire, à gauche comme à droite, affirmer qu’il était royaliste — alors qu’en réalité, on n’en sait rien.

Il était au lycée Stanislas, où il y avait certes des royalistes, et il avait, comme à peu près tous les jeunes de son époque, accès à des livres maurrassiens, etc. La personne qui lui a procuré les armes faisait probablement partie de l’obédience royaliste. Mais il n’existe rigoureusement aucune preuve que Fernand était royaliste, d’autant qu’il a été élevé par un couple résolument républicain. [Depuis cette rencontre, le neveu de Fernand a pris contact avec Bérénice. Sa tante, la «petite Suzanne» que l’on voit dans le film est toujours vivante… et elle a vu le film! Ça m’a beaucoup ému. Le neveu nous fait parvenir deux documents incroyables, deux écrits du père de Fernand. Fernand, écrit-il, «n’a jamais été ni royaliste, ni cagoulard, et dans ses veines ne coulait que le sang rouge des vrais républicains.» Il rappelle le tempérament de Fernand et «son caractère enthousiaste et décidé qui ne lui permettait pas de comprendre et surtout d’admettre les réalités affreuses du moment.» Son père ajoute aussi : «la voix française de Londres, seul réconfort pour tant de Français, était attendue par lui tous les jours avec impatience. Il écouta l’appel du général de Gaulle et sa décision d’aller le rejoindre fut prise immédiatement.»]

Pourquoi ce personnage vous semble si intéressant et si central dans votre vision que vous avez de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ?

Antonin Baudry — Une chose m’a frappé et nous a beaucoup influencé avec Bérénice en lisant son procès, qui a été très expéditif : les juges n’arrivaient pas à imaginer qu’un jeune de cet âge ait pu agir par lui-même et en conscience.

Ils étaient obsédés par l’idée de comprendre qui l’avait manipulé. Plusieurs théories ont alors circulé : certains pensaient qu’il avait été manipulé par les Italiens, parce que son père était d’origine italienne ; d’autres, que c’était évidemment Churchill qui l’avait manipulé — ce qui n’était pas vrai ; d’autres encore, que c’était de Gaulle — ce qui n’était pas vrai non plus ; et d’autres enfin, qu’il avait toujours été royaliste — ce qui est peu probable à mon avis. [Depuis, les nouveaux documents auxquels j’ai eu accès, me le confirment pleinement.]

Je me suis dit qu’il fallait donner sa chance à ce jeune : le considérer comme une personne humaine qui a agi par elle-même. C’est ce que le film cherche à faire : dans ce film, ce sont des gens qui existent par eux-mêmes.

C’est pour cela que les discussions sur les détails, qui sont le plus souvent le fait de gardiens du temple qui s’improvisent historiens au dernier moment, sont agaçantes. Elles détournent la lecture du film d’une chose importante : qu’un jeune homme de 17 ans puisse agir par lui-même.

J’ai été très touché par cette trajectoire. Je suis ensuite allé au lycée Stanislas, et c’était émouvant, parce que j’y ai trouvé des documents qui n’avaient jamais été ouverts et consultés par aucun historien — notamment les lettres de son oncle au proviseur, pour essayer d’éviter que le jeune homme ne soit renvoyé. On sent les efforts de l’oncle pour faire pardonner le caractère bouillonnant de Fernand — c’est émouvant.

C’était en effet un trublion, il avait besoin d’agir tout le temps, il y avait chez lui un débordement d’énergie permanent. C’était une sorte de De Gaulle sans la vision d’aigle sur l’histoire et le futur. Son oncle passait son temps à écrire au proviseur pour lui demander de l’excuser, pour dire qu’il avait tout de même des qualités. Je trouve cela assez émouvant.

Quelle est l’utilité du personnage sur le plan narratif ? 

Antonin Baudry — Ce que cela permettait, ensuite, c’était de voir comment quelqu’un qui vit à Paris — avant de partir pour Alger, ce qui occupe à peu près la seconde moitié du film — perçoit ce que fait de Gaulle.

Sur ce point, honnêtement, on n’en sait rien : on n’a aucune preuve de la façon dont Fernand recevait les discours de de Gaulle. Pour moi, quand on ne sait pas, c’est un terrain parfait pour l’imagination ! Mais toujours sous le regard d’un historien. Si Julian avait trouvé certaines scènes impensables, il me l’aurait dit et j’aurais changé mon fusil d’épaule et je ne serais pas allé dans cette direction-là.

[Depuis, les documents cités ci-dessus me confirment dans mon intuition, ce qui me réjouit.]

Quand on fait des films, même des fictions, à partir du moment où ils s’appuient tout de même sur des faits historiques, il est important d’avoir un degré élevé de sincérité. Il faut résister à ajouter des éléments qui pourraient rendre le film meilleur, mais sont contraires à la compréhension qu’on a du personnage.

La sincérité est donc essentielle. Si on est sincère, on peut recevoir et assumer la critique. C’est, au fond, une question d’intégrité.

Julian Jackson, y-a-t-il des scènes dans le film qui sont inventées ? 

Julian Jackson — J’ai vu quelques articles sur le film, dont un d’un historien qui a fait ce que les historiens ont tendance à faire, c’est-à-dire pinailler sur une chose qui a pourtant vraiment existé, mais qu’il trouvait tellement invraisemblable qu’il la jugeait inventée. D’ailleurs moi-même quand je l’ai vue à l’écran moi-même, j’ai pensé : « C’est bizarre », mais je savais que cela avait existé !

C’est une scène qui se situe presque au début du premier film, lorsque les Britanniques veulent que de Gaulle se présente devant un public britannique. Il parle à peine anglais, il a peut-être un peu le trac — de Gaulle, après tout, reste un être humain. Si vous avez vu le film, il paraît sur scène avec un texte qu’il n’ose pas prononcer ; et il repart sans avoir parlé.

Cela semble invraisemblable, mais cette scène a en réalité été découverte par une de mes doctorantes, Charlotte Faucher, qui faisait un doctorat sur l’Institut français de Londres, un très bon travail sur la diplomatie de l’époque. C’est elle qui a retrouvé, rapportée dans la presse de l’époque, cette anecdote surnommée « The Silent General » : le général qui paraît sur scène, ne dit rien, et laisse tout le monde un peu perplexe.

Cette scène n’est donc pas inventée : elle a vraiment eu lieu, même si elle semble effectivement assez étrange !

Avez-vous d’autres exemples ? 

Julian Jackson — Une autre scène, à moitié inventée mais pas totalement, se situe en juillet 1942. De Gaulle donne un discours devant des députés britanniques et ce discours est suivi par un conseiller de Churchill, qui dit que de Gaulle était remarquable, que sa compréhension des questions géostratégiques, pour quelqu’un qui n’est pas au centre des processus décisionnel était remarquable, forte intelligente.

Simon Russell Beale dans « La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer »

Antonin s’est dit que c’était une très bonne scène et m’a demandé : « Quel est le texte de ce discours prononcé devant des députés britanniques ? ». Je lui ai répondu qu’il avait probablement improvisé, et qu’il n’y avait pas de texte. Alors il m’a demandé si je pouvais l’écrire ! J’ai répondu « Non je ne peux pas ! ». Il a donc écrit lui-même le discours, tout à fait vraisemblable.

Antonin Baudry — Je me suis beaucoup amusé à écrire ce discours de de Gaulle, j’avais besoin pour le coup, de la validation de Julian avant de le tourner avec Simon Abkarian.

Il y a également des personnages inventés…

Julian Jackson — J’adore le personnage du plombier polonais, qui devait être gallois, même si j’étais sceptique au départ. De toute façon il est drôle. Mais surtout il est là pour montrer la solitude de de Gaulle.

Le plombier visite les locaux de Carlton Gardens pour la première fois et la seule chose qui l’intéresse est la plomberie très bien faite dans ces bâtiments. C’est très drôle et ça dit quelque chose de la solitude.

Antonin Baudry — Je voulais montrer avec ce personnage que de Gaulle essayait de recruter absolument tout le monde, même son plombier s’il le pouvait. Et puis, Bérénice et moi aimons ce personnage. C’est aussi le personnage préféré de plusieurs membres de l’équipe de post-production, leur chouchou.

Alors justement, je voudrais revenir sur les choix, que vous avez quand même fait des choix, par exemple en insistant sur des événements qui ne sont pas très bien connus, comme l’opération sur Saint-Pierre-et-Miquelon ou Dakar. Qui a choisi ? 

Un film ne consiste qu’à faire des choix. Avec Bérénice, assez tôt, on a décidé de ne pas parler de l’année 1941. On peut faire un film sur l’année 1941.

Si j’avais dû traiter de l’année 1941, j’aurais dû faire trois films. J’avais pourtant déjà écrit le scénario de l’année 1941. Ce sont des choix qui sont des crève-cœurs, mais qu’il est nécessaire de faire et qu’on fait en permanence. Il y a deux jours, pour le volet deux, j’ai coupé une scène, une semaine donc avant la sortie.

J’adorais cette scène, mais le film était mieux sans elle. Tous les personnages sont importants, toutes les scènes sont importantes. Mais il faut faire des choix pour faire un film.

Si on coupe beaucoup, pourquoi reste-t-il Saint-Pierre-et-Miquelon ? Le Grand Continent a une partie de la réponse, avec la publication de la Doctrine Muselier. C’est le moment où l’on se base sur un détail, alors qu’en réalité il s’agit de l’essentiel : l’indépendance de la France vis-à-vis des plus forts.

L’argument, c’est qu’on ne pouvait pas laisser tomber Saint-Pierre-et-Miquelon, même si, comme le dit Pleven, ce sont deux îles enneigées toute l’année, sans grande importance apparente. Et pourtant si, c’est important, parce que cela fait partie du territoire : si on laisse filer ça, cela veut dire qu’on peut potentiellement tout laisser filer.

Je trouvais cela intéressant, parce qu’en miroir, il y avait une idée que je n’ai jamais voulu mettre explicitement dans la bouche de de Gaulle mais que je trouvais forte malgré tout : si de Gaulle est si insupportable avec Churchill, si incapable, ou en tout cas si peu disposé à faire le moindre compromis sur quoi que ce soit, cela vient d’une conviction très précise : il est trop faible pour se permettre des compromis.

Le montrer à travers un événement comme celui de Saint-Pierre-et-Miquelon permettait d’envoyer un message plus large sur le type d’homme qu’était de Gaulle, et la situation dans laquelle il était.

Julian Jackson, l’historien fait-il, lui aussi, des choix ? 

Julian Jackson — Bien entendu. Dans mon livre sur de Gaulle, par exemple, il n’y a qu’une page sur Madagascar, et une demi-page sur la Nouvelle-Calédonie — on pourrait en écrire bien davantage. Un livre d’histoire ne s’écrit pas tout seul : il est écrit par quelqu’un qui fait des choix, pas exactement pour les mêmes raisons qu’un cinéaste, mais en fin de compte pour des raisons proches, presque artistiques — parce qu’une vie à raconter, c’est aussi une forme de création. On choisit où mettre la lumière, et où, au contraire, laisser certains aspects dans l’ombre.

Vous m’avez donné une transition parfaite pour ma dernière question. Antonin Baudry. Avez-vous le sentiment, à votre manière, de faire aussi œuvre de géopoliticien à travers ce film ?

Antonin Baudry — Non [Rires].

En même temps, j’étais content de mettre en lumière des mécanismes qui me semblent éclairer notre époque actuelle, parce qu’au fond, ils éclairent toutes les époques : la façon dont les choses se construisent, à la fois dans les rapports de force et dans les émotions humaines.

Antonin Baudry avec Campbell Scott sur le tournage de la « La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom »

Il y a des choses qui m’ont frappé, qui ont aussi été des surprises pour moi. Tu parlais du fait que quelqu’un peut voir dans ton travail ce que toi-même tu n’avais pas vu — eh bien, cela m’arrive aussi, y compris à différentes étapes du même film. C’est ce qui est amusant dans la fabrication d’un film, qui est un processus très long, avec de nombreuses étapes : il m’arrive de voir, à une étape donnée, quelque chose que je n’avais pas vu à l’étape précédente.

Par exemple — vous n’avez pas encore vu cette scène, elle est dans le deuxième film —, j’ai tourné la première rencontre entre Roosevelt et de Gaulle à Anfa, au Maroc, là où elle a véritablement eu lieu. Ce jour-là, Roosevelt recevait de Gaulle. Harold Macmillan, envoyé spécial de Churchill, qui venait de survivre à un accident d’avion et arrivait encore bandé, est arrivé sur les lieux et a vu des snipers postés un peu partout. Il a demandé si c’était Hitler qu’on recevait — et non, c’était de Gaulle !

De Gaulle était donc reçu sous la surveillance de snipers, cachés derrière des rideaux, dans une atmosphère de pression et de peur.

J’ai tourné cette scène en 2024 (avant donc la fameuse rencontre de Trump et Zelensky qui a eu lieu en février 2025), et je l’ai redécouverte en commençant à la monter, en mai 2025.

Et en la montant, je me suis aperçu qu’elle ressemblait beaucoup — avec des snipers en plus et des caméras en moins — à une scène devenue familière aujourd’hui : celle de Zelensky dans le bureau de Trump. Dans un cas, Roosevelt traite la France d’enfant, dans l’autre, on humilie Zelensky devant les caméras.

Ce n’est évidemment pas fait exprès de ma part, puisque cette scène a été tournée avant l’entretien de Zelensky. Mais il est intéressant de voir qu’il existe des constantes, des tendances qui reviennent dans l’Histoire.

Voir aussi:

The big-budget biopic La Bataille de Gaulle, which premiered at Cannes in May, has drawn the ire of French historians for liberties it takes with historical record. But Julian Jackson, the British scholar whose biography inspired the film, says some things are more important than the details.
RFI
27/06/2026
Jackson is Britain’s leading authority on Charles de Gaulle and the author of the 2018 biography A Certain Idea of France, which inspired filmmaker Antonin Baudry’s film. When the two men began working together, Jackson’s instinct was to reach for a red pen. « At the beginning I would say, ‘oh, that’s wrong, that’s wrong, that’s wrong’, » he recalls. « Then I realised that was absurd. »That realisation led to a fruitful collaboration between a history scholar obsessed with the facts and a director aiming to sell tickets. La Bataille de Gaulle covers the two years from the then-little known General De Gaulle’s arrival in London in June 1940 to the assasination of Admiral Darlan in Algiers by a resistance fighter in December 1942. The sequel J’écris ton nom, which covers from 1943 to the liberation of Paris in 1944, was released on Friday. Baudry consulted Jackson on every draft of the screenplay. And on every draft, Jackson would object, Baudry would listen carefully – and then do what he wanted anyway. « It’s his film, » Jackson says from his home in the south of France, where he spends several months of the year. « He was keen to know what was right and what was wrong, but would always say in the end, ‘you know, I’m making not a documentary, but a film inspired by history. And I have to make it dramatic.’ I completely accepted that. »
Some parts of history, such as the war in Syria in 1941, simply don’t figure. And then there are inventions – a fictional Polish plumber who de Gaulle employs to answer his phone while setting up the Free France Forces in London in June 1940 adds a comic touch, for example. But Jackson says there’s a serious idea behind this character too. « His point was to show that this man [whom] we all know in theory was sort of alone… was literally alone. He was in a little bedroom  without a desk. It was a way of showing that in a humorous way, which did absolutely no harm because de Gaulle did have a ragbag of followers. » Then there’s the fictional Jewish girlfriend of Fernand Bonnier de La Chapelle –  the young resistance fighter who shoots Admiral Darlan in Algiers. Jackson says she adds the only significant female presence to what is otherwise an entirely masculine story. Her Jewishness also allows the film to follow the mounting anti-Semitism in Nazi-occupied France. « She ticks a lot of boxes which need to be ticked, » the historian says. « And it does absolutely no harm to anything because she’s [played by] a wonderful actress ».
‘He’s not a statue’ Some French historians, however, are less forgiving. In an interview with current affairs magazine Marianne, Eric Branca – who has written extensively on de Gaulle – said he was « appalled by the liberties taken with historical truth, » and the absence of Pétain’s right-hand man Pierre Laval. « I’m dismayed that this film can claim to be based on Julian Jackson’s book, which is a very good work by a very good historian ». Olivier Dard, a history professor at the Sorbonne University, told Le Figaro newspaper that the film « glosses over the political dimension of de Gaulle, which is, however, central ». There has also been debate over whether certain events in the film happened in reality. Arnaud Teyssier, president of the scientific council of the Charles de Gaulle Foundation, disputes a vivid episode in which de Gaulle smashes a chair during a furious confrontation with British prime minister Winston Churchill. But Jackson is adamant: « The scene with the breaking of the chair is true. » He believes the film gets the Churchill-de Gaulle relationship right. « It’s basically love-hate with Churchill, » he says. « Two powerful individuals, both slightly romantic, both sort of inhabited by history. »
Where some French critics have bristled at scenes that show de Gaulle as seemingly « doomed to improvisation », Jackson insists this aspect of the film is legitimate. « What [Baudry is] particularly fascinated by is the slightly ‘Don Quixote’ side of de Gaulle – the way that de Gaulle was a solitary figure with almost the craziness of genius about him. And that’s all absolutely there in my book. It’s that side of this man inhabited by this extraordinary vision that really excited the filmmaker. It’s not all of de Gaulle, but it’s an absolutely legitimate side of de Gaulle. « One of Jackson’s fellow historian friends, too, said he was uncomfortable at the way the film seemed to make de Gaulle look ridiculous – with the film including scenes of de Gaulle meeting another general for important talks covered in mud following a crash and refusing an anti-malaria product saying « mosquitos don’t bite de Gaulle ». « He wants to show this man is a man, » Jackson says. « That things happen to him, and he’s not a statue. »
‘Moral courage’
De Gaulle was nonetheless a towering figure – « the greatest 20th century French political leader, one of the greatest 20th century political leaders in any country, » according to Jackson. That greatness, he says, lies partly in a mixture of « rational intelligence – the ability to analyse a situation with historical depth – combined with a kind of moral courage, a sort of courage which might lead you necessarily to disobey sometimes ». De Gaulle demonstrated both in his 18 June, 1940 speech broadcast on the BBC in which he called on the French to rally around him and his Free France movement and not capitulate to Nazi Germany. « He said the reason we must not give up is that this will become a world war. France has been defeated, but this isn’t the end. It’s only the beginning. America will come into the war, America has huge economic resources, the British have their whole empire. Just don’t think it’s just a French affair. » And that was what very few other French people saw in 1940. So he had a kind of geopolitical planetary vision of things, which made him capable of seeing beyond the disaster of the moment. »
Why everyone wants a bit of France’s General de Gaulle
While politicians from across the political spectrum now scramble to claim de Gaulle’s legacy, Jackson refuses to read much into this. « Everybody wants a little piece of de Gaulle nowadays, but it doesn’t mean anything. It’s just a sort of vague reference to a hero. And it does no harm to link yourself to a hero. »
Voir enfin:

Assassinat de Darlan, la fin d’une énigme

Geoffroy d’Astier de la Vigerie

Conflits

22 février 2023

Auteur de L’Exécution de Darlan, la fin d’une énigme paru aux Editions Librinova en 2022, Geoffroy d’Astier de la Vigerie nous plonge au cœur du complot qui mena à l’assassinat de l’amiral Darlan. La redécouverte du dossier d’instruction du juge Voituriez en 2016 au dépôt central d’archives de la justice militaire au Blanc (36) a permis au petit-fils d’Henri d’Astier de la Vigerie de faire la lumière d’une affaire qui a bouleversé le destin de la France libre.

Propos recueillis par Frédéric de Natal.

FDN : De votre famille, on a retenu trois noms. Celui de trois frères, tous futurs Compagnons de la Libération. Quelles sont les différentes raisons qui ont poussé Henri, François, et Emmanuel à rejoindre la Résistance au lendemain de la défaite de juin 1940 ?

GAV : Les trois frères d’Astier, différents les uns des autres, ne partageaient pas les mêmes opinions politiques. François, mon grand-père, l’aîné des garçons, faisait partie de la droite républicaine, Henri militait à l’Action française et Emmanuel, le plus jeune, nourrissait des idées d’extrême gauche. La tradition familiale étant de servir, ils se sont retrouvés sur le terrain du patriotisme. Dès le lendemain de la défaite, sans qu’ils se soient concertés, ils se sont engagés dans la Résistance, chacun dans sa ligne. Ils ont en commun un goût inné pour le commandement et l’action ainsi qu’un courage admirable, traits de caractère qui les ont amenés à devenir des chefs dans la Résistance intérieure ou extérieure de la France : François, général de corps aérien, a occupé à Londres auprès du général de Gaulle la fonction de commandant en chef adjoint des Forces françaises libres. Henri, un des principaux artisans du débarquement allié en Afrique du Nord, a été désigné chef de la police et du renseignement dans le gouvernement formé par l’amiral Darlan. Quant à Emmanuel, il a été ministre de l’Intérieur dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle après avoir fondé et dirigé Libération, un des deux plus importants mouvements de la Résistance avec le mouvement Combat.

FDN : Longtemps considéré comme le dauphin du maréchal Pétain, l’amiral Darlan n’est déjà plus en odeur de sainteté en novembre 1942 auprès des Allemands qui vont imposer Pierre Laval à la tête du gouvernement de collaboration. Pourquoi débarque-t-il à Alger au même moment ?

GAV : Lorsque l’amiral Darlan était devenu vice-président du Conseil en février 1941 à la suite de Pierre Laval, il avait été officiellement désigné comme le successeur du maréchal Pétain et son remplaçant en cas de nécessité. En avril 1942, sous la pression des Allemands, Pétain avait rappelé Laval, obligeant Darlan à démissionner de ses fonctions gouvernementales. Il n’en demeurait pas moins le commandant en chef des armées et le successeur désigné du maréchal Pétain. A la fin du mois d’octobre 1942, à l’occasion d’une tournée d’inspection des forces militaires françaises en Afrique du Nord, il s’était rendu au chevet de son fils Alain, hospitalisé à Alger pour une crise aigüe de poliomyélite. Le 5 novembre, en apprenant que l’état de santé de son fils s’est brusquement aggravé, Darlan revient à Alger. Il ignore totalement qu’une puissante flotte de guerre anglo-américaine est sur le point de débarquer sur les côtes de l’Afrique du Nord. Sa présence imprévue à Alger le 8 novembre va sceller son destin.

FDN : Le débarquement des Alliés en Algérie française surprend autant Vichy que Berlin. Quel rôle a joué Henri d’Astier de la Vigerie dans ce qui reste comme un des tournants majeurs du conflit ?

GAV : Les historiens s’accordent à dire que le rôle d’Henri d’Astier de La Vigerie a été crucial, aussi bien dans la préparation du débarquement allié en Afrique du Nord que dans la réussite de cette opération. C’est d’ailleurs pour ces raisons qu’il a été fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle qui lui a décerné la Croix de la Libération avec cette citation : « Henri d’Astier de la Vigerie commença à organiser la résistance en Afrique du Nord dès le début de 1941. En mars 1942 il coordonna et unifia l’action de tous les groupements de Résistance. Il apporta l’aide la plus efficace à l’organisation d’un débarquement allié par de longs et minutieux préparatifs. Il contrôla personnellement la participation des organismes de résistance lors du débarquement du 8 novembre 1942 ; il prit part à l’action au milieu de ses hommes dont il avait su, par son cran, entretenir l’allant et assuma lui-même les missions les plus délicates. »

FDN : Dans votre ouvrage L’exécution de Darlan, la fin d’une énigme, vous évoquez le groupe des Cinq. Qui sont-ils et pourquoi sont-ils si importants dans le complot qui se met progressivement en place ?

GAV : Ce groupe, constitué au début de 1942, se composait de cinq hommes farouchement hostiles aux Allemands et déterminés à favoriser, par une action intérieure, un débarquement allié en Afrique du Nord : Henri d’Astier de La Vigerie, Jacques Lemaigre-Dubreuil, Jean Rigault, Alphonse Van Hecke, et Jacques Tarbé de Saint-Hardouin. Par l’intermédiaire de Robert Murphy, consul général des Etats-Unis à Alger pour toute l’Afrique du Nord, ils étaient parvenus à entrer en contact avec le président Roosevelt qui avait donné son accord.

Pour mettre au point les derniers préparatifs, Roosevelt avait envoyé par sous-marin une délégation militaire commandée par le général Clark, l’adjoint du général Eisenhower, que les Cinq ont rencontrée le 23 octobre dans une ferme isolée située à une centaine de kilomètres d’Alger. Avec l’aide de quelques centaines de jeunes résistants algérois, les Cinq envisageaient, le jour du débarquement allié, de neutraliser l’ensemble des centres vitaux de la ville d’Alger. Si le débarquement réussissait, leur plan prévoyait de placer le général Giraud à la tête de l’Afrique du Nord.

L’opération Torch a été un très grand succès sur le plan militaire mais pas sur le plan politique : le 12 novembre, après trois jours de tergiversations, les Américains choisissent de donner le pouvoir à l’amiral Darlan, au grand dam des Cinq. Face à cette situation, Henri d’Astier et Marc Jacquet, un résistant royaliste proche des Cinq, échafaudent un plan pour remplacer l’amiral Darlan par le comte de Paris avec qui Henri d’Astier est en relation et dont il est un fervent partisan. Pour mener à bien leur projet, ils ont besoin de l’appui du plus grand nombre de personnalités possible, à commencer par les membres du groupe des Cinq dont certains ont accepté un poste dans le gouvernement formé par Darlan.

FDN : On sait Henri d’Astier de la Vigerie très lié au prétendant au trône de France dont il met le nom en avant dans le projet d’assassinat de Darlan. Peut-on parler clairement d’un complot monarchiste visant à installer le comte de Paris à la tête d’un régime de transition ?

GAV : Henri d’Orléans, comte de Paris, est devenu le chef de la Maison royale de France à la mort de son père en août 1940. Interdit de séjour en France depuis la loi d’exil de 1886 qui frappe les héritiers du trône de France, il habite avec sa famille dans une propriété située à Larache, au Maroc espagnol. Son ambition de restaurer la monarchie en France est tout à fait légitime, d’autant plus que le contexte de la guerre est propice à tous les changements politiques. C’est pourquoi, lorsque Henri d’Astier et ses amis lui proposent de prendre le pouvoir en Afrique du Nord à la place de l’amiral Darlan, il ne met pas longtemps à donner son adhésion au projet.

Dans ses Mémoires, le comte de Paris explique que son objectif était d’abord de gouverner en Afrique du Nord, non en prétendant au trône mais en fédérateur, et que la question d’un changement de régime aurait été soumise au peuple de France une fois le pays libéré. Son but est donc bien de restaurer la monarchie. Ce qui est important de dire c’est que dans le projet, tel qu’il lui a été présenté par Henri d’Astier et ses amis, il n’est pas envisagé de tuer Darlan mais de l’obliger à démissionner afin de permettre au comte de Paris de se présenter et de se faire élire en toute légalité.

FDN : Cette idée faisait-elle vraiment l’unanimité au sein des différents protagonistes de cette affaire, des élus locaux ?

GAV : Henri d’Astier et Marc Jacquet, dès le début de leur complot, n’excluaient pas d’éliminer physiquement Darlan s’il refusait de quitter le pouvoir. Mais pour convaincre le comte de Paris ainsi que les conseillers généraux des départements algériens, entre autres, d’adhérer au projet il n’était pas question d’évoquer cette éventualité. De tous les protagonistes de cette affaire, quatre hommes seulement étaient déterminés à utiliser tous les moyens possibles pour faire aboutir le projet : Henri d’Astier, Marc Jacquet, Alfred Pose et l’abbé Cordier. Ce dernier habite chez Henri d’Astier dont il est l’homme de confiance.

Alfred Pose, dont Marc Jacquet est le plus proche collaborateur et ami, dirige une très grande banque. Il a été nommé secrétaire d’Etat aux affaires économiques dans le gouvernement de Darlan. Comme Darlan était détesté, il n’a pas été très difficile pour ces quatre hommes de rallier à leur projet beaucoup de personnalités algéroises, y compris militaires. Toutes hostiles à Darlan, les personnes sollicitées ne voyaient pas d’inconvénient à ce qu’il soit remplacé légalement par le comte de Paris, mais la plupart d’entre elles aurait refusé de soutenir un projet incluant l’assassinat de Darlan en vue de restaurer la monarchie.

FDN : Henri d’Astier de la Vigerie va plaider la cause du prétendant auprès des Alliés. Quelle est leur attitude face à cette candidature alors que l’on sait à cette époque que l’homme des Américains est le général Giraud qui apprécient plus ce gradé français que le général de Gaulle dont ils se méfient ?

GAV : Lorsque s’organise le complot contre Darlan, le général Giraud n’est pas encore l’homme des Américains. Si cela avait été le cas, les Américains lui auraient donné le pouvoir en Afrique du Nord au lendemain du débarquement comme l’avaient prévu Henri d’Astier et ses amis. Contraint par les Américains de faire cesser les combats au moment du débarquement, Darlan avait été désavoué par Hitler et Pétain. Darlan n’avait donc pas d’autre choix que de changer de camp. Si les Américains ont misé sur lui c’est parce qu’il leur était très utile : Darlan avait autorité sur l’armée française en Afrique du Nord et le pouvoir de rallier la flotte française qui lui était restée fidèle. C’est donc lui qui était l’homme des Américains et c’est la raison pour laquelle Roosevelt, par l’intermédiaire de Murphy, va refuser catégoriquement la proposition d’Henri d’Astier de l’écarter au profit du comte de Paris.

FDN : Arrêté, libéré, l’amiral Darlan avait retourné sa veste. Pourquoi était-il encore essentiel de se « débarrasser de lui physiquement » alors qu’il n’était pas en soi une menace ?

GAV : Darlan n’avait retourné sa veste que par opportunisme. Placé à la tête de l’Afrique du Nord par les Américains, il a poursuivi la politique qu’il menait à Vichy. Pour la Résistance, même s’il n’était plus en soi une menace, il demeurait un traître dont il fallait se débarrasser.

Pour Henri d’Astier et ses amis royalistes, c’était l’occasion non seulement de se débarrasser d’un traître, mais aussi de préparer un retour à la monarchie.

FDN : En quoi consiste le fameux plan mis en place par Henri d’Astier de La Vigerie et ses complices et quel a été le rôle de François d’Astier de La Vigerie, votre grand-père, dans le déroulement de ce plan ?

GAV : Dans ses Mémoires, le comte de Paris donne des précisions sur le plan initialement prévu par les conspirateurs : le 18 ou le 19 décembre, une délégation formée par les conseillers généraux et plusieurs membres du gouvernement se présenterait à Darlan pour l’obliger à signer une lettre de démission préalablement rédigée.

Un fois la démission obtenue, la délégation faisait appel au comte de Paris pour présider un nouveau gouvernement d’union nationale. Ce plan a échoué pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’amiral Darlan, très méfiant, a refusé de donner suite à la demande de rendez-vous de la délégation menée par Alfred Pose. Au même moment, la veille du jour fixé, le comte de Paris, comme il le raconte dans ses Mémoires, apprend la venue imminente de François d’Astier de La Vigerie.

L’arrivée à Alger de l’adjoint du général de Gaulle, le 19 décembre, va bouleverser la situation. Il faut savoir que mon grand-père, qui avait commandé les forces aériennes françaises sur le front Nord où s’était déroulée la bataille de France, haïssait l’amiral Darlan. Durant le mois de juin 1940, alors qu’il était clair que la bataille était perdue en France métropolitaine, François d’Astier avait envisagé de continuer le combat en faisant passer l’aviation en Afrique du Nord où était stationnée une armée de cent mille hommes. L’amiral Darlan, commandant en chef de la Marine nationale, la plus puissante flotte maritime en Europe après la Royal Navy, lui avait assuré par deux fois qu’il le suivrait dans son projet et que la flotte continuerait à se battre. On connaît la suite : Darlan a retourné sa veste en entrant dans le nouveau gouvernement formé par Pétain tandis que François d’Astier était démis de ses fonctions et menacé d’arrestation s’il ne se soumettait pas aux directives de Vichy. Mon grand-père, qui avait rejoint le général de Gaulle à Londres, n’a pas cessé de déclarer officiellement que Darlan était un traître qu’il fallait liquider. C’est ce qu’il va dire, le jour de son arrivée à Alger, au comte de Paris qu’il rencontre pendant plus de deux heures au domicile de son frère Henri où est hébergé secrètement le Comte.

Jusqu’à présent, contrairement à Henri d’Astier et Marc Jacquet, le comte de Paris n’avait pas envisagé la possibilité d’éliminer physiquement Darlan. Sous la pression des frères d’Astier il finit par se rendre à l’évidence que c’est la seule solution qui lui reste de devenir un jour roi de France. Le 21 décembre, le comte de Paris donne l’ordre à Henri d’Astier et à l’abbé Cordier d’éliminer physiquement Darlan sans délai et par tous les moyens. Témoin de cette déclaration, Louise d’Astier de La Vigerie, épouse d’Henri, en fera le récit à de nombreuses reprises.

FDN : C’est Fernand Bonnier de la Chapelle, qui va être désigné pour assassiner Darlan. Qui était-il ? Quel impact son acte va-t-il avoir sur le cours du conflit ?

GAV : Au lendemain du débarquement, Henri d’Astier avait mis sur pied un organisme paramilitaire regroupant une grande partie des jeunes résistants qui avaient facilité le débarquement en neutralisant les centres vitaux d’Alger ainsi que de nouveaux volontaires désireux de reprendre la lutte contre les Allemands. Leur camp d’entraînement étant situé à une vingtaine de kilomètres d’Alger, Fernand Bonnier de la Chapelle, âgé de vingt ans, avait été choisi pour faire les liaisons quotidiennes entre le camp et le domicile d’Henri d’Astier à Alger.

Comme tous ses autres camarades, Bonnier n’appréciait guère Darlan. De plus, il vouait à Henri d’Astier une grande admiration et une confiance absolue. Prêt à tout pour le servir, il accepte avec enthousiasme la mission que lui confie son chef d’exécuter l’amiral Darlan. C’est l’abbé Cordier qui lui remet un révolver et les plans du palais gouvernemental où se trouve le bureau de Darlan. Le 24 décembre, deux jeunes résistants, dont Jean-Bernard d’Astier, le fils d’Henri, conduisent Bonnier de la Chapelle au palais. Après avoir tiré sur Darlan qui mourra quelques minutes plus tard, Bonnier est malheureusement attrapé par les gardes mobiles.

La disparition de l’amiral Darlan va d’abord profiter à son successeur, le général Giraud.

Comme Giraud était du côté de la Résistance, cela a permis au général de Gaulle de négocier avec lui. Au mois de mai 1943, ils se sont mis d’accord pour partager le pouvoir, jusqu’à ce que Giraud, quelques mois plus tard, se contente d’un commandement dans l’armée. Si Darlan était resté au pouvoir, le général de Gaulle n’aurait jamais pu s’imposer.

FDN : Darlan assassiné, le coup d’État visant à mettre le comte de Paris au pouvoir échoue pourtant. C’est le général Giraud qui reçoit les pleins pouvoirs. On évoque même un contre coup d’État de nouveau en faveur du comte de Paris qui n’aboutit pas plus à la suite d’une trahison. Comment en est-on arrivé à un tel retournement de situation ?

GAV : Comprenant que le comte de Paris était mêlé à l’attentat, la plupart des personnalités qui s’étaient ralliés au projet de remplacer légalement Darlan par le prétendant ont refusé de soutenir sa candidature, si bien que c’est le général Giraud qui a été élu. Les conjurés jusqu’au-boutistes ont alors tenté de monter une action contre ce dernier mais ce nouveau coup d’Etat a été déjoué.

FDN : Fernand Bonnier de la Chapelle est exécuté le 26 décembre 1942. Pourquoi n’a-t-il pas été libéré ?

GAV : Chef de toute la police en Afrique du Nord, Henri d’Astier avait prévu que si Bonnier ne réussissait pas à s’échapper du palais il serait conduit dans les locaux de la police d’où il aurait été facile de le faire libérer. Malheureusement Bonnier est emmené dans les locaux de la garde mobile qui dépendent de l’armée. Chargé de l’enquête, un juge d’instruction attaché au tribunal militaire d’Alger a conclu au bout de quelques heures que le meurtrier avait agi seul, si bien que le tribunal militaire se réunit en cour martiale dès le lendemain soir de l’attentat et condamne Bonnier à la peine de mort. Henri d’Astier et ses amis haut-placés auront beau intercéder en sa faveur, le général Giraud refusera de gracier Bonnier.

FDN : Henri d’Astier de la Vigerie est arrêté en janvier 1943 sur la demande du général Giraud qui a demandé une enquête sur les auteurs de l’assassinat de Darlan. Son épouse, Louise, est même auditionnée. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de cet embastillement qui se termine par son inculpation pour meurtre ?

GAV : Le général Giraud, craignant d’être la prochaine victime d’un nouvel attentat, décide de faire toute la lumière sur l’assassinat de Darlan. Le 9 janvier 1943, il ordonne à un nouveau juge d’instruction, le commandant Voituriez, de reprendre l’enquête. En moins d’une semaine, Voituriez met au jour le complot monarchiste au profit du comte de Paris : Henri d’Astier, l’abbé Cordier, Marc Jacquet et Alfred Pose sont reconnus coupables d’avoir organisé un complot et assassiné l’amiral Darlan dans le but de changer le gouvernement.

Henri d’Astier et l’abbé Cordier sont emprisonnés et mis au secret absolu. Alfred Pose et Marc Jacquet, son chef de cabinet, échappent à la prison car c’est Pose qui soutient financièrement le gouvernement de Giraud. Quant au comte de Paris, il est ramené en avion jusqu’au Maroc espagnol.

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L’histoire mot à mot : « Mourir pour Dantzig ? »

FDN : Que sont devenus les trois frères d’Astier de la Vigerie après l’assassinat de Darlan et à la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

GAV : Libéré de prison en octobre 1943, Henri est nommé un mois plus tard membre à l’Assemblée consultative d’Alger. En avril 1944, il en démissionne pour créer les Commandos de France, une unité constituée de volontaires recrutés parmi les évadés de France. Le 17 août 1944, avec une partie de son unité, il débarque à Saint-Tropez puis affronte les Allemands dans plusieurs villes du sud de la France. Promu commandant, il est ensuite rejoint par l’ensemble des Commandos de France à la tête desquels il mène une brillante campagne jusqu’en Allemagne.

Au cours des quatre premiers mois de l’année 1944, François, qui commande les troupes françaises à Londres depuis que le général de Gaulle s’est installé à Alger, est chargé, en liaison avec les généraux Eisenhower et Montgomery, de préparer la participation française aux futures opérations de débarquement. Le 10 avril 1944, il est remplacé à Londres par le général Koenig. Le général de Gaulle le rappelle à Alger puis, en novembre, le nomme ambassadeur de France au Brésil.

De son côté, Emmanuel, premier chef de la Résistance intérieure à s’être rallié au général de Gaulle, participe avec Jean Moulin à l’unification des trois grands mouvements clandestins (Libération, Combat et Franc-Tireur) puis à la création du Conseil National de la Résistance. En novembre 1943, il rejoint à Alger le général de Gaulle qui le nomme commissaire à l’Intérieur dans le Comité français de libération nationale. C’est à ce titre qu’il négocie avec Winston Churchill l’armement de la Résistance française. En juin 1944, le CFLN se transforme en gouvernement provisoire de la République française dans lequel Emmanuel est ministre de l’Intérieur.

FDN : Pourquoi parlez-vous d’énigme concernant l’assassinat de Darlan. Les faits ne sont-ils clairement pas établis ?

GAV : Le juge Voituriez, en janvier 1943, avait en effet parfaitement et clairement établi les faits concernant l’assassinat de Darlan. Cependant, son dossier d’instruction, qui comportait plusieurs centaines de documents dont de très nombreux procès-verbaux d’interrogatoires et d’auditions, des pièces à conviction etc., avait disparu vers la fin de la guerre. Durant des décennies, tous les auteurs qui se sont intéressés à cette affaire ont avancé des hypothèses aussi diverses que variées, pour tenter de répondre à la question : qui a donné l’ordre de tuer Darlan ? Pour les uns c’était Winston Churchill, pour d’autres le général de Gaulle, pour d’autres encore les services secrets américains, et j’en passe. Certains auteurs ont même affirmé qu’il n’y avait jamais eu de complot, que Bonnier de La Chapelle avait agi seul à la suite d’un tirage au sort avec quelques-uns de ses jeunes camarades…

De plus en plus confuse, l’affaire de l’assassinat Darlan avait fini par devenir une des plus grandes énigmes de notre histoire contemporaine. On a redécouvert en 2016 le dossier du juge d’instruction. Intitulé par Voituriez « Dossier d’Astier de La Vigerie et consorts », il se trouve au dépôt central d’archives de la justice militaire situé à Le Blanc, une petite commune de l’Indre. Après s’être égaré dans les archives du tribunal militaire d’Alger, sans doute à cause de son contenu très sensible, la guerre d’Algérie avait ensuite empêché son transfert en France pendant de nombreuses années.

Geoffroy d’Astier de La Vigerie, François, Henri et Emmanuel d’Astier de La Vigerie, Compagnons de la Libération, éditions Argel, 1990 ;

Geoffroy d’Astier de La Vigerie, Emmanuel d’Astier de La Vigerie, Combattant de la Résistance et de la Liberté, Editions France-Empire, 2009

Geoffroy d’Astier de La Vigerie, L’Exécution de Darlan, la fin d’une énigme, Editions Librinova, 2022


Amérique/250e: Quel monde où un homme peut être hué pour avoir dit que deux et deux font quatre ? (Looking back on America’s 250th birthday at Chesterton’s 100-year-old prophetic comments on our current postmodern nihilistic onslaught, between critical race theory, gender fluidity and equitable math, on not only the values but the very realities that the US Declaration of Independence so perfectly expressed and took for granted)

4 juillet, 2026
Image In Milan, Italy — dozens of murals depicting Adolf Hitler wearing a Palestinian keffiyeh and a red 'HATE' armband have appeared along the route of pro-Palestinian demonstrations. Italian contemporary artist aleXsandro Palombo (ImageImageImageImageL'historien Patrick Boucheron sur le plateau de France Culture le 23 juin 2026 (Capture d'écran).ImageImageImage

Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice. Exode 23: 2
Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha. La foule sans tête était à la fête. Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas. C’est plus juste en somme d’abattre un seul homme. Ce jeune homme a dit la vérité. Il doit être exécuté. Guy Béart (né Behar, La Vérité, 1968)
La société séculière d’aujourd’hui est sceptique non seulement à l’égard des hypothèses spirituelles, mais aussi de ses propres hypothèses séculières. Elle n’a pas seulement brisé la vitre de l’église ou assiégé la tour de la tradition ; elle a aussi donné un coup de pied dans l’échelle du progrès par laquelle elle avait grimpé. La Déclaration d’Indépendance, autrefois charte de la démocratie, commence en affirmant que certaines choses sont évidentes par elles-mêmes. Si nous devions retracer l’histoire de l’esprit américain de Thomas Jefferson à William James, nous constaterions que de moins en moins de choses étaient évidentes par elles-mêmes, jusqu’à ce qu’enfin presque rien ne le soit plus. Loin qu’il soit évident pour le moderne que les hommes sont créés égaux, il n’est pas évident qu’ils sont créés, ni même qu’ils sont des hommes. Ils sont parfois supposés être des singes s’agitant dans une phase de transition avant le Surhomme. Mais il n’y a pas seulement un doute sur les choses mystiques ; pas même seulement sur les choses morales. C’est sur les choses rationnelles que porte le plus grand doute. Je ne veux pas dire que j’éprouve moi-même ces doutes, rationnels ou mystiques ; mais je veux dire qu’un nombre suffisant de personnes modernes les ressentent pour rendre l’unanimité une hypothèse absurde. La raison était évidente par elle-même avant le pragmatisme. Les mathématiques étaient évidentes par elles-mêmes avant Einstein. Mais ce scepticisme plonge des milliers de personnes dans un état de doute, non pas sur l’occulte mais sur les choses évidentes. Nous serons bientôt dans un monde où un homme pourra être hué pour avoir dit que deux et deux font quatre, où des cris de parti furieux s’élèveront contre quiconque affirmera que les vaches ont des cornes, où l’on persécutera l’hérésie de qualifier un triangle de figure à trois côtés, et où l’on pendra un homme pour avoir rendu une foule furieuse en annonçant que l’herbe est verte. C.K. Chesterton (14 août 1926)
Presque aucun des fidèles ne se retenait de s’esclaffer, et ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame les rois. Marcel Proust (1922)
Si à Poitiers Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face. Puisque le monde était déjà condamné à l’influence judaïque (et son sous-produit le christianisme est une chose si insipide !), il aurait mieux valu que l’islam triomphe. Cette religion récompense l’héroïsme, promet au guerrier les joies du septième ciel… Animé d’un esprit semblable, les Germains auraient conquis le monde. Ils en ont été empêchés par le christianisme. Hitler (1942)
Nous ne savons pas si Hitler est sur le point de fonder un nouvel islam. Il est d’ores et déjà sur la voie; il ressemble à Mahomet. L’émotion en Allemagne est islamique, guerrière et islamique. Ils sont tous ivres d’un dieu farouche. Jung (1939)
Mein Kamp (…) Tel était le nouveau Coran de la foi et de la guerre: emphatique, fastidieux, sans forme, mais empli de son propre message. Churchill (1948)
Le Gouvernement allemand apprécie pleinement la confiance des peuples arabes dans les Puissances de l’Axe… J’ai donc l’honneur de vous assurer, en complet accord avec le Gouvernement italien, que l’indépendance et la liberté des pays arabes souffrants actuellement soumis à l’oppression britannique constituent également l’un des buts du Gouvernement allemand. L’Allemagne est par conséquent prête à apporter tout son soutien aux pays arabes opprimés dans leur lutte contre la domination britannique, pour la réalisation de leur but national d’indépendance et de souveraineté et pour la destruction du Foyer national juif en Palestine. Comme convenu précédemment, le contenu de cette lettre doit être maintenu absolument secret. Joachim von Ribbentrop (ministre des Affaires étrangères d’Hitler, lettre à Amin El Husseini, 28 avril 1942)
Israël existe et continuera à exister jusqu’à ce que l’islam l’abroge comme il a abrogé ce qui l’a précédé. Hasan al-Bannâ (préambule de la charte du Hamas, 1988)
Les enfants de la nation du Hezbollah au Liban sont en confrontation avec [leurs ennemis] afin d’atteindre les objectifs suivants : un retrait israélien définitif du Liban comme premier pas vers la destruction totale d’Israël et la libération de la Sainte Jérusalem de la souillure de l’occupation. Charte du Hezbollah (1985)
Depuis les premiers jours de l’islam, le monde musulman a toujours dû affronter des problèmes issus de complots juifs. (…) Leurs intrigues ont continué jusqu’à aujourd’hui et ils continuent à en ourdir de nouvelles. Sayd Qutb (membre des Frères musulmans, Notre combat contre les Juifs, 1951)
La libération de la Palestine a pour but de “purifier” le pays de toute présence sioniste. Charte de l’OLP (article 15, 1964)
Si le Reich allemand s’impose comme protecteur de tous ceux dont le sang allemand coule dans les veines, et bien la foi musulmane impose à chaque Musulman de se considérer comme protecteur de toute personne ayant été imprégnée de l’apprentissage coranique. Hassan el Banna (fondateur des Frères musulmans et grand-père de Tariq et Hani Ramadan, 2001)
Ce sera une guerre d’extermination, un massacre dont on parlera comme des invasions mongoles et des croisades. Azzam Pasha (président de la ligue arabe, le 14 mai 1948)
L’Allemagne national-socialiste lutte contre la juiverie mondiale. Comme dit le Coran : “Tu apprendras que les Juifs sont les pires ennemis des musulmans.” Les principes de l’islam et ceux du nazisme présentent de remarquables ressemblances, en particulier dans l’affirmation de la valeur du combat et de la fraternité d’armes, dans la prééminence du rôle du chef, dans l’idéal de l’ordre. Voilà ce qui rapproche étroitement nos visions du monde et facilite la coopération. Haj Amin al-Husseini (1944)
Tuez les Juifs partout où vous les trouverez. Cela plaît à Dieu, à l’histoire et à la religion. Cela sauve votre honneur. Dieu est avec vous. (…) [L]es Allemands n’ont jamais causé de tort à aucun musulman, et ils combattent à nouveau contre notre ennemi commun […]. Mais surtout, ils ont définitivement résolu le problème juif. Ces liens, notamment ce dernier point, font que notramitié avec l’Allemagne n’a rien de provisoire ou de conditionnel, mais est permanente et durable, fondée sur un intérêt commun. Haj Amin al-Husseini (mufti de Jérusalem, discours sur Radio Berlin, le 1er mars 1944)
Le plan central du groupe était la réalisation de l’Holocauste en Palestine (…) Le collaborateur le plus important des nazis et un antisémite arabe absolu était Haj Amin Al-Husseini, le mufti de Jérusalem. Klaus Michael Mallmann et Martin Cueppers (2006)
La connaissance de la politique nazie envers le monde musulman a fait un nouveau pas en avant en 2006 lorsque les professeurs Klaus Michael Mallmann et Martin Cüppers ont publié Halbmond und Hakenkreuz : das Dritte Reich, die Araber und Palästina (Croissant et Croix gammée : Le Troisième Reich, les Arabes et la Palestine). L’édition anglaise a été publiée en 2010 sous le titre Nazi Palestine : The Plans for the Extermination of the Jews. Leur recherche dans les archives du régime nazi a révélé pour la première fois qu’Hitler et Himmler avaient créé un « groupe d’action » SS (Einsatzgruppe) prêt à se rendre en Afrique du Nord en 1942 en cas de victoire militaire allemande, afin d’étendre la Solution finale aux quelque un million de Juifs vivant en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Mallmann et Cüppers ont démontré que les menaces propagandistes de « tuer les Juifs » diffusées sur les radios nazies dans la région étaient en réalité le visage public de ces décisions, qui étaient restées secrètes et jusqu’alors non divulguées. Les nazis s’attendaient à pouvoir compter sur la collaboration des Frères musulmans, mais la défaite des forces de Rommel à El-Alamein à l’automne 1942 empêcha la mise en œuvre de ces plans de massacre de masse, révélant qu’Hitler entendait faire de la Solution finale une politique globale, mise en œuvre partout où ses armées remportaient des succès et en s’appuyant sur des alliés locaux comme Husseini, avec lequel la direction nazie avait cultivé des relations politiques intimes fondées sur une passion partagée pour la haine des Juifs. (…) Avec l’accès à des archives autrefois fermées, la recherche des trois dernières décennies a confirmé les arguments des sionistes et des libéraux de la fin des années 1940. La collaboration de Haj Amin el-Husseini avec le régime nazi et ses politiques antijuives fut profonde et conséquente. Bien qu’Husseini n’ait pas été un décideur clé pendant l’Holocauste, il fut un collaborateur enthousiaste, partagea les haines nazies, fit tout ce qu’il put pour empêcher l’émigration juive d’Europe vers la Palestine pendant l’Holocauste et attisa les flammes de la haine des Juifs tant en Europe que par radio au Moyen-Orient. La recherche récente a également confirmé que les idées nées de la fusion du nazisme et de l’islamisme pendant les années nazies ont persisté dans certains éléments du nationalisme arabe et palestinien ainsi qu’au cœur des mouvements islamistes après 1945. Le rejet de la solution à deux États par le Hamas, la République islamique d’Iran, al-Qaïda, le Hezbollah, l’OLP et d’autres reste en partie une conséquence de cette fusion fatidique du nazisme et de l’islamisme dans les années 1940. L’un des documents clés de cette fusion est la Charte du Hamas de 1988, disponible en anglais sur le site du Projet Avalon de la Yale Law School depuis peu après le 11 septembre. Reflétant ses origines dans l’idéologie islamiste des Frères musulmans, la charte fondait son rejet total de tout État juif où que ce soit dans ce qu’elle appelle « Palestine » sur sa lecture du Coran et des commentaires. La lutte armée – c’est-à-dire la guerre – était essentielle pour détruire l’État juif. Tout compromis avec lui était une hérésie religieuse. Comme ce fut le cas dans la propagande nazie visant le Moyen-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale, la Charte du Hamas s’appuyait sur les théories du complot antisémite du nazisme en accusant les Juifs et les sionistes des deux guerres mondiales. Malgré sa longue disponibilité publique, des universitaires américains se considérant de gauche ont bizarrement cherché à présenter le Hamas comme un élément extrême d’un effort progressiste mondial par ailleurs. Quiconque lit le texte reconnaît immédiatement les séquelles de la fusion idéologique nazi-islamiste apparue quatre décennies avant la publication par le Hamas de sa déclaration de principes. En 2019, Matthias Küntzel a publié Nazis und der Nahe Osten : Wie der Islamische Antisemitismus Enstand (Nazis et le Proche-Orient : Comment l’antisémitisme islamique est né). Actuellement en cours d’examen pour une publication en anglais sous le titre Aftershock : The Nazis, Islamic Antisemitism, and the Middle East, l’ouvrage explore à nouveau le lien entre nazisme et islamisme. Une partie de cet « aftershock » fut la décision des Arabes palestiniens puis de la Ligue arabe de mener la guerre en 1947 et 1948 plutôt que d’accepter la résolution de partage de l’ONU. Küntzel accorde à juste titre une grande importance au texte jusqu’alors peu étudié de Husseini, « L’islam et les Juifs », prononcé en 1937 lors d’une réunion panarabe à Bloudan en Syrie. Publié ensuite en arabe et en allemand à Berlin en 1938, ce texte est présenté comme le texte canonique de la guerre islamiste contre les Juifs, écrit avant l’arrivée de Husseini à Berlin et donc pas principalement le résultat du régime nazi. « L’islam et les Juifs » était sa propre création indigène, et Husseini a répété ses thèmes dans ses discours célèbres du temps de guerre à Berlin, où il décrivait l’islam comme une religion intrinsèquement antijuive. Il dénonçait le projet sioniste comme l’expression moderne de la prétendue haine ancienne des Juifs envers l’islam. La haine de Husseini, que Küntzel appelle « antisémitisme islamique », résultait de la fusion de l’interprétation indigène et autonome de l’islam par Husseini avec les théories du complot modernes du nazisme. Küntzel soutient que la décision du Comité supérieur arabe puis de la Ligue arabe de partir en guerre en 1947-48 doit être comprise comme la continuation d’une guerre antijuive de dix ans que Husseini et ses partisans, y compris au sein des Frères musulmans, menaient depuis 1937 – avant, pendant et après sa présence à Berlin nazi. Küntzel présente les décisions fatidiques de rejeter le partage et d’envahir le nouvel État d’Israël comme des conséquences directes de l’antisémitisme islamique qui était apparu au cours de la décennie précédente. La non-poursuite de Husseini et son retour au Moyen-Orient furent compris à l’époque par les libéraux et les gauchistes américains comme l’un des fruits amers d’un consensus anticommuniste qui avait affaibli, voire remplacé, les passions de l’antifascisme et de l’antinazisme du temps de guerre. Bien que, dans les années cruciales de 1945 à 1949, le Département d’État fût bien conscient de l’extrémisme des Frères musulmans, il refusa d’en porter les preuves à la connaissance du public ou de les intégrer aux thèmes publics de la diplomatie américaine. Les actions de l’Union soviétique différèrent d’abord nettement du désir occidental d’étouffer l’islamo-nazisme sous le tapis. De mai 1947 à mai 1949, l’Union soviétique et les régimes communistes de Pologne et de Tchécoslovaquie apportèrent un soutien diplomatique conséquent, et dans le cas de la Tchécoslovaquie un soutien militaire, aux sionistes puis au nouvel État d’Israël. Ils le firent à un moment où le gouvernement britannique faisait tout pour empêcher l’émigration juive vers la Palestine et où les États-Unis soutenaient un embargo sur les armes au Moyen-Orient. Les armes dont les Juifs avaient besoin en 1948 provinrent, en violation de l’embargo de l’ONU, de la Tchécoslovaquie communiste. Mais quand les communistes israéliens n’obtinrent que 3,5 % aux premières élections israéliennes de 1949 et que Ben Gourion put former un gouvernement de coalition sans inclure le parti prosoviétique Mapam, Staline comprit que le nouvel État juif ne deviendrait pas un bastion prosoviétique et changea de cap, lançant des purges antisémites en Europe et orientant la politique étrangère soviétique en faveur des Arabes et contre Israël. De 1949 à 1989, l’Union soviétique mena une campagne de propagande étonnamment réussie qui supprima le souvenir public de la brève période de soutien du bloc soviétique au projet sioniste, au Plan de partage de l’ONU et à Israël, ainsi que les abondantes preuves de l’ère collaborationniste nazie du Comité supérieur arabe. À la place des liens réels entre les dirigeants arabes palestiniens et le régime nazi, l’Union soviétique et l’OLP affirmèrent que les vrais nazis et racistes au Moyen-Orient étaient les Juifs et les Israéliens. Cette campagne de mensonges s’est avérée l’une des plus réussies de l’histoire de la politique mondiale. Ce n’est qu’après les attentats islamistes du 11 septembre que les historiens ont attiré une attention renouvelée et nécessaire sur le rôle des Frères musulmans et la fusion idéologique du nazisme et de l’islamisme dans les années 1940. Comme Hassan al-Banna l’espérait en juin 1946, Haj Amin el-Husseini et le Comité supérieur arabe ont bien « continué la lutte » menée par Hitler contre le judaïsme, les Juifs et le projet sioniste. Que la recherche sur ces questions reçoive l’attention qu’elle mérite et qu’elle ait un impact sur l’évolution des attitudes politiques envers Israël et ses adversaires reste à voir. Mais il devient de plus en plus difficile de l’ignorer. Jeffrey Herf (2022)
Deux historiens allemands affirment que l’Allemagne nazie prévoyait d’étendre l’extermination des Juifs au-delà des frontières de l’Europe et dans la Palestine sous contrôle britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1942, les nazis ont créé un « Einsatzgruppe » spécial, un escadron de la mort SS mobile, qui devait procéder au massacre des Juifs en Palestine de la même manière qu’en Europe de l’Est, affirment les historiens dans une nouvelle étude. Le directeur du centre de recherche nazi de Ludwigsburg, Klaus-Michael Mallman, et l’historien berlinois Martin Cueppers affirment qu’un Einsatzgruppe était prêt à se rendre en Palestine et à commencer à tuer le demi-million de Juifs qui avaient fui l’Europe pour échapper aux camps de la mort nazis tels qu’Auschwitz et Birkenau. L’étude, publiée le mois dernier, indique que l’ »Einsatzgruppe Egypt » était en attente à Athènes et prêt à débarquer en Palestine au cours de l’été 1942, rattaché à l’ »Afrika Korps » dirigé par le célèbre commandant du désert, le général Erwin Rommel. L’escadron de la mort du Moyen-Orient, semblable à ceux qui opéraient en Europe de l’Est pendant la guerre, devait être dirigé par l’Obersturmbannfuehrer SS Walther Rauff, affirment les historiens. (…) Mais comme l’Allemagne n’a jamais conquis la Palestine sous contrôle britannique, les projets d’introduction de l’Holocauste dans ce qui est aujourd’hui Israël et les territoires palestiniens n’ont jamais abouti. (…) Comme en Europe de l’Est, le plan prévoyait que les 24 membres de l’escadron de la mort enrôlent des collaborateurs palestiniens afin que « le meurtre de masse se poursuive sans interruption sous la direction des Allemands » Heureusement pour les Juifs de Palestine, l’ »Einsatzgruppe Egypt » n’a jamais quitté la Grèce. Reuters (2006)
Il nous faut entrer dans une pensée du temps où la bataille de Poitiers et les Croisades sont beaucoup plus proches de nous que la Révolution française et l’industrialisation du Second Empire. (…)  L’Europe (…) est redevenue, après le Communisme, cet espace infiniment vulnérable que devait être le village médiéval face aux Vikings. (…) Il y a là une démission de la raison. Elle ressemble par certains côtés aux apories du pacifisme, dont nous avons vu à quel point elles pouvaient encourager le bellicisme. (…) Il faut donc réveiller les consciences endormies. Vouloir rassurer, c’est toujours contribuer au pire. René Girard
Les gauchistes aiment voir en Hamza l’avatar exotique de Gavroche, frondeur et amateur de “batailles d’eau” (ah ah ah, trop mimi). Les droitards pour leur part se lamentent sur l’impunité dont il bénéficie, déplorant l’anomie générale. Et tout le monde se demande où sont les parents, plaidant le “manque d’éducation”, voire l’abandon de ce pauvre gamin en surpoids (le gens de gauche a l’âme sensible). (…) En réalité, Hamza (…) a été façonné par une certaine culture, le tribalisme arabo-berbère, indissociable de l’islam qui lui sert de référence. Quiconque a été au Maghreb hors circuit organisé reconnaît aisément en Hamza et sa bande cette horde de gamins harceleurs, fondant sur le touriste pour lui réclamer stylos, bonbons et pièces, éventuellement pour le délester de ses biens accessibles, ou, tout simplement, pour le déstabiliser et l’humilier. De cette éducation tribale témoignent aussi les réactions des parents de Hamza, typiques de l’habitus clanique : leur fils est “très gentil”, il “ne fait pas de bêtises”, il “rigole”, et ceux qui le dénoncent sont “racistes”. Ils sont d’ailleurs en relation avec l’avocate d’extrême-gauche Elsa Marcel, élue à Saint-Denis, qui dénonce un « déferlement de haine raciste » contre Hamza et annonce le dépôt de plusieurs plaintes pour “harcèlement et menaces”. Inversion accusatoire patente, le racisme étant clairement du côté de Hamza et de ses copains, qui rigolent beaucoup en hululant en boucle, le long du canal, leur mépris des Noirs et leur admiration du IIIème Reich. (…) La bande à Hamza apparaît donc le 26 mai dans le quartier de la gare de l’Est. La nuit du 30 mai, jour de la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions, fut marquée par les violences devenues habituelles lors des grand matches et des fêtes nationales : affrontements avec les forces de l’ordre, pillages, incendies, tirs de mortier, intrusions sur le périphérique, attaques de bâtiments publics. Cette nuit-là, on compta deux personnes tombées dans la Seine, un accident mortel sur le périphérique et plus de 200 blessés, dont un grand nombre parmi les forces de l’ordre. On le sait aujourd’hui : Hamza cette nuit-là participa à la “fête” en tirant au mortier sur la police. La nuit du 30 mai 2026 a confirmé, dans le sillage des émeutes et séditions ayant rythmé les dix dernières années, l’impuissance de celle-ci, participant à son épuisement et à sa démoralisation. C’est entre ce moment-là et le 11 juin, date de début de la coupe du monde de football, que Hamza et sa bande intensifient leurs exactions. Ils ne peuvent ignorer que, jusqu’à la mi-juillet, les matchs du Mondial vont mobiliser (et épuiser) les forces de l’ordre. À ceci s’ajoute le calendrier électoral français, et la perspective des présidentielles de 2027, dont tout laisse à penser qu’elles se dérouleront dans un climat extrêmement tendu, y compris dans la rue : pour les séditieux et les fauteurs de troubles, l’été 2026, entre Mondial et canicule, représente l’occasion idéale pour entamer les hostilités. (…) Factuellement, ce n’est pas tant Hamza qui terrorise le quartier que la bande qui l’accompagne. Sans ses acolytes, il aurait du mal à se défendre face à des adultes déterminés. Bande exclusivement masculine, issue de l’immigration, algérienne, comme en témoigne le discours de Hamza, qui n’aime rien tant qu’à s’enrouler dans le drapeau one-too-tree. Comme ici, alors qu’il sort de garde à vue. Hamza qui revendique l’Algérie comme étant “son pays.” Et qui explique que son surnom de “La douane” renvoie à la corruption pratiquée au quotidien par la police algérienne. Voilà qui est intéressant : c’est donc à celle-ci qu’il s’identifie. Mais ce n’est pas tout : en arabe, le signifiant “ladouane” veut aussi dire : agression, attaque, hostilité, transgression. Accessoirement, bien sûr. Si on ignore l’identité des adultes qui participent de la bande à La douane, l’observation de leur modus operandi ne laisse aucun doute quant à leur profil : sédition, prédation, provocation, humiliation, mise en place d’un ordre de substitution à la loi républicaine et à l’habitus civilisationnel français, ciblage particulier des femmes (régulièrement interpellées de manière ordurière par Hamza, jetées à l’eau, traitées de putes jusque chez elles) et des mécréants : tu auras reconnu, camarade, l’islamo-tribalisme dans ses oeuvres. (…) La bande à Hamza opère, en réalité, la prise de contrôle d’un territoire auquel elle entend imposer, par le blocage de l’espace public, le harcèlement, le racket et la menace, un nouvel ordre. Ce nouvel ordre, tout comme sa façon de faire, s’inscrivent dans l’habitus de conquête islamique. Il est étonnant que personne n’ait fait le lien : le procédé, toujours à l’œuvre dès lors que la population musulmane dépasse un certain seuil quantitatif, est l’exacte réplique de celui qui a fait des cités de banlieue des territoires perdus de la République, entraînant au fil des ans la fuite de la population non musulmane. Conquérir un territoire, donc. Pas n’importe lequel cependant : un territoire où les couleurs LGBT s’affichent partout, des passages piétons arc en ciel aux slogans tagués sur les murs (avec l’aval de la mairie qui une fois de plus “encadre” les dégradations qu’elle refuse de sanctionner). Dans le 10ème arrondissement, exactement comme chez LFI où le leadership blanc commence à sentir le vent tourner, les musulmans actifs passent un cran supplémentaire, sifflant la fin de la récré intersectionnelle, révélant leur vrai visage aux idiots utiles coincés par les apories d’un logiciel progressiste auquel ils étaient bien les seuls à croire. Aux bobos, aux femmes, aux Juifs, aux gays du quartier, qui, à cause de la topographie discrètement séparatiste évoquée plus haut, pensaient pouvoir vivre avec la diversité islamique, la bande de Hamza vient ainsi signifier qu’ils vont désormais y réfléchir à deux fois avant de sortir de chez eux : sur ce qu’ils pensaient être leur territoire, ils ne sont plus en sécurité, livrés à une bande hostile dont personne n’a su les protéger. Un autre marqueur plaide pour l’hypothèse d’une prise en main relevant de l’islam politique derrière l’apparence d’une bordélisation spontanée : celui du timing. La doctrine précise bien, en effet, qu’en terre de guerre, il faut frapper lorsque le rapport de force s’est inversé en faveur des musulmans. Or, l’année 2026 a marqué plusieurs victoires pour l’islam politique. Ainsi les élections municipales, qui ont mené des islamistes à la tête de villes comme Saint-Denis ou La Courneuve. Un succès électoral qui confirme la prise de pouvoir des mêmes au sein de LFI, qui depuis plus d’un an appellent à “la fin du porte-parolat” blanc. Les jours des Aubry, Panot, Bompard et autres sont comptés, comme ceux de Mélenchon, dont on sait que 2027 sera l’ultime moment de sa carrière politique. LFI tenant la gauche et les écolos à sa merci, c’est toute une tendance qui défend, de fait, les musulmans actifs à l’œuvre en France. De ce succès également découle l’augmentation du nombre d’élues siégeant voilées en conseil municipal, comme documenté ici et là : sur 96 communes franciliennes passées au crible, 21 (22 %) comptent au moins une élue voilée, pour un total de 29 élues recensées. Un point de plus pour l’islam politique. Même s’il a de toute évidence l’âme d’un caïd, Hamza s’intègre vraisemblablement dans un mouvement plus ou moins organisé qui dépasse sa personne. Du haut de ses 13 balais, on l’imagine mal élaborer un plan comm’, mettre sur pied une équipe d’adultes qui seraient à ses ordres, et organiser un ordre de bataille. Le gosse, malgré ses capacités évidentes d’agitateur violent, est probablement plutôt l’instrument que l’organisateur, relativement proactif certes, et mis en avant pour son goût de la sédition. Mis en avant aussi, de façon tactique, pour son âge, qui limite les possibilités d’action de la police. Au fil des jours, chacun apportant son lot de vidéos mettent en scène le dernier méfait du moutard, la perversité du dispositif mis en place se révèle : lorsque Hamza vole le portable d’une ado, et que la police l’appréhende, cela produit une série d’images qui alimentent le récit victimaire : un petit gros en short, torse nu, menotté, entouré par quatre policiers. Les messages racistes soi disant reçus, qui auraient poussé ses parents à prendre un avocat, n’étaient-ils pas aussi le but de la manœuvre ? C’est aussi cela, le rôle de Hamza : provoquer, pour mieux mettre en scène sa victimisation. Un grand classique de l’islam actif. Hamza agit aussi, auprès des médias, comme le chiffon rouge qui attire l’attention sur un point précis, détournant l’attention de l’ensemble du tableau. En réalité, faute sans doute d’avoir été compris, le véritable enjeu de l’affaire Hamza a été passé sous silence. Cet enjeu est global, et il est double : structurellement, il relève de l’anthropologie culturelle. Accidentellement, il relève de l’agenda de l’islam politique en Occident. Anne-Sophie Nogaret
[Les résonances actuelles] Non, non, mais ça, on vous laisse parler tout seul (…) parce que là aujourd’hui on est dans un autre sujet qui est (…) de parler justement d’un historien (…) Je vous ai répondu, je vous ai répondu. (…) [ajouter quelque chose]? Non, on peut continuer à parler de Mark Bloch. C’est ça qui est passionnant avec Mark Bloch. On peut continuer à en parler … Patrick Boucheron (historien, Collège de France, France Culture)
Hier matin, sur France Culture, Patrick Boucheron, historien au Collège de France, était interrogé à l’occasion de la panthéonisation de Marc Bloch. Relancé par le journaliste Guillaume Erner sur une question sur l’antisémitisme contemporain, Patrick Boucheron choisit de refuser de lui répondre, se limitant à ces mots cinglants : ‘On vous laisse parler tout seul’. Terrible phrase : ‘On vous laisse parler seul’. Car ce ‘on vous laisse parler seul’, beaucoup de Français engagés dans le combat contre l’antisémitisme l’ont pris pour eux. Ce ‘On vous laisse parler seul’ illustre tragiquement le déni d’une partie des élites académiques, intellectuelles ou culturelles françaises promptes, à raison, à s’exprimer sur le racisme, les violences sexuelles ou les crises humanitaires, mais incapables d’autre chose qu’un silence très signifiant, parfois gêné, mais souvent assumé et déterminé, sur l’antisémitisme contemporain. Imagine-t-on une grande conscience française, refuser de dire un mot sur les violences faites aux femmes dans la société d’aujourd’hui, à l’occasion d’un hommage à Simone de Beauvoir ? Imagine-t-on une grand intellectuel se taire quand il est interrogé sur le racisme contemporain, à l’occasion de la panthéonisation de Joséphine Baker ? Alors que, pour la France entière, la panthéonisation d’une grande figure républicaine, issue d’une lignée de Juifs alsaciens patriotes, incarne aussi un message contre l’antisémitisme au présent, comment entendre cet « Etrange silence » de Patrick Boucheron ? Cette question n’avait pourtant rien d’inattendu. Et il n’aurait pas été difficile d’y répondre sobrement par quelques mots d’analyse générique ou une expression d’empathie creuse comme le débat public nous en réserve régulièrement. Personne ne peut savoir ce que Marc Bloch, en son temps, aurait pensé si un dirigeant politique de premier plan avait ironisé sur la prononciation « Bloch » ou « Bloche » de son nom. Mais Patrick Boucheron, lui, devrait savoir, comme l’écrivait Marc Bloch qu’ « il est vain de s’épuiser à comprendre le passé si l’on ne sait rien du présent »  et être capable de dénoncer les dérives antisémites d’aujourd’hui, sous toutes leurs formes, y compris celles de LFI. Alors sans doute Patrick Boucheron ne mesure-t-il pas à quel point son silence en dit long. Car « On vous laisse parler seul » résonne comme une gifle au visage de victimes de l’antisémitisme qui peinent à faire entendre leur voix. Fa ce à ce silence, je préfère garde en tête les centaines de milliers de Français descendus dans la rue le 12 novembre 2023 « pour la République et contre l’antisémitisme » et célébrer l’honneur d’un pays capable de rendre hommage hier à une immense figure juive républicaine. Car, dans le sillage de Marc Bloch, nous, Français de confession juive, continuerons aimer la France et les Français et à considérer avec lui que « la France demeurera, quoiqu’il arrive, la patrie dont je ne saurais déraciner mon coeur ». Yonathan Arfi (CRIF)
Je me suis dit qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Vous savez qu’il y a plus de bouddhistes en France. Il y a 1 million de bouddhistes en France. Il y a peut-être 450 000 juifs. Je suis heureux qu’on ne parle pas des bouddhistes, mais enfin vous voyez qu’il y a pas de proportion entre les fréquences de citation du mot bouddhiste. Pourtant, il y a beaucoup de bouddhistes en France, comme je viens de le dire, beaucoup de bouddhistes dans le monde puisque je crois qu’il doit y avoir 13 millions de juifs, un peu plus de bouddhistes. Il y a des drames aussi dans le monde bouddhiste. Je pense par exemple à ce qui se passe en Birmanie avec un million de Rohingyas qui sont dans une situation déplorable. On n’en parle jamais. (…) Il y a de toute évidence un problème. (…) La juivitude, c’est quelque chose qui se porte mal en France, hein. J’en parlais tout à l’heure encore avec une prof qui me disait qu’elle ne pouvait plus enseigner l’histoire des juifs en France à la fac. Donc on arrive à une situation qui est quand même étonnante parce que ça n’a l’air de déranger personne alors que je serais évidemment le premier si on ne pouvait pas enseigner l’histoire du bouddhisme en France ou l’histoire de l’islam en France. Je trouverais ça terrible et je ne comprends pas pourquoi on se sent seul aujourd’hui à déplorer cette situation. (…) L’antisémitisme contemporain ]reprend les mêmes thèmes, il les récapitule. Il y a pas eu de grandes créations. C’est pas un milieu très créatif. Mais c’est un milieu qui a effectivement été obligé de revoir une base essentielle, c’est que maintenant il y a un état qui se présente comme étant l’état juif et ça, ça a tout changé. Ça a changé effectivement la manière dont la haine antijuive peut se répandre. (…) Mais surtout si vous voulez, je comprends pas du tout ce qu’on appelle un sioniste. Je n’ai jamais compris ce qui était un sioniste. Si un sioniste, c’est quelqu’un qui estime que les juifs ont le droit à l’autodétermination, alors dans ce cas-là, il faut considérer que heureusement les juifs ont en tant que peuple droit à l’autodétermination comme les Kurdes, comme qui vous voulez d’ailleurs. C’est d’ailleurs un droit qui se confond avec les droits de l’homme. Si en revanche on veut considérer qu’il y a une essence juive et que cette essence elle est récapitulée dans le mot sioniste, alors je ne vois pas de meilleure définition de ce qu’est l’antisémitisme. (…) La seule chose que je remarque, si vous voulez, c’est qu’il n’y a pas que Dieu qui a élu les Juifs et il y a aussi beaucoup de gens qui les élisent tous les jours en ne parlant que d’eux.  Et moi, j’aimerais bien que nous puissions avoir enfin le droit à l’indifférence. Le droit à la différence, on l’a conquis. Hélas. Maintenant, si on pouvait s’occuper un peu moins de nous, ce serait effectivement beaucoup plus agréable. [La haine du juif remplace l’opium du peuple »] c’est un clin d’œil à la formule de Bébel : « l’antisémitisme est le socialisme des imbéciles ». Je crains que parfois on ne soit pas sorti de cette formule là. Guillaume Erner (France Culture)
Une fresque controversée représentant Adolf Hitler en train d’applaudir, portant un keffieh palestinien, est apparue samedi le long du parcours d’une grande manifestation pro-palestinienne à Milan. Elle a suscité une vive attention du public et relancé le débat sur l’antisémitisme, l’extrémisme politique et le rôle de l’art provocateur dans l’Europe contemporaine.L’œuvre a été réalisée par l’artiste italien contemporain aleXsandro Palombo, connu pour ses fresques à fort contenu politique qui traitent fréquemment de l’antisémitisme, de la mémoire de la Shoah, des droits civiques et des dangers de la radicalisation. La fresque montre Hitler portant un brassard rouge avec le mot « HATE » (« HAINE »), semblant observer un rassemblement public.Selon les déclarations accompagnant l’installation, l’œuvre vise à dénoncer ce que l’artiste décrit comme la normalisation de l’antisémitisme et de la rhétorique extrémiste dans une partie du discours public contemporain. L’image est d’abord apparue près du point de départ de la manifestation nationale pro-palestinienne à Milan le 16 mai. Des versions supplémentaires ont ensuite été affichées à plusieurs endroits le long du parcours, faisant de l’œuvre une présence visuelle récurrente tout au long de la marche.Les médias italiens ont largement couvert l’installation dans les heures suivant son apparition. L’agence de presse italienne ANSA a ensuite rapporté que la fresque elle-même avait été vandalisée peu après son dévoilement.Selon les textes diffusés avec l’installation, Palombo souhaitait provoquer une réflexion sur les mécanismes de la propagande, l’extrémisme idéologique et la normalisation progressive de la haine dans la société. L’artiste a utilisé l’un des symboles les plus reconnaissables de l’histoire du totalitarisme et du génocide pour attirer l’attention sur les préoccupations actuelles concernant l’antisémitisme et la radicalisation politique en Europe.Palombo œuvre depuis des années à des créations publiques centrées sur la mémoire de la Shoah et l’identité juive. Plusieurs de ses installations précédentes ont elles-mêmes été la cible de vandalisme antisémite. Parmi ses œuvres les plus connues figure « Les Simpsons Vont à Auschwitz », une fresque exposée à l’extérieur du Mémorial de la Shoah à Milan. Elle représente les personnages de la série animée déportés vers les camps d’extermination nazis, en guise d’avertissement contre l’amnésie historique et l’effacement de la mémoire de la Shoah. Cette installation a été vandalisée à plusieurs reprises, notamment avec les graffitis « W Hitler » et « Free Palestine », selon les rapports cités par l’artiste.Le travail de Palombo a souvent croisé les tensions liées à l’antisémitisme en Italie et en Europe après les attaques du Hamas du 7 octobre et la guerre qui a suivi entre Israël et le Hamas. Ses fresques rendant hommage aux survivants de la Shoah Edith Bruck, Liliana Segre et Sami Modiano ont également été vandalisées à Milan avec des slogans et graffitis antisémites.Deux de ces œuvres, « Anti-Semitisme, l’Histoire se répète » et « L’Étoile de David », ont ensuite été acquises par la Fondazione Museo della Shoah à Rome et sont actuellement exposées près du Portique d’Ottavie, au cœur de l’ancien ghetto juif de la ville. Plus tôt cette année, le 29 janvier 2026, une autre fresque de Palombo représentant l’écrivain de la Shoah Primo Levi aux côtés d’Anne Frank est apparue sur une ancienne base militaire à Milan, à l’occasion des commémorations de la Journée de la mémoire de la Shoah. Quelques jours plus tard, le visage de Primo Levi aurait été dégradé. Les vandalismes répétés d’œuvres d’art public liées à la Shoah ont suscité l’inquiétude des organisations juives et de la société civile en Italie quant à la persistance de l’antisémitisme et de la rhétorique extrémiste dans une partie de la culture politique européenne. La dernière fresque a provoqué des réactions très partagées sur les réseaux et dans le débat public italien. Ses défenseurs estiment qu’il s’agit d’un avertissement artistique légitime face à la montée de la haine envers les Juifs et à la normalisation de la rhétorique antisémite lors des manifestations et dans l’activisme politique. Ses détracteurs, quant à eux, estiment que l’utilisation d’imagerie nazie dans le contexte de manifestations politiques contemporaines risque d’enflammer les tensions et de simplifier à l’excès des enjeux géopolitiques très complexes. Cette manifestation s’inscrivait dans une vague plus large d’activisme pro-palestinien observée à travers l’Europe depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas. Les gouvernements européens et les organisations juives ont répété que certaines manifestations comportaient des slogans antisémites, des intimidations ou la glorification d’organisations extrémistes, tandis que de nombreux militants affirment que leurs protestations visent uniquement les politiques du gouvernement israélien et non les Juifs en tant que peuple.Palombo n’a pas réagi publiquement aux critiques entourant sa dernière installation, au-delà des déclarations diffusées avec l’œuvre. L’artiste reste largement discret et donne rarement des interviews. Cependant, son travail continue d’attirer l’attention internationale par son usage d’imagerie pop culture et de symboles historiques controversés pour aborder les thèmes de la discrimination, de la mémoire, de l’extrémisme, de l’inclusion et des droits humains.Pour de nombreux observateurs, l’apparition de cette fresque à Milan souligne un débat plus large qui traverse l’Europe : celui de la manière dont les démocraties font face à la polarisation croissante, à la mémoire historique et à l’antisémitisme dans un climat politique de plus en plus volatil. The Canadian Jewish News (May 18, 2026)
Voici une compilation de certains incidents antijuifs survenus en Australie au cours des 12 mois précédant le 30 septembre 2023. Les agressions physiques ont eu lieu (…). Le vandalisme a souvent consisté à graver des croix gammées nazies sur des bâtiments et des biens. L’abus, le harcèlement et l’intimidation envers les Juifs constituent la catégorie qui enregistre habituellement le plus grand nombre d’incidents chaque année. 188 incidents ont été recensés dans cette catégorie pour la période 2023, soit 38 % de l’ensemble des incidents.Les expressions verbales les plus courantes étaient : « Fucking Jews » (Putains de Juifs) ; « Fuck the Jews » (Nique les Juifs) ; « Fuck off Jew ! » (Dégage, sale Juif !) ; « Filthy Jew » (Sale Juif) ; « Jewish dogs » (Chiens juifs) ; « Allahu Akbar » ; et « Heil Hitler ». Trois gestes de la main étaient également fréquents : simuler le tir d’une arme à feu en direction des personnes (parfois avec le cri « Bang ! »), le salut nazi, et lever le majeur fermé dans le poing en signe de mépris.Les menaces verbales de violence incluaient : « Kill Jews » (Tuez les Juifs) ; « I’m going to kill you » (Je vais te tuer) ; « Are you Jewish, mate?… I will kill ya ! » ; « I’m going to blow this place [synagogue] up » (Je vais faire exploser cet endroit) ; « I’m gonna burn this place [école juive] to the ground » ; « Let’s go kill those Jews » ; « I’m going to do a Hitler to you » ; « Hitler should’ve finished you Jews… Jews are filthy » (Hitler aurait dû finir le travail avec vous les Juifs… Les Juifs sont dégoûtants) ; et « We are going to take off where the Nazis should have gone. We’re going to come get the Jews. We are going to kill all the Jews ».Les paroles exprimant un souhait de mort et/ou faisant référence à l’Holocauste incluaient : « Hitler didn’t finish his job ! » (Hitler n’a pas fini son travail !) ; « the Jews were doing bad things and deserved the Holocaust » ; « Hitler was right. He should have killed all the Jews » (Hitler avait raison. Il aurait dû tuer tous les Juifs) ; « Heil Hitler ! Dirty Jews ! » ; « go back to the gas chambers » (retournez dans les chambres à gaz) ; et « You all belong in the oven, Hitler should have finished the job » (Vous devriez tous être dans le four, Hitler aurait dû finir le travail). D’autres insultes incluaient : « Fucking kike ! » (Sale youpin !) ; « Move on you fucking Jew ! » ; « Jewboy » ; « Children-killing Jews ! » (Juifs tueurs d’enfants !) ; « You dirty Jews ! » ; « Fucking Jewish cunt ! » ; « Jews are cunts » ; « Fucking Jew cunt » ; « Fuck you Jewish faggot » ; « satanic Jew » (Juif satanique) ; et « Kanye (West) was right about the Jews ».Les messages de haine ont été envoyés par courriel, déposés dans les boîtes aux lettres ou transmis par téléphone. Parmi les textes d’emails figuraient : « 100,000 too many kikes » ; « Move back to Israel where you and your rodent kind belong » ; « The world will be free from all zionists, by the will of Allah » ; et des menaces explicites comme « You jews will pay, in the name of allah i will commit arson and assault on dirty jews… ».Des emails faisant référence à l’Holocauste : « You Yiddish niggers deserve nothing more than to be in chains or ditches… I will personally shove a zyclon b tablet down every heeb… Heil Hitler » ; « Adolf should have finished the job you fucking scum… Get into the shower you Dog Cunts ». Le courrier postal envoyé aux domiciles, organisations et entreprises juives comprenait des messages tels que : « It is a pity that Hitler did not finish with you Jewish rats » (Dommage qu’Hitler n’ait pas fini avec vous, sales rats juifs), envoyé à huit synagogues ; et des menaces de mort détaillées signées par un individu se déclarant « fier musulman ».Les appels téléphoniques comportaient des menaces comme : « gas the synagogue like Hitler gassed the Jews » (gazez la synagogue comme Hitler a gazé les Juifs) ; « I will fucking kill you ! … Jews don’t deserve to live » ; ou encore des insultes antisémites virulentes faisant référence à la crucifixion et souhaitant la destruction des lieux juifs.Le graffiti est fréquent près des installations communautaires juives ou dans les zones à forte population juive, mais aussi dans des lieux publics. De nombreux graffitis comportaient des croix gammées accompagnées de textes comme « Fuck Jews », « Kill the Jews », « Gas the Jews », « 6MNE » (6 Million Not Enough – 6 millions, c’est pas assez), « JEWS DID COVID », « JEWS DID 9/11 », etc.Les affiches et autocollants constituaient la dernière catégorie. On y trouvait notamment une banderole avec une croix gammée, un marteau et une faucille, une étoile de David et le texte : « You want to ban this [swastika] but not this [hammer and sickle]… Hitler was right ». Des t-shirts avec « 6 million? That’s a bit much mate » et un salut nazi ont été portés publiquement. Des tracts néonazis du European Australian Movement et du National Socialist Network ont été distribués massivement, avec des slogans comme « There is no political solution to this Jewish tyranny ! » et « White Revolution is the Only Solution ! ».Des autocollants disaient : « The Holocaust is a Jew Lie », « The Jew Controls The Media », « The Jew Has Been Expelled From 109 Countries – Make It 110 », etc.Des véhicules affichaient « JEWS DID 9 11 » ou des plaques d’immatriculation comme « FUHR3R » et « 88.SIEG ».Le nombre élevé d’incidents antijuifs est extrêmement préoccupant. Cependant, les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Au-delà du mépris et du dédain, beaucoup expriment des vues meurtrières et génocidaires. Ils regrettent qu’Hitler n’ait pas tué tous les Juifs et expriment le souhait que les Juifs soient massacrés en masse dans un avenir proche. L’intensité de ces expressions violentes et meurtrières peut constituer un prélude à des attaques plus graves, allant jusqu’à l’agression physique et le meurtre. Julie Nathan (Executive Council of Australian Jewry – ECAJ, 28 février 2024)
L’entretien disciplinaire imposé à Jean Quatremer, ce vendredi au journal Libération, révèle l’incroyable sectarisme qui règne dans certaines rédactions ainsi que l’impressionnant recul de la liberté d’expression à gauche et, plus largement, dans notre pays. Car qu’est-il reproché précisément à Jean Quatremer ? Non pas d’avoir propagé de fausses informations ou d’avoir manqué de rigueur ou de professionnalisme dans son travail de journaliste. Mais d’avoir exprimé des opinions jugées trop droitières. En l’occurrence d’avoir pointé la montée de l’antisémitisme dans la rue musulmane, mais aussi dans les institutions internationales, ainsi que le silence des médias de gauche à ce sujet. Les journalistes de Libération ne sont pas obligés de partager ce point de vue, mais ce qui choque, c’est leur incapacité à l’entendre et leur volonté de le faire taire à tout prix. La mise en cause de Quatremer est une tentative de censure, d’épuration idéologique. Paradoxal pour un quotidien qui s’appelle Libération et qui revendiquait jadis sa ligne libertaire ! Alexandre Devecchio
Oui, la guerre à Gaza aura été une faillite journalistique mondiale, mais presqu’uniquement une faillite des médias de gauche (ce qui inclut les services publics) qui ont adopté le narratif du Hamas. Des plantages qui décidément se répètent après l’URSS, Mao, Cuba, les Khmers rouges, le Nicaragua d’Ortega, Khomeini, etc. Combien de temps avant de reconnaitre ses erreurs? Jean Quatremer
Mes comptes @facebook et @instagram ont été suspendus parce que j’ai publié cette oeuvre d’un streetarteur italien dénonçant la haine antisémite. Devinez qui peut bien être à l’origine des plaintes qui ont abouti à cette suspension ? Jean Quatremer
La publication sur ma page Facebook personnelle d’un visuel du street artiste italien AleXsandro Palombo peint sur les murs de Milan représentant Hitler applaudissant avec un keffieh palestinien et un brassard « hate » qui visait à dénoncer l’antisémitisme des pro-Palestiniens a déclenché un raid numérique auprès de Meta qui a suspendu mes trois pages FB et mon compte Instagram pour violation des « standards de la communauté sur les personnes et organisations dangereuses », pas moins. Le « crime » était signé puisque j’ai ensuite été attaqué par des députés LFI, Rima Hassan, qui a même appelé à mon licenciement, Manuel Bompard et Nadège Abomangoli. Le plus terrible est que ces attaques ont été violemment relayées par plusieurs journalistes de ma rédaction, ce qui a amplifié l’écho de cette polémique misérable et tellement contraire à la liberté d’expression, fondement de la démocratie. C’est cette polémique et sans doute celles qui n’ont cessé depuis le 7/10, mes prises de position contre l’antisémitisme et l’islamisme radical ainsi que mon soutien à l’existence d’Israël étant de plus en plus insupportables à la gauche radicale, qui ont conduit une sous-directrice du ministère de la Transition écologique à annuler, le 5 juin au soir, ma conférence. Elle devait avoir lieu le 9 juin dans le cadre du « cycle supérieur du développement durable » et avait pour thème : « La résistance de l’administration communautaire au démantèlement du Green Deal »… Aucun rapport donc avec Israël ou l’antisémitisme. Je pense qu’il s’agissait, dans l’esprit de cette fonctionnaire, d’éviter des vagues. Or cette annulation a envoyé le signal que ma lutte contre l’antisémitisme posait un problème à la République ! Il est sidérant de voir que la « canceled culture », jusque-là limitée à la sphère universitaire et associative, a gagné l’administration française. Cet enchaînement de petites lâchetés, de peurs, de volonté de complaire à l’idéologie supposée dominante du moment, celle de LFI, rappelle une fâcheuse période historique. (…) Il ne faut pas s’y tromper : l’antisionisme, qui est la négation du droit d’Israël à exister en tant qu’État, est le masque de l’antisémitisme comme le montrent les agressions, parfois meurtrières, que subissent les Juifs de la planète. Il est sidérant que cela ne choque pas la gauche, porteuse de valeurs universalistes et humanistes. On imagine en revanche sa réaction si des musulmans étaient agressés à la suite d’un attentat islamiste sur notre sol ou à cause des horreurs commises par des régimes islamistes… (…) La haine des Juifs est le produit de l’idéologie décoloniale (Israël serait le dernier colonisateur de la planète), de l’oikophobie ou détestation de soi, du wokisme, de la fascination pour l’islam, la religion des damnés de la terre, un islam anti-impérialiste et anti-occidental qui rejoint les préoccupations tiers-mondistes de la gauche, de la détestation de l’Amérique et du capitalisme. Un gloubi-boulga qui ramène la gauche, et pas seulement la gauche radicale, à l’avant affaire Dreyfus, lorsqu’elle était antisémite. Défendre les Juifs, c’est s’exposer à l’accusation d’être un complice des génocidaires, comme le dit LFI, et donc d’être un ennemi des musulmans, la cause palestinienne s’étant islamisée, comme le dit justement Pierre-André Taguieff, et donc un islamophobe, une accusation mortifère. (…) Je ne pensais assister de mon vivant à un tel retour de l’antisémitisme porté autant par une partie des musulmans, comme le montrent les enquêtes d’opinion, que par une bonne partie de la gauche, souvent à son insu : elle ne s’est pas rendu compte que la reprise sans guère de recul du narratif du Hamas a fait le lit de l’antisionisme radical et donc de l’antisémitisme. Le niveau de la lâcheté est proprement stupéfiant et évoque ce qui s’est passé dans les années 30 : face à la virulence gueularde des antisémites, on préfère se taire. Or le silence est de la complicité. (…) le 7/10 a permis de voir à quel point certaines démocraties occidentales étaient pénétrées institutionnellement et idéologiquement par l’islam radical qui a embarqué dans les wagons du wokisme et du décolonialisme, comme au Royaume-Uni ou en Belgique. D’autres démocraties résistent mieux, comme la France qui reste profondément attachée aux valeurs républicaines, dont la laïcité. Ce que je crains, c’est la réaction des peuples qui pourraient être tentés de se jeter dans les bras de l’extrême droite perçue comme un barrage. Ce serait un drame d’où la nécessité pour les politiques de gauche et de droite de réagir fermement face à ces dérives insupportables au lieu de rentrer les épaules. Jean Quatremer
Cachez ce trop évident retour de l’antisémitisme que je ne saurais voir !
En ce 250e anniversaire de la République américaine à qui nous devons largement la nôtre
Qui se trouve être aussi le 50 anniversaire de la brillante libération israélienne des otages d’Entebbe
Qui avait provoqué – qui s’en souvient encore ? – la violente condamnation d’Israël par le gouvernement français comme; Libération en tête, par la presse française …
Et au lendemain le 23 juin dernier d’un des fondateurs de l’Ecole des Annales française, l’historien d’origine juive Marc Bloch …
Qui a donné à nouveau l’occasion à l’historien du Collège de France Patrick Boucheron lors d’un entretien sur France Culture de briller par son silence sur l’actuelle résurgence de l’antisémitisme ….
Pendant que désormais en plein Paris et au coeur même de Boboland entre la lâcheté érigée en principe d’une mairie socialiste triomphalement réélue et les récentes conquêtes municipales de barbus et de voilées orchestrées par le boutefeu d’une France toujours plus insoumise…
Une meute de petits barbares nous rejoue les razzias barbaresques qui pendant des siècles ont écumé nos côtes …

Retour…

Enième illustration de la propension de la Révolution à dévorer comme Saturne ses propres enfants …
Sur la suspension, sans compter la mise en cause de ses propres collègues, des réseaux sociaux comme d’une de ses conférences qu’a subi le mois dernier l’un des journalistes de Libération …
Un temps lui-même, apparemment, pas si indifférent aux charmes du keffiyeh
Pour ses prises de position contre l’antisémitisme comme la reproduction …
D’un dessin rappelant l’étrange continuité d’un mouvement qui aujourd’hui comme il y a 80 ans…
Ne fait après tout qu’ « appeler Hitler à finir le travail » ?

Jean Quatremer : « Face à la virulence gueularde des antisémites, on préfère se taire »
Correspondant historique de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer est devenu, depuis le 7-Octobre, l’une des voix les plus lucides sur les nouvelles formes d’antisémitisme. Une liberté de parole qui lui vaut aujourd’hui d’être contesté jusque dans les rangs de sa propre rédaction.
Laetitia Enriquez
Actualité Juive
17 juin 2026


Littérature: Tsundokistes de tous les pays, unissez-vous ! (What if read books turned out to be far less valuable than unread or partially read ones – if only as a measure of your own ignorance ?)

1 juillet, 2026
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Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants. Deutéronome 6: 6-7
Fais de l’étude de la Torah ta principale occupation. Shammaï  (Mishna, Pirkei Avot, 10 avant JC)
C’est pourquoi, tout scribe instruit de ce qui regarde le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. Jésus (Matthieu 13: 52)
L’obligation d’étudier a un coût, et oblige donc l’individu rationnel à rechercher une compensation pour obtenir un retour sur investissement. (…) si les juifs sont devenus citadins et ont occupé des emplois indépendants de l’agriculture, c’est d’abord parce qu’ils étaient formés. Et s’ils étaient formés, c’est que leur religion exigeait qu’ils le soient. Zvi Eckstein
Dans la première moitié du XXe siècle, malgré la discrimination sociale omniprésente et continue contre les Juifs dans le monde occidental, malgré le retrait des droits légaux et malgré l’Holocauste, les Juifs ont remporté 14 % des prix Nobel de littérature, de chimie, de physique et de médecine. /physiologie. Dans la seconde moitié du XXe siècle, lorsque les prix Nobel ont commencé à être décernés à des personnes du monde entier, ce chiffre est passé à 29 %. Jusqu’à présent, au 21e siècle, il a été de 32 %. Les Juifs constituent environ deux dixièmes d’un pour cent de la population mondiale. Charles Murray (2007)
Tout comme les Chinois, ils connaissent l’art de l’imprimerie depuis des temps immémoriaux ; mais leurs bibliothèques ne sont pas très vastes ; en effet, celle du roi, considérée comme la plus grande, ne compte pas plus d’un millier de volumes, rangés dans une galerie de mille deux cents pieds de long, où j’avais la liberté d’emprunter les livres de mon choix. Jonathan Swift (1726)
J’ai de nombreuses expériences qui, je pense, sont communes à tous ceux qui possèdent un très grand nombre de livres (j’en ai maintenant environ quarante mille, entre Milan et mes autres maisons) et à tous ceux qui considèrent une bibliothèque non pas seulement comme un lieu pour conserver les livres déjà lus, mais avant tout comme un dépôt de livres à lire à une date future, quand on en ressent le besoin. Il arrive souvent que nos yeux tombent sur un livre que nous n’avons pas encore lu, et nous sommes remplis de remords. Mais le jour vient où, pour apprendre quelque chose sur un sujet précis, on décide enfin d’ouvrir l’un des nombreux livres non lus, pour réaliser qu’on le connaît déjà. (…) la vraie explication est qu’entre le moment où le livre nous est parvenu et celui où nous l’avons ouvert, nous avons lu d’autres livres où se trouvait quelque chose que disait ce premier livre, et qu’ainsi, au terme de ce long voyage intertextuel, on se rend compte que même ce livre non lu faisait encore partie de notre héritage mental et l’avait peut-être influencé profondément. Umberto Eco (2002)
L’écrivain Umberto Eco appartient à cette petite classe de savants qui sont encyclopédiques, perspicaces et non ennuyeux. Il est propriétaire d’une grande bibliothèque personnelle (contenant trente mille livres) et divise les visiteurs en deux catégories : ceux qui réagissent par « Wow ! Signore professore dottore Eco, quelle bibliothèque vous avez ! Combien de ces livres avez-vous lus ? » et les autres — une très petite minorité — qui comprennent que une bibliothèque privée n’est pas un appendice pour booster l’ego mais un outil de recherche. Les livres lus sont bien moins précieux que les non lus. La bibliothèque devrait contenir autant de ce que vous ne savez pas que vos moyens financiers, les taux hypothécaires et le marché immobilier actuellement tendu vous le permettent. Vous accumulerez plus de connaissances et plus de livres en vieillissant, et le nombre croissant de livres non lus sur les étagères vous regardera d’un air menaçant. En effet, plus vous savez, plus les rangées de livres non lus s’agrandissent. Appelons cette collection de livres non lus une antilibrairie. Nous avons tendance à traiter notre savoir comme une propriété personnelle à protéger et à défendre. C’est un ornement qui permet de monter dans l’ordre hiérarchique. Cette tendance à offenser la sensibilité de bibliothèque d’Eco en se concentrant sur le connu est un biais humain qui s’étend à nos opérations mentales. (…) Appelons antiscientifique celui qui se concentre sur les livres non lus et qui tente de ne pas traiter son savoir comme un trésor, ni même une possession, ni même un dispositif d’amélioration de l’estime de soi — un empiriste sceptique. Nicholas Taleb (2007)
L’apprentissage tout au long de la vie vous rendra plus heureux, vous fera gagner plus d’argent et même vous gardera en meilleure santé, selon les experts. De plus, de nombreux grands noms du monde des affaires, de Bill Gates à Elon Musk, affirment que la meilleure façon de devenir plus intelligent est de lire. Alors que faites-vous ? Vous sortez acheter des livres, plein de livres. Mais la vie est trépidante, et les intentions sont une chose, les actions en sont une autre. Bientôt, vous vous retrouvez avec des étagères (ou votre liseuse) débordant de titres que vous avez l’intention de lire un jour, ou de livres que vous avez feuilletés une fois avant de les abandonner. Est-ce une catastrophe pour votre projet de devenir une personne plus intelligente et plus sage ? Si vous ne parvenez jamais à lire un seul livre, alors oui. Vous pourriez consulter des astuces pour caser plus de lecture dans votre vie trépidante et comprendre pourquoi il vaut la peine de consacrer quelques heures par semaine à l’apprentissage. Mais s’il s’agit simplement que votre lecture de livres ne suit en rien le rythme de vos achats, j’ai une bonne nouvelle pour vous (et pour moi ; je fais définitivement partie de cette catégorie) : votre bibliothèque surchargée n’est pas un signe d’échec ou d’ignorance, c’est une marque d’honneur. C’est l’argument que l’auteur et statisticien Nassim Nicholas Taleb avance dans son best-seller Le Cygne noir (…) Une antilibrary est un puissant rappel de vos limites — l’immense quantité de choses que vous ne savez pas, que vous savez à moitié, ou que vous réaliserez un jour avoir mal comprises. En vivant avec ce rappel quotidien, vous pouvez vous orienter vers cette humilité intellectuelle qui améliore la prise de décision et stimule l’apprentissage. (…) Peut-être parce qu’il s’agit d’un fait psychologique bien connu : ce sont les plus incompétents qui sont les plus confiants dans leurs capacités, et les plus intelligents qui sont pleins de doutes. (Vraiment. On appelle cela l’effet Dunning-Kruger.) Il est tout aussi établi que plus vous admettez facilement que vous ne savez pas de choses, plus vite vous apprenez. Alors arrêtez de vous flageller pour avoir acheté trop de livres ou pour avoir une liste de livres à lire que vous ne pourriez jamais terminer en trois vies. Tous ces livres que vous n’avez pas lus sont effectivement un signe de votre ignorance. Mais si vous savez à quel point vous êtes ignorant, vous êtes déjà bien en avance sur l’immense majorité des autres personnes. Jessica Stillman   (2017)
La bibliothèque d’une personne est souvent une représentation symbolique de son esprit. Un homme qui a cessé d’agrandir sa bibliothèque personnelle a peut-être atteint le point où il pense savoir tout ce dont il a besoin et que ce qu’il ne sait pas ne peut pas lui nuire. Il n’a plus envie de continuer à grandir intellectuellement. L’homme à la bibliothèque toujours en expansion comprend l’importance de rester curieux, ouvert aux nouvelles idées et aux nouvelles voix. Une bibliothèque est une collection de livres, dont beaucoup restent non lus pendant de longues périodes. Je ne vois pas en quoi cela diffère d’une antilibrairie. Un terme meilleur pour ce dont il parle pourrait être tsundoku, un mot japonais désignant une pile de livres que vous avez achetés mais pas encore lus. Ma bibliothèque personnelle compte environ un dixième de livres lus et neuf dixièmes de tsundoku. Je possède probablement environ 3 000 livres, mais beaucoup sont des anthologies ou compilations contenant plusieurs ouvrages. J’ai beaucoup de volumes de la Library of America, une série qui publie les romans complets d’auteurs comme Dashiell Hammett et Nathanael West en un seul livre. Ainsi, ma bibliothèque de 3 000 livres contient probablement plus de 6 000 œuvres. Une fois un livre lu, je le donne souvent ou l’échange dans une librairie d’occasion. Résultat : mon tsundoku ne cesse de s’agrandir tandis que le nombre de livres lus chez moi reste assez constant à quelques centaines. En vérité, tsundoku ne décrit pas bien une grande partie de ma bibliothèque. J’ai beaucoup de recueils de nouvelles, d’anthologies de poésie et de livres d’essais, achetés en sachant que je ne lirais probablement pas chaque entrée. Kevin Mims  (2018)
Selon le statisticien Nassim Nicholas Taleb, (…) les volumes non lus représentent ce qu’il appelle une « antilibrairie », et il estime que nos antilibrairies ne sont pas des signes de paresse ou d’un quelconque échec intellectuel. Bien au contraire. Taleb expose le concept d’antilibrairie dans son best-seller Le Cygne noir : La puissance de l’improbable. Il commence par une discussion sur l’auteur prolifique et érudit Umberto Eco, dont la bibliothèque personnelle contenait la bagatelle de 30 000 livres. Quand Eco recevait des visiteurs, ceux-ci s’émerveillaient devant la taille de sa bibliothèque et supposaient qu’elle représentait les connaissances accumulées de leur hôte — ce qui, ne vous y trompez pas, était considérable. Mais quelques visiteurs avisés comprenaient la vérité : la bibliothèque d’Eco n’était pas volumineuse parce qu’il avait tant lu, mais parce qu’il désirait lire bien davantage. En faisant un calcul rapide, il s’est rendu compte qu’il ne pourrait lire qu’environ 25 200 livres s’il en lisait un par jour, sans interruption, entre l’âge de dix et de quatre-vingts ans. Une « bagatelle », déplore-t-il, comparée au million d’ouvrages que renferme n’importe quelle bibliothèque universitaire. (…) Maria Popova, dont l’article publié sur Brain Pickings résume à merveille l’argumentation de Taleb, note que nous avons tendance à surestimer la valeur de ce que nous savons, tout en sous-estimant celle de ce que nous ignorons. Le concept de Taleb renverse complètement cette tendance. La valeur d’une « antibibliothèque » tient au fait qu’elle remet en question notre auto-évaluation en nous rappelant constamment, de manière lancinante, tout ce que nous ignorons. Les titres qui garnissent mes propres étagères me rappellent que je ne sais pratiquement rien de la cryptographie, de l’invasion normande, du folklore italien, de la consommation de drogues illicites sous le Troisième Reich, ni de ce qu’est l’entomophagie. (…) Des étagères remplies d’idées inexplorées nous poussent à continuer à lire, à continuer à apprendre, et à ne jamais nous contenter de ce que nous savons déjà. Elles constituent le fondement d’une humilité intellectuelle saine et solide. Ceux qui manquent d’humilité intellectuelle peuvent éprouver une certaine fierté d’avoir « conquis » leur collection personnelle de livres, mais une telle bibliothèque n’est pas plus vivante ni plus utile qu’un trophée empaillé. Elle devient un « appendice flattant l’ego », destiné uniquement à la décoration. Ce n’est pas une ressource vivante et évolutive dont nous pouvons tirer des enseignements jusqu’à l’âge de 80 ans — et, si nous avons de la chance, quelques années de plus.  (…) Le terme préféré de Kevin Mims est « tsundoku ». Le « tsundoku » est un emprunt au japonais désignant la pile — ou, pour être plus précis, les piles — de livres que l’on a achetés mais que l’on n’a pas encore lus. Sa structure combine « tsunde-oku » (laisser s’accumuler) et « dokusho » (lire des livres). Ce terme est apparu à la fin du XIXe siècle comme une pique satirique à l’encontre des enseignants qui possédaient des livres sans les lire. Bien que cela aille à l’encontre de l’argument de Taleb, ce mot ne porte aujourd’hui, à ma connaissance, aucune connotation négative dans la culture japonaise. Il se distingue également de la bibliomanie, qui consiste à collectionner de manière obsessionnelle des livres pour le simple plaisir de la collection, et non dans le but de les lire et d’en profiter. Je suis certes convaincu qu’il existe des bibliomanes qui possèdent des collections comparables à celles d’une petite bibliothèque nationale, mais qui ouvrent rarement un livre ; cependant, la plupart des personnes que je connais qui possèdent beaucoup de livres les lisent également. En effet, des études ont montré que le fait de posséder des livres et la lecture vont généralement de pair, avec des effets très positifs. L’une de ces études a révélé que les enfants ayant grandi dans des foyers comptant entre 80 et 350 livres présentaient, à l’âge adulte, de meilleures compétences en lecture, en calcul et en technologies de l’information et de la communication. Selon les chercheurs, l’exposition aux livres stimule ces capacités cognitives en intégrant la lecture aux routines et aux habitudes de la vie quotidienne. D’autres études ont également démontré que la lecture peut apporter une multitude d’avantages. Elles suggèrent que la lecture peut réduire le stress, satisfaire le besoin de liens sociaux, renforcer les compétences sociales et l’empathie, et stimuler certaines capacités cognitives. Et cela ne concerne que la fiction ! La lecture d’ouvrages documentaires est associée à la réussite et à l’excellence ; elle nous aide à mieux nous comprendre nous-mêmes et à mieux comprendre le monde, et, surtout, elle vous donne un avantage concurrentiel lors des quiz organisés dans les bars. Dans un article consacré à ce sujet, Jessica Stillman se demande si les livres non lus agissent comme une sorte de contrepoids à l’effet Dunning-Kruger, un biais cognitif qui conduit les personnes ignorantes à croire que leurs connaissances ou leurs capacités sont plus avancées qu’elles ne le sont réellement. Comme les gens n’apprécient généralement pas qu’on leur rappelle leur ignorance, leurs livres non lus peuvent les pousser, sinon vers la maîtrise, du moins vers une compréhension sans cesse plus large de leurs compétences. « Tous ces livres que vous n’avez pas lus sont en effet un signe de votre ignorance. Mais si vous savez à quel point vous êtes ignorant, vous avez une longueur d’avance sur la grande majorité des autres », écrit Stillman. Que vous préfériez le terme « antibibliothèque », « tsundoku » ou tout autre, la valeur d’un livre non lu réside simplement dans son pouvoir de vous inciter à le lire. Kevin Dickinson (2025)
En 1995, McArthur Wheeler est entré dans deux banques de Pittsburgh et les a braquées en plein jour, sans même essayer de se déguiser. Il a été arrêté plus tard dans la nuit, moins d’une heure après la diffusion, au journal télévisé de 23 heures, des images de vidéosurveillance le montrant. Lorsque la police lui a ensuite montré les enregistrements de vidéosurveillance, M. Wheeler les a regardés avec incrédulité. « Mais j’avais mis du jus », marmonna-t-il. Apparemment, M. Wheeler croyait que se frotter le visage avec du jus de citron le rendait invisible aux caméras de vidéosurveillance (Fuocco, 1996). Nous évoquons la malheureuse affaire de M. Wheeler pour souligner trois points. Les deux premiers ne prêtent pas à controverse. Premièrement, dans de nombreux domaines de la vie, le succès et la satisfaction dépendent des connaissances, de la sagesse ou du bon sens nécessaires pour savoir quelles règles suivre et quelles stratégies adopter. Cela vaut non seulement pour la commission d’infractions, mais aussi pour de nombreuses tâches dans les domaines social et intellectuel, telles que l’exercice d’un leadership efficace, l’éducation des enfants, la construction d’un argumentaire logique solide ou la conception d’une étude psychologique rigoureuse. Deuxièmement, les individus diffèrent considérablement quant aux connaissances et aux stratégies qu’ils appliquent dans ces domaines, avec des niveaux de réussite variables. Certaines des connaissances et théories que les gens appliquent à leurs actions sont fondées et donnent des résultats favorables. D’autres, comme l’hypothèse du jus de citron de McArthur Wheeler, sont au mieux imparfaites et, au pire, erronées, incompétentes ou dysfonctionnelles. Le troisième point, qui est au cœur de cet article, est peut-être le plus controversé. Nous soutenons que lorsque les individus font preuve d’incompétence dans les stratégies qu’ils adoptent pour atteindre le succès et la satisfaction, ils subissent un double fardeau : non seulement ils parviennent à des conclusions erronées et font des choix malheureux, mais leur incompétence les prive de la capacité de s’en rendre compte. Au contraire, à l’instar de M. Wheeler, ils gardent l’impression erronée que tout va très bien pour eux. Comme Miller (1993) l’a observé avec perspicacité dans la citation qui ouvre cet article, et comme Charles Darwin (1871) l’a sagement noté il y a plus d’un siècle, « l’ignorance engendre plus souvent la confiance que la connaissance ». En substance, nous soutenons que les compétences qui permettent d’être compétent dans un domaine particulier sont souvent les mêmes que celles nécessaires pour évaluer la compétence dans ce domaine — qu’il s’agisse de la sienne ou de celle d’autrui. De ce fait, les personnes incompétentes manquent de ce que les psychologues cognitifs appellent de diverses manières la métacognition, la métamémoire, la métacompréhension ou les compétences d’autosurveillance. Ces termes désignent la capacité à savoir dans quelle mesure on réussit, à quel moment on est susceptible de porter un jugement juste et à quel moment on est susceptible de se tromper. Prenons par exemple la capacité à écrire un anglais grammaticalement correct. Les compétences qui permettent de construire une phrase grammaticalement correcte sont les mêmes que celles nécessaires pour reconnaître une phrase grammaticalement correcte, et sont donc les mêmes que celles nécessaires pour déterminer si une erreur grammaticale a été commise. En bref, les connaissances qui sous-tendent la capacité à porter un jugement correct sont également celles qui sous-tendent la capacité à reconnaître un jugement correct. Ne pas posséder les premières revient à être déficient dans la seconde. (…) En résumé (…) les gens ont tendance à avoir une vision trop optimiste et erronée d’eux-mêmes. Nous avançons l’hypothèse que les personnes dont les connaissances dans un domaine sont limitées souffrent d’un double fardeau : non seulement elles parviennent à des conclusions erronées et commettent des erreurs regrettables, mais leur incompétence les prive de la capacité de s’en rendre compte. Justin Kruger and David Dun (Cornell, 1999)
Un ensemble croissant de preuves soutient l’idée de la théorie de la culture savante selon laquelle l’immersion des enfants dans des environnements orientés vers les livres améliore leur réussite scolaire ultérieure, leur niveau d’études et leur position professionnelle. Ces résultats ont été interprétés comme suggérant que la socialisation orientée vers les livres, mesurée par la taille de la bibliothèque familiale, dote les jeunes de goûts, de compétences et de connaissances durables. (…) Ici, nous documentons les effets positifs de la culture savante sur la littératie adulte, la numératie adulte et la résolution de problèmes technologiques adulte. Grandir avec des bibliothèques familiales améliore les compétences des adultes dans ces domaines au-delà des avantages issus de l’éducation des parents ou de sa propre formation ou position professionnelle. (…) La théorie la plus connue de cette tradition, l’argument de Bourdieu sur la reproduction culturelle, s’appuie sur l’intuition de Max Weber concernant l’importance de la culture dans le maintien des frontières par les groupes de statut élitaire. Elle pose que les familles élitaires équipent leurs enfants de « signaux culturels largement partagés et de haut statut (attitudes, préférences, connaissances formelles, comportements, biens et diplômes) utilisés pour l’exclusion culturelle », obtenant ainsi des avantages scolaires pour leurs enfants et réduisant les opportunités des autres. Trois éléments sont essentiels à cet argument : (1) les signaux sont arbitraires – ils n’améliorent pas réellement les performances scolaires ou professionnelles ; (2) ils sont difficiles ou longs à acquérir, donc difficiles à contrefaire ; (3) les élites ont un accès presque exclusif à ces signaux. De nombreuses études empiriques inspirées par cet argument concluent que le capital culturel, mal interprété par les enseignants comme de l’excellence académique, offre aux enfants des élites des avantages injustes pour obtenir des résultats socioéconomiques favorables. Importamment, cette tradition suppose que les signaux culturels de haut statut sont liés à une culture « highbrow » monolithique. Cependant, chaque test de la dimensionnalité de la haute culture révèle non pas une, mais deux regroupements distincts : une dimension liée aux livres et à la lecture, et une dimension liée aux beaux-arts, à l’appréciation artistique et à la fréquentation des arts. En s’appuyant sur cette distinction, un ensemble croissant de preuves démontre que lorsque les formes de ressources culturelles liées aux livres sont distinguées des autres, ce sont les premières et non les secondes qui expliquent une grande partie du succès scolaire. Cela s’explique par le fait que les ressources liées aux livres ont un lien concret avec les compétences académiques telles que l’enrichissement du vocabulaire, la pensée contrefactuelle et la flexibilité cognitive, alors que la consommation d’arts élitistes ou les activités extrascolaires n’ont aucun impact concret sur les compétences académiques. C’est seulement lorsque les mesures liées aux livres et à la lecture sont (incorrectement) intégrées dans une mesure unique de « capital culturel » avec la fréquentation des arts que les signaux, en tant que groupe, ont un effet. En résumé, la culture savante est distincte de la fréquentation des arts et, de plus, la culture savante a un impact majeur sur les performances et la réussite scolaires, tandis que la fréquentation des arts a peu ou pas d’effet. Cela est important car cela remet en cause l’affirmation selon laquelle les ressources culturelles sont des signaux arbitraires utilisés par l’élite pour exclure ou désavantager les autres : au contraire, les arts élitistes (les signaux arbitraires) ont peu ou pas d’importance pour l’éducation, tandis que l’engagement dans la culture liée aux livres augmente la réussite scolaire. L’implication (…) est que la culture savante dote les enfants de compétences cognitives qui améliorent intrinsèquement les performances académiques, plutôt que d’être simplement un signal arbitraire d’appartenance à l’élite. (…) Un autre aspect important de la théorie de la culture savante est sa proposition selon laquelle l’implication dans les livres et la lecture bénéficie surtout aux enfants défavorisés et non aux enfants de l’élite. Cela contraste avec la théorie de la reproduction culturelle et s’appuie sur le modèle de mobilité culturelle (…) Nos résultats montrent que l’exposition aux livres à l’adolescence fait partie intégrante des pratiques sociales qui favorisent des compétences cognitives à long terme englobant la littératie, la numératie et les compétences en TIC (…) Ces compétences facilitent la réussite scolaire et professionnelle, mais elles posent aussi les bases d’activités routinières tout au long de la vie qui améliorent la littératie et la numératie, indépendamment du niveau d’études atteint. Dr. Joanna Sikora, M.D.R. Evans, Jonathan Kelley (Australian National University, 2018)
Le nombre moyen de livres dans un foyer américain est de 114, selon un article récemment publié intitulé « Scholarly culture : How books in adolescence enhance adult literacy, numeracy and technology skills in 31 societies ». 114 est un bon chiffre. Les auteurs de l’étude ont examiné 160 000 adultes entre 2011 et 2015 et ont constaté qu’avoir simplement 80 livres ou plus à la maison se traduit par des adultes dotés de niveaux nettement plus élevés en littératie, numératie et compétences en technologies de l’information et de la communication (TIC). L’article conclut : « Grandir avec des bibliothèques familiales renforce les compétences adultes dans ces domaines au-delà des avantages tirés de l’éducation des parents ou de sa propre formation ou profession. » L’effet est particulièrement puissant : les enfants de ces foyers qui n’atteignent que le niveau lycée deviennent, à l’âge adulte, aussi alphabètes, numérates et aptes aux technologies que des diplômés universitaires élevés avec très peu de livres. L’étude dirigée par la Dre Joanna Sikora (Université nationale australienne) montre les plus grands gains entre 80 et 350 livres au foyer. Les familles scandinaves ont les plus grandes collections (14 % des Norvégiens et 13 % des Suédois possèdent plus de 500 livres). L’étude souligne deux facteurs : l’environnement social favorable à la connaissance et l’exposition précoce aux livres qui intègre la lecture dans les routines quotidiennes, favorisant des compétences cognitives durables. Avoir des livres à la maison constitue un excellent investissement pour l’avenir d’un enfant. Robby Berman (2018)
Une étude menée par le Dr David Lewis a montré que lire ne serait-ce que six minutes par jour peut réduire le niveau de stress de 60 % en diminuant la fréquence cardiaque, en apaisant les tensions musculaires et en modifiant l’état d’esprit. (…) Il a été démontré que la lecture d’œuvres de fiction permettait d’améliorer le niveau d’empathie… Des recherches ont montré que les personnes exposées à la fiction étaient capables de prédire les résultats d’une tâche d’empathie… » (théorie de l’esprit). Sydney Timmins (2018)
La lecture n’est pas seulement une expérience agréable : il est largement admis qu’elle stimule la réflexion et la créativité, renforce l’empathie et réduit le stress. Mais au-delà de cela, nous avons découvert des preuves significatives indiquant qu’elle est liée à des facteurs de développement essentiels chez les enfants, améliorant leurs capacités cognitives, leur santé mentale et la structure de leur cerveau, qui constituent les fondements de leur apprentissage et de leur bien-être futurs. Professor Barbara Sahakian (Cambridge, 2023)
Tsundokistes de tous les pays, unissez-vous !

Et si les livres lus s’avéraient bien moins précieux que ceux qui n’ont pas été lus ou ne l’ont été qu’en partie — ne serait-ce qu’en tant que mesure de sa propre ignorance ?


Antisémitisme: Quelle gauche Frankenstein ? (When hiding behind anti-Zionism, decolonial and environmental word madness with the convergence of struggles between Moscow-Beijing-Tehran-Doha’ s Axis of evil, US campuses and an envious Global South… the wildest reversal of the political and moral reference points of the last century gives us Pétain’s heirs now defending the Jews and the radical left going full antisemitic !)

12 juin, 2026

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ImageL’antisionisme est à cet égard une introuvable aubaine car il nous donne la permission, et même le droit, et même le devoir d’être antisémites au nom de la démocratie. L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. II ne serait plus nécessaire de les plaindre ; ils auraient mérité leur sort. Vladimir Jankelevitch (1971)
Ce sont les récents événements de la Guerre de Gaza, ou plutôt leur réfraction dans l’opinion publiée, dans les médias, chez les hommes politiques, les diplomates, les universitaires et les classes bavardeuses, qui suscitent cette réflexion : la guimauve sentimentaliste dégouline de tous côtés pour décrire la « souffrance des Palestiniens ». A la bourse victimologique, le « Palestinien » vaut bien plus que le Darfourien massacré par les Arabes du Nord-Soudan, l’Iranien lapidé ou pendu par les mollahs, la fillette pakistanaise ou afghane décapitée ou défigurée à l’acide par les Talibans, l’Indien de Bombay ou du Cachemire assassiné par les moudjahidines islamistes. Divisez le nombre de palestiniens par les centimètres de journal (ou les minutes télévisées) qui leur sont consacrés, vous obtiendrez un ratio qui défie toute concurrence, une proportion disproportionnée. Ce demi-monde de trop volubiles discoureurs sélectionne soigneusement ce qu’il « voit », à l’exclusion du reste. (…)  Chacun devrait le savoir et y penser : dans la mesure où la photo n’est pas purement et simplement truquée ou le fruit d’un montage ou d’une mise en scène, qu’y a-t-il avant la photo, en amont pour ainsi dire ? Y a-t-il un Hamas qui a de propos délibéré rompu la trêve ? Un Hamas qui vole l’aide internationale pour la revendre au prix fort et faire dire par ses perroquets préférés du Monde et de Reuters qu’Israël a monté un blocus qui cause une crise humanitaire ? Un Hamas qui a lancé des attaques de terreur sans nombre contre les points de transit où passait le commerce entre Israel et Gaza, forçant Israel à les fermer ou à les restreindre ? Un Hamas qui a balancé plusieurs milliers de roquettes sur les villes du sud d’Israël ? Un Hamas, dont la Charte exige inconditionnellement la destruction d’Israël et le massacre des Juifs ? Un Hamas qui place ses lanceurs de projectiles dans les hôpitaux, les écoles, les mosquées – sachant que les Israéliens hésiteront à les frapper, que les médias se jetteront comme des prédateurs sur les morts éventuelles de boucliers humains ? Un Hamas qui préfère sacrifier la population (« martyre »), chair à canon, parce que les chairs sanguinolentes valent cher sur la BBC, France 2 et autres professionnels du trompe-l’œil ? Le Hamas promeut ce Grand-Guignol parce que le théâtre vivant permet à ses propagandistes de stigmatiser le Satan, en occultant le contexte, l’amont, l’histoire et le contenu, pour ne présenter que les horreurs de la guerre. Il n’y a pas de cause – hormis Satan – il n’y a que des effets ! Tel est l’effet d’une acceptation inconditionnelle du fabliau-fiction arabo-palestinien, qui est devenu, qu’on me pardonne l’expression, vérité d’Evangile pour la victimophilie pro-palestinienne d’esprits dérangés, quoique nombreux. J’y vois la confluence de deux phénomènes : d’un côté, l’effacement progressif de la honte postérieure à la Shoah. « Y’en a marre de ces histoires de génocide. On ne va pas passer l’éternité là-dessus, quand même ! ». Les arbitres des élégances du politiquement correct répètent, sans le savoir, à la virgule près, ce que l’extrême-droite négationniste martelait dans les années soixante et soixante-dix (elle imite également le monde stalinien qui niait en bloc que le Nazisme ait visé les Juifs en tant que tels). D’un autre côté, l’époque contemporaine est caractérisée par ce que le philosophe allemand Friedrich Nietzsche avait appelé « l’inversion de toutes les valeurs». Expliquons-nous : Comment peut-il se faire qu’une organisation-filiale des Frères musulmans, qui prêche la haine et la destruction de l’Occident, la soumission manu militari des dhimmi, l’instauration universelle de la charia, crucifixion, lapidation, amputation comprises ; qui, à de nombreuses reprises, a procédé à des massacres à grande échelle d’opposants palestiniens (sans parler des Israéliens, on s’en fiche, voir plus haut), qui terrorise sa propre société, bannissant, interdisant, fulminant ; qu’une organisation qui démontre sans cesse qu’elle se contrefiche du bien-être de ses compatriotes, que seul compte le djihad ; qu’un Palestinien ne vaut que « martyr » mort : comment se fait-il donc que le Hamas ait recruté comme valets de plume et d’image, qui cachent soigneusement ce qui ne peut être montré ni avoué, qui opèrent comme les appendices médiatiques de la propagande du Hamas, qui acceptent d’opérer sous son contrôle et sa censure, une grande partie des médias occidentaux ? On ne s’étonne pas de l’abjection des goebbelsiades qui font l’ordinaire d’Al-Jazeera, dans le lointain Qatar. On a la faiblesse de s’interroger sur celle des radios, télévisions et journaux occidentaux. Comment expliquer leur inversion des valeurs ? Souvenez-vous, ce que je décris à propos de Gaza valut également, en Août 2006 au Liban, quand il ne fut pas d’énorme mensonge proféré par les metteurs en scène du Hezbollah, qui ne fut avalé et resservi par cette trop docile presse occidentale. Toujours consentante à écrire sous la dictée des barbus de l’Islam, tant qu’elle peut publier des photos (truquées) qui accablent les ennemis israéliens des tueurs chiites. La pratique devenue normale et habituelle des médias occidentaux, à quelques exceptions près, c’est de titrer : « Pearl Harbour : attaque des Américains contre des avions japonais » en ne mentionnant qu’en petit et à la fin l’attaque nippone. Cette inversion du réel aura été permanente au cours du XXème siècle. Le putsch bolchévique d’Octobre 1917, nervis et bas-fonds lancés à l’assaut des bâtiments publics de Saint Petersburg par un doctrinaire cherchant l’occasion de mettre en application ses utopies sanglantes ouvrit le bal. Les appels hypocrites de Lénine à donner « la terre aux paysans » et «tout le pouvoir aux Soviets » – avant de confisquer l’une et l’autre –donnèrent l’impression, avec ses exhortations à l’Apocalypse révolutionnaire universelle, que le Soleil s’était levé pour la première fois, que la Fin de l’Histoire, prédite par Marx et tous les Utopistes, étaient proche. Chez les peuples européens, secoués par les horreurs du premier conflit mondial, l’écho fut retentissant : on voulait que cela fût vrai afin que prenne fin l’épouvante et que commence l’Ere nouvelle. Pour les intellectuels, l’Homme nouveau ferait table rase de la «société bourgeoisie ». La « bourgeoisie », cette fiction idiote, réunissait le mépris aristocratique des classes moyennes et la détestation bohème d’une société réglée et ordonnée. Elle idéalisait l’héroïsme aux dépens des vertus qui furent baptisées « victoriennes ». Elle appelait de ses vœux l’Apocalypse où le Héros renverserait la « société marchande », et nommait le Prolétariat Rédempteur messianique de substitution. L’inversion du réel est fondée sur une inversion des valeurs. Le rejet des valeurs « bourgeoises » (alors que l’Europe de 1914 n’est qu’au sens le plus minime du terme « capitaliste » et était, en vérité, très largement soumise aux forces littéralement féodales, (comme l’Empire allemand de Guillaume II) exigeait que l’on idolâtre ses ennemis. Tout ce qui s’opposait, ou prétendait s’opposer, à la société «bourgeoise » devint bon ; tout ce qui voulait la renforcer devint mauvais (d’où les intéressants va-et-vient entre nazis et communistes). Moscou, où affluaient les escrocs et les fanatiques, les charlatans et les aventuriers, les idéologues et les désaxés, devint le centre de redistribution intellectuel de ces valeurs inverties qui exaltaient la destruction radicale de l’Occident : Musulmans devenus « rouges », anarchistes communisés, officiers reconvertis de l’Armée et de la police secrète du Tsar, démagogues assoiffés de pouvoir, mystiques et pornographes-tueurs à la Raspoutine. Cela s’appelait l’Internationale communiste. C’est elle, et c’est eux, qui donnèrent le « la » aux versions délirantes de la politique du XXème siècle, qui, par la grâce des positions importantes occupées par l’intelligentsia politico-ambitieuse, enivrée de son propre romantisme, devinrent souvent les versions acceptées, à l’école et à l’université, dans la presse et la littérature. (…) Pour que réussissent les aventuriers de l’horreur, Il fallait que les intelligentsias et les diplomates, les journalistes et les professeurs les bénissent et prononcent avec génuflexions admiratives leurs messes et leurs sermons approbateurs. C’est ainsi que Michel Foucault se fit le chantre de l’Ayatollah Khomeiny et de la révolution islamique iranienne ! Il n’est pas de tyran de gauche ou d’extrême-gauche, de national-socialiste du tiers-monde, qui n’ait trouvé pour l’encenser quelques intellectuels de la Rive Gauche, de Bloomsbury, de Harvard Square, de Kreutzberg ou de l’Università statale. (…)  L’inversion des valeurs conduit à l’essor d’un faux réel où, répété indéfiniment, le mensonge devient officiel, obligatoire, universel. Je propose donc de comprendre l’étrange lubie qui possède une partie si importante de l’Occident comme le résultat de la grande inversion des valeurs qui plaça la destruction de l’Occident « bourgeois » en tête de ses priorités, et fit de tout ce qui se parait de l’étiquette de « révolutionnaire » le fin du fin. Que cette lubie ait retrouvé le plus familier des Satan de son histoire, et s’allie en ceci avec un monde islamique si violemment porté à l’espérance du génocide, n’est malheureusement pas très étonnant. Laurent Murawiec (2009)
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. (…) C’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxismeRené Girard
L’antisionisme se présente comme une idéologie vertueuse. Quand les Lumières et leurs vertus ont été méticuleusement déconstruites et rejetées, l’antisionisme devient la seule vertu capable de rassembler ceux qui ont tout déconstruit. Eva Illouz
La tactique du front uni est simplement une initiative par laquelle les communistes proposent de rejoindre tous les travailleurs appartenant à d’autres partis et groupes, ainsi que tous les travailleurs non alignés, dans une lutte commune pour défendre les intérêts immédiats et fondamentaux de la classe ouvrière contre la bourgeoisie. Chaque action, même pour la revendication la plus triviale du quotidien, peut mener à une prise de conscience révolutionnaire et à une éducation révolutionnaire ; c’est l’expérience de la lutte qui convaincra les travailleurs de l’inévitabilité de la révolution et de l’importance historique du communisme. Comintern (1922)
Combattre sous des bannières non islamiques est interdit. (…) Dans ces circonstances, il n’y aura aucun mal si les intérêts des musulmans convergent avec ceux des socialistes dans la lutte contre les croisés, malgré notre conviction de l’infidélité des socialistes (…) que ce soit à Bagdad ou à Aden. Les combats (…) de nos jours ressemblent beaucoup aux combats des musulmans contre les Byzantins dans le passé [quand] les combats des musulmans contre les Byzantins convergeaient avec les intérêts des Perses. Oussama Ben Laden (2003)
C’est pourquoi je veux que les Noirs en Amérique, les gens de couleur, les Amérindiens, les Hispaniques et tous les faibles et opprimés en Amérique du Nord et du Sud, en Afrique et en Asie, et partout dans le monde, sachent que lorsque nous menons le Jihad sur le chemin d’Allah, nous ne menons pas le Jihad pour lever l’oppression des seuls musulmans, nous menons le Jihad pour lever l’oppression de toute l’humanité, parce qu’Allah nous a ordonné de ne jamais accepter l’oppression, quelle qu’elle soit. Ayman al-Zawahiri (2007)
L’augmentation épouvantable de la xénophobie et du racisme en Europe et aux États-Unis à la suite de politiques populistes divisantes (lire Trump, Brexit, etc.) (…) a exposé la matrice coloniale comme la structure intacte du pouvoir et du savoir – et la nostalgie concomitante pour l’empire. (…) Il s’agit d’un cas spécifique du virus de la colonialité et de la façon dont il infecte nos esprits et nous fait « voir » ce que la rhétorique de la modernité occidentale veut que nous voyions. (…) Le problème de la colonialité du savoir (…) est qu’elle nous fait croire à l’ontologie de ce que les (…) « fictions universelles » nous ont convaincus de croire. (…) La décolonialité, qui n’était plus la décolonisation telle qu’elle l’était pendant la Guerre froide, est devenue un projet proliférant et une organisation de conservatisme désobéissant. Le conservatisme désobéissant décolonial est l’énergie qui engendre une colère digne et une guérison décoloniale, et ses principaux objectifs sont de se délier pour ré-exister, ce qui implique de se relier aux héritages que l’on veut préserver afin de s’engager dans des modes d’existence avec lesquels on veut s’engager. Walter D. Mignolo (Coloniality is Far from Over, and So Must Be Decoloniality, 2014)
L’État d’Israël commet aujourd’hui le pire crime connu de l’humanité, et ce génocide particulier présente des caractéristiques uniques qui le distinguent des autres du passé récent. Tout d’abord : dès son origine, ce génocide a été « un effort transnational », coordonné et organisé par les pays capitalistes avancés de l’Occident avec l’État d’Israël. (…) Aucun autre génocide de la liste depuis l’Holocauste n’a présenté un tel tableau. Du Bangladesh au Guatemala, du Soudan au Myanmar, les génocides ont pu être perpétrés avec divers degrés de complicité du cœur capitaliste : mais ici nous traitons de quelque chose de qualitativement différent. (…) Ce que nous voyons maintenant pourrait être le premier génocide avancé du capitalisme tardif. (…) La première chose que nous avons dite dans ces premières heures consistait moins en mots qu’en cris de jubilation. Ceux d’entre nous qui avons vécu notre vie avec et à travers la question de la Palestine ne pouvaient réagir autrement aux scènes de la résistance prenant d’assaut le checkpoint d’Erez : ce labyrinthe de tours en béton, d’enclos et de systèmes de surveillance, cette installation consommée de fusils, de scanners et de caméras – certainement le monument le plus monstrueux à la domination d’un autre peuple que j’aie jamais vu de l’intérieur – soudain entre les mains de combattants palestiniens qui avaient vaincu les soldats d’occupation et arraché leur drapeau. Comment ne pas hurler d’étonnement et de joie ? Pareil pour les scènes de Palestiniens perçant la clôture et le mur et se déversant dans les terres dont ils avaient été expulsés ; pareil pour les rapports sur la résistance s’emparant du commissariat de Sdérot, la colonie ethniquement nettoyée qu’ils ont construite sur le village de Najd, occupé depuis 1948. Ce furent les premières réactions que j’ai partagées avec mes proches. Mais la seconde : une immense appréhension. (…) Une composante de la définition du génocide est la « destruction physique totale ou partielle » du groupe de personnes visé ; et à Gaza, une catégorie centrale est précisément celle de la destruction physique. Déjà dans les deux premiers mois, Gaza a été soumise à une destruction totale et complète. Avant même la fin décembre, le Wall Street Journal rapportait que la destruction de Gaza égalait ou surpassait celle de Dresde et d’autres villes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale. (…) Cette fois, contrairement à 1948 ou 1950, cependant, la destruction de la Palestine se déroule sur fond d’un processus différent, mais lié, de destruction : à savoir celui du système climatique de cette planète. (…) Y a-t-il des moments spécifiques d’articulation entre la destruction de la Palestine et la destruction de la Terre ? Par moments d’articulation, j’entends des points où un processus impacte et forme l’autre, dans une causalité réciproque, une dialectique de détermination. Ma réponse est oui, en effet, de tels moments d’articulation se sont enchaînés dans une séquence plutôt serrée depuis presque deux siècles maintenant. (…) 1840 fut une année charnière dans l’histoire, tant pour le Moyen-Orient que pour le système climatique. Elle marqua la première fois que l’Empire britannique déployait des bateaux à vapeur dans une guerre majeure. (…) En 1840, l’Empire britannique proposa pour la première fois la colonisation de ce pays par des Juifs. (…) 57 ans avant le premier congrès sioniste, 77 ans avant la déclaration Balfour, 107 ans avant le plan de partage, le principal architecte de l’Empire britannique, près des sommets de sa puissance, posa ici la formule pour la colonisation de la Palestine. (…) 1840 vit la première manie pour ce que nous connaissons aujourd’hui comme le projet sioniste. (…) le moment qui a déclenché la globalisation de la vapeur, par son déploiement dans la guerre, fut aussi le moment qui conçut le projet sioniste. (…) Avant d’être juif, le sionisme fut impérial. (…) La destruction de la Palestine et la destruction de la Terre se déroulent au grand jour. (…) Destruction et construction sont des opposés inter-pénétrants qui se présupposent l’un l’autre : la destruction de la planète est la construction d’infrastructures fossiles ; la destruction de la Palestine est la construction de colonies raciales (…) Limiter, arrêter, inverser la destruction de la Palestine et de la planète exige donc, comme condition logiquement inattaquable, la destruction des infrastructures fossiles et des colonies raciales – pas nécessairement leur destruction physique ; mais nécessairement leur démantèlement et leur réaffectation, dans les cas où c’est possible, et là où ce ne l’est pas, sur le chemin de leur abolition, oui, leur destruction physique. (…) Le génocide à Gaza fournit une utile leçon d’objet sur l’insensibilité. Dans la catastrophe climatique, les vies des multitudes non blanches du Sud global ne comptent pas. Elles sont jetables, sans valeur. (…) Peut-être pouvons-nous alors le qualifier de premier technogénocide. Un technogénocide serait défini comme un génocide qui est 1.) exécuté par les moyens de la technologie militaire la plus avancée, et 2.) animé au moins en partie par la volonté de restaurer sa suprématie après un défi humiliant mais réussi. (…) Mais contre lui, la résistance palestinienne tient encore debout. Je pense que la vraie honte en Occident est que la gauche ne peut pas soutenir clairement et sans équivoque la lutte palestinienne pour l’auto-émancipation. (…) nous sommes avec la résistance et nous en sommes fiers. Andreas Malm (2024)
Le simple jargon de la décolonialité, descendant souvent dans le pur bombast (…) avec une quasi-uniformité totale, une cohérence et une monotonie (…) se lit comme une boucle de termes et de phrases quasi-ritualisés, auto-répétitifs, presque incantatoires qui, dans leur vertigineuse ampleur et leur répétitivité, parodient un véritable système théorique. (…) Ainsi, l’occidentalisation dite antithétique à la décolonialité nous donne non seulement une « dé-occidentalisation » correspondante mais même un danger ultérieur, explicitement contre-réformateur de « ré-occidentalisation ». (…) Quelles qu’en soient les raisons profondes, ce déficit factuel est crucial pour la critique et le déchiffrement critique du jargon de la décolonialité – presque comme si ses extravagances terminologiques, ses redondances et son hubris rhétorique pur et dur étaient une compensation ironique pour un vide historique sous-jacent. (…) Des catégories clés telles que la matrice coloniale du pouvoir et la décolonialité elle-même restent des absolus supra-historiques qui possèdent des origines quasi-mythiques non soumises à l’historicisation. (…) En rejetant comme eurocentriques et occidentalisées toutes les prétentions à l’universalité, Mignolo (…) dégage un chemin pour la rentrée subreptice d’autres universels, encore plus insidieux, finement déguisés – tant qu’ils possèdent l’alibi d’être anti-occidentaux. En effet, le soutien explicite de Mignolo aux « États-civilisations » anti-occidentaux de Chine, Russie et Iran expose une flagrante flirtation décoloniale avec l’autocratie et les chauvinismes de grande puissance. (…) Mais qu’est-ce qui sépare vraiment une décolonialité fixée sur une hostilité manichéenne à l’Occident des populismes de droite et autoritaires actuellement en ascension à travers l’Europe, pour ne pas dire l’Amérique du Nord ? Neil Larsen (2023)
L’irrationalisme ultime « en boucle complète » de l’antisémitisme en tant qu’idéologie est qu’il n’a pas réellement besoin de Juifs. Il peut y avoir de l’antisémitisme sans un seul Juif. C’est précisément parce que l’antisémitisme est une idéologie qui prétend fournir une compréhension cosmique. Au centre de l’idéologie se trouvent des notions démoniaques qui transcendent clairement la présence matérielle des Juifs. (…) l’identification de la judéité avec le diable rend la judéité responsable de toutes les influences sataniques. (…) Une grande partie de ce que la Gauche présente comme de l’antisionisme est transcendantal : cela ne se rapporte ni à la lutte des Palestiniens ni à ce que l’État israélien fait réellement. Il s’agit plutôt d’attribuer un pouvoir mondial au sionisme et de tenir tous les Juifs du monde responsables de cela. (…) Cette forme d’« antisionisme » transcende tout ce que fait l’État israélien – ou même l’existence même de cet État. Il pourrait tout aussi bien exister sans Israël, sans Sion et même sans sionisme. Un « socialisme » qui perçoit une influence sioniste partout dans le monde, de Downing Street à la Maison Blanche, en passant par la BBC, n’est pas différent de l’imagerie antisémite classique des Juifs comme « cosmopolites sans racines », sans État propre, ne ressentant aucune loyauté envers un État particulier mais seulement envers eux-mêmes. (…) L’imagerie est la même, l’existence d’Israël est tout à fait sans importance. L’antisionisme sans Sion possède les mêmes qualités transcendantales que l’antisémitisme sans Juifs ; il n’a aucune relation nécessaire avec ce qu’un vrai sioniste ou un vrai Juif fait. Il existe dans l’air, tout à fait à part de la réalité matérielle – sauf pour la réalité qu’il crée pour lui-même. Steve Cohen (1984)
Les sciences humaines et sociales se positionnent du côté de la justice, et leur épistémologie est celle qui cherche à démasquer et dénoncer le pouvoir partout où il se trouve. Dès lors, cela signifie que tout notre savoir est dirigé et organisé autour de la question de qui détient le pouvoir, qui le cache et comment. Après les années 1970, les minorités ont fait une entrée en force dans l’histoire – au moins en Occident. Et par cette entrée en force, les minorités ont réussi à créer deux nouvelles épistémologies et deux nouvelles formes de savoir. Le point de ralliement de ces formes de savoir est ce que j’appelle le « powerism ». L’idée que toutes les relations sociales sont des relations de pouvoir, et que le rôle des universitaires est de découvrir et démasquer les formes multiples et diverses de pouvoir. Ici, on peut mobiliser la théorie féministe, Foucault, Marx ou Gramsci. Tout cela est mobilisé pour cette grande entreprise. À partir des années 2000 (…) le postcolonialisme et les études postcoloniales sont devenus très importants. (…) Particulièrement aux États-Unis, car à partir des années 1960 (même si la prise de conscience est venue plus tard), les gens ont pris conscience de la nature profonde et systémique du racisme américain (…) Quand cette prise de conscience est apparue, une sorte de télescopage s’est produit entre le racisme à l’intérieur des États-Unis et les études postcoloniales. (…) Dans ce discours, Israël apparaît comme une société coloniale de peuplement. Il semble correspondre de manière entièrement schématique – puisque ce sont des Blancs arrivant dans une région – pour ceux qui ne savent pas que les Juifs étaient là depuis très longtemps, bien avant même l’invasion musulmane. Ainsi ces modèles sont télescopés ensemble, et Israël est érigé en paradigme de toutes les erreurs et de tous les crimes de l’Occident. (…) Au début de 1984, le Ministère de la Vérité fait répéter à tout le monde : la guerre c’est la paix, l’esclavage c’est la liberté, l’ignorance c’est la force. Nous avions cette façon de retravailler le langage sous les régimes totalitaires. Ce qui s’est passé est une subversion complète du langage et des mots, les faisant dire exactement le contraire de ce qu’ils signifient – mais cette fois dans un régime démocratique. (…) Vous faites en réalité deux choses (…) d’abord (…) vous interdisez l’association de certains mots. Vous ne pouvez pas être sioniste et féministe en même temps. C’est pourquoi de nombreux groupes féministes ont absolument et complètement nié les violences sexuelles (…) survenues le 7 octobre, parce qu’ils ne voulaient pas que le féminisme soit kidnappé ou détourné pour la cause sioniste. (…) L’autre stratégie est celle inventée (ou du moins perfectionnée) par les Soviétiques (…) l’association de mots (…) Les Soviétiques n’ont jamais cessé de nous inonder de propagande associant, par exemple, le sionisme au racisme. Et il y a donc un effet de répétition – et c’est ainsi que fonctionne la propagande : en répétant quelque chose et en associant des concepts, on subvertit le concept, on lui fait perdre son sens originel et on lui donne le sens que l’on veut. C’est comme si on mettait un ver dans une pomme, et soudain le ver commence à travailler sur la pomme lentement jusqu’à ce qu’à la fin, on ne voie plus que le ver. Il n’y a plus de pomme. Le ver a mangé toute la pomme autour de lui. (…) C’est vraiment subvertir un mot de l’intérieur. (…) l’inversion des repères politiques et moraux du siècle dernier qui nous aidaient à distinguer la gauche de l’extrême droite. Les héritiers de Pétain défendent aujourd’hui les Juifs, et la gauche radicale est devenue antisémite. Dans ma vie déjà longue, je n’ai jamais été témoin d’un tel retournement de repères. (…) Cet antisémitisme se cache derrière l’antisionisme. (…) L’antisionisme est un antisémitisme qui se dissimule derrière la politique. Il est médiatisé par les idéologies promues par les adeptes du Sud global – Brésil, Chine, Iran, Russie – contre l’Occident. Si le schéma général de l’antisionisme a donné pendant des décennies l’impression d’être constant, quelque chose de nouveau est apparu ces derniers mois avec le 7 octobre. Ce qui frappe d’abord est la synchronisation mondialisée des événements (…) de l’homogénéité croissante des élites universitaires et artistiques et de l’influence des organisations islamistes au sein des institutions occidentales, telles que Students for Justice in Palestine, qui s’est étendue aux États-Unis et a ouvert des branches en France. (…) l’inversion, l’homogénéisation et la synchronisation des discours sont sans précédent. Quand l’équation entre antisionisme et racisme est apparue dans les années 1970, elle était encore marginale et controversée. C’était encore le cas en 2001, lorsqu’elle fut exprimée à la Conférence mondiale contre le racisme de Durban organisée par l’UNESCO. Mais aujourd’hui elle semble vraiment faire partie de ce que le philosophe Antonio Gramsci appelait le « sens commun ». Elle est devenue une doxa. C’est le résultat d’une longue campagne de propagande menée par l’ex-URSS, les Frères musulmans et l’Iran, qui forment désormais un noyau unifié sur cette question. Il faut aussi compter vingt ans de travail de fond du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) au sein des universités et du monde de l’art. Ce que nous vivons est une sorte de culmination de cette campagne. (…) Les Juifs ne font plus partie des minorités à défendre. Les Juifs sont devenus les puissants (…) En même temps, il est devenu plus difficile d’être antisémite à cause de la Shoah. Les Juifs ont temporairement joui du statut de victimes protégées. (…) Une nouvelle fracture sociale est apparue entre ceux issus de l’immigration et les Juifs. Il y a aussi une concurrence entre la mémoire de l’extermination des Juifs européens et celle de la colonisation, qui se sent mise de côté. (…) Il y a un retour de bâton avec la montée, à partir des années 2000, de la grille de lecture décoloniale. L’antisémitisme n’y trouve pas sa place parce que l’histoire coloniale explique mieux l’exploitation économique, ce qui exclut la Shoah. Il y a aussi tout un contexte géopolitique à évoquer, particulièrement après les années 1950, avec la propagation de l’antisémitisme soviétique, relayé par l’antisémitisme arabe, qui avait un caractère plus politique marqué par l’opposition au nationalisme israélien. Il s’est répandu dans le bloc des pays socialistes et, au-delà, en Occident. Une figure comme Angela Davis, membre du Parti communiste, par exemple, a servi de courroie de transmission à cette propagande qui amalgame la cause noire, la cause palestinienne et l’antisionisme soviétique. Il faut aussi mentionner le poids de l’Afrique du Sud, où les Noirs ont très tôt vu Israël comme leur ennemi. Cette haine provient du fait que pendant l’apartheid, Israël vendait des armes à l’Afrique du Sud et était par conséquent souvent associé au colonialisme. Quand des organisations d’extrême gauche israéliennes ont commencé à décrire ce qui se passait dans les territoires occupés comme de « l’apartheid », cela a scellé le processus. Ce n’est pas un hasard si c’est l’Afrique du Sud qui a porté l’affaire devant la Cour internationale de Justice en accusant Israël de « génocide ». La gauche a remplacé le prolétariat par la figure de l’immigrant et, par métonymie, par la « religion » de l’immigrant. L’islamisme est vu par la gauche comme une réaction à l’impérialisme occidental. Tout ce qui n’est pas occidental est perçu à travers le prisme de la colonisation. Il y a aussi une alliance objective. La propagande arabe et iranienne a extrêmement habilement intégré la propagande soviétique et a ainsi trouvé les bons mots-clés qui vont au cœur de la galaxie mentale et morale de la gauche occidentale. Il suffit de faire fonctionner des mots comme « racisme », « réchauffement climatique », « colonialisme », « impérialisme » pour stimuler ces alliances objectives. (…) il y a une tentative extrêmement intelligente et à grande échelle des islamistes d’utiliser les chaînes sémantiques de la gauche. L’identification de la gauche à l’islam n’aurait pas été possible s’il n’y avait pas eu d’abord un mouvement inverse des islamistes vers la gauche. Oussama ben Laden n’a-t-il pas dit lui-même que si des alliances avec des impies – c’est-à-dire la gauche – permettaient la victoire, alors cela en valait la peine ? Les islamistes ont très intelligemment piraté la rhétorique de la gauche en référant au racisme et à l’anti-impérialisme, alors même que leur programme n’est rien d’autre qu’un programme de conquête. L’anti-occidentalisme est presque devenu l’épine dorsale de la gauche internationale. C’est un espace idéologique si vaste qu’il peut accueillir un grand nombre d’orientations et de fantasmes. (…) Cela (…) est devenu un échec moral sans précédent quand les présidentes d’université auditionnées par le Congrès n’ont pas pu clairement condamner les appels au génocide des Juifs. Il n’a pas été difficile pour l’extrême droite américaine d’instrumentaliser cette faillite. C’est la première fois qu’une minorité est attaquée aussi violemment par d’autres pendant que l’université ne la protège pas. La minorité juive s’est retrouvée en conflit avec les personnes LGBTQ, les Afro-Américains, les Latinos… L’université n’est pas équipée pour arbitrer entre différents groupes minoritaires mais pour les protéger. C’est cette fonction qui a été dévoyée. En cinquante ans, il y a eu un spectaculaire retournement des valeurs. Les étudiants me semblent beaucoup plus confus. Ils ne font aucune distinction entre les réactions à la mort de George Floyd et les positions pro-palestiniennes des manifestants qui ont applaudi les massacres du 7 octobre. 1968 était festif. (…) Les étudiants exigent le désinvestissement, c’est-à-dire le retrait des accords de coopération intellectuelle, économique ou financière entre leurs universités et Israël. S’opposer à Israël est devenu l’équivalent de la lutte anticapitaliste et antiraciste d’antan. Ils ne demandent plus seulement la fin de l’Occupation mais les territoires depuis 1948 – c’est-à-dire l’ensemble de l’État d’Israël – et pas seulement ceux annexés à la fin de la guerre des Six Jours de juin 1967. En fait, pour les manifestants, il ne s’agit plus d’obtenir la paix mais d’anéantir Israël. Et la confrontation devient presque physique parce que c’est une vraie guerre, avec l’idée de la disparition pure et simple de l’une des deux parties. C’est la première fois que tant de gens exigent le démantèlement de l’État juif, le seul État au monde qui garantit la sécurité de ces Juifs. Il y a une singularité dans le débat ici qui est assez difficile à saisir. Ils vous diront que c’est seulement à propos des Israéliens et non des Juifs, mais il est évident que l’on ne parlerait pas avec une telle légèreté et une telle conviction morale de la disparition d’Israël s’ils n’étaient pas juifs. Rima Hassan a écrit « Israël est une monstruosité sans nom » et Aymeric Caron a déclaré que les partisans d’Israël et lui-même n’appartiennent pas à la même espèce humaine. Cela n’est pas sans rappeler la déshumanisation des Juifs par les nazis. Pensez à quelque chose de plus subtil, par exemple le fait que le réalisateur britannique Jonathan Glazer – comme d’autres artistes ou intellectuels juifs – doit se dissocier d’Israël pour continuer à appartenir à son groupe professionnel. C’est une démarche qu’aucun non-Juif ne fait, comme si ces artistes devaient donner des preuves qu’ils appartiennent à l’humanité en offrant des gages d’antisionisme. Mais il faut aussi mentionner le fait qu’il y a une sorte de désensibilisation à l’accusation d’antisémitisme qui est inquiétante, comme une fatigue générale face à elle. Il n’est plus grave d’être accusé d’antisémitisme ! C’est très inquiétant. Prenez un slogan terrifiant comme « Vive le 7 octobre ». Il voudrait nous faire nous réjouir du massacre des Juifs tous les jours, que cela dure et dure, que cela se répète. Ce plaisir sadique, je ne l’avais jamais entendu de la part de la gauche. Au Canada, Charlotte Kates, qui était la leader d’une manifestation d’extrême gauche et l’auteure de cette phrase, ne s’est pas désavouée. On a l’impression que quelque chose dysfonctionne. D’un côté, appeler les personnes avec un vagin « femmes » provoque la fureur des personnes transgenres qui se sentent humiliées parce qu’elles n’ont pas de vagin mais sont des femmes. Mais quand il y a des slogans éliminationnistes célébrant le massacre de civils, d’enfants décapités, de familles brûlées vives, il n’y a pas d’objection. Il est impossible de voir cela autrement que comme un dérangement de la carte intellectuelle, politique et morale, surtout à gauche. Ce qui est fascinant, c’est qu’il y a des discours et des intérêts complètement différents qui se sont alliés. Un discours conservateur, religieux, nazi se greffe sur un discours ultra-progressiste. C’est comme quand Lula et Chavez, deux symboles de la gauche, célèbrent l’Iran, qui est à l’avant-garde de l’obscurantisme, alors que l’Iran les célébrait en les appelant « les leaders du camp anti-impérialiste ». Les groupes anti-occidentaux essaient de faire avancer leurs intérêts en véhiculant des contenus complètement opposés aux valeurs traditionnelles de la gauche (religion, justification du terrorisme, haine de l’Occident). Cette gauche est devenue une sorte de Frankenstein ! La grande nouveauté est que les Juifs ne se sentent plus protégés par la social-démocratie, alors que pendant des décennies elle les avait protégés. C’est l’effondrement d’un paradigme. (…) une fois de plus les Juifs sont l’enjeu de glissements tectoniques qui les dépassent. (…) Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Juifs sont à nouveau seuls responsables de leur propre destin. Eva Illouz (2024)
Quelle gauche Frankenstein ?
Quand se cachant derrière l’antisionisme, la folie décoloniale et climatique…
Avec la convergence des luttes entre l’Axe du Mal Moscou-Pékin-Téhéran-Doha, les campus américains et un Sud global envieux…
Le plus fou des retournements des repères politiques et moraux du siècle dernier…
Nous donne post-7 octobre  les héritiers de Pétain défendant désormais les Juifs et la gauche radicale sombrant dans l’antisémitisme pur et dur ?

Eva Illouz : « Cette gauche est devenue une sorte de Frankenstein ! »

Mobilisations propalestiniennes, propagande en profondeur, slogans éliminationnistes… la sociologue franco-israélienne Eva Illouz (EHESS) constate une haine d’une intensité inédite contre Israël et les juifs, qui coïncide avec un « dérèglement de la carte intellectuelle ».

Propos recueillis par Emmanuel Debono
Entretien paru dans Le DDV n°693 (été 2024)

Quelle est selon vous la spécificité de la crise actuelle ?

Une première réponse se trouve dans l’inversion des points de repère politiques et moraux de ce dernier siècle qui nous aidaient à distinguer la gauche de l’extrême droite. Les héritiers de Pétain défendent aujourd’hui les juifs et la gauche insoumise est devenue antisémite. Dans ma vie, déjà longue, je n’ai jamais assisté à un tel renversement des points de repère. Je souligne que le problème n’est pas du tout le fait que La France insoumise (LFI) soit propalestinienne, une position entièrement légitime, mais bel et bien qu’elle soit antisémite. On peut évidemment être propalestinien sans être antisémite. Dans les années 1970, Jean Amery, le grand essayiste autrichien, avait déjà compris que l’antisionisme de gauche serait la source la plus importante d’antisémitisme. Cet antisémitisme se dissimule derrière l’antisionisme. Il faut récuser à celui-ci sa légitimité. L’antisionisme est un antisémitisme qui se cache derrière le politique et la politique. Il est médié par les idéologies promues par les adeptes du Sud global – le Brésil, la Chine, l’Iran, la Russie – contre l’Occident.

Si la trame générale de l’antisionisme, depuis des décennies, a donné l’impression d’être constante, quelque chose a surgi ces derniers mois avec le 7-Octobre. Ce qui frappe, d’abord, c’est la globalisation synchronisée des événements. Une telle coordination n’existait pas par le passé. Elle tient à l’homogénéité croissante des élites universitaires et artistiques et à l’influence des organisations islamistes au sein des institutions occidentales, comme l’organisation Students for Justice in Palestine qui a essaimé aux États Unis et a ouvert des branches en France. Je dirais donc que l’inversion, l’homogénéisation et la synchronisation des discours sont inédites.

Est-ce vraiment nouveau ?

Oui et non. Quand l’équation entre antisionisme et racisme émerge dans les années 1970, elle est encore marginale et controversée. C’est toujours le cas en 2001, lorsqu’elle est proférée à la Conférence mondiale de Durban contre le racisme, organisée par l’Unesco. Mais aujourd’hui, cela semble véritablement devenu une partie de ce que le philosophe Antonio Gramsci nommait le « sens commun ». C’est devenu une doxa. C’est le résultat d’une propagande au long cours qui a été menée par l’ancienne URSS, les Frères musulmans et l’Iran, qui forment désormais un noyau unifié sur cette question.

 « C’est la dérive du pouvoir, en Israël, vers l’extrême droite qui a donné largement prise aux critiques radicales en multipliant les provocations, en enfreignant le droit international (…). »

Il faut aussi compter avec vingt ans de travail de fond du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) au sein des universités et dans le monde de l’art. Ce que nous vivons est une sorte d’aboutissement de cette campagne. J’ajouterais qu’un autre facteur est venu largement compliquer la donne, qui constitue une différence d’importance avec l’époque d’observation de Jean Améry : c’est la dérive du pouvoir, en Israël, vers l’extrême droite qui a donné largement prise aux critiques radicales en multipliant les provocations, en enfreignant le droit international, construisant des colonies illégales et rendant la vie des Palestiniens plus misérable. Tout cela se produit en même temps et contribue à une énorme confusion.

Comment les juifs sont-ils devenus des cibles aussi évidentes ?

Quand on regarde les années 1960, on observe une alliance entre les groupes d’immigrés, les noirs et les juifs. Les juifs sont actifs dans le mouvement des droits civiques des noirs. Les uns s’identifient aux autres, à tel point qu’il y a l’idée assez courante qu’il existe un continuum dans l’histoire de l’humanité entre l’esclavage et la Shoah. Pareil en France. Le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (Mrap) s’adresse à ceux que visent l’antisémitisme et le racisme. Mais dans les deux cas, en France comme aux États-Unis, les juifs ne font désormais plus partie des minorités à défendre. Les juifs sont devenus des puissants, idée à la fois vraie (certains citoyens juifs peuvent détenir un pouvoir économique et financier) et résultat de projections fantasmatiques (tous les juifs seraient puissants).

Aux États-Unis, dans les années 1950 et 1960, les quotas qui existaient pour les juifs dans les universités commencent à disparaître. Les portes des établissements s’ouvrent et il s’ensuit une forte mobilité sociale : en s’affranchissant de la pauvreté, les juifs s’assimilent à la « blanchité », le marqueur le plus fort de la hiérarchie sociale. En parallèle, il devient aussi plus difficile d’être antisémite à cause de la Shoah. Les juifs jouissent, un temps, du statut de victime protégée. En France, c’est le même phénomène avec la mobilité sociale rapide des juifs alors que les ghettos de main d’œuvre immigrée se construisent. Une nouvelle fracture sociale se met en place entre ceux qui sont issus de l’immigration et les juifs.

Entre aussi en jeu une concurrence entre la mémoire de l’extermination des juifs d’Europe et celle de la colonisation, qui se sent mise de côté. Les Américains reconnaissent volontiers les atrocités de la Shoah dont ils ne sont pas responsables. Il n’en va pas de même avec l’esclavage qui fait partie, au contraire, de leur histoire. La Shoah tend à éclipser les autres horreurs de l’histoire de l’humanité, l’esclavage ou le colonialisme. Il y a un retour de bâton avec la montée, à partir des années 2000, de la grille de lecture du décolonialisme. L’antisémitisme n’y trouve pas sa place car l’histoire coloniale explique mieux l’exploitation économique, ce qui en exclut la Shoah.

D’autres influences ont-elles joué contre les juifs ?

Il y aurait tout un contexte géopolitique à évoquer, notamment après les années 1950, avec la propagation de l’antisémitisme soviétique, relayé par l’antisémitisme arabe, celui-ci ayant un caractère plus politique, marqué par son opposition au nationalisme israélien. Il se diffuse dans le bloc des pays socialistes et, au-delà, en Occident. Une figure comme Angela Davis, membre du Parti communiste, est par exemple une courroie de transmission de cette propagande qui amalgame la cause des noirs, la cause palestinienne et l’antisionisme de l’Union soviétique.

Il faudrait aussi mentionner le poids de l’Afrique du Sud, où, très tôt, les noirs voient dans Israël leur ennemi. Cette haine trouve sa source dans le fait que pendant l’apartheid, Israël vendait des armes à l’Afrique du Sud et se trouva en conséquence souvent associé au colonialisme. Quand les organisations israéliennes d’extrême gauche ont commencé à qualifier d’ « apartheid » ce qui se passait dans les territoires occupés par Israël, cela a scellé le processus. Ce n’est pas par hasard si c’est l’Afrique du Sud qui a saisi la Cour internationale de Justice en accusant Israël de « génocide ».

Sur quelles bases se rejoignent les islamistes et les militants décoloniaux ?

La gauche a remplacé le prolétariat avec la figure de l’immigré et par métonymie avec la « religion » de l’immigré. L’islamisme est vu par la gauche comme une réaction à l’impérialisme occidental. Tout ce qui n’est pas occidental est perçu sous le prisme de la colonisation. Il y a aussi une alliance objective. Les propagandes arabe et iranienne ont extrêmement bien su intégrer la propagande soviétique et de ce fait trouver les bons mots-clés qui vont au cœur de la galaxie mentale et morale de la gauche occidentale. Il suffit de faire travailler des mots comme « racisme », « réchauffement climatique », « colonialisme », « impérialisme »… pour stimuler ces alliances objectives.

« Il y a une tentative extrêmement intelligente et de grande envergure des islamistes d’utiliser les chaînes sémantiques de la gauche. L’identification de la gauche à l’islam n’aurait pas été possible si, au préalable, il n’y avait pas eu un mouvement inverse, des islamistes vers la gauche. »

Je n’aime pas trop l’expression « islamo-gauchiste » mais on est forcé de reconnaître qu’il y a une tentative extrêmement intelligente et de grande envergure des islamistes d’utiliser les chaînes sémantiques de la gauche. L’identification de la gauche à l’islam n’aurait pas été possible si, au préalable, il n’y avait pas eu un mouvement inverse, des islamistes vers la gauche. Oussama ben Laden n’a-t-il pas dit lui-même que si des alliances avec des impies – c’est-à-dire la gauche – permettaient la victoire, alors cela en valait la peine ? Les islamistes ont piraté de manière très intelligente la rhétorique de la gauche en faisant référence au racisme et à l’anti-impérialisme, alors que leur programme n’est autre qu’un programme de conquête.

L’anti-occidentalisme est quasiment devenu l’épine dorsale de la gauche internationale. C’est un espace idéologique qui est tellement vaste qu’il peut accueillir un grand nombre d’orientations et de fantasmes.

L’attitude de certaines présidences d’université face aux mobilisations antisionistes des étudiants ont pu surprendre. Comment analysez-vous ces réactions ?

Il y a eu, à la fin des années 1960, le rapport du juriste Harry Kalven, qui a fait date, et qui préconisait une doctrine de neutralité de l’université. Cette doctrine n’a pas toujours été observée, lorsque les universités américaines ont par exemple rendu de multiples hommages à George Floyd, après son assassinat par un policier, en 2020.

Aujourd’hui, avec un conflit complexe où s’affrontent les postures idéologiques, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi beaucoup de présidents d’université ont eu du mal à s’exprimer. Mais je comprends aussi le sentiment des étudiants juifs sur les campus : on aurait dû réguler les expressions de haine. Dans un premier temps, l’administration s’est empêtrée dans le devoir de neutralité et son soutien à la sacro-sainte liberté d’expression. Cette indécision est devenue une faillite morale sans précédent quand les présidentes d’université auditionnées au Congrès n’ont pas pu exprimer une condamnation claire de tout appel au génocide des juifs. Il n’a pas été difficile pour l’extrême droite américaine d’instrumentaliser cette banqueroute.

C’est la première fois qu’une minorité est aussi violemment attaquée par d’autres et que l’Université ne la protège pas. La minorité juive s’est retrouvée en conflit avec les LGBTQ, les Afro-américains, les Latinos… L’université n’est pas équipée pour arbitrer entre différents groupes minoritaires mais pour les protéger. C’est cette fonction qui a été mise en déroute.

Ces mobilisations sur les campus ont souvent été comparées à celles de 1968 contre la guerre au Vietnam. Cette analogie vous semble-t-elle pertinente ?

Il y a d’énormes différences avec 1968. D’abord dans le rapport entre les universités et les étudiants. L’administration américaine et les enseignants sont devenus extrêmement sensibles à tous les discours sur la discrimination et, d’une manière plus générale, aux idées progressistes. Ce n’est plus le symbole d’une classe dominante. L’université n’incarne plus la classe dominante comme c’était le cas en 1968. Et il n’y a plus non plus de ségrégation raciale. En cinquante ans, il y a eu un renversement de valeurs assez spectaculaire.

Les étudiants me semblent être beaucoup plus confus. Ils ne font pas de différence entre les réactions à la mort de George Floyd et les positions propalestiniennes des manifestants qui ont applaudi les meurtres de masse du 7-Octobre.

1968 était festif. C’était l’utopie, la liberté sexuelle, la remise en question de toutes les conventions. Là c’est très différent. Les étudiants sont ceux qui instituent les normes ; il s’agit d’imposer un ordre normatif, pas de le transgresser. Ils réclament le désinvestissement, à savoir le retrait des accords de coopération intellectuelle, économique ou financière entre leurs universités et Israël. S’opposer à Israël est devenu équivalent au combat anticapitaliste et antiraciste d’antan.

N’est-on pas, également, face à une plus grande violence ?

Quelque chose a changé en effet dans la nature de l’affrontement. On réclame non plus seulement la fin de l’Occupation mais les territoires depuis 1948 – c’est-à-dire l’intégralité de l’État d’Israël – et pas seulement ceux annexés au terme de la guerre des Six Jours de juin 1967. En fait, pour les manifestants, il ne s’agit plus d’obtenir la paix mais d’anéantir Israël. Et l’affrontement devient presque physique car c’est une vraie guerre, avec l’idée de la disparition pure et simple d’un des deux partis. C’est la première fois qu’autant de gens réclament le démantèlement de l’État juif, le seul état au monde qui assure la sécurité de ces juifs.

Il y a là une singularité dans le débat qui assez difficile à saisir. Si l’on écrit sur Internet « right to existence », le moteur de recherche comprend que le seul endroit pour lequel on se pose la question, c’est Israël. C’est unique !

Cela ne ramène-t-il pas à une volonté de faire disparaître les juifs eux-mêmes ?

Oui bien sûr. On vous dira qu’il s’agit seulement des Israéliens et pas des juifs, mais il est évident qu’on ne parlerait pas avec une telle légèreté et une telle conviction morale de la disparition d’Israël s’ils n’étaient pas juifs. Rima Hassan a écrit « Israël est une monstruosité sans nom » et Aymeric Caron a déclaré que les soutiens d’Israël et lui-même n’appartiennent pas à la même espèce humaine. Cela n’est pas sans rappeler la déshumanisation des juifs par les nazis.

Pensez à quelque chose de plus subtil, par exemple le fait que le réalisateur britannique Jonathan Glazer – comme d’autres artistes ou intellectuels juifs — se doivent de se désolidariser d’Israël pour continuer à faire partie de leur groupe professionnel. C’est une démarche qu’aucun non juif ne fait, comme si ces artistes devaient donner des preuves qu’ils font partie de l’humanité en donnant des gages d’antisionisme.

Mais il faut aussi mentionner le fait qu’il y a une sorte de désensibilisation à l’accusation d’antisémitisme qui inquiète, comme une sorte de fatigue générale face à celle-ci. Il faut dire que Netanyahou en a tellement abusé lui-même. Ce n’est plus grave d’être accusé d’antisémitisme ! Cela, c’est très inquiétant.

Une partie de la gauche a-t-elle perdu sa boussole ?

Prenez un slogan terrifiant comme « Long Live Octobre 7th ». Il voudrait que nous nous réjouissions du massacre des juifs tous les jours, qu’il dure et dure encore, qu’il soit répété.  Cette jouissance sadique je ne l’avais jamais entendue de la part de la gauche. Au Canada, Charlotte Kates, qui était la leader d’une manifestation d’extrême gauche et auteure de cette phrase, ne s’est pas désavouée. On a l’impression que quelque chose est déréglé. D’un côté, appeler des personnes avec un vagin des « femmes » provoque la furie des transgenres qui se sentent humiliés parce qu’eux non pas de vagin mais sont des femmes. Mais quand il y a des slogans éliminationnistes, qui célèbrent le massacre de civils, les enfants décapités, les familles qui brûlent, il n’y a aucune objection. Il est impossible de voir cela autrement que comme un dérèglement de la carte intellectuelle, politique et morale, notamment celle de la gauche.

« Je n’ai qu’une seule ligne rouge, c’est 1948. On ne peut pas discuter 1948. Ce qui délégitime et remet en question la décision de l’ONU de 1947 et la victoire militaire d’Israël de 1948, je ne l’accepte pas. »

Pendant la guerre froide les deux blocs essayaient de noyauter de l’intérieur la société adverse en créant des fausses nouvelles pour semer le chaos. Il y avait toujours un fil logique : le capitalisme allait détruire le monde ou le communisme allait détruire le monde. Mais là, ce qui est fascinant, c’est qu’il y a des discours et des intérêts complètement différents et qui se sont alliés. Un discours conservateur, religieux, nazi se greffe à un discours ultra-progressiste. C’est comme quand Lula et Chavez, deux symboles de la gauche, célèbrent l’Iran, qui est à l’avant-garde de l’obscurantisme, alors que l’Iran les célébrait en les appelant « les chefs de file du camp anti-impérialiste ». Des groupes anti-Occidentaux essaient de faire avancer leurs intérêts en véhiculant des contenus complètement opposés à la gauche traditionnelle (religion, justification du terrorisme, haine de l’Occident). Cette gauche est devenue une sorte de Frankenstein !

Comment réagissent les juifs selon vous ?

La grande nouveauté c’est que les juifs ne se sentent plus protégés par la social-démocratie, alors que cela faisait des décennies que celle-ci les protégeait. C’est l’effondrement d’un paradigme. Certains réagissent en évoluant vers l’extrême droite, d’autres en allant en Israël, mais il est troublant qu’une fois encore les juifs soient l’enjeu de changement de plaques tectoniques qui les dépassent.

Dans le contexte actuel, cette droitisation paraît inévitable, mais elle risque de se révéler une grande erreur historique. La droite ne protègera pas les juifs plus que la gauche. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les juifs sont à nouveau les seuls responsables de leur destin.

L’antisionisme et l’antisémitisme se confondent-il selon vous ?

La mode est de dire non, mais pour moi, oui, absolument. Je tiens à préciser : en ce qui me concerne, je n’ai qu’une seule ligne rouge, c’est 1948. On ne peut pas discuter 1948. Ce qui délégitime et remet en question la décision de l’ONU de 1947 et la victoire militaire d’Israël de 1948, je ne l’accepte pas. En revanche, discuter de savoir si avoir un « pays juif » pour les juifs, c’est être un pays raciste, pourquoi pas, c’est légitime. On peut discuter du droit des refugiés. On peut discuter des frontières et de l’évacuation des colonies.
Mais on ne peut pas remettre en question la légitimité de l’État d’Israël dans ses frontières d’avant 1967.

Eva Illouz, Le 8-octobre. Généalogie d’une haine vertueuse, Paris, Gallimard, 2024

WHAT FRANKENSTEIN LEFT ? (When hiding behind anti-Zionism, decolonial and environmental word madness with the convergence of struggles between Moscow-Beijing-Tehran-Doha’ s Axis of evil, US campuses and an envious Global South… the wildest reversal of the political and moral reference points of the last century gives us Pétain’s heirs now defending the Jews and the radical left going full antisemitic ?)
In this regard, anti-Zionism is a godsend, for it gives us permission—indeed, the right, and even the duty—to be anti-Semitic in the name of democracy. Anti-Zionism is justified anti-Semitism, finally made accessible to all. It is permission to be democratically anti-Semitic. And what if the Jews themselves were Nazis? That would be wonderful. It would no longer be necessary to pity them; they would have deserved their fate. Vladimir Jankelevitch (1971)
The mistake is always to think in terms of “difference,” whereas the root of all conflicts is rather “competition”—the mimetic rivalry between individuals, countries, and cultures. Competition, that is, the desire to imitate the other in order to obtain the same thing as them, by force if necessary. (…) What we are witnessing today is a form of mimetic rivalry on a global scale. (…) Under the banner of Islam, there is a desire to rally and mobilize the entire Third World—composed of the frustrated and the victimized—in their mimetic rivalry with the West. (…) It is Islam that today provides the unifying force once found in Marxism. René Girard
Anti-Zionism presents itself as a virtuous ideology. Once the Enlightenment and its virtues have been meticulously deconstructed and rejected, anti-Zionism becomes the only virtue capable of uniting those who have deconstructed everything. Eva Illouz (2024)
The united front tactic is simply an initiative whereby the Communists propose to join with all workers belonging to other parties and groups and all unaligned workers in a common struggle to defend the immediate, basic interests of the working class against the bourgeoisie. Every action, for even the most trivial everyday demand, can lead to revolutionary awareness and revolutionary education; it is the experience of struggle that will convince workers of the inevitability of revolution and the historic importance of Communism. Comintern (1922)
Fighting in support of the non-Islamic banners is forbidden. (…) Under these circumstances, there will be no harm if the interests of Muslims converge with the interests of the socialists in the fight against the crusaders, despite our belief in the infidelity of socialists (…) whether (…) in Baghdad or Aden. The fighting (…) these days, is very much like the fighting of Muslims against the Byzantine in the past [when]The Muslims’ fighting against the Byzantine converged with the interests of the Persians. Osama bin Laden (2003)
That’s why I want blacks in America, people of color, American Indians, Hispanics, and all the weak and oppressed in North and South America, in Africa and Asia, and all over the world, to know that when we wage Jihad in Allah’s path, we aren’t waging Jihad to lift oppression for the Muslims only, we are waging Jihad to lift oppression from all of mankind, because Allah has ordered us never to accept oppressions, whatever it may be. Ayman al-Zawahiri (2007)
The appalling rise of xenophobia and racism in Europe and the United States in the wake of divisive populist politics (read Trump, Brexit, etc.) (…) has exposed the colonial matrix as the untouched structure of power and knowledge – and the attendant nostalgia for empire. (…) This is a specific case of the virus of coloniality and how it infects our minds and makes us ‘see’ what the rhetoric of Western modernity wants us to see. (…) The problem with coloniality of knowledge (…) is that it makes us believe in the ontology of what the (…) ‘universal fictions’ have convinced us to believe. (…) Decoloniality, which was no longer decolonisation as it was during the Cold War, became a proliferating project and organisation of disobedient conservatism. Decolonial disobedient conservatism is the energy that engenders dignified anger and decolonial healing, and its main goals are to delink in order to re-exist, which implies relinking with the legacies one wants to preserve in order to engage in modes of existence with which one wants to engage. Walter D. Mignolo (Coloniality is Far from Over, and So Must Be Decoloniality, 2014)
The state of Israel is now committing the worst crime known to humanity, and this particular genocide has some unique characteristics that set it apart from others on the recent record. First of all: from its outset, this genocide has been ‘a transnational effort’, coordinated and organised by the advanced capitalist countries of the West together with the state of Israel. . (…) No other genocide on the list since the Holocaust has presented such a picture. From Bangladesh to Guatemala, Sudan to Myanmar, genocides might have been perpetrated with varying degrees of complicity from the capitalist core: but here we are dealing with something qualitatively different. (…) What we are seeing now might be the first advanced late capitalist genocide. (…) The first thing we said in these early hours consisted not so much of words as of cries of jubilation. Those of us who have lived our lives with and through the question of Palestine could not react in any other way to the scenes of the resistance storming the Erez checkpoint: this maze of concrete towers and pens and surveillance systems, this consummate installation of guns and scans and cameras – certainly the most monstruous monument to the domination of another people I have ever been inside – all of a sudden in the hands of Palestinian fighters who had overpowered the occupation soldiers and torn down their flag. How could we not scream with astonishment and joy? Same with the scenes of Palestinians breaking through the fence and the wall and streaming into the lands from which they had been expelled; same with the reports of the resistance seizing the police station in Sderot, the ethnically clean colony they built on top of the village of Najd, occupied since 1948. These were the first reactions I shared with those closest to me. But the second: immense trepidation. (…) One component of the definition of genocide is the ‘physical destruction in whole or in part’ of the targeted group of people; and in Gaza, a central category is precisely that of physical destruction. Already in the two first months, Gaza was subjected to utter and complete destruction. Already before the end of December, the Wall Street Journal reported that the destruction of Gaza equalled or surpassed that of Dresden and other German cities during the Second World War. (…) This time, unlike in 1948 or 1950, however, the destruction of Palestine is playing out against the backdrop of a different, but related process of destruction: namely, that of the climate system of this planet. (…) Are there any specific moments of articulation between the destruction of Palestine and the destruction of the Earth? By moments of articulation, I mean points where one process impacts and forms the other, in a reciprocating causation, a dialectic of determination. My answer is yes, indeed, such moments of articulation have linked up in a rather tight sequence for almost two centuries now. (…) 1840 was a pivotal year in history, for both the Middle East and the climate system. It marked the first time the British Empire deployed steamboats in a major war. (…) In 1840, the British Empire first proposed the colonisation of that country by Jews. (…) 57 years before the first Zionist congress, 77 years before the Balfour declaration, 107 years before the partition plan, the chief architect of the British Empire near the summits of its power here laid down the formula for the colonisation of Palestine. (…) 1840 saw the first mania for what we now know as the Zionist project. It had been in the making for a few years. (…) the moment that ignited the globalisation of steam, through its deployment in war, was also the moment that conceived the Zionist project. (…) Before Zionism was Jewish, it was imperial. ’ (…) The destruction of Palestine and the destruction of the Earth play out in broad daylight. (…) Destruction and construction are interpenetrating opposites that presuppose one another: the destruction of the planet is the construction of fossil fuel infrastructure; the destruction of Palestine is the construction of racial colonies (…) Limiting, stopping, reversing the destruction of Palestine and planet therefore require, as a logically unassailable condition, the destruction of fossil fuel infrastructure and racial colonies – not necessarily their physical destruction; but necessarily their decommissioning and repurposing, in the cases where that is possible, and where not, on the path to their abolition, yes, their physical destruction. (…) The genocide in Gaza provides a useful object lesson in callousness. In the climate catastrophe, the lives of non-white multitudes in the global South do not count. They are expendable, valueless. (…) Perhaps we can then specify this as the first technogenocide. A technogenocide would be defined as a genocide that is 1.) executed by means of the most advanced military technology, and 2.) at least partly animated by the drive to restore its supremacy after a humiliatingly successful challenge. (…) But against it, the Palestinian resistance still stands. I think the real disgrace in the West is that the left cannot clearly and without equivocation support the Palestinian struggle for self-emancipation. (…) we stand with the resistance and we are proud. Andreas Malm (2024)
The mere jargon of decoloniality, often descending into outright bombast (…) with near-total uniformity, consistency, and monotony (…) reads as a loop of quasi-ritualized, self-repeating, almost incantatory terms and phrases that, in their sheer vertiginous range and repetitiveness, parody a genuine theoretical system. (…) Thus, the Westernization said to be antithetical to decoloniality gives us not only a corresponding “de-Westernization” but even a subsequent, explicitly counterreformational danger of “re-Westernization.” (…) Whatever the deeper reasons for it, this factual deficit is crucial to the critique and critical decipherment of the jargon of decoloniality — almost as if its terminological extravagances and redundancies and its flat-out rhetorical hubris were ironic compensation for an underlying historical vacuum. (…) key categories such as the colonial matrix of power and decoloniality itself remain supra-historical absolutes that possess near-mythical origins not subject to historicization. (…) By rejecting as Eurocentric and Westernized all claims to universality, Mignolo (…) clears a path for the surreptitious reentry of still other, thinly disguised universals far more insidious than self-parodies like pluriversality — so long, that is, as they possess the alibi of being anti-Western. Indeed, Mignolo’s explicit championing of the anti-Western “civilization-states” of China, Russia, and Iran exposes a flagrant decolonial flirtation with autocracy and great-nation chauvinisms. (…) But how much really separates a decoloniality fixated on a Manichaean hostility to the West from the right-wing and authoritarian populisms currently ascendant across Europe, not to say North America? Neil Larsen (2023)
The ultimate ʹfull‐circleʹ irrationalism of anti‐semitism as an ideology is that it does not actually need Jews. There can be anti‐semitism without a single Jew. This is precisely because anti‐semitism is an ideology which claims to provide cosmic understanding. Central to the ideology are demonic notions which quite clearly transcend the material presence of Jews. (…) the identification of Jewry with the devil makes Jewry responsible for all satanic influences. (…) Much of what the Left poses as anti-Zionism is transcendental: it relates neither to the struggle of the Palestinians nor to what the Israeli state is actually doing. Rather it is concerned with ascribing world power to Zionism and holding all Jews in the world responsible for this. (…) This form of ʹanti‐zionismʹ transcends anything done by the Israeli state—or even the very existence of that state. It could just as easily exist without Israel, without Zion and even without zionism. A ʹsocialismʹ which perceives zionist influence throughout the world, from Downing Street to the White House, stopping off at the B.B.C., is no different from the classic anti‐semitic imagery of Jews being ʹrootless cosmopolitansʹ, without a state of their own, feeling no loyalty to any particular state but only to themselves. (…) The imagery is the same, the existence of Israel is quite irrelevant. Anti‐zionism without Zion has the same transcendental qualities as anti‐semitism without Jews; it has no necessary relationship to anything a real zionist, or real Jew is doing. It exists in the air quite apart from material reality—except for the reality it creates for Itself. Steve Cohen (1984)
The human and social sciences position themselves on the side of justice, and their epistemology is one that seeks to unmask and denounce power wherever it may be. From that moment on, this means that all our knowledge is directed and organized around the question of who holds power, who hides it, and how. After the 1970s, minorities made a forceful entry into history—at least in the West. And through this forceful entry, minorities succeeded in creating two new epistemologies and two new forms of knowledge. The rallying point of these forms of knowledge is what I call “powerism”. The idea that all social relations are relations of power, and that the role of academics is to discover and unmask the multiple and diverse forms of power. Here, one can mobilize feminist theory, Foucault, Marx, or Gramsci. All of this is mobilized for this great enterprise. From the 2000s onward (…) post-colonialism and post-colonial studies became very important. (…) Particularly in the United States, because starting in the 1960s (though the awareness came later), people became conscious of the deep, systemic nature of American racism (…) When this awareness emerged, a kind of telescoping occurred between racism inside the United States and post-colonial studies. (…) In this discourse, Israel appears as a settler-colonial society. It seems to correspond in an entirely schematic way—since these are whites arriving in a region—for those who do not know that the Jews were there a very long time ago, well before even the Muslim invasion. So these models are telescoped together, and Israel is made into the paradigm of all the errors and all the crimes of the West. (…) At the beginning of 1984, the Ministry of Truth makes everyone repeat: war is peace, slavery is freedom, ignorance is strength. We had this way of reworking language under totalitarian regimes. What has happened is a complete subversion of language and words, making them say exactly the opposite of what they mean—but this time in a democratic regime. (…) You actually do two things (…) first (…) you forbid the association of certain words. You cannot be Zionist and feminist at the same time. This is why many feminist groups have absolutely and completely denied the sexual violence (…) that occurred on October 7, because they did not want feminism to be kidnapped or hijacked for the Zionist cause. (…) The other strategy is the one invented (or at least perfected) by the Soviets (…) the association of words (…) The Soviets never stopped flooding us with propaganda that associated, for example, Zionism with racism. And so there is a repetition effect—and that is how propaganda works: by repeating something and associating concepts, one subverts the concept, makes it lose its original meaning, and gives it the meaning one wants it to have. It is as if one put a worm in an apple, and suddenly the worm begins to work on the apple slowly until, in the end, you see only the worm. There is no more apple. The worm has eaten all the apple around it. (…) It is truly subverting a word from the inside. (…) the inversion of the political and moral reference points of the last century that helped us distinguish the left from the far right. The heirs of Pétain are today defending the Jews, and the radical left has become antisemitic. In my already long life, I have never witnessed such a reversal of reference points. (…) This antisemitism hides behind anti-Zionism. (…) Anti-Zionism is an antisemitism that conceals itself behind politics. It is mediated by the ideologies promoted by adherents of the Global South—Brazil, China, Iran, Russia—against the West. If the general pattern of anti-Zionism has for decades given the impression of being constant, something new emerged in recent months with October 7. What strikes one first is the globalized synchronization of events (…) from the growing homogeneity of university and artistic elites and from the influence of Islamist organizations within Western institutions, such as Students for Justice in Palestine, which has spread across the United States and opened branches in France. (…) the inversion, homogenization, and synchronization of discourses are unprecedented. When the equation between anti-Zionism and racism emerged in the 1970s, it was still marginal and controversial. It was still the case in 2001, when it was voiced at the World Conference Against Racism in Durban organized by UNESCO. But today it seems to have truly become part of what the philosopher Antonio Gramsci called “common sense.” It has become a doxa. It is the result of a long-term propaganda campaign conducted by the former USSR, the Muslim Brotherhood, and Iran, which now form a unified core on this issue. One must also count twenty years of groundwork by the Boycott, Divestment, and Sanctions (BDS) movement within universities and the art world. What we are experiencing is a kind of culmination of this campaign. (…) Jews are no longer part of the minorities to be defended. Jews have become the powerful (…) At the same time, it became more difficult to be antisemitic because of the Shoah. Jews temporarily enjoyed the status of protected victims. (…) A new social fracture emerged between those from immigration and the Jews. There is also a competition between the memory of the extermination of European Jews and that of colonization, which feels sidelined. (…) There is a backlash with the rise, from the 2000s onward, of the decolonial reading grid. Antisemitism finds no place in it because colonial history better explains economic exploitation, which excludes the Shoah. There is also a whole geopolitical context to evoke, particularly after the 1950s, with the spread of Soviet antisemitism, relayed by Arab antisemitism, which had a more political character marked by opposition to Israeli nationalism. It spread in the bloc of socialist countries and, beyond that, in the West. A figure like Angela Davis, a member of the Communist Party, for example, served as a transmission belt for this propaganda that amalgamates the Black cause, the Palestinian cause, and Soviet anti-Zionism. One must also mention the weight of South Africa, where Blacks very early saw Israel as their enemy. This hatred stems from the fact that during apartheid, Israel sold arms to South Africa and was consequently often associated with colonialism. When Israeli far-left organizations began to describe what was happening in the occupied territories as “apartheid,” this sealed the process. It is no coincidence that it was South Africa that brought the case to the International Court of Justice accusing Israel of “genocide.” The left has replaced the proletariat with the figure of the immigrant and, by metonymy, with the immigrant’s “religion.” Islamism is seen by the left as a reaction to Western imperialism. Everything that is not Western is perceived through the prism of colonization. There is also an objective alliance. Arab and Iranian propaganda has extremely skillfully integrated Soviet propaganda and thus found the right keywords that go to the heart of the mental and moral galaxy of the Western left. It is enough to make words like “racism,” “global warming,” “colonialism,” “imperialism” work to stimulate these objective alliances. (…) there is an extremely intelligent and large-scale attempt by Islamists to use the semantic chains of the left. The identification of the left with Islam would not have been possible if there had not first been a reverse movement from Islamists toward the left. Did Osama bin Laden not say himself that if alliances with impious people—that is, the left—allowed victory, then it was worth it? Islamists have very intelligently pirated the rhetoric of the left by referencing racism and anti-imperialism, even though their program is nothing other than a program of conquest. Anti-Westernism has almost become the backbone of the international left. It is an ideological space so vast that it can accommodate a great number of orientations and fantasies. (…) This (…) became an unprecedented moral failure when the university presidents auditioned by Congress could not clearly condemn calls for the genocide of Jews. It was not difficult for the American far right to instrumentalize this bankruptcy. It is the first time a minority has been so violently attacked by others while the university does not protect it. The Jewish minority found itself in conflict with LGBTQ people, African Americans, Latinos… The university is not equipped to arbitrate between different minority groups but to protect them. It is this function that has been routed. In fifty years, there has been a spectacular reversal of values. Students seem to me much more confused. They make no distinction between reactions to the death of George Floyd and pro-Palestinian positions of demonstrators who applauded the mass murders of October 7. 1968 was festive. (…) Students demand divestment, that is, the withdrawal of intellectual, economic, or financial cooperation agreements between their universities and Israel. Opposing Israel has become equivalent to the anti-capitalist and anti-racist struggle of yesteryear. They no longer demand only the end of the Occupation but the territories since 1948—that is, the entirety of the State of Israel—and not only those annexed at the end of the Six-Day War of June 1967. In fact, for the demonstrators, it is no longer about obtaining peace but about annihilating Israel. And the confrontation becomes almost physical because it is a real war, with the idea of the pure and simple disappearance of one of the two parties. It is the first time that so many people are demanding the dismantling of the Jewish state, the only state in the world that guarantees the security of these Jews. There is a singularity in the debate here that is quite difficult to grasp. They will tell you that it is only about Israelis and not Jews, but it is obvious that one would not speak with such lightness and moral conviction of the disappearance of Israel if they were not Jews. Rima Hassan wrote “Israel is a monstrosity without a name” and Aymeric Caron declared that supporters of Israel and himself do not belong to the same human species. This is not without recalling the dehumanization of Jews by the Nazis. Think of something more subtle, for example the fact that the British director Jonathan Glazer—like other Jewish artists or intellectuals—must dissociate himself from Israel in order to continue to belong to his professional group. This is a step that no non-Jew takes, as if these artists had to give proofs that they belong to humanity by offering pledges of anti-Zionism. But one must also mention the fact that there is a kind of desensitization to the accusation of antisemitism that is worrying, like a general fatigue in the face of it. It is no longer serious to be accused of antisemitism! That is very worrying. Take a terrifying slogan like “Long Live October 7th.” It would have us rejoice at the massacre of Jews every day, that it lasts and lasts, that it be repeated. This sadistic pleasure, I had never heard it from the left. In Canada, Charlotte Kates, who was the leader of a far-left demonstration and the author of this phrase, did not disavow herself. One has the impression that something is malfunctioning. On one side, calling people with a vagina “women” provokes the fury of transgender people who feel humiliated because they do not have a vagina but are women. But when there are eliminationist slogans celebrating the massacre of civilians, beheaded children, families burned alive, there is no objection. It is impossible to see this as anything other than a derangement of the intellectual, political, and moral map, especially on the left. What is fascinating is that there are completely different discourses and interests that have allied themselves. A conservative, religious, Nazi discourse grafts itself onto an ultra-progressive discourse. It is like when Lula and Chavez, two symbols of the left, celebrate Iran, which is at the forefront of obscurantism, while Iran celebrated them by calling them “the leaders of the anti-imperialist camp.” Anti-Western groups try to advance their interests by conveying content completely opposed to traditional left values (religion, justification of terrorism, hatred of the West). This left has become a sort of Frankenstein! The great novelty is that Jews no longer feel protected by social democracy, whereas for decades it had protected them. It is the collapse of a paradigm. (…) once again Jews are the stake in tectonic shifts that go beyond them. (…) For the first time since the end of the Second World War, Jews are once again solely responsible for their own destiny. Eva Illouz (2024)

A Tasio/In memoriam: Un seul être vous manque (My message to our 97-year-old neighbor Tasio who left such an awful hole in our dear alleyway)

8 juin, 2026

Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux: un temps pour naître, et un temps pour mourir (…) Il fait toute chose bonne en son temps; même il a mis dans leur coeur la pensée de l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’oeuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin. Ecclésiaste 3: 1-11
Nul homme n’est une île, complet en soi-même; chaque homme est un morceau du continent, une partie de la terre ferme… la mort de tout homme me diminue, parce que je suis impliqué dans l’humanité. John Donne
Mon message pour notre voisin Tasio décédé il y a une semaine à près de 97 ans …
Et qui, je sais pas pourquoi, me manque terriblement …
À toi, cher Tasio
À chaque chose il y a une saison
Pourtant un seul être vous manque
Et tout est dépeuplé Chaque homme touche tant d’autres vies
Et laisse un vide affreux quand il s’en va
Comment oublier cet inoubliable vers de Lamartine
Ou la réponse réconfortante de l’ange
Au héros suicidaire de Capra
Comme de ces deux passions que nous partagions de la poésie et du cinéma ?
Comment continuer à vivre maintenant
Sans tes appels sonores de mon nom
Et cet immense sourire qui était le tien
Qui m’accueillait presque chaque jour,
Ou chaque fois que je rentrais de voyage
Qui avaient enchantée et enchérie
Notre chère allée pendant près de soixante ans ?
Mes chers fistons
Voyez comme répétées, les plus petites gentillesses
Peuvent faire briller toute une cour
Transformer en foyer l’allée la plus ordinaire 
Seule l’absence révèle la vraie taille du cadeau
Nous enseignant discrètement ce qui compte le plus
Malgré la douleur de l’éternité
Qu’Il a mise dans nos cœurs

To you, dear Tasio

To every thing there is a season, and a time to every purpose under heaven: a time to be born, and a time to die (…) He hath made every thing beautiful in his time: also he hath set eternity in their heart, so that no man can find out the work that God maketh from the beginning to the end. Ecclesiastes 3:1-11
No man is an island, entire of itself; every man is a piece of the continent, a part of the main (…) any man’s death diminishes me, because I am involved in mankind. John Donne
To every thing there is a season
Yet one single being missing
And the whole world depopulates
Every man touches so many other lives
And leaves an awful hole when he goes
How not to recall that unforgettable Lamartine line
Or the comforting angel’s reply
To Capra’s suicidal hero
As the two shared passions we both cherished of poems and movies ?
How to go on living now
Without your sonorous callings of my name
And that beaming smile of yours
That welcomed me almost every day
Or every time I got back from a trip
That enchanted and endeared for nearly 60 years
That dear alleyway of ours ?
Dear sons
See how the smallest, repeated kindnesses
Can make a whole courtyard shine
Turn into home the most ordinary alley
Only absence reveals the true size of the gift
Discreetly teaching us what matters most
Despite the pain of the eternity
He hath set in our hearts


Iran: C’est la hudna, imbécile ! (Guess why diplomacy can never win… against a centuries-old, religiously-justified, deliberately deceptive state strategy that systematically uses diplomacy and ceasefires as tactical pauses to buy time to regroup, rearm and upgrade its capabilities and network of multi-country proxies, that is the very things that make the diplomacy irrelevant ?)

2 juin, 2026

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Après le samedi vient le dimanche. Proverbe arabe
On s’occupe d’abord des Juifs, on s’occupera ensuite des chrétiens. Yasser Arafat
Cet accord, je ne le considère pas plus que l’accord qui avait été signé entre notre Prophète Muhammad et les Quraish, et vous vous souvenez que le Calife Omar avait refusé cet accord et l’avait considéré comme une « Sulha Dania » [une trêve méprisable / un accord de très bas étage]. Mais Muhammad l’avait accepté et nous acceptons maintenant cet accord de paix [d’Oslo]. Yasser Arafat (mosquée de Johannesburg, 10 mai 1994)
La petite aiguille de la montre est la plus importante, mais elle paraît immobile. La lenteur des phénomènes démographiques les charge de conséquences, tout en les dérobant à l’attention des contemporains qui les subissent. La plupart des événements historiques profonds trouvent leur explication dans des considéra- tions de population. Alfred Sauvy (1966)
La démographie, comme disait Alfred Sauvy, c’est la petite aiguille de l’horloge. On ne la voit pas bouger, mais c’est elle qui indique l’heure. Dov Maïmon
L’employé juif d’un coiffeur parisien va voir son patron et lui dit : « Patron, je dois démissionner ». « Mais pourquoi donc ? » lui répond le patron. « Parce que tous vos employés sont antisémites ! » « Allons bon, mon cher Jean-Claude. Je suis sûr que ce n’est pas vrai. Qu’est ce qui vous fait penser cela ? » « C’est simple, patron. Lorsque je leur dit qu’Hitler a voulu tuer tous les juifs et les coiffeurs… » Le patron l’interrompt : « Mais Jean-Claude, pourquoi les coiffeurs ? » « Vous voyez patron, vous aussi ! » Blague juive
D’abord ils sont venus (…) pour les Juifs, mais je n’ai rien dit parce que je n’étais pas juif » … Martin Niemöller
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. » Eric Hoffer Si Israël est un occupant dans son pays, le christianisme, qui tire sa légitimité de l’histoire d’Israël, l’est aussi comme le serait tout autre État infidèle. Bat Ye’or
All right now, ya wise guy, dance! Yosemite Sam
The usual distinction between diplomacy and force is not merely in the instruments, words or bullets, but in the relation between adversaries-in the interplay of motives and the role of communication, understandings, compromise, and restraint. Diplomacy is bargaining; it seeks outcomes that, though not ideal for either party, are better for both than some of the alternatives. (…)  But whether polite or impolite, constructive or aggressive, respectful or vicious, whether it occurs among friends or antagonists and whether or not there is a basis for trust and goodwill, there must be some common interest, if only in the avoidance of mutual damage, and an awareness of the need to make the other party prefer an outcome acceptable to oneself. With enough military force a country may not need to bargain. Some things a country wants it can take, and some things it has it can keep, by sheer strength, skill and ingenuity. There is something else, though, that force can do. It is less military, less heroic, less impersonal, and less unilateral; it is uglier, and has received less attention in Western military strategy. In addition to seizing and holding, disarming and confining, penetrating and obstructing, and all that, military force can be used to hurt. In addition to taking and protecting things of value it can destroy value. In addition to weakening an enemy militarily it can cause an enemy plain suffering. Pain and shock, loss and grief, privation and horror are al- ways in some degree, sometimes in terrible degree, among the results of warfare; but in traditional military science they are incidental, they are not the object. If violence can be done incidentally, though, it can also be done purposely. The power to hurt can be counted among the most impressive attributes of military force. Hurting, unlike forcible seizure or self-defense, is not unconcerned with the interest of others. It is measured in the suffering it can cause and the victims’ motivation to avoid it. Forcible ac-tion will work against weeds or floods as well as against armies, but suffering requires a victim that can feel pain or has something to lose. To inflict suffering gains nothing and saves nothing directly; it can only make people behave to avoid it. The only purpose, unless sport or revenge, must be to influence somebody’ s behavior, to coerce his decision or choice. To be coercive, violence has to be anticipated. And it has to be avoidable by accommodation. (…) This difference between coercion and brute force is as often in the intent as in the instrument. To hunt down Comanches and to exterminate them was brute force; to raid their villages to make them behave was coercive diplomacy, based on the power to hurt. The pain and loss to the Indians might have looked much the same one way as the other; the difference was one of purpose and effect. (…) The contrast between brute force and coercion is illustrated by two alternative strategies attributed to Genghis Khan. Early in his career he pursued the war creed that vanquished can never be the friends of victors, their death is necessary for victor’s safety. This was the unilateral extermination of a menace or a liability. The turning point of his career, according to Lynn Montross, came later when he discovered how to use his power to hurt for diplomatic ends. ‘The great Khan, who was not inhibited by the usual mercies, conceived the plan of forcing captives—women, children, aged fathers, favorite sons—to march ahead of his army as the first potential victims of resistance.’ Live captives have often proved more valuable than enemy dead; and the technique discovered by the Khan in his maturity remains contemporary. North Koreans and Chinese were reported to have quartered prisoners of war near strategic targets to inhibit bombing attacks by United Nations aircraft. Hostages represent the power to hurt in its purest form. (…) The Germans at Verdun perceived themselves to be chewing up hundreds of thousands of French soldiers in a gruesome ‘meat grinder.’ If the purpose was to eliminate an obstacle—the French infantryman, viewed as a military ‘asset’ rather than a warm human being—the offensive at Verdun was a unilateral exercise of military force. If instead the object was to make the loss of young men—not of impersonal ‘effectives,’ but of sons, husbands, fathers, and the pride of French manhood—so anguishing as to be unendurable, to make surrender a welcome relief and to spoil the foretaste of an Allied victory, then it was an exercise in coercion, in applied violence, intended to offer relief upon accommodation. (…) Hitler’s threats against weak or neutral states like Austria or Denmark (…) [illustrate] the power to hurt (…) held in reserve. Thomas Schelling (1966)
Beyond mutually assured destruction and his “mad man” theory, Schelling was instrumental in using game theory to map out human and state behavior in a world of rational actors. Moreover, he was one of the intellectual fathers of strategic deterrence. While the subject has virtually disappeared from policymakers’ discourse on national security and playbooks on military planning, that does not mean that his ideas are not still applicable in a world that is vastly different than the Cold War era. Writing exactly fifty years ago, at the height of the Brezhnev era and with American forces bogged down in Vietnam, he described the diplomatic use of violence or coercion as a way to change the behavior of adversaries. If Clausewitz introduced the notion that war is a continuation of policy by other means, Schelling popularized the notion that risk is also an instrument of policy. He noted that the problem with the tools of modern warfare is that it is difficult to secure one’s political objectives solely with military force, thus putting the onus on state leaders to know how to use force persuasively, to, in effect, cajole opponents to concede out of fear of potential military retaliation—or what game theorists describe as the “manipulation of risk.” “The power to hurt is bargaining power,” Schelling wrote. “To exploit it is diplomacy, vicious diplomacy, but diplomacy.” A glance around the globe would suggest American bargaining power is dwindling because today’s adversaries no longer subscribe to the same cost–benefit philosophy of our previous enemies, who arguably were more rational. As an Israeli military specialist told The Economist, “Deterrence needs an address.”There is a new quality to today’s and tomorrow’s adversaries, which appear less interested in seizing territory than in sowing some level of chaos, confusing people, undermining America’s system of values, norms, and international order. In a world in which the differentiation between war and peace is difficult to ascertain, where norms of warfare are constantly shifting, this makes crafting smart policy more challenging and our adversaries less easy to deter in any kind of conventional sense. While the United States has struggled to develop strategies to deter modern adversaries, the opposite is not true. States like North Korea and Iran seek nuclear weapons because they believe them to be an effective deterrent against U.S. force. Deterrence, at its heart, is not about war. It is, as Schelling noted, the “art of coercion and intimidation.” It is about credibly signaling the power to hurt and inflict pain on a potential adversary as a way to avoid ever having to fire a bullet. If we have to send in the 82nd Airborne, we know that deterrence failed. (…) Arguably the twenty-first century will not look like the era of Pax Americana and some might suggest that Schelling’s theories should be retired. Today’s world is too unpredictable and multipolar. Our enemies today are not rational in the same sense as those of yesterday. American schoolchildren no longer carry out nuclear bomb drills, they now carry out active-shooter drills, a function of lone-wolf gunmen inspired by groups like ISIS. And yet arguably some things have not budged an iota since 1966. The foundation of the international system is still arguably one of realism—whereby states strive for survival, and balance to achieve this goal. But realists argue we should care less about states’ intentions, which are fickle and hard to interpret or predict, than capabilities, both latent and real—specifically material capabilities, like the number of tanks, troops, and a country’s size—which tend to be more consistent and indicative of current threats. Deterrence is also about resolve. As Schelling tells us, it is all about divining one’s intentions, not only those of the enemy but our own, which in turn shape the adversary’s. “Nations,” he wrote, “have been known to bluff; they have also been known to make threats sincerely and change their minds when the chips are down.” The single biggest challenge we face is our inability to read our adversaries’ intentions—from Russia’s weaponization of cyber-espionage to China’s militarization of man-made islands in the disputed South China Sea. (…) Focal points, [Schelling] wrote, refer to “each person’s expectation of what the other expects him to expect to be expected to do.” Another parable of Schelling’s was the image of having oneself ankle-chained to another person, teetering close to the edge of a cliff. How do you get your partner to capitulate, if the only way to push him off the cliff virtually guarantees your death? Dance closer to the edge of the cliff. Liam Collins and Lionel Beehner (12.16.16)
Donald Trump (…) has hammered this theme on the campaign trail, attacking the Obama administration for its weakness in dealing with other countries, in particular for being soft on China when it comes to trade and allowing Iran to hoodwink the west on its nuclear ambitions. If he were elected president, things would be very different, he suggests. We’d have an experienced deal maker in the White House. (…) Self-defined “good negotiators” tend to ascribe their success to their traits—being aggressive, talking a lot, being a good listener, or whatever else they think contributed to their success. But playing up any of those traits in future bargaining may not be a good idea. Indeed, having one set negotiating style can backfire. There are behaviors that are clearly important for good negotiating, but the problem is that those behaviors change across negotiations. One way of behaving can be effective in one negotiation, but ineffective in another setting. Some negotiations are about listening. Some require you to be more aggressive. Some are about being analytical. Some are exercises in creativity. Some are about developing good relationships. It is probably no surprise that Trump’s overall tone in The Art of the Deal is pugnacious. One of his key pieces of advice is to “Fight back.” He casts negotiation as a zero-sum game, with a clear winner and a clear loser. But like any approach to negotiation, that attitude only works some of the time. It may be successful if you’re trying to drive a hard bargain in a pure price negotiation. But it may fall flat if the negotiation requires that one party really listens to the other, that they collectively try to solve a problem, or that they figure out how to craft imaginative trades. The pugnacious tone also points to a big missing piece in The Art of the Deal as a primer for negotiation: the lack of any discussion about the role of relationships in negotiation and the process of discovering joint gains. Relationships are critically important in negotiations, because in most important business situations, the final agreement or contract just defines the potential value of a deal. The ultimate value requires implementing the deal, and that depends on people’s ability to work together. To be fair to Trump, it’s possible to go too far in stressing the importance of relationships. Sometimes people do so much to preserve a professional relationship that they give everything away. It is perfectly possible to be tough and also negotiate with the sort of integrity and respect that helps build and preserve business relationships. Another danger of treating every negotiation as a zero-sum game is that you may gain in the short run while sacrificing greater gains in the longer run. A common negotiating trick in this regard is the pretend mistake. It works like this: after two people strike a deal, one says he has to check his calculations, and on doing so, admits that he made a mistake and apologizes. “But if you could throw in free shipping,” he continues, “we still have a deal.” It’s a great trick, one that people use because it often works in the short run. But in the longer run, it could be exposed as a deceptive technique that threatens to destroy a relationship. Driving a hard bargain is like a sugar high: the thrill doesn’t last, and the long-term effects are harmful. Because there is no single format for negotiations, it’s hard to think about a simple recipe for being a good negotiator. And yet Donald Trump claims to have such a recipe. In The Art of the Deal, he offers 11 tips to make you a better negotiator. Some of these tips are sensible, but obvious and well known. Others are suspect, vague, and unsubtle. (…) Even the idea of offering negotiating tips goes against one of Trump’s own maxims in The Art of the Deal: that great negotiators are born, not made. (….) For Trump, then, bargaining is less about being smart than about using your instinct. (…) Even if we can agree that better-tuned instincts can make you a better negotiator, it’s also true that some instincts keep you from improving as a negotiator. (…) Psychological science has documented many biases and cognitive traps that individuals can avoid through training or improved decision processes. (…) leverage is the perception that the other side is in a weaker position. It’s about perception and not necessarily reality. Mastering the issue of leverage entails understanding how psychology can be harnessed to effectively shape your counterpart’s perceptions. That sort of preparation requires a deep understanding of the situation, the people involved, and psychology. For example (…) one source of leverage in bargaining is recognizing why “negotiation traps” work. Consider two people haggling over a price. The buyer says “$29,” and the seller responds, “$30.” Now imagine that the buyer says, “Let’s split the difference—$29.50,” and the seller replies, “Can’t do that. But I can if we split the difference again—$29.75.” In many cases, that trick works, and the buyer caves in. (…) First, people give in because there’s not much money involved. What’s an extra quarter? Secondly, people are tired, and they want to get the deal done. (…) One tired person has turned his exhaustion into leverage, knowing that his negotiating partner is just as eager to be done. (…) [But] in such cases, the spotlight can be shone the other way as well. There are lots of similar examples of nonobvious sources of leverage. Trump has clearly built a business empire, apparently on the notion that all negotiations are tug-of-war battles for money, resources, and power. Whether such an approach would work well in the Oval Office is now up to American voters. George Wu (2016)
Nothing in the former diplomatic tradition has ever prepared states to deal with [political, ideological and criminal terrorists] but necessity has led more and more to negotiate with these extremely difficult counterparts. (…) Governments or official authorities are constrained by two conflicting goals, saving hostages but, at the same time, deterring their terrorist counterparts or other groups to take any more hostages. This is one of the most difficult dilemmas to manage when facing terrorists. Saving the life of the hostages is a short term objective, with highly dramatic connotations while deterrence is a long term objective, which is not spectacular but with high global return. (…) There is not any universally accepted definition of terrorism but simply a working definition widely used by social scientists: ―Terrorism is an anxiety-inspiring method of repeated violent action, employed by (semi) clandestine individual, group or state actors, for idiosyncratic, criminal or political reasons whereby — in contrast to assassination — the direct targets of violence are not the main targets. The immediate human victims of violence are generally chosen randomly (targets of opportunity) or selectively (representative or symbolic targets) from a target population, and serve as message generators. Threat and violence-based communication processes between terrorist organisation, imperilled victims, and main targets are used to manipulate the main target (audience(s)), turning it into a target of terror, a target of demands, or a target of attention, depending on whether intimidation, coercion, or propaganda is primarily sought, » (Schmid and Jongman, 1988). Resorting to violence against a population or a group is basically done through intimidation or calculated coercion. Weapon of the weak against the strong, terrorism resorts to a number of tactical means such as hijacking, assassination, car bombing, suicide bombing, kidnapping, hostage taking, threats. Terrorism is understood as an attempt to provoke fear and intimidation. It is the result of an extremely imbalanced situation in terms of forces produced by frustration. There is no war or negotiations with terrorism, as it is simply a method. Wars and negotiations can only be carried out with or against terrorists. Terrorist acts aim to spread fear and are therefore conceived to attract wide publicity and cause public shock. The intention may also be to provoke disproportionate reactions from governments, thus triggering an escalation process (…). Terrorism as asymmetric warfare does not abide by laws and international rules, whereas governments are bound by them. As mentioned by Laqueur (1999) ―In the terrorist conception of warfare there is no room for the Red Cross. (…) Terrorists fall into three clusters, the political, the religious and the economic groups. Among the first grouping, political organizations (…) Rogue states are sometimes included (…) as they only abide by their own rules, indulging in illegal or criminal activities such as North Korea or Iran with nuclear dissemination. This way, through for instance nuclear businesses or missiles secret sales, they finance themselves and increase their leverage in the international arena. In the category of religious groups (…) If the issue at stake is a territory or the demand for autonomy, as it is often the case with separatist factions, a compromise through negotiations might be achieved but dialogue is extremely difficult to establish with religious fundamentalists such as Islamist radical movements. Their demands are often far beyond what can reasonably be offered such as the restoration of the Caliphate, or the removal of all Western forces from Muslim lands (with the suppression of the state of Israel) and the restitution of formerly Muslim lands (including parts of Spain). These organisations can be classified as absolute terrorists (…) Absolute terrorists are those whose action is ―non-instrumentalist, a self contained act that is completed when it has occurred and is not a means to obtain some other goal‖ (…). In these cases, even if the point is not just to punish the other party like on September 11, totally unrealistic claims make any negotiation most improbable. (…) The third category of terrorists corresponds to the economic category, unfortunately operating in a most promising sector (…) These are non state actors that aim to control economic activities, business channels, underground businesses such as drugs trafficking, prostitution, gambling, smuggling of weapons, money laundering or racket for so-called protection. They resort to threats and assassinations to establish and maintain their control over an activity or a portion of territory. It is a psychological warfare based on fear instilled to such an extent that ordinary people rather conform their behaviour to the requirement of these groups than to the law. Sometimes, religious or political groups downgrade their activities to organized crime in order to make money through kidnapping or drug dealing. (…) Suicide attacks are a basic method used by both religious groups and political organisations. (…) They fall into the category of contingent terrorists and possible trade offs with them can be considered (…). In such cases, the whole point of negotiating relies on the possibility to have them shift from an attitude of absolute terrorist to one of contingent terrorist. This means that such a group has to modify its perception of the problem, its related objectives and demands. Reciprocally, the authorities have to concede something they did not offer before in order to make the negotiation option attractive enough. (…) Terrorism widely benefits from globalisation. Terrorists groups can be set up on transnational bases with no more territorial reference. Borders are no more obstacles and the extension and sophistication of hi-tech has greatly contributed to the development of multi-functional organisations operating at the financial, social, strategic levels. They can be informal, decentralised, in a context where communication is fast, anonymous and effective. It is no more necessary to have a territorial base even if situated for instance in a country with a collapsed state. There are numbers of anarchical megapoles such as Karachi that can be used as unassailable sanctuaries. The field of action of terrorism is a civilian context, where spotting a group is the most difficult and the actions the most deadly. In addition, the Western laws emphasising individual freedom often drastically limits defence capacities. (…) Over now two decades considerable changes have occurred in the domain of terrorism. One of the most important is the shift from a pyramidal system of organization to a rhizome model. The pyramidal system is a stage that was prevailing until the end of the cold war. Terrorist groups, guerrilla movements were following Leninist principles of organization with a strict centralized system of commandment. They were most often financed, controlled, trained and monitored by states that had a strategy whose rationality was, if not shared, at least well understood. The rhizome type of organization stage corresponds to the birth of entities proliferating in a quasi-biological way like bamboo groves or strawberries. These entities are loosely structured, autonomous, just ideology driven. They are uncontrollable by states, most difficult to identify and evenmore to infiltrate such as the numerous Al-Qaeda networks. Negotiating with terrorists refers to methods that are fundamentally alien to classical practice because of the nature of the counterpart, the issues at stake, the context, and the basic paradigm governing that type of situation. The counterpart is not perceived as an equal, an alter ego. An element of psychological asymmetry characterizes the relation. As a consequence, communication remains of a relatively poor content. The terrorist is viewed as a counterpart imposing the relation, forcing his way, thus not respecting the other. What is at stake is most often highly dramatic as one deal with human lives. Thus, the smallest mistakes may elicit terrible consequences for the hostages with highly traumatising effects on the negotiators. The absence of alternate solutions when the hostages are detained in a place or country accomplice toterrorists adds to the difficulty. The situation is characterized by a number of uncertainties, in particular on the credibility of the demands, that of the threat, which is one of the basic techniques used by terrorists. Uncertainty may alsocharacterize the real health state of the hostages: alive, wounded, sick, underfed, beaten up, tortured. (…) Five strategic options may be considered when facing terrorist actions such as hostage-taking: no negotiation, manipulation of the terrorist group, secret negotiation, normal negotiation, and negotiation in order to prepare for an assault. The « no negotiation » doctrine aims to deter terrorists from taking more hostages. It does make sense in a long term strategy in terms of risk management. (…) This option will have the most painful consequences concerning the present hostage situation. The present hostages may have the feeling that they are sacrificed to long term national interests. The « manipulation of the terrorist group » is a complex strategy that can yield high benefits but which requires great skills, time, and the ability to stand a high level of risk. The principle behind is to use sophisticated tricks in order to get the hostages free. (…) The « secret negotiation » strategy is more commonly used. No one mentions anything about what is really going on, not even that there are meetings or discussions. One of the major advantages of this option is to remove negotiators from the influence of public opinion and media. It provides more flexibility for the authorities who do not have to report to any external audience and avoids the issue of looking weak if making concessions.  The « normal negotiation » option is used when there is no way of hiding the hostage-taking from public audiences. The authorities have to stand the pressure of the media, the public opinion, the actions carried out by the families of the hostages. Thus, they better show that they are doing something and make it known. (…) « Negotiation in order to prepare for an assault » is another way of resorting to the discussion process in order to collect information about the terrorists, such as the number of terrorists and details of their equipment and state of mind. It is also a means of exhausting them or altering their concentration levels before launching an attack. This is usually done when the environment is well controlled by the authorities. (…) These various situations correspond to different negotiation paradigms. The « no negotiation » policy can be framed as an anticipated « chicken game ». There is no option for cooperation. The priority is not to free the hostages but to deter terrorists from repeating this type of action. Considering the current situation, the setting is one with a win-lose outcome at best and a lose-lose outcome at worst. The manipulation of the terrorist group belongs to the « no negotiation » rationale and carry the idea that what is played is a win-lose game with the highest possible gains. In other words, total victory at no cost while saving the hostages lives. It is a victory at several levels, human, political, strategic, and psychological. The ―negotiation in order to prepare for an assault‖ option leads the negotiation process astray. It turns it into a simple means of achieving a different objective, one that does not involve any form of agreement. There is no real process of adjustment, with the negotiation simply setting the stage for the surrender – and potentially the death – of the terrorists. Both hostages and hostage-takers may lose their lives at the end. The ―secret negotiation‖ and « normal negotiation » options relate to the ―prisoner‘s dilemma‖ paradigm. This leaves room for competition, but also some kind of cooperation in which the two parties can achieve at least part of their goals. Should the terrorist be accepted as a legitimate counterpart? Negotiating with a terrorist organization implies a kind of de facto recognition of this organization. Prior to entering the negotiation, the question of the legitimacy of the counterpart is thus raised. This is a delicate and embarrassing point for a government. Officially, no government recognises a terrorist group, an extortionist, or a hostage taker as a legitimate counterpart. In addition, there is a widely acknowledged principle, which consists in stipulating that one does not negotiate under threat. Principles are clear, but as the point is to save lives, one has to be realistic. (…) Most often governments choose to finally intervene, either directly or with the help a third party. This is done through what is conventionally called ―Track-II diplomacy‖. The « no negotiation » principle is more of a hard-line rhetoric than a reality, especially if the place where the hostages are kept is unknown or is in a country friendly to terrorists. (…) The point would not be to negotiate or not to negotiate but rather to negotiate properly. One should simply make clear that a decision to negotiate does not mean recognition of the legitimacy of the demand or the acceptance of the other side‘s behaviour. What one does accept when negotiating with terrorists is the humanitarian cause it serves through trying to save lives. (…) Then, discreet but real concessions have to be made at some point. (…) Usually the final deal is not made public because often the country involved has to make concessions that, if known, would create problems with other countries or with her own public opinion. (…) Here more than in any other situation the iceberg principle, which consists in disclosing only a small portion of the information known, applies. (…) negotiating with terrorist organizations is not supping with the devil. It is not soul-selling or evil pacting and does not imply for the states involved renegating their moral values. The point is to induce moderation and flexibility in the terrorists‘ demands, reshaping their ends into attainable reforms, and forcing an end to their violent means of protest while, at the same time, opening for instance the political process to broader participation. (…) On the side of the authorities, what is traded off with terrorists is human lives. In return, the concessions made to hostage takers fall into the following categories: Payment of a ransom Providing weapons, food, equipment, technology, or information Release of imprisoned terrorists, political prisoners, dissidents Release of imprisoned supporters or sympathisers of terrorism Putting an end to a military intervention and withdrawing soldiers Making a public apology Provision of access to the media to publicise their cause Provision of transport to another location Provision of political asylum or amnesty within a host country The promise of a fair trial (…) Negotiating with ―rogue states‖ is another variant of negotiating with terrorists. It raises many questions starting with the definition of a rogue state. It is a controversial label as it sometimes includes dictatorships only terrorizing their own populations. A rogue state may be defined as a country who does not abide by international rules by, for instance, disseminating weapons of mass destruction, exporting drugs, sponsoring terrorist groups, taking part in organized crime. At least a dozen countries have been, sometimes temporarily, associated with this concept such as North Korea, Iran, Libya, Afghanistan, Iraq, Soudan, Syria, Cuba, Yugoslavia, Venezuela, Zimbabwe, and Myanmar. Some governments have been so much infiltrated by terrorists that there is de facto collusion between the country and the terrorist group. (…) Rogue states develop two types of activities that make them deserve this label: – Building up a nuclear arsenal in order to increase their international influence or using it to extract money such as North Korea has been successfully doing for over a decade. This way, this country managed to extract US$ 3 billions in compensation for stopping its missile program and finally did not stop it. – Supporting or even sponsoring terrorist groups such as Iran does with the Hamas and Hezbollah. In this role, Rogue states may become a counterpart to deal with terrorist actions. (…) Several characteristics can be put forth to distinguish these negotiations from more normal ones, the question of accountability, the trust issue, the seizure of the historical moment. Rogue states like any state are supposed to be accountable to two types of audiences, their own people and the international community. Dictatorships do not mind too much about fulfilling the first type of obligations. However, there is still the rest of the world to deal with. If they were totally isolated they would be totally free but as soon as they have allies or close friends, they are accountable and cannot act beyond a certain limit if they do not want to harm the reputation of the ally. (…)  The issue of trust is a most challenging one. There should be some trust built, at least concerning the implementation of the agreement. On occasions, it may work such as with the negotiations between UK and the Sinn Fein. It is not the case with counterpart such as North Korea or Iran. If the counterpart is not perceived as trustworthy, there is very little chance to really strike a deal and the negotiation turns into a game of deception. (…) There are other options than engaging such as appeasement, rollback, and containment. However, the two first are much riskier because they may be interpreted as signs of weakness opening the escalation road. Negotiating should be more effective as a process once the game has been structured through a strategy of containment. The essential task of the media is to inform the readers or the viewers about the events happening in the world. They often have a special interest for terrorist actions and hostage-taking cases because of their dramatic and spectacular dimensions that strongly attracts attention. The hostage takers know about it and strive to also take advantage of this fact. They often resort to the media as an amplifier of their claims and a megaphone for their propaganda. (…) At times and without realizing it, the media, especially the television, may gradually turn the hostage taker from a mediocre unknown person, an anonymous individual among the crowd, into a hot-headed star in the limelight whose words and moves are echoed all over the world. A quasi-symbiotic relation may thus be established between journalists and terrorists, each one providing something essential to the other. TV viewers, newspapers readers may feel involved in the drama related by the media. Public opinion may thus play a non negligible role in the strategy adopted by governments. (…) In all cases, a direct consequence of mediatisation of a hostage situation is the raise of the value of the captives, making any agreement costlier. (…) In spite of of the potential for mutual gain, negotiation may fail to quickly free (or even save) the hostages. One of the obstacles to negotiation between targets and terrorists is the perceived inability of terrorists to engage in credible commitments (…) No enforcement mechanism exists to punish terrorists if they do not abide by their commitments. If terrorists face no costs for breaking agreements, targets have no reason to believe that terrorists will stick to their commitments (…). Research on terrorism often assumes that terrorists operate free from any institutional constraints. This assumption is strongly challenged by facts. If terrorists want to negotiate, they must find some mechanism to convince targets that defection has a painful cost. To build their own credibility, terrorists must keep promises in order to establish a reputation for trustworthiness (…). If governments get convinced that terrorists care about their reputation, they may believe that terrorists will abide by their promises. However, few terrorist groups consider that they have to stick to rules and values promoted by their enemies. Terrorist groups, even if not anchored in any specific territory, have often to rely on foreign sympathy to conduct their operations. They also need some base even if for a limited time. Given that terrorists‘ base is located within a host‘s territory, for instance a rogue state, the group is subject to some kind of host‘s authority. With sufficient political capacity, hosts may thus influence a group‘s behaviour and ability to operate. (…) Edgy negotiations have been endowed with one more task when considering dealing with terrorist issues. To expect a sufficient level of effectiveness in that type of diplomatic practice, several requirements have to be met: accepting the terrorist as a negotiation counterpart; developing a specific concept of negotiation; implementing new skills, and managing a complex system of accountability. Considering the terrorist as a possible negotiation counterpart rises the issue of legitimacy. Rebels usually labelled as terrorists are the most unlikely counterparts. Associating principles of diplomatic activity and terrorist action leads to the management of an oxymoron. For a government, discussing with them is a way to legitimise a dissident movement that deny this government as representative and provide them with a diplomatic status. The policy shift usually starts by discussing at the political level, then switching to violent means, then getting to the negotiation table again. This is done because the government considers there is no other way to end the violence, or because the hurting stalemate is so damaging that something has to be done to stop it, or because a third party had enough influence to bring the two sides at the negotiation table. Producing a specific concept of negotiation relates to the fact that the basic understanding of what is a negotiation with terrorist groups dramatically differs from traditional diplomacy in substance and in form. It differs in substance because co-operation is not truly on the agenda. Both parties do not feel like being from the same human fabric. The spirit is often much more that of a cease fire to be agreed upon with each party having a hidden agenda, which does not exclude violence, treachery, and deception. The underlying negotiation paradigm tends to be much more a « chicken game » than a « prisoner‘s dilemma ». It also differs in form, because such a type of negotiation is the extension of war through other means. The strong added ideological and ethical dimensions do not contribute to ease tensions among the proponents. Implementing new skills is an important requisite because often the two sides do not meet physically or meet in places with one of them has to face an extremely hostile environment. The culture of the terrorist groups is usually not so much of a diplomatic culture but of a task force at war. Tension manipulation, aggressive language, hostile listening, threats, fait accompli, deliberately triggered crisis, and other types of hard bargaining tactics are most common tools for a negotiation that often does not tell its name. Managing relations with stakeholders that have contradicting objectives such as freeing hostages but deterring terrorists from taking any more hostages, are a challenge per se. Consistency and effectiveness are constantly at risk. Guy Olivier Faure (2010)
Les ennemis d’Israël ont fini par réaliser qu’ils n’étaient pas capables de gagner une guerre conventionnelle. Plutôt que d’envoyer des avions, chars et navires contre l’état hébreu, ils se sont tournés vers d’autres moyens: armes de destruction massive, terrorisme, et (plus récemment), entreprise de dé-légitimisation. Cette dernière notion inverse les lois de la guerre; plus précisément, la force devient faiblesse, et l’opinion publique revêt une importance suprême. Daniel Pipes Israël incarne l’Occident pour les anti-occidentaux, l’impérialisme pour les anti-impérialistes, les infidèles pour les islamistes, le racisme pour les propalestiniens … Il cumule les stéréotypes négatifs. Il est perçu comme l’État en trop, qui devrait disparaître pour que les hommes soient délivrés du mal. Pierre-André Taguieff
Dov Maïmon, chercheur au Jewish People Policy Institute (JPPI), et Didier Long, théologien, ont mené pendant 15 mois une investigation approfondie, rencontrant 300 personnes dont des magistrats, hauts fonctionnaires et policiers. Leur constat est glaçant : 150 000 Juifs seraient aujourd’hui en danger en France, sur une communauté estimée à 440 000 personnes. Un chiffre qui prend tout son sens quand on sait que la communauté juive, représentant seulement 0,6% de la population française, subit 60% des agressions à caractère religieux. Didier Long pointe du doigt une réalité méconnue : ce ne sont pas les Juifs parisiens des beaux quartiers qui sont menacés, mais ceux vivant dans les périphéries des grandes villes. « Les communautés qui se retrouvent à Sarcelles, Créteil, Villeurbanne, Toulouse, Strasbourg ou Nice sont des communautés en danger », explique-t-il. Ces 12 000 à 20 000 personnes par ville se retrouvent « directement affrontées à des islamistes qui prennent le terrain petit à petit ». L’exemple de Sarcelles est édifiant : les Frères musulmans turcs (CIMG) y ont créé un réseau d’associations – soutien scolaire, aide aux femmes – avant de prendre la mairie. Le responsable des émeutes de 2014 travaille aujourd’hui pour la municipalité. « Les Juifs de Sarcelles se retrouvent très enfermés », témoigne Long, face à des interlocuteurs qui « pour l’instant leur jettent des fleurs », mais dont l’objectif final reste la prise du pouvoir étatique. Dov Maïmon analyse l’antisémitisme contemporain comme un phénomène instrumentalisé par trois acteurs principaux. D’abord l’islamisme, dont « le but est clair : la charia pour l’Europe », utilisant le « soft power » – « ils avancent en costume-cravate et prennent tous les postes ». Ensuite, La France Insoumise qui « utilise l’antisémitisme pour réussir à avoir des voix » dans les banlieues, mobilisant « le langage de la haine » comme moteur électoral. Enfin, des puissances étrangères – Chine, Iran, Russie – qui exploitent l’antisémitisme via les réseaux sociaux « pour déstabiliser l’Europe ». Les chiffres avancés par les auteurs dessinent un avenir sombre. Selon leurs calculs basés sur la consommation halal, la France compterait 9 millions de musulmans, dont 28% seraient radicalisés et 37% sympathisants des Frères musulmans. Didier Long projette : « On sera à 15% de la population française musulmane, peut-être 20-25%, voire 30% d’ici 2050. » Face à cette évolution démographique, Dov Maïmon est catégorique : « Les Juifs de France savent pertinemment que leurs petits-enfants ne vivront pas en France. » Il cite le démographe Alfred Sauvy : « La démographie, c’est la petite aiguille de l’horloge. On ne la voit pas bouger, mais c’est elle qui indique l’heure. » Les auteurs dénoncent l’inaction des autorités françaises, paralysées par la peur. « Il n’y a plus un maire de banlieue parisienne qui ne puisse se faire élire à gauche sans les voix des Frères musulmans ou des salafistes », affirme Long. Le gouvernement, traumatisé par les émeutes de 2023 où « 45 000 gamins voulaient tuer » les 45 000 policiers déployés, préfère maintenir une « paix des cimetières » entre trafiquants et islamistes. Les témoignages recueillis sont accablants. Des policiers auraient confié : « Personne ne sera là pour vous, l’État ne peut pas tout, l’État ne pourra pas vous protéger. » L’affaire Sarah Halimi reste emblématique : « 23 policiers dans la rue, personne n’a bougé. » Dov Maïmon évoque la « dissonance cognitive » des Juifs français, partagés entre une vie communautaire intense – « la capitale mondiale de la gastronomie cachère » – et la réalité de leur isolement croissant. « Les Juifs sont des optimistes invétérés », constate-t-il, citant Pessah où « on mange de la matza parce qu’on est parti dans la précipitation ». Cette tendance à attendre « la dernière minute pour partir » pourrait s’avérer fatale. Les plus vulnérables restent les 50 000 Juifs identifiés par les services sociaux israéliens comme n’ayant pas les moyens matériels de faire leur alyah, coincés dans des quartiers où le danger est maximal. Sur la possibilité d’un « islam des Lumières », Didier Long se montre pessimiste. Contrairement au christianisme qui a toujours maintenu une séparation entre le spirituel et le temporel, l’islam n’a pas effectué ce travail théologique. « Ce qu’on voit arriver, ce n’est pas un islam des Lumières, c’est un islam de plus en plus furieusement religieux », déplore-t-il. Les auteurs lancent un appel à la lucidité : chaque famille juive doit « penser une solution personnelle, parce qu’on ne peut compter sur personne ». Car comme le rappelle amèrement Long, citant Arafat : « On s’occupe d’abord des Juifs, on s’occupera ensuite des chrétiens. » Ce livre-enquête dépasse le simple constat communautaire. Il interroge la capacité de la France à protéger ses minorités et à maintenir son modèle républicain face à des forces qui le contestent de l’intérieur. Les Juifs seraient-ils, une fois de plus dans l’Histoire, « le canari dans la mine » annonçant des bouleversements plus profonds ? La question reste ouverte, mais le signal d’alarme est lancé. I24news (2025)
L’Iran obtient de Trump le sauvetage du Hezbollah. En menaçant de rompre les négociations, le régime force les États-Unis à lier les mains d’Israël. (…) Le culot est toujours stupéfiant. L’Iran a violé à de multiples reprises le cessez-le-feu du 7 avril conclu avec les États-Unis en tirant des drones et des missiles sur des navires commerciaux, sur les forces américaines et sur des États du Golfe. Ces derniers jours, il a abattu un drone américain en eaux internationales et tiré des missiles balistiques sur les forces américaines au Koweït. Malgré tout cela, M. Trump a limité les réponses américaines à l’autodéfense et a insisté sur le fait que le cessez-le-feu tenait toujours. En réponse à la menace iranienne de mettre fin aux négociations, M. Trump a affiché une ligne dure. « Je me fiche qu’elles soient terminées », a-t-il déclaré à CNBC. « Franchement, je commençais à les trouver très ennuyeuses. » Mais les actes du Président montrent qu’il s’en soucie. Après de longs appels avec M. Netanyahu et des interlocuteurs libanais, lundi après-midi, M. Trump a annoncé un nouveau cessez-le-feu au Liban : « Ils ont convenu que tous les tirs cesseraient », a-t-il écrit sur Truth Social. Le Liban et Israël ont laissé entendre que l’accord n’était que partiel. Tant que le Hezbollah n’attaque pas le territoire israélien, Israël n’attaquera pas les terroristes à Dahiyeh, a déclaré M. Netanyahu. C’est une recette pour gérer le conflit, en le limitant au sud du Liban, où les deux camps s’attendent à continuer les combats. Cela suffit pour l’instant à Israël, qui a conquis des hauteurs stratégiques au Liban ces derniers jours et a besoin de temps pour mettre en place des défenses contre les drones à fibre optique. Mais la capitale du Hezbollah a une fois de plus été épargnée des conséquences des actions du groupe lui-même. L’Iran offre à son proxy un refuge. À tout moment, l’Iran pourrait ordonner au Hezbollah d’arrêter les tirs et de mettre fin à la guerre qu’Israël n’a aucune envie de mener. Au lieu de cela, il a encouragé les tirs du Hezbollah, afin de pouvoir rompre les négociations américaines quand Israël riposterait inévitablement avec force. Le régime a ici deux intérêts : protéger son proxy terroriste pendant qu’il attaque Israël, et résister aux modifications américaines au projet de mémorandum d’entente que nous avons révélé jeudi. Le régime iranien considère cela comme une seule et même guerre, et il teste M. Trump sur tous les fronts. S’il tire sur les forces américaines dans le détroit ou le Golfe, Trump essaiera-t-il encore de sauver le cessez-le-feu ? Et en cas d’attaques intensifiées contre Israël ? Et s’il prétend quitter les négociations ? Dans chaque cas, M. Trump a choisi d’éviter l’escalade et de continuer à parler. S’il ne change pas de message, il sera difficile d’obtenir que le régime respecte un accord, quelles que soient ses promesses actuelles. Wall Street Journal 
Vous vous demandez tous comment la République islamique tient encore debout, n’est-ce pas ? Pourquoi les Iraniens ne l’ont-ils pas encore renversée ? Et l’Iran, dont l’armée a été décimée, dont l’économie connaît une inflation de 115 %, dont le PIB a chuté de 70 milliards de dollars en quelques semaines, est assis en face des États-Unis lors de négociations de cessez-le-feu et ne se comporte pas comme un pays vaincu, mais plutôt comme un pays qui a encore des options et qui obtient ce qu’il veut. Comment arrive-t-il encore à être à la table avec l’un des meilleurs négociateurs du monde ? (…) La réponse n’est pas seulement une question de force militaire, ce à quoi nous pensons spontanément, car l’Iran n’en a plus vraiment beaucoup. C’est quelque chose de bien plus intéressant. Une stratégie de survie si délibérément construite pendant 47 ans que même une guerre de cette ampleur n’a pas pu la briser. (…) En observant ce conflit, nous avons mesuré les mauvaises choses. Nous comptons les installations détruites, les commandants tués, les missiles dégradés, l’effondrement économique, et nous concluons que l’Iran perd. Et sur ces critères, c’est absolument le cas. Ses défenses aériennes ont presque disparu. Son haut commandement militaire a été décapité. Ses services de renseignement sont anéantis. Saviez-vous que les renseignements américains et israéliens interceptent les ordres de l’état-major iranien et les lisent avant même qu’ils n’atteignent leurs propres commandants ? Cela a conduit l’unité de renseignement du CGRI et le ministère du Renseignement à être tellement rongés par la rivalité institutionnelle et la peur qu’ils se cachaient des informations mutuellement et se soupçonnaient d’être compromis. Alors que les États-Unis et Israël coopéraient avec une coordination parfaite de l’autre côté, la Russie construit maintenant ses propres drones parce que l’Iran ne peut plus les fournir. La Chine se diversifie pour s’éloigner du pétrole iranien. Le programme nucléaire a pris plusieurs années de retard selon toute mesure conventionnelle. C’est un pays qui devrait être fini. Mais l’Iran n’a jamais joué à ce jeu. Il ne l’a jamais vraiment fait. La République islamique a été construite autour d’une intuition stratégique dès ses tout premiers jours: vous n’avez pas besoin de gagner. Vous devez simplement survivre. Vous devez encore être debout quand la pression diminue, survivre à chaque administration, à chaque régime de sanctions, à chaque campagne militaire, à chaque moment d’attention internationale maximale, et être encore là, fonctionnel, quand le monde passe à la crise suivante. Le simple fait que le régime tienne encore debout, il le déclare comme une victoire, car la survie est la seule condition de victoire qu’il s’est jamais vraiment fixée. Cela semble simple, mais les implications sont énormes car chaque stratégie iranienne tourne autour de cette logique et explique tout ce qu’ils font en ce moment chez eux, à la table des négociations et aussi au Liban. Pour commencer, il faut comprendre comment ils ont survécu à la pression interne, ce sur quoi tout le monde en Occident comptait pour les faire tomber. Le peuple iranien va se révolter, renverser le régime. Les dirigeants occidentaux l’ont dit directement plusieurs fois, c’était leur plan, et pourtant ils ne sont pas tombés. 80 % de la population d’Iran s’oppose à ce gouvernement maléfique et pourtant il est construit pour rester au pouvoir assez longtemps pour survivre à tout. Le CGRI, les Gardiens de la Révolution, contrôlent plus de la moitié de l’économie iranienne entière : entreprises de construction, banques, importations, industrie manufacturière, contrats pétroliers. Et les 20 % qui soutiennent le régime ne sont pas seulement unis par leur engagement idéologique envers la République islamique. Ils sont unis par l’argent, les salaires, les promotions de contrats, les logements et les licences commerciales. Tout passe par la même institution qui dirige l’armée. L’effondrement du régime serait leur ruine financière. Ils tiennent donc la ligne non seulement parce qu’ils croient en la révolution, mais parce que la révolution est leur moyen de subsistance et ce serait leur ruine littérale si elle tombait. C’est leur architecture interne de survie, vraiment intelligemment pensée dès le début. Vous construisez un système où suffisamment de personnes ont suffisamment à perdre pour qu’elles fassent tout pour que le système continue, y compris réprimer les 80 % qui veulent sa disparition – et ils l’ont réprimée. (…) En janvier de cette année, les Iraniens sont descendus dans la rue dans ce qui est devenu la plus grande vague de protestations que la République islamique ait jamais connue. Le régime a tué au moins 42 000 personnes pour la réprimer. (…) Et la réponse du régime à ceux qui essayaient de protester a été de les tuer en nombre qui aurait fait tomber la plupart des gouvernements sur Terre. (…) Il est facile de se laisser absorber par « quelle sera la prochaine étape » et « y aura-t-il un accord ». Mais ce sont les Iraniens qui subissent réellement l’impact. Et nous ne devons pas oublier que le régime a imposé le plus long blackout internet national de l’histoire enregistrée : 88 jours. La connectivité est tombée à 4 % des niveaux normaux. Parce qu’avec un internet libre, le nombre de victimes causées par le régime serait connu du monde. Lorsque l’internet a été partiellement rétabli cette semaine, le jour même où les négociations de cessez-le-feu avançaient, le régime importait simultanément du matériel chinois pour construire une infrastructure de coupure permanente. La prochaine fois, il n’aura plus besoin d’improviser. Le fait qu’ils pensent déjà à la prochaine fois pendant les négociations vous dit tout. Ils savent parfaitement qu’un prochain round arrive et ils planifient d’être vivants et en pleine forme quand il arrivera. Les 80 % doivent rester séparés les uns des autres, incapables de compter leurs morts, incapables de s’organiser, incapables de montrer au monde ce qui leur arrive pour que le régime survive. Il existe un concept dans la tradition islamique appelé hudna, une trêve temporaire conclue délibérément quand on est trop faible pour gagner. Conçue spécifiquement pour acheter du temps afin de se reconstruire avant de reprendre. Le modèle vient de 628 après J.-C., quand les forces de Muhammad ne pouvaient pas gagner un affrontement direct. Il a accepté ce qui ressemblait à un accord de paix important, a utilisé la pause pour se regrouper, et a repris quand il était assez fort. Ce modèle est familier et a traversé la politique étrangère iranienne pendant des décennies sans interruption, et il a fonctionné à chaque fois. En 2003, l’Iran a été pris avec une installation nucléaire secrète, a accepté de suspendre l’enrichissement sous pression internationale. Le monde a soufflé. Deux ans plus tard, ils avaient repris. En 2015, l’JCPOA a été signé. La communauté internationale a célébré. L’Iran reçoit 150 milliards de dollars de levée de sanctions et utilise cette fenêtre pour financer le Hezbollah à 50 millions de dollars par mois, étendre les milices chiites en Irak et en Syrie, accélérer son programme de missiles plus vite qu’avant l’accord, et transformer la menace houthie au Yémen en quelque chose qui prendrait des années à démanteler. Chaque dollar de levée de sanctions est allé quelque part. Il est allé dans le réseau de proxies. Il est allé dans le long jeu. Cette semaine, Trump annonce l’accord qui est en grande partie négocié. Évidemment, cela continue de fluctuer. L’Iran l’appelle un cadre et clarifie immédiatement que les questions nucléaires ne font pas partie des négociations actuelles, que le détroit reste sous gestion iranienne et que la levée des sanctions est une position fixe. Les deux côtés annoncent le même accord et décrivent des accords complètement différents. En avril, l’Iran a accepté un cessez-le-feu conditionné à la réouverture du détroit puis l’a refermé en quelques heures, rendant la conformité dépendante de nouvelles exigences que Washington refuserait. Nous avons déjà vu cela, mais ce n’est pas seulement l’Iran. C’est une stratégie islamique. Quelques jours après qu’Arafat ait signé les Accords d’Oslo sur la pelouse de la Maison Blanche en 1993, il s’est adressé à un auditoire musulman à Johannesburg et a explicitement comparé Oslo à une hudna, une trêve à honorer seulement jusqu’à ce qu’il soit assez fort pour reprendre. Les diplomates occidentaux qui ont passé des années à travailler sur l’accord ont passé des années ensuite à nier que l’enregistrement était authentique parce qu’ils ne pouvaient pas affronter ce que cela signifiait. La hudna n’est pas une théorie ou une interprétation. C’est une stratégie documentée, utilisée ouvertement, que l’Occident continue de choisir de ne pas reconnaître. Et une dernière chose qui donne à ce moment tout son poids. (…) Voici maintenant l’élément qui prouve que cette théorie est correcte, que ce n’est pas une théorie du complot farfelue. Quand l’Iran a négocié le cadre de cessez-le-feu avec Washington, il a protégé le Liban. (…) Le ministre des Affaires étrangères iranien a écrit publiquement : « Les États-Unis doivent choisir le cessez-le-feu ou la poursuite de la guerre via Israël. Ils ne peuvent pas avoir les deux. » L’Iran a menacé de faire échouer tout le cadre de cessez-le-feu s’il n’était pas protégé dans ses termes. Le projet iranien incluait une déclaration de fin de guerre sur tous les fronts, y compris le Liban, pendant la durée des négociations. Cela signifie que l’Iran essaie d’utiliser les pourparlers de paix pour geler les opérations israéliennes contre le Hezbollah pendant que la diplomatie continue. Écoutez bien : l’Iran est à la table des négociations et exige que les négociations pour un accord de paix protègent le Hezbollah de la pression militaire. Alors que le Hezbollah tire simultanément des roquettes, se reconstruit et détruit le nord d’Israël. Il utilise la diplomatie pour protéger le supplétif pendant que le supplétif démontre que la diplomatie ne signifie rien pour lui. La table des négociations est utilisée pour protéger précisément ce qui rend la table des négociations inutile. Si vous suivez les infos israéliennes, vous avez vu que la guerre au nord contre le Hezbollah s’est intensifiée et a repris avec d’énormes quantités de roquettes tirées. Les restrictions sont revenues pour les civils qui vivent encore là. Et l’IDF avance plus profondément au Liban que quiconque ne l’attendait. C’est la raison pour laquelle le Liban est irremplaçable pour l’Iran. Et cela révèle tout sur la façon dont l’Iran pense. Le réseau de supplétifs de l’Iran n’a jamais été construit simplement pour mener des guerres. Il a été construit pour que l’Iran ne puisse jamais être totalement vaincu, car il y aura toujours plusieurs feux allumés à travers la région qu’aucune campagne militaire unique ne pourrait éteindre simultanément: le Hezbollah au Liban, les milices chiites incrustées en Irak, les Houthis au Yémen. Chacun construit différemment, incrusté différemment, chacun exigeant une solution militaire et politique complètement séparée pour le déloger. Le but n’était jamais qu’un supplétif unique gagne. Le but était qu’aucun ne puisse jamais être complètement éteint. Et le détroit d’Ormuz reste entre les mains iraniennes tout au long de cela – la carte géographique qu’aucune campagne de bombardements ne peut détruire – ce qui signifie que l’Iran a toujours quelque chose d’économique à négocier à n’importe quelle table, quel que soit l’état dévasté de son armée. Si vous vous sentez confus par tous les éléments différents que nous avons décrits, c’est exactement ça. L’Iran jongle avec tant d’entités différentes pour pouvoir les garder toutes sur la table des négociations et sait que même si l’une tombe, il y en a environ dix autres qu’il peut raviver, ce qui signifie que l’Iran survit. Le Liban est l’endroit où la stratégie des supplétifs a atteint sa forme presque achevée. Et la preuve n’est pas dans les armes. La preuve est en réalité dans le gouvernement libanais. L’Iran a passé 40 ans et 50 millions de dollars par mois à construire le Hezbollah non pas seulement comme une milice mais comme un État dans l’État. Il a sa propre économie et une aile politique siégeant au parlement libanais. Il a ses propres services sociaux et réseaux financiers tissés à travers les institutions libanaises si profondément que retirer le Hezbollah signifierait démanteler des éléments du Liban lui-même. Avant même que cette dernière guerre ne commence, Reuters avait confirmé que le Hezbollah dépensait ces 50 millions à reconstituer ses stocks de roquettes et à faire fonctionner ses propres usines d’armes sur le territoire libanais, se préparant au prochain conflit qu’il savait venir – se reconstruisant littéralement pendant le cessez-le-feu censé l’affaiblir. Un cessez-le-feu, rappelez-vous, que l’Occident a poussé intensément. Encore une fois, ils sont tombés dans la vision à court terme comme si un cessez-le-feu allait mener à autre chose qu’à la guerre suivante. C’est ce que l’histoire nous a montré encore et encore. Même si le Hezbollah rendait toutes ses armes demain, il conserverait encore la pleine capacité de se reconstruire à zéro parce que les armes ne sont jamais ce qui compte. Ce qui compte, c’est l’écosystème en dessous, et il est construit pour survivre et continuer même s’il ne gagne jamais. Le gouvernement libanais, d’ailleurs, le sait. L’armée libanaise a annoncé des plans de désarmement et ils en ont ri publiquement. Le ministre libanais des Affaires étrangères a déclaré que le Hezbollah ne rendrait pas ses armes sans une décision de l’Iran. Un État souverain ne peut pas retirer quelque chose que l’Iran a construit en lui pendant quatre décennies. Cette paralysie – un gouvernement qui a peur de son propre invité – est la vraie réussite iranienne. C’est ce que 40 ans de Hezbollah ont réellement construit. Ce n’est pas seulement un inventaire de missiles. C’est une présence permanente à l’intérieur d’un pays que le pays lui-même ne peut pas retirer. C’est un système tentaculaire qui se loge dans tant d’endroits différents que quand vous en retirez un, l’autre repousse simplement. Donc quand le Hezbollah tire des roquettes dans le nord d’Israël aujourd’hui – après avoir perdu toute sa direction, après avoir été frappé plus durement qu’à n’importe quel autre moment de son histoire – l’Iran envoie un message qui n’a rien à voir avec le résultat militaire de cet échange particulier. Il dit : nous sommes bombardés jusqu’à la ruine et nous pouvons encore vous atteindre à travers le territoire de quelqu’un d’autre, en utilisant la paralysie gouvernementale de quelqu’un d’autre comme rampe de lancement. Nous n’avonsjamais besoin de gagner. Nous n’avons simplement jamais vraiment perdre. Et en protégeant le Liban dans le cadre de cessez-le-feu de cette semaine, en exigeant que tout cessez-le-feu gèle les opérations israéliennes là-bas, l’Iran s’assure que le prochain round du Hezbollah aura un endroit d’où se reconstruire. Encore une fois, si par hasard la République islamique tombait, le Hezbollah est conçu pour se rallumer de lui-même. Et donc quand vous regardez tout ce qui se passe en ce moment – l’accord que les deux côtés décrivent différemment, l’internet rétabli le même jour où les négociations avancent avec du matériel chinois arrivant pour rendre la prochaine coupure permanente, le gouvernement libanais regardant impuissant le Hezbollah tirer depuis son territoire – vous ne regardez pas des histoires séparées. Vous regardez un seul organisme en train de faire une seule chose : garder les 20 % payés et loyaux pour que les 80 % restent à terre, acheter du temps par les négociations comme Khomeini l’a fait en 1988, buvant le calice empoisonné mais survivant et se reconstruisant. Et maintenant au Liban la preuve la plus claire que si vous construisez quelque chose assez profondément dans les institutions d’un autre pays, en utilisant chaque pause, chaque cessez-le-feu et chaque moment où le monde détourne le regard, même ce pays ne peut pas le retirer. Le peuple iranien n’est pas ce régime. Ce sont les 42 000 personnes tuées en janvier pour avoir demandé autre chose. Ce sont les femmes qui n’ont pas pu joindre leurs fils à l’étranger pendant trois mois parce que le régime avait besoin de cacher ce qu’il faisait. Ce sont les 80 % qui paient cette stratégie de survie de leur vie depuis 47 ans et qui méritent de vivre dans un pays qui construit autre chose que sa propre existence continue. Mais ils sont face à un système construit spécifiquement pour ne pas tomber – non seulement économiquement mais aussi militairement.Contrairement à d’autres régimes toujours concentrés sur la victoire, la République islamique ne se soucie pas de gagner. Elle se soucie de durer plus longtemps. Et c’est pourquoi le peuple iranien n’a pas encore réussi à le renverser, parce qu’il a été conçu pour survivre exactement à cela. Et c’est un enjeu crucial avec les négociations et les escalades au Liban. Ils ne reculent pas correctement et ne le feront jamais. Alors maintenant la question est : revenons-nous à des campagnes militaires qui nuisent à la république mais intensifient l’escalade avec le Hezbollah, ou tombons-nous dans les tactiques de négociation en espérant que la dissuasion fonctionne ? Dans les mots de Donald Trump, l’Iran ne gagne jamais une guerre, mais il ne perd jamais non plus une négociation. Meira K
Dans les couloirs de la diplomatie occidentale, le cessez-le-feu est salué comme le triomphe moral et stratégique ultime, un pont vital vers la désescalade et une période de refroidissement nécessaire destinée à faire passer les belligérants vers la négociation. Au Moyen-Orient cependant, particulièrement lorsqu’on traite avec des acteurs non étatiques islamistes et leurs sponsors étatiques, cette hypothèse libérale représente une erreur de catégorie profonde. Pour des organisations comme le Hamas, le Hezbollah et le régime iranien qui les finance et les dirige, un cessez-le-feu n’est jamais une marche vers la paix. Il fonctionne comme un instrument théologique et tactique profondément enraciné : la hudna. Pour comprendre pourquoi les interventions diplomatiques échouent systématiquement à produire la stabilité, les décideurs doivent examiner le cadre idéologique qui régit la guerre asymétrique islamiste. L’esprit stratégique occidental voit la guerre comme une interruption temporaire d’une paix normative. Le cadre islamiste, à l’inverse, fonctionne sur une vision du monde binaire qui interprète la paix comme une suspension temporaire, une simple pause opérationnelle, au sein d’une lutte continue et divinement mandatée. Le précédent historique est ancré dans le Traité de Hudaybiyyah en 628 après J.-C. Quand le Prophète Muhammad a conclu une trêve de dix ans avec la tribu quraish de La Mecque, ce n’était pas motivé par un désir de coexistence. C’était une pause stratégique calculée, utilisée pour consolider le pouvoir, forger des alliances et finalement conquérir la ville une fois que la vigilance de l’opposition s’était relâchée. Cela a établi un principe central dans la pensée militaire islamiste : un traité avec un adversaire n’est valable que tant que la faction musulmane opère en position de faiblesse relative. Dès que la force est régénérée, l’obligation de reprendre les hostilités revient. Quand les factions islamistes modernes acceptent une cessation des hostilités, elles ne se positionnent pas pour un règlement négocié. Elles exécutent une Hudaybiyyah modernisée. Pour ces groupes, un cessez-le-feu est simplement une phase de réarmement protégée par la diplomatie internationale, facilitant le réapprovisionnement des stocks de roquettes, la fortification des réseaux de tunnels et l’entraînement de nouvelles cadres militantes, tandis que la communauté internationale fournit involontairement un parapluie diplomatique contre une pression militaire supplémentaire. Nulle part cette dynamique n’est plus lourde de conséquences que dans l’effort diplomatique actuel pour négocier un arrangement de cessez-le-feu avec Téhéran. Les négociations américano-iraniennes actuelles, quelle que soit leur présentation, risquent de répéter l’erreur structurelle de l’JCPOA de 2015, qui a accordé à l’Iran une levée de sanctions et une légitimité internationale en échange de concessions nucléaires temporaires et réversibles. La direction cléricale iranienne ne voit pas de tels accords comme des engagements moraux contraignants. Elle les voit comme des instruments de soulagement tactique, à honorer sélectivement et à abandonner dès que le calcul stratégique change. Tout cadre de cessez-le-feu qui ne démantèle pas de manière permanente l’infrastructure nucléaire iranienne et ne coupe pas son pipeline financier vers les proxies régionaux finance simplement le prochain cycle d’agression. Pour Israël, ce n’est pas un débat théorique abstrait. C’est une réalité opérationnelle existentielle. La doctrine de défense israélienne reconnaît depuis longtemps qu’un cessez-le-feu imposé avant que le Hamas ou le Hezbollah ne soit démantelé organisationnellement ne produit pas la sécurité. Il produit un adversaire mieux armé. Chaque pause dans les hostilités depuis 2007 a été suivie d’une capacité offensive qualitativement améliorée sur les frontières d’Israël. Le massacre du 7 octobre a lui-même été rendu possible en partie par des années de « calme » supervisé internationalement pendant lesquelles le Hamas a transformé Gaza en une installation militaire fortifiée. Du point de vue de Jérusalem, accepter un arrêt prématuré des opérations n’est pas une concession à la diplomatie. C’est une concession à la prochaine atrocité. Ces trêves créent une asymétrie profonde qui favorise lourdement l’agresseur. Un État démocratique souverain, lié par le droit international humanitaire, est censé respecter parfaitement les termes de la trêve, tandis que les proxies islamistes exploitent avec expertise la zone grise, menant une attrition à bas niveau, sondant les défenses frontalières et repositionnant des actifs sous couvert de reconstruction civile. Le Hezbollah a utilisé la cessation négociée par l’ONU après la guerre de 2006 pour se transformer d’une milice locale en une armée régionale formidable. Le calme n’est jamais l’indice d’une idéologie qui s’adoucit. C’est le silence d’une usine de munitions. Si l’objectif politique est une stabilité régionale durable, le corps diplomatique doit abandonner l’hypothèse que le cessez-le-feu est un bien universel. Le réalisme stratégique dicte que la sécurité ne peut pas être construite sur les promesses d’acteurs qui instrumentalisent les traités comme des tromperies tactiques. La politique occidentale doit pivoter vers la dégradation totale des capacités militaires et de l’infrastructure idéologique des proxies islamistes et de leur parrain iranien. La paix ne naîtra pas d’une signature sur une page. Elle ne naîtra que de la défaite incontestable de l’idéologie qui voit la paix elle-même comme une vulnérabilité à exploiter. Amine Ayoub (2026)
Beni Sabti, expert de l’Iran à l’Institut israélien d’études sur la sécurité nationale, a averti que même lorsque l’Iran signale un intérêt pour un « cessez-le-feu », cela peut ne pas refléter la compréhension occidentale du terme. Il a pointé le concept de « hudna », le décrivant comme « un cessez-le-feu avec tromperie – ils s’arrêtent quand ils sont faibles, reconstruisent leur force, puis attaquent à nouveau, que ce soit contre Israël ou les États-Unis ». Sabti a ajouté que de telles pauses peuvent devenir « un cycle de violence qui ne finit jamais », motivé par des considérations idéologiques, et ne doivent pas être interprétées comme une fin réelle des hostilités. WFMD (1er avril 2026)

C’est la hudna, imbécile !

A l’heure où entre les lois d’airain de la démographie, un islam qui n’a toujours pas appris à vivre en minorité et un État toujours plus impuissant…
Et peut-être bientôt entre la valise et le cercueil
La situation de nos compatriotes juifs dans la capitale mondiale de la gastronomie cachère…
Devient de plus en plus précaire …
Devinez pourquoi …
Au Moyen-Orient la diplomatie ne peut jamais gagner…
Face à une stratégie d’État vieille de plusieurs siècles, justifiée religieusement, délibérément trompeuse …
Qui utilise systématiquement la diplomatie et les cessez-le-feu comme des pauses tactiques pour gagner du temps, se regrouper, se réarmer et améliorer ses capacités et son réseau de supplétifs dans plusieurs pays …
Autrement dit, les éléments mêmes qui rendent la diplomatie totalement inutile ?

Hudna: Why a Middle East ceasefire just means ‘reload’
Analysis: Western diplomacy misreads truces with Hamas, Hezbollah and Tehran, treating them as paths to peace while Islamist actors use them as tactical pauses to regroup, rearm and prepare the next round

In the corridors of Western diplomacy, the ceasefire is heralded as the ultimate moral and strategic triumph, a vital bridge to de-escalation and a necessary cooling-off period intended to transition belligerents toward negotiation.

Within the Middle East, however, particularly when engaging Islamist non-state actors and their state sponsors, this liberal assumption represents a profound category error. For organizations such as Hamas, Hezbollah and the Iranian regime that funds and directs them, a ceasefire is never a stepping stone toward peace. It operates as a deeply rooted theological and tactical instrument: the hudna.

The theology of the temporary

To understand why diplomatic interventions consistently fail to produce stability, policymakers must examine the ideological framework governing Islamist asymmetric warfare. The Western strategic mind views war as a temporary interruption of a normative peace. The Islamist framework, conversely, operates on a binary worldview that interprets peace as a temporary suspension, a mere operational pause, within an ongoing, divinely mandated struggle.

The historical precedent is anchored in the Treaty of Hudaybiyyah in 628 CE. When the Prophet Muhammad entered a ten-year truce with the Quraish tribe of Mecca, it was not driven by a desire for coexistence. It was a calculated strategic pause, utilized to consolidate power, forge alliances and eventually conquer the city once the opposition’s vigilance had waned.

This established a core tenet in Islamist military thought: a treaty with an adversary is valid only so long as the Muslim faction operates from a position of relative weakness. The moment strength is regenerated, the obligation to resume hostilities returns.
When modern Islamist factions agree to a cessation of hostilities, they are not positioning themselves for a negotiated settlement. They are executing a modernized Hudaybiyyah. To these groups, a ceasefire is simply a rearmament phase shielded by international diplomacy, facilitating the replenishment of rocket stockpiles, the fortification of tunnel networks and the training of new militant cadres, all while the international community inadvertently provides a diplomatic umbrella against further military pressure.
Nowhere is this dynamic more consequential than in the ongoing diplomatic effort to broker a ceasefire arrangement with Tehran.
Current U.S.-Iran negotiations, however framed, risk repeating the structural error of the 2015 JCPOA, which granted Iran sanctions relief and international legitimacy in exchange for temporary, reversible nuclear concessions. Iran’s clerical leadership does not view such agreements as binding moral commitments. They view them as instruments of tactical relief, to be honored selectively and abandoned the moment the strategic calculus shifts.
Any ceasefire framework that does not permanently dismantle Iran’s nuclear infrastructure and sever its financial pipeline to regional proxies simply funds the next cycle of aggression.
For Israel, this is not an abstract theoretical debate. It is an existential operational reality. Israeli defense doctrine has long recognized that a ceasefire imposed before Hamas or Hezbollah is organizationally dismantled does not produce security. It produces a better-armed adversary.
Every pause in hostilities since 2007 has been followed by a qualitatively upgraded offensive capability on Israel’s borders. The October 7 massacre was itself enabled in part by years of internationally supervised « calm » during which Hamas converted Gaza into a fortified military installation.
From Jerusalem’s perspective, accepting a premature halt to operations is not a concession to diplomacy. It is a concession to the next atrocity.
Realism over idealism
These truces engineer a profound asymmetry that heavily favors the aggressor. A sovereign democratic state, bound by international humanitarian law, is expected to adhere flawlessly to truce terms, while Islamist proxies exploit the grey zone expertly, conducting low-level attrition, probing border defenses and repositioning assets under the guise of civilian reconstruction.
Hezbollah utilized the UN-brokered cessation following the 2006 war to transform from a localized militia into a formidable regional army. The calm is never indicative of moderating ideology. It is the silence of a munitions factory.
If the policy objective is sustainable regional stability, the diplomatic corps must abandon the assumption that the ceasefire is a universal good. Strategic realism dictates that security cannot be constructed upon the promises of actors who weaponize treaties as tactical deceptions.
Western policy must pivot toward the total degradation of the military capabilities and ideological infrastructure of Islamist proxies and their Iranian patron.
Peace will not materialize from a signature on a page. It will only emerge from the unmistakable defeat of the ideology that views peace itself as a vulnerability to be exploited.
  • Amine Ayoub, a fellow at the Middle East Forum, is a policy analyst and writer based in Morocco.

Voir aussi:

Iran Gets Trump to Rescue Hezbollah
By threatening talks, the regime gets the U.S. to tie Israel’s hands.
The Editorial Board
The Wall Street Journal
June 1, 2026

Iran’s regime began Monday by throwing a wrench into negotiations with the U.S., and President Trump spent the rest of the day scrambling to satisfy Iran’s demand. The result is a new cease-fire in Lebanon, rescuing Hezbollah for the moment, though the terrorists didn’t abide by the first cease-fire for even a day.

Hezbollah began this war with Israel on March 2, firing on soldiers and civilian targets on the orders of its Iranian patrons. The first Lebanon cease-fire was announced April 17 after Iran’s regime had said Israeli retaliation against Hezbollah was preventing the reopening of the Strait of Hormuz. Mr. Trump pressured Israel and delivered the cease-fire, but Iran reneged on Hormuz—and its Hezbollah proxy kept firing.

Israel avoided attacking Hezbollah’s Dahiyeh stronghold in Beirut in reply, so as not to trouble U.S.-Iran negotiations. Hezbollah’s strikes intensified, reaching an average of 125 rockets and 49 drones fired at Israel each day last week. No country can live with that. On Monday Prime Minister Benjamin Netanyahu announced Israel would expand its retaliation to Dahiyeh. Israel issued an evacuation order for civilians.

Enter Iran. On Monday state media reported the regime had stopped exchanging messages with the U.S. owing to Israeli attacks in Lebanon. Iran’s Foreign Minister said they amounted to an American cease-fire violation.

The shamelessness is always striking. Iran has repeatedly violated its April 7 cease-fire with the U.S. by firing drones and missiles at commercial vessels, U.S. forces and Gulf states. In recent days it has downed a U.S. drone over international waters and fired ballistic missiles at U.S. forces in Kuwait. Through it all, Mr. Trump has limited the U.S. responses to self-defense and insisted the cease-fire still obtains.

In reply to Iran’s threat to end negotiations, Mr. Trump talked tough. “I don’t care if they’re over,” he told CNBC. “Frankly, I thought they started to get very boring.”

But the President’s actions suggest he does care. After long calls with Mr. Netanyahu and Lebanese interlocutors, on Monday afternoon Mr. Trump announced a new cease-fire in Lebanon: “They agreed that all shooting will stop,” he wrote on Truth Social.

Lebanon and Israel suggested the deal is only partial. As long as Hezbollah doesn’t attack Israeli territory, Israel won’t attack the terrorists in Dahiyeh, Mr. Netanyahu said. This is a recipe for managing the conflict, limiting it to southern Lebanon, where both sides expect to continue the fight.

This suffices for now for Israel, which won high ground in Lebanon in recent days and could use time to mount defenses against fiber-optic drones. But Hezbollah’s capital again has been spared the consequences of the group’s own actions. Iran is winning its proxy a refuge.

Anytime it wants, Iran could tell Hezbollah to stop shooting and end the war, which Israel has no desire to wage. Instead it encouraged Hezbollah’s fire, so it could cut off U.S. talks when Israel inevitably responded in force. The regime has two interests here: Protecting its terror proxy while it attacks Israel and resisting the U.S. changes to the draft memorandum of understanding that we reported on Thursday.

Iran’s regime sees this as one war, and it has been testing Mr. Trump on all fronts. If it fires on U.S. forces in the Strait or Gulf, will he still try to salvage the cease-fire? How about stepped-up attacks on Israel? How about claiming to quit negotiations? In each case, Mr. Trump has chosen to avoid escalation and keep talking. If he won’t send a different message, it will be difficult to get the regime to comply with a deal, no matter what it promises now.

Voir également:

The Oslo Deception – New Evidence
Itamar Marcus
Palestinian Media Watch
Sep 13, 2023

  • New testimony that Arafat never intended to make peace with Israel, by PA member of Parliament
  • Arafat planned “the two-state solution as a first stage”
  • Arafat: “You will see the Jews fleeing from Palestine like mice fleeing from a sinking ship”

As the 30th anniversary of the signing of the Oslo Accords on September 13 is nearing, Palestinian Media Watch has uncovered yet another statement by a Palestinian leader who admitted, or more correctly, bragged, that PLO leader Yasser Arafat successfully deceived the Israeli leadership into signing a peace agreement that he had no intention of fulfilling. According to PA Parliament Member Munib Al-Masri Arafat’s intention from the first day, was that the Accords would be another step in his stages plan to destroy all of the State of Israel.

In a recent interview, Al-Masri explained that Arafat told him to relax when he was upset over the Accords. Arafat confided in him that his intention was only to sign the agreement as “a temporary solution.” He only intended “the two-state solution as a first stage”:

PA Parliament Member Munib Al-Masri: “When [former PA President] Yasser Arafat presented the two-state solution at Oslo, I was very angry at him, because it said 22% for the Palestinians and the rest for the Israelis. I came to him in Tunis, and he told me: ‘[Calm] down.’ Our thought in all this was the two-state solution as a first stage, until the Arabs learn-”

Falestinona host: “A temporary solution.”

Munib Al-Masri: “A temporary solution, until [the Palestinians] will live comfortably and are satisfied, and there will be the right of return and the like, and we will live in one democratic state (i.e., in place of Israel).”

[Falestinona, Fatah’s Information and Culture Commission in Lebanon, YouTube channel, May 24, 2023]

PMW has exposed many testimonies of people close to Arafat confirming that Arafat was deceitful and that he was never a sincere peace partner for Israel. Already in 1994, right after signing Oslo, Arafat compared the agreement to Islam’s prophet Muhammad’s Hudaybiyyah peace treaty – a 10-year truce between Muhammad and the Quraish Tribe of Mecca, which Muhammad broke two years later when he attacked them and conquered Mecca:

Yasser Arafat: “This agreement, I am not considering it more than the agreement which had been signed between our Prophet Muhammad and Quraish, and you remember the Caliph Omar had refused this agreement and considered it “Sulha Dania” [a despicable truce]. But Muhammad had accepted it and we are accepting now this [Oslo] peace accord.”

[Speech in Johannesburg, private recording, May 10, 1994]

Palestinian journalist and editor Abd Al-Bari Atwan who met with Arafat when he was in exile in Tunis also confirmed that Arafat told him that he merely wanted to use the Oslo Accords as a way to bring back “the PLO and the resistance” to “Palestine” – in other words: a way to return terror to Israel:

“I remember that he [former PLO and PA President Yasser Arafat] took me aside when we left his office in the Jugurtha neighborhood of Tunis – on the pretext of going out for a walk and in order to get away from the listening devices – and he told me: ‘I want to tell you something that I ask you not to note or attribute to me, except after my death.’ He let out a sigh and said: ‘I am entering Palestine through the door of Oslo, despite all my reservations, in order to return the PLO and the resistance to it, and I promise you that you will see the Jews fleeing from Palestine like mice fleeing from a sinking ship. This will not happen in my lifetime, but it will happen in your lifetime.’”

[Rai Al-Youm, independent Arab news website, Sept. 13, 2018]

One of the clearest enunciations that Oslo’s purpose was to facilitate terror was reported by PMW just months before Arafat launched the terror Intifada in 2000, and it was articulated by a PA government minister:

“The Palestinian people accepted the Oslo Accords as a first step and not as a permanent settlement, based on the premise that the war and struggle in the land is more efficient than a struggle from a distant land (i.e. Tunisia) … the Palestinian people will continue the revolution until they achieve the goals of the ‘65 revolution… (i.e., destruction of Israel).” [Abd Al-Aziz Shahin, PA Minister of Supplies, Al-Ayyam, May 30, 2000].

PA Minister Shahin could not have been more explicit about Oslo’s goal being increased terror. The PLO had trouble directing terror from Tunisia and signed the Olso Accords to facilitate PLO terror. The terror that has plagued Israel for the last 30 years was facilitated by Israel when it agreed to creating the Palestinian Authority.

An even earlier promise of terror came from the top of the PA leadership. Already in 1996, Nabil Shaath, chief PLO negotiator for the Oslo Accords, assured Palestinians that the automatic rifles that Israel gave the PA police would be turned against Israelis. “This is the strategy… If and when Israel says ‘enough,’ namely – ‘we won’t discuss Jerusalem, we won’t return refugees, we won’t dismantle settlements, we won’t withdraw to the [1967] borders,’ in that case we will return to violence. But this time, it will be with 30,000 armed Palestinian soldiers and in a land with elements of freedom.” [Private recording of Shaath meeting, exposed by PMW, Jan. 15, 1996]

Israelis look at the great tragedies that were enabled by the Oslo Accords, including more than 2,000 Israelis murdered in three decades of Palestinian terror with no end in sight, and categorize the Oslo Accords as a monumental failure, while the Palestinians look at the terror and have been hailing Oslo as a success for that exact reason. Ziyad Abu Ein, then PA Deputy Minister of Prisoners’ Affairs explained:

“Oslo is the effective and potent greenhouse which embraced the Palestinian resistance. Without Oslo, there would never have been resistance. In all the occupied territories, we could not move a single pistol from place to place. Without Oslo and being armed through Oslo… we would not have been able to create this great Palestinian Intifada.”

[Al-Alam TV (Iran), July 4, 2006]

Another Fatah leader said the same in different words. Sultan Abu Al-Einein, then member of the Fatah Central Committee and subsequently an advisor to Abbas explained:

“The arms (i.e., more than 40,000 rifles) that were used against the Israeli enemy in Gaza and in other places were brought [into the PA] in accordance with [the Oslo] Accords. When we refer to the negative aspects of the Oslo Accords, we should also look at their other aspects.”

[Al-Quds TV, April 6, 2009]

Oslo was a trap that has fundamentally changed Israel’s security predicament until today. For the PLO, the Oslo Accords were an overwhelming success at facilitating terror. For Israel, the Oslo Accords didn’t fail – the peace process Israel imagined never even existed.

Voir par ailleurs:

The Art of the Deal Is Not the Art of War
Does Trump’s negotiating technique stand up to scrutiny? His 1987 best seller Trump: The Art of the Deal provides some guidance.
George Wu
Chicago Booth Review
August 15, 2016

For Donald Trump, deal making is more than an activity. It shapes his identity—he boasts that he was born with the negotiator’s mind-set—and is a central part of his pitch to be the next president of the United States.

But does Trump’s negotiating technique stand up to scrutiny? And how would his style of negotiating extend to the realm of international relations or to showdowns with representatives of Congress? His 1987 best seller Trump: The Art of the Deal provides some guidance. Although I have taught negotiation to MBA students for more than 20 years, I confess that I had not read the book until recently

It opens with a good sense of how much Trump both enjoys negotiating and views it as his very essence. “I don’t do it for the money,” he writes. “I’ve got enough, much more than I’ll ever need. I do it to do it. Deals are my art form.”

He has hammered this theme on the campaign trail, attacking the Obama administration for its weakness in dealing with other countries, in particular for being soft on China when it comes to trade and allowing Iran to hoodwink the west on its nuclear ambitions. If he were elected president, things would be very different, he suggests. We’d have an experienced deal maker in the White House.

I am agnostic about whether or not Trump is a master deal maker. But even Trump doesn’t actually know how good a negotiator he is. Few professionals know that about themselves. That’s because, unlike students in the classroom negotiation exercises that I teach in my MBA classes, we don’t really get much feedback about how well we perform in negotiations in our daily lives.

Consider business deals. If corporate leaders strike an agreement, they don’t then sit down for an open and honest postmortem that might reveal if the deal could have been better for one of them. In a merger, for instance, no one really knows the other side’s bottom line: the target company might have accepted a lot less, and the acquiring company might have paid a lot more, but we cannot be sure how much more, since such information remains confidential. And perhaps a different deal structure would have produced value for both the buyer and the seller.

The result is that it’s very easy to walk out of a negotiation telling yourself that you are a much better negotiator than you really are. It’s self-reinforcing: people who think they’re good negotiators persist in believing just that. If you failed to strike an agreement, you conclude that no deal was possible. If the deal netted you $20 million more than walking away, it seems self-evident that that’s the best you could have achieved. Research I have conducted with Duke’s Richard Larrick suggests exactly this. Negotiators walk out of a negotiation believing that they have claimed 65 percent of the pie. The correct answer should be 50 percent, unless you live in Lake Wobegon.

Self-defined “good negotiators” tend to ascribe their success to their traits—being aggressive, talking a lot, being a good listener, or whatever else they think contributed to their success. But playing up any of those traits in future bargaining may not be a good idea.

Indeed, having one set negotiating style can backfire. There are behaviors that are clearly important for good negotiating, but the problem is that those behaviors change across negotiations. One way of behaving can be effective in one negotiation, but ineffective in another setting. Some negotiations are about listening. Some require you to be more aggressive. Some are about being analytical. Some are exercises in creativity. Some are about developing good relationships.

It is probably no surprise that Trump’s overall tone in The Art of the Deal is pugnacious. One of his key pieces of advice is to “Fight back.” He casts negotiation as a zero-sum game, with a clear winner and a clear loser.

But like any approach to negotiation, that attitude only works some of the time. It may be successful if you’re trying to drive a hard bargain in a pure price negotiation. But it may fall flat if the negotiation requires that one party really listens to the other, that they collectively try to solve a problem, or that they figure out how to craft imaginative trades.

The pugnacious tone also points to a big missing piece in The Art of the Deal as a primer for negotiation: the lack of any discussion about the role of relationships in negotiation and the process of discovering joint gains. Relationships are critically important in negotiations, because in most important business situations, the final agreement or contract just defines the potential value of a deal. The ultimate value requires implementing the deal, and that depends on people’s ability to work together.

To be fair to Trump, it’s possible to go too far in stressing the importance of relationships. Sometimes people do so much to preserve a professional relationship that they give everything away. It is perfectly possible to be tough and also negotiate with the sort of integrity and respect that helps build and preserve business relationships.

Another danger of treating every negotiation as a zero-sum game is that you may gain in the short run while sacrificing greater gains in the longer run. A common negotiating trick in this regard is the pretend mistake. It works like this: after two people strike a deal, one says he has to check his calculations, and on doing so, admits that he made a mistake and apologizes. “But if you could throw in free shipping,” he continues, “we still have a deal.”

It’s a great trick, one that people use because it often works in the short run. But in the longer run, it could be exposed as a deceptive technique that threatens to destroy a relationship. Driving a hard bargain is like a sugar high: the thrill doesn’t last, and the long-term effects are harmful.

Because there is no single format for negotiations, it’s hard to think about a simple recipe for being a good negotiator. And yet Donald Trump claims to have such a recipe. In The Art of the Deal, he offers 11 tips to make you a better negotiator. Some of these tips are sensible, but obvious and well known. Others are suspect, vague, and unsubtle. (See Should you take Trump’s advice? for a tip-by-tip look at Trump’s pointers.)

Even the idea of offering negotiating tips goes against one of Trump’s own maxims in The Art of the Deal: that great negotiators are born, not made. He writes,

More than anything else, I think deal-making is an ability you’re born with. It’s in the genes. I don’t say that egotistically. It’s not about being brilliant. It does take a certain intelligence, but mostly it’s about instincts. You can take the smartest kid at Wharton, the one who gets straight A’s and has a 170 IQ, and if he doesn’t have the instincts, he’ll never be a successful entrepreneur.

For Trump, then, bargaining is less about being smart than about using your instinct. I take issue with the idea that good negotiators are born, not made. Even if we can agree that better-tuned instincts can make you a better negotiator, it’s also true that some instincts keep you from improving as a negotiator. Consider sports. Success for athletes often means finding the right coach to help them overcome instincts and improve technique. The same is true of professionals. Psychological science has documented many biases and cognitive traps that individuals can avoid through training or improved decision processes.

Even if Trump does believe—as many universities, and business schools in particular, long have—that negotiating skills can be taught, his instruction to aspiring deal makers tends toward the abstract. He writes, for example, that “leverage often requires imagination, and salesmanship.” While that may be valid (if somewhat intuitive and even obvious), it is pretty empty advice without any sense of what it is we need to imagine and sell. What are the sources of leverage in negotiations? How do we use them? Many sources of leverage are not immediately obvious, yet Trump offers nothing to help the reader figure out how to identify them.

If you enter a negotiation feeling as if you have leverage, it’s more likely to turn out well for you than if you feel that you’re powerless. More importantly, though, it’s critical to think about what you need to do to make it seem that you are more powerful than the other party, whether or not that is accurate. In many ways, leverage is the perception that the other side is in a weaker position. It’s about perception and not necessarily reality. Mastering the issue of leverage entails understanding how psychology can be harnessed to effectively shape your counterpart’s perceptions. That sort of preparation requires a deep understanding of the situation, the people involved, and psychology.

For example, in my MBA class, I tell students that one source of leverage in bargaining is recognizing why “negotiation traps” work. Consider two people haggling over a price. The buyer says “$29,” and the seller responds, “$30.” Now imagine that the buyer says, “Let’s split the difference—$29.50,” and the seller replies, “Can’t do that. But I can if we split the difference again—$29.75.” In many cases, that trick works, and the buyer caves in. Many of my students confess that they would cave, too. When I probe why, two things always come up. First, people give in because there’s not much money involved. What’s an extra quarter? Secondly, people are tired, and they want to get the deal done. At that point, I stop the discussion and ask, “You’re tired. What else is true?” Eventually, but not immediately, someone interjects that the person who used the trick is also tired. One tired person has turned his exhaustion into leverage, knowing that his negotiating partner is just as eager to be done. After the debrief, my MBAs realize that in such cases, the spotlight can be shone the other way as well. There are lots of similar examples of nonobvious sources of leverage.

Trump has clearly built a business empire, apparently on the notion that all negotiations are tug-of-war battles for money, resources, and power. Whether such an approach would work well in the Oval Office is now up to American voters.

George Wu is John P. and Lillian A. Gould Professor of Behavioral Science at Chicago Booth.

Voir enfin:

Thomas Schelling’s Theories on Strategy and War Will Live On
Liam Collins and Lionel Beehner
Modern War Institute
12.16.16

Last month the Modern War Institute convened a conference with more than sixty government, academic, business, and military leaders to discuss “Deterrence in the 21st Century.” Central to all discussions was the deterrence theory laid out in Thomas Schelling’s Arms and Influence. So it is with great sadness that we say farewell to Schelling, who passed away on December 13. Beyond mutually assured destruction and his “mad man” theory, Schelling was instrumental in using game theory to map out human and state behavior in a world of rational actors. Moreover, he was one of the intellectual fathers of strategic deterrence. While the subject has virtually disappeared from policymakers’ discourse on national security and playbooks on military planning, that does not mean that his ideas are not still applicable in a world that is vastly different than the Cold War era.

Writing exactly fifty years ago, at the height of the Brezhnev era and with American forces bogged down in Vietnam, he described the diplomatic use of violence or coercion as a way to change the behavior of adversaries. If Clausewitz introduced the notion that war is a continuation of policy by other means, Schelling popularized the notion that risk is also an instrument of policy. He noted that the problem with the tools of modern warfare is that it is difficult to secure one’s political objectives solely with military force, thus putting the onus on state leaders to know how to use force persuasively, to, in effect, cajole opponents to concede out of fear of potential military retaliation—or what game theorists describe as the “manipulation of risk.”

“The power to hurt is bargaining power,” Schelling wrote. “To exploit it is diplomacy, vicious diplomacy, but diplomacy.” A glance around the globe would suggest American bargaining power is dwindling because today’s adversaries no longer subscribe to the same cost–benefit philosophy of our previous enemies, who arguably were more rational. As an Israeli military specialist told The Economist, “Deterrence needs an address.”

There is a new quality to today’s and tomorrow’s adversaries, which appear less interested in seizing territory than in sowing some level of chaos, confusing people, undermining America’s system of values, norms, and international order. In a world in which the differentiation between war and peace is difficult to ascertain, where norms of warfare are constantly shifting, this makes crafting smart policy more challenging and our adversaries less easy to deter in any kind of conventional sense. While the United States has struggled to develop strategies to deter modern adversaries, the opposite is not true. States like North Korea and Iran seek nuclear weapons because they believe them to be an effective deterrent against U.S. force.

Deterrence, at its heart, is not about war. It is, as Schelling noted, the “art of coercion and intimidation.” It is about credibly signaling the power to hurt and inflict pain on a potential adversary as a way to avoid ever having to fire a bullet. If we have to send in the 82nd Airborne, we know that deterrence failed. In the case of Iraq, it is now known that deterrence was working and Iraq was not actively pursuing “weapons of mass destruction,” but the United States was too quick to turn to war. Was this an intelligence failure or a failure to apply Schelling’s deterrence theory? Like most game theorists, Schelling provides a useful construct, but discussing theory in the classroom and applying it to international politics are not the same and he provides no checklist to know if deterrence is actually working.

Arguably the twenty-first century will not look like the era of Pax Americana and some might suggest that Schelling’s theories should be retired. Today’s world is too unpredictable and multipolar. Our enemies today are not rational in the same sense as those of yesterday. American schoolchildren no longer carry out nuclear bomb drills, they now carry out active-shooter drills, a function of lone-wolf gunmen inspired by groups like ISIS. And yet arguably some things have not budged an iota since 1966. The foundation of the international system is still arguably one of realism—whereby states strive for survival, and balance to achieve this goal. But realists argue we should care less about states’ intentions, which are fickle and hard to interpret or predict, than capabilities, both latent and real—specifically material capabilities, like the number of tanks, troops, and a country’s size—which tend to be more consistent and indicative of current threats.

Deterrence is also about resolve. As Schelling tells us, it is all about divining one’s intentions, not only those of the enemy but our own, which in turn shape the adversary’s. “Nations,” he wrote, “have been known to bluff; they have also been known to make threats sincerely and change their minds when the chips are down.” The single biggest challenge we face is our inability to read our adversaries’ intentions—from Russia’s weaponization of cyber-espionage to China’s militarization of man-made islands in the disputed South China Sea.

Schelling’s wisdom might mainly appeal to military strategists but his game theoretical concepts reflect human decision-making in everyday life. Consider his advice on “focal points.” If you and your friend ever get lost in New York City without establishing a time and place to meet, this problem is easy to solve: meet at the Grand Central clock tower at noon. Focal points, he wrote, refer to “each person’s expectation of what the other expects him to expect to be expected to do.” Another parable of Schelling’s was the image of having oneself ankle-chained to another person, teetering close to the edge of a cliff. How do you get your partner to capitulate, if the only way to push him off the cliff virtually guarantees your death? Dance closer to the edge of the cliff.

Schelling’s wisdom has encouraged generations of new scholars to apply the strategic thinking of game theory to war-making. As we contemplate ways to respond to, say, Russia’s alleged hacking of the Democratic National Committee, interference in our elections, and invasion into Ukraine, the writings of Schelling should be informing policymakers’ basket of options. The world of strategy has lost one of its great thinkers


Iran: Notre maison pourrait enfin guérir et nous regardons ailleurs ! (Guess who just because of the doctor’s obvious failings… completely ignores the Arab world’s views at this properly Copernican moment when the Middle East and the world could finally before its nuclearization be getting rid of nearly five decades of the Iranian curse ?)

14 avril, 2026

Listen up triggered people ‼️ Nick Adams made this, so stop and besides Jesus gave us the power to heal in HIS name. So take it up with Jesus. Or you couldImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImageImage

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Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres ! Esaïe 5:20
Nous l’avons tenu pour frappé, battu de Dieu et humilié. Mais il a été transpercé à cause de nos transgressions, écrasé à cause de nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Esaïe 53:5-8 (VIIIe–VIe siècle av. J.-C.)
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. Psaumes 118:22 (500–300 av. J.-C.)
Il est de notre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11:50, 30 apr. J.-C.)
Le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. Jésus (Jean 15:20, 30 apr. J.-C.)
La vertu elle-même devient vice quand elle est mal appliquée et le vice parfois par l’action est dignifié. Shakespeare (Roméo et Juliette, II, 3, 1595)
Nous apprenons aussi de tels exemples que la différence entre la vertu et le vice est bien moins radicale que nous ne voulons le croire. Parfois, la bonté la plus efficace… est exercée par ceux qui se sont déjà compromis avec le mal, ceux qui sont membres de l’organisation même qui a lancé la balle vers l’abîme. D’où une contradiction étrange et frustrante : la bonté absolue est souvent étonnamment inefficace, tandis que la bonté compromise, éclatée et ambiguë, celle qui est touchée et souillée par le mal, est la seule qui puisse fixer des limites au meurtre de masse. Et si le mal absolu se définit en effet par son unidimensionnalité constante, cette sorte de méchanceté plus banale, la plus répandue, contient aussi en elle-même des graines de bonté qui peuvent être stimulées et encouragées par l’exemple des quelques habitants de ces régions inférieures qui ont pu en venir à reconnaître leur propre potentiel moral. Omer Bartov (2001)
Aux États-Unis, les plus opulents citoyens ont bien soin de ne point s’isoler du peuple ; au contraire, ils s’en rapprochent sans cesse, ils l’écoutent volontiers et lui parlent tous les jours. Ils savent que les riches des démocraties ont toujours besoin des pauvres et que, dans les temps démocratiques, on s’attache le pauvre par les manières plus que par les bienfaits. La grandeur même des bienfaits, qui met en lumière la différence des conditions, cause une irritation secrète à ceux qui en profitent; mais la simplicité des manières a des charmes presque irrésistibles : leur familiarité entraîne et leur grossièreté même ne déplaît pas toujours. Ce n’est pas du premier coup que cette vérité pénètre dans l’esprit des riches. Ils y résistent d’ordinaire tant que dure la révolution démocratique, et ils ne l’abandonnent même point aussitôt après que cette révolution est accomplie. Ils consentent volontiers à faire du bien au peuple ; mais ils veulent continuer à le tenir à distance. Ils croient que cela suffit ; ils se trompent. Ils se ruineraient ainsi sans réchauffer le coeur de la population qui les environne. Ce n’est pas le sacrifice de leur argent qu’elle leur demande; c’est celui de leur orgueil. Tocqueville
J’ai toujours pensé que le président pouvait faire beaucoup pour changer les images. S’il se rendait dans les toilettes publiques du Capitole et que les caméras de télévision le filmaient en train de nettoyer les toilettes et de dire « Pourquoi pas ? Il faut bien que quelqu’un le fasse ! », ça ferait beaucoup pour le moral des personnes qui font le merveilleux travail de garder les toilettes propres. Je veux dire que c’est une chose merveilleuse qu’ils font. Le président dispose d’un potentiel publicitaire considérable qui n’a pas été exploité. Il devrait s’asseoir un jour et dresser une liste de toutes les choses que les gens sont gênés de faire et qu’ils ne devraient pas être gênés de faire, puis les faire toutes à la télévision. (…) Ce qui est formidable dans ce pays, c’est que l’Amérique a lancé la tradition selon laquelle les consommateurs les plus riches achètent essentiellement les mêmes choses que les plus pauvres. Vous pouvez regarder la télévision et voir du Coca-Cola, et vous pouvez savoir que le Président boit du Coca, que Liz Taylor boit du Coca, et vous dire que vous pouvez boire du Coca aussi. Un Coca est un Coca et aucune somme d’argent ne vous permettra d’obtenir un meilleur Coca que celui que boit le clochard au coin de la rue. Tous les Cocas sont les mêmes et tous les Cocas sont bons. Liz Taylor le sait, le président le sait, le clochard le sait et vous le savez. En Europe, la royauté et l’aristocratie mangeaient beaucoup mieux que les paysans – ils ne mangeaient pas du tout la même chose. C’était soit de la perdrix, soit la bouillie, et chaque classe s’en tenait à sa propre nourriture. Mais quand la reine Élisabeth est venue ici et que le président Eisenhower lui a acheté un hot-dog, je suis sûr qu’il était convaincu qu’elle n’aurait pas pu se faire livrer à Buckingham Palace un meilleur hot-dog que celui qu’il lui avait acheté pour 20 cents au stade. Parce qu’il n’y a pas de meilleur hot-dog qu’un hot-dog de stade. Elle n’aurait pas pu obtenir un meilleur hot-dog pour un dollar, dix dollars ou cent mille dollars. Elle pourrait en avoir un pour vingt cents et n’importe qui d’autre. Parfois, vous vous imaginez que les gens qui sont vraiment là-haut, riches et qui mènent la grande vie ont quelque chose que vous n’avez pas, que leurs choses doivent être meilleures que les vôtres parce qu’ils ont plus d’argent que vous. Mais ils boivent les mêmes cocas, mangent les mêmes hot-dogs, portent les mêmes vêtements de l’ILGWU, regardent les mêmes émissions de télévision et les mêmes films. Les riches ne peuvent pas voir une version plus stupide de Vérité ou Conséquences, ou une version plus effrayante de L’Exorciste. Vous pouvez être tout aussi révolté qu’eux, vous pouvez faire les mêmes cauchemars. Tout ça est vraiment américain. L’idée de l’Amérique est si merveilleuse parce que plus une chose est égale, plus elle est américaine. Par exemple, beaucoup d’endroits vous accordent un traitement spécial quand vous êtes célèbre, mais ce n’est pas vraiment américain. L’autre jour, il m’est arrivé quelque chose de très américain. Je me rendais à une vente aux enchères chez Parke-Bernet et on m’a refusé l’entrée parce que j’avais mon chien avec moi, j’ai donc dû attendre dans le hall l’ami que j’avais rencontré pour lui dire qu’on m’avait refusé l’entrée. Et pendant que j’attendais dans le hall, j’ai signé des autographes. C’était une situation vraiment américaine. Andy Warhol
Mahomet s’est établi en tuant ; Jésus-Christ en se faisant tuer. Mahomet en interdisant de lire ; Jésus-Christ en commandant de lire. Bref, ces choses sont si contraires que si Mahomet a pris la voie humaine pour réussir, Jésus-Christ a pris la voie humaine pour périr. Et au lieu de conclure que, puisque Mahomet a réussi, Jésus-Christ aurait bien pu réussir, il faut dire que puisque Mahomet a réussi, le christianisme devait périr s’il n’avait été soutenu par une puissance tout à fait divine. Blaise Pascal
Il y a en effet un autre tabou : une relation particulière entre l’islam et la violence. À son origine, Mahomet était un chef religieux et militaire qui est allé de succès en succès par les armes, alors que Jésus était un homme solitaire et persécuté dont la seule arme était la parole. Cette ambiguïté persiste avec la présence de nombreux versets dans le Coran appelant au meurtre des non-musulmans — versets sans équivalent dans les textes judéo-chrétiens. Il en résulte une asymétrie fondamentale : les religions chrétiennes ont été sanglantes et meurtrières quand elles se sont éloignées de leurs textes, alors que l’islam l’a été quand il s’est rapproché des siens. Éric Conan
La condition préalable à tout dialogue est que chacun soit honnête avec sa tradition. (…) les chrétiens ont repris tel quel le corpus de la Bible hébraïque. Saint Paul parle de » greffe » du christianisme sur le judaïsme, ce qui est une façon de ne pas nier celui-ci . (…) Dans l’islam, le corpus biblique est, au contraire, totalement remanié pour lui faire dire tout autre chose que son sens initial (…) La récupération sous forme de torsion ne respecte pas le texte originel sur lequel, malgré tout, le Coran s’appuie. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
Le christianisme (…) nous a fait passer de l’archaïsme à la modernité, en nous aidant à canaliser la violence autrement que par la mort.(…) En faisant d’un supplicié son Dieu, le christianisme va dénoncer le caractère inacceptable du sacrifice. Le Christ, fils de Dieu, innocent par essence, n’a-t-il pas dit – avec les prophètes juifs : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice » ? En échange, il a promis le royaume de Dieu qui doit inaugurer l’ère de la réconciliation et la fin de la violence. La Passion inaugure ainsi un ordre inédit qui fonde les droits de l’homme, absolument inaliénables. (…) l’islam (…) ne supporte pas l’idée d’un Dieu crucifié, et donc le sacrifice ultime. Il prône la violence au nom de la guerre sainte et certains de ses fidèles recherchent le martyre en son nom. René Girard
Un dialogue qui veut dire s’entendre sur des formules chèvre-chou où les deux côtés prennent les mêmes mots dans des sens opposés, n’a pas d’avenir. (…) Si dialoguer signifie négocier pour qu’on vous tolère une place pas trop mauvaise, c’est-à-dire pour qu’on vous laisse disparaître en douceur, alors ce sont les chrétiens qui n’ont pas d’avenir. Rémy Brague L’Islam se concevant lui même comme un post-christianisme le dialogue théologique est problématique, voir impossible. La Torah et l’Evangile sont pour eux des livres virtuels: ce ne sont pas ceux que nous lisons et qui auraient été trafiqués. Ils utilisent des notions qui nous sont familières, Jésus ou l’Evangile, mais qui n’ont pas le même sens. (…) Pour le musulman le christianisme est plutôt une religion dépassée qui suscite tantôt le mépris sympathique que l’on a envers un vieil oncle un peu gâteux, tantôt quelque chose de plus acide: mais rarement la curiosité. C’est à l’intérieur même du Coran que cela se passe, ou l’on peut y trouver une infinité d’éléments d’origine biblique remaniés. Or le dogme en islam c’est que la Coran n’a pas d’autre origine que Dieu. Il ne peut être l’expression d’un héritage. L’islam se pense sur le modèle du don qui englobe l’avenir. D’où des aspects caricaturaux. A chaque fois que la science découvre quelque chose, un livre paru au Caire ou à Beyrouth explique que la biologie moléculaire était déjà dans le Coran… De fait il ne peut y avoir de rencontre avec l’autre que si nous savons qui nous sommes. Or qui sommes-nous nous que ne sommes même pas capables d »assumer les racines chrétiennes de l’Europe? Croire comme certains que c’est en disant que nous ne sommes plus chrétiens du tout que nous allons gagner la sympathie des fondamentalistes est une sottise. (…) Gouguenheim ne dit d’ailleurs pas que les Arabes ne nous ont rien apporté, il dit qu’ils nous ont apporté moins que ce que l’on croit. Il s’est mis en colère contre cette idée qui tient le haut du pavé d’un certain milieu médiatique selon laquelle nous « devons tout » aux Arabes. Cela va jusqu’à des légendes invraisemblables. Par exemple: le roi du Maroc a lors d’un discours au festival de musique sacrée de Fez affirmé que le pape Sylvestre II avait, au Xe siècle, appris les mathématiques à l’université de Fez! Répandue dans les guides touristiques et sur Internet cette affirmation est fausse. Rémy Brague
Plus de 388 millions de chrétiens subissent un niveau élevé de persécution et de discrimination pour leur foi. C’est un chrétien sur sept dans le monde. Open Doors
Le nombre total de chrétiens tués pour leur foi est passé de 4 476 dans la WWL 2025 à 4 849 dans la période couverte par la WWL 2026. La très grande majorité de ces morts provient d’Afrique subsaharienne. Sur les 4 849 décès au total, 4 491 ont eu lieu dans la région — soit un choc de 93 % du total mondial. Les chrétiens nigérians représentent 3 490 de ce total, en hausse par rapport aux 3 100 de l’année précédente. Des chrétiens ont également payé le prix ultime pour suivre le Christ en Birmanie, au Mexique et en Syrie (…) Une fois de plus, l’Afrique subsaharienne est l’épicentre de la violence contre les chrétiens, avec des milliers de chrétiens perdant la vie pour suivre Jésus. L’ampleur des chrétiens dans les 14 pays d’Afrique subsaharienne figurant sur la World Watch List donne une indication de la raison pour laquelle c’est le foyer de la persécution des chrétiens. Le Nigeria est le 6e pays le plus peuplé du monde ; l’Éthiopie est le 11e ; ensemble, ils sont plus grands que les États-Unis. Ces 14 pays comptent plus de 721 millions d’habitants, dont près de la moitié s’identifient comme chrétiens. Un chrétien sur huit dans le monde vit dans les 14 pays d’Afrique subsaharienne qui apparaissent sur la World Watch List 2026. (..) Nous avons vu cette tendance émerger en Algérie ces dernières années : 47 églises ont été fermées, et plus de 75 % des chrétiens ont perdu le lien avec la fraternité. La violence a diminué parce que les églises ont déjà été fermées, mais la pression continue d’augmenter dans d’autres sphères de la vie. Une tendance tout aussi glaçante s’observe ailleurs en Afrique du Nord, notamment en Tunisie et en Mauritanie, où les chrétiens doivent faire attention à ce qu’ils disent de peur que le gouvernement ne l’interprète mal et ne réprime. En Chine, les réglementations en cours rendent la liste de ce qui est « autorisé » de plus en plus petite. Les chrétiens se retrouvent face à une liste de libertés qui rétrécit, avec davantage de règles exigeant que les responsables religieux se soumettent au Parti communiste chinois et embrassent son idéologie. Sous cette pression, les églises domestiques indépendantes illégales se sont fragmentées en petits groupes privés de 10 à 20 personnes dans des lieux clandestins avec un leadership pastoral minimal. Les pasteurs d’églises non enregistrées font de plus en plus face à des accusations de crimes économiques et de fraude pour avoir collecté des offrandes, ou à des accusations de « querelles et provocations ». Open Doors
Je crois qu’il a la possibilité d’entrer dans l’histoire comme un très grand président, parce que (…) voici un nouveau président qui pose beaucoup de questions inconnues. (…) Je pense qu’il opère par une sorte d’instinct qui est une forme d’analyse différente de la mienne, plus académique. Mais il a soulevé un certain nombre de questions que j’estime importantes, très importantes. Henry Kissinger (20.12.2016)
Je pense que l’une des grandes réussites de l’administration précédente a été de s’aligner, de réaliser deux choses au Moyen-Orient. Premièrement, séparer le problème palestinien de tous les autres problèmes afin qu’il ne devienne pas un veto sur tout le reste – et deuxièmement, aligner les États sunnites en combinaison réelle ou potentielle contre les États chiites, c’est-à-dire l’Iran, qui développait une capacité à les menacer. Je pense que c’était un concept brillant. (…) Nous ne devrions pas abandonner les pressions exercées sur l’Iran tant que nous ne savons pas où elles vont. Et je pense que c’est quelque chose que nous devons examiner attentivement dans la période actuelle. Si nous séparons la question iranienne de la question globale du Moyen-Orient, nous risquons de perdre les deux acquis, à savoir la séparation de la question palestinienne, qui lui ôte son caractère de veto sur tout le reste, et la coopération sunnite avec Israël, qui est unique par son ouverture. C’est donc ainsi que j’aborderais la question. Henry Kissinger (2021)
Tandis que beaucoup, tant à gauche qu’à droite, ont cru à tort que l’adoption par Trump du slogan « America First » équivalait à de l’isolationnisme, ils ont clairement mal compris ce qu’il entendait par là. Loin de se retirer du monde, Trump est déterminé à défendre les intérêts américains à l’étranger, tout en comprenant parfaitement que les structures créées à cet effet à la fin des années 1940 sont devenues obsolètes. Ce que fait Trump revient à un retour à ce que l’historien Niall Ferguson a justement comparé à la « diplomatie de la canonnière » et à la politique du « gros bâton » menée par le président Theodore Roosevelt dans la première décennie du XXe siècle. Cela a été clairement exposé dans la Stratégie de sécurité nationale de l’administration, publiée en novembre, qui constituait essentiellement le plan directeur permettant une liberté d’action pour défendre les intérêts américains en Amérique du Sud, actualisant et renforçant la Doctrine Monroe en une nouvelle « Doctrine Donroe ». L’hypothèse des professionnels de la politique étrangère au cours des quatre-vingts dernières années était que ce type de comportement n’était rien d’autre que ces actions arrogantes de grande puissance qui avaient conduit au désastre en 1914, puis à nouveau en 1939. Ils pensaient que les idéaux élevés de gouvernance mondiale et de sécurité collective, formulés dans la Charte des Nations Unies et dans la rhétorique des présidents américains d’après-guerre, pouvaient garantir que les agresseurs seraient arrêtés et que les guerres seraient évitées. Ils invoquent le fait que les grandes puissances ne se sont jamais fait la guerre entre elles de 1945 à la chute du mur de Berlin – et même jusqu’à aujourd’hui, après l’effondrement de l’Union soviétique – comme preuve que l’ordre libéral mondial n’était pas seulement préférable, mais une nécessité absolue. La création des Nations Unies, puis, quelques années plus tard, de l’OTAN, avait du sens au moment où la planète sortait du cauchemar de l’Allemagne nazie et du Japon impérial. L’Occident devait alors résister à l’expansionnisme agressif du communisme soviétique. Mais ni l’organisme mondial ni la construction d’une alliance occidentale destinée à empêcher Moscou d’entraîner d’autres nations derrière son Rideau de fer totalitaire n’ont empêché la Troisième Guerre mondiale d’être jamais menée. Ce qui l’a évitée, c’est plutôt la possession d’armes nucléaires par les deux superpuissances rivales, qui les a dissuadées de la guerre, même lorsque des confrontations, comme celle des missiles soviétiques à Cuba en 1962, les ont menées au bord du gouffre. Le nouvel ordre n’a pas aboli la vérité fondamentale énoncée par le théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz selon laquelle la guerre est « la continuation de la politique par d’autres moyens », ni mis fin à la politique de grande puissance. Les armes nucléaires ont simplement rendu le coût d’une escalade des confrontations directes trop élevé pour être envisagé. L’OTAN a servi à garantir que l’agression soviétique de la fin des années 1940 soit stoppée. Il en a été de même de la résolution américaine en Corée, lorsque le Sud a été envahi par le Nord communiste. Mais ce que les architectes des Nations Unies n’ont pas compris, c’est que la structure qu’ils avaient créée pouvait être prise en main par les forces mêmes qui s’opposaient aux idéaux occidentaux. Que les Nations Unies soient aujourd’hui un bastion de l’antisémitisme – et que l’organisation et ses agences consacrent tant d’efforts et d’énergie à saper et à attaquer Israël – n’est pas une anomalie. C’est le résultat naturel d’un organisme mondial largement contrôlé par des nations et des mouvements opposés aux idéaux et aux valeurs occidentaux. La vérité simple et incontournable est que la seule façon de défendre ces valeurs, les intérêts américains, ainsi que l’existence d’Israël, est de contourner ou de dépasser les institutions multilatérales. Leur préservation ne peut pas dépendre des idées d’une époque désormais révolue. Les États-Unis, comme Ferguson l’a également noté avec justesse, sont engagés dans une nouvelle Guerre froide ; seulement cette fois contre la Chine et ses alliés à Moscou, Téhéran et Caracas. Ils doivent tirer les leçons du passé, mais ils ne gagneront pas ce conflit uniquement en utilisant les outils, comme l’OTAN, qui ont été inventés pour faire face aux défis du précédent. Il faut s’attendre à ce que l’affirmation de la puissance américaine en Amérique du Sud ou ailleurs, comme en Iran – où Trump s’est joint à la campagne israélienne pour détruire son programme nucléaire et qu’il a désormais menacé si elle réprimait violemment les manifestations – soit combattue par des idéologues qui considèrent que les institutions internationales sont plus importantes que la souveraineté nationale. L’essentiel est que si l’on ne veut pas que des régimes voyous puissent exporter des drogues illégales qui tuent des Américains ou servir de bases à l’Iran ou à la Chine, la seule réponse est que Washington agisse. Attendre qu’une organisation mondiale entreprenne des opérations que la plupart de ses membres rejettent, ou obtenir l’assentiment des alliés de l’OTAN, conduira presque toujours, comme cela a été le cas sur tant de fronts, à l’inaction. Certaines administrations, comme celle de Barack Obama, ont transformé cette dépendance au multilatéralisme en une sorte de fétiche. Le résultat a été, entre autres, la catastrophe en Syrie (où Obama a reculé sur ses menaces de « ligne rouge » de 2013) et l’accord sur l’Iran de 2015 qui a mis Téhéran sur la voie d’armes nucléaires, avec lesquelles il pourrait dominer le Moyen-Orient et menacer le reste du monde. L’argument selon lequel l’unilatéralisme américain encouragerait Pékin à attaquer Taïwan est absurde. Comme la Russie l’a montré en Ukraine et comme l’Iran l’a prouvé en fomentant sa guerre sur plusieurs fronts contre Israël sous la surveillance d’une administration Biden tout aussi attachée aux mythes multilatéraux, c’est la faiblesse américaine – et non la force trumpienne déterminée exercée unilatéralement – qui est susceptible d’entraîner davantage de guerres. Il se peut bien que chaque déclaration et chaque acte de Trump continuent de faire sortir les libéraux et les gauchistes de leurs gonds, quelle que soit la solidité ou la raison de ses politiques (comme son succès à arrêter l’immigration illégale). (…) La conclusion la plus importante à tirer de ce dernier exemple de Trump agissant en franc-tireur pendant que l’establishment mondial bien-pensant est que c’est seulement par la volonté de Washington d’agir de sa propre initiative que les menaces contre l’Amérique, l’Occident et l’État d’Israël peuvent être efficacement affrontées. Loin d’être le plus grand péril, un Trump erratique lâché sur la scène mondiale, la conviction inébranlable du président de défendre les intérêts nationaux américains constitue le meilleur espoir pour contrer les machinations des ennemis de l’Occident. Une croyance aveugle en l’importance transcendante des solutions que l’on croyait nécessaires en 1945 pour empêcher une nouvelle guerre mondiale ne nous protégera pas en 2026 ni dans les années à venir. Jonathan S. Tobin
La légende la plus connue sur Alexandre porte sur la question de la sur-réflexion – l’histoire du nœud gordien. Dans la ville de Gordium, un prophète avait déclaré que le futur maître de toute l’Asie devrait résoudre le problème impossible de dénouer un nœud incroyablement complexe dans une corde. Alexandre a simplement pris son épée et l’a tranché. L’action, pas l’ingéniosité. La simplicité, pas la complexité. Résoudre un problème non pas en le résolvant, mais en mettant fin au problème lui-même. Cela n’explique-t-il pas mieux que toute autre théorie l’approche de Donald Trump en Iran et au Venezuela ? Pendant des décennies, ces deux ennemis de l’Amérique semblaient poser des problèmes insolubles pour nous, même si les raisons ont changé avec le temps. (…) Face à ces problèmes en 2024 de la part des deux régimes, Donald Trump a sûrement reçu les mêmes conseils que Joe Biden, Barack Obama et George W. Bush avaient reçus d’autres dirigeants mondiaux et des experts au sein de son propre gouvernement. Les conséquences de l’action étaient tout simplement trop difficiles à anticiper. Toutes les options étaient mauvaises, donc la moins mauvaise option – en utilisant la modération aristotélicienne comme guide – serait de ne pas en faire trop. Utiliser des sanctions. Envoyer des navires dans la zone. Soutenir des forces clandestines. Même aider l’ennemi de son ennemi (Israël). Mais ne pas en faire plus. En regardant ces nœuds, et en s’étant fait dire que les dénouer serait presque impossible, Trump a choisi une autre voie. Il a sorti son épée – l’armée américaine sans égale – et les a tranchés. En 37 heures du début à la fin, il a éliminé le programme nucléaire de l’Iran. Et en cinq heures ce week-end, il a extrait Nicolás Maduro de sa position au sommet du mât glissant vénézuélien. Ce faisant, il invoque un autre paradoxe plus récent, même si je sais qu’en le citant je vais me faire critiquer pour en avoir mal compris le sens originel. C’est le principe d’incertitude de Heisenberg. Par lequel je veux dire que l’idée que ces problèmes sont insolubles est radicalement changée par le fait de les résoudre – les faits sur la planète Terre ont changé au Moyen-Orient et en Amérique du Sud à cause de ce que Trump a choisi de faire, et les calculs prudents qui gouvernaient l’inaction ne sont plus opérationnels parce qu’ils décrivent les options dans un monde qui n’existe plus de la même manière. (…) Les actions de Trump ne sont considérées comme extrêmes que si vous les regardez isolément. Elles sont venues en réponse à des efforts antérieurs pour faire avancer les choses sans implication militaire. (…) Il est logique que si le régime qui défie les États-Unis est lui-même un acteur extrême, prendre une action radicale contre lui pourrait être en soi le cours le plus prudent. Alexandre n’avait pas besoin de passer des années à résoudre le problème du nœud gordien alors qu’il avait une lame assez tranchante pour le résoudre pour lui. John Podhoretz
L’état actuel du monde est de plus en plus une scène de rivalité entre (A) un camp occidental, dominé par les États-Unis et Israël, et (B) un camp anti-occidental de plus en plus unifié qui inclut notamment les islamistes, dirigé jusqu’à récemment par l’Iran, avec la Turquie cherchant à prendre le relais, ainsi que la Chine, la Russie et diverses nations « du Sud » en Afrique et en Amérique du Sud. (C) L’Europe, après avoir longtemps abdiqué son rôle dans les affaires internationales aux États-Unis d’une part et à l’ONU-« Tiers-Monde » d’autre part, commence à chercher à revenir dans le jeu. (…) L’un des développements les plus étranges de ce conflit a été la (ré)émergence d’un antisémitisme « de droite » qui inclut la nostalgie du nazisme ainsi que la négation ou la minimisation de l’Holocauste dans son rejet des victoires de la démocratie libérale du milieu du XXe siècle sur le modèle américain. (…) Comme l’écrit Jonathan Tobin pour le Jewish News Service le 6 janvier dans “Venezuela, Trump et la fin de l’ordre libéral mondial”, le coup imprévisible de Trump a tranché à travers la rhétorique d’une diplomatie inefficace pour révéler l’obsolescence du système de droit et d’ordre international inauguré après la Seconde Guerre mondiale avec la création des Nations Unies dans l’espoir d’établir une « communauté internationale de nations ». (…) Le coup parfaitement exécuté de l’enlèvement de Nicolás Maduro et de sa femme dans le but de démanteler le commerce multi-milliardaire de narco-terrorisme que le Venezuela fournit, tout en initiant, espérons-le, la libération de cette nation d’une dictature qui a poussé peut-être un tiers de sa population en exil, exige la même comparaison entre un message sur X louant Hitler et blâmant Churchill pour la Seconde Guerre mondiale et un discours « socialiste démocrate » condamnant l’acte de Trump comme une violation du « droit international » : celle entre l’action réelle pour résoudre les problèmes du monde et le verbiage vide, qu’il soit « sérieux » ou nihiliste. (…) Trump n’a jamais été pour moi un idéal politique, de la manière dont j’aurais pu le ressentir pour Reagan, par exemple. Mais ses pitreries de taureau dans un magasin de porcelaine, aussi choquantes que je puisse parfois les trouver, reflètent le type de personnalité de négociateur qui, seul en ces temps, peut trancher les nœuds gordiens dans lesquels le monde de l’après-Seconde Guerre mondiale s’est enveloppé. (…) Quoi qu’il arrive ensuite, les États-Unis, au Venezuela comme en Iran, par les compétences démontrées de leur armée, ont incontestablement montré au monde qui est le « cheval fort » – et comme les islamistes le savent bien, dans une ère de tensions internationales, c’est ce qui se rapproche le plus de la certitude. Tant que les États-Unis pourront convaincre leurs ennemis extérieurs de cela, ils devraient être capables de gérer les partisans futiles du désir de mort de la civilisation occidentale. Eric Gans
Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La Terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables. Il est temps d’ouvrir les yeux. Jacques Chirac
On a zéro position. (…) La couardise n’est pas une position. (…) Il ne faut pas juger Trump à ses mots ou à sa tête; il est odieux. D’accord. C’est clair. Tout le monde le voit. Il est grossier, il est vulgaire, il est narcissique, il est menteur. Sur l’écologie ou sur la santé, il dit des conneries. Bon, tout ça, on le voit. Il faut le juger à ce qu’il fait. Moi, je vous le dis d’une manière très simple. Mon logiciel moral, il est extrêmement simple. Tout ce qui peut affaiblir le régime iranien m’enchante. Point final. Et je pense que le régime iranien sortira, contrairement à ce que dit, Le Figaro d’aujourd’hui très affaibli. Non pas forcément sur le plan international. Mais mettez-vous à la place des familles des 30 000 gamins qui ont été assassinés de manière ignoble. Un jour ou l’autre, ils vont se révolter. Pour l’instant, ils ne peuvent pas. Le régime est trop dangereux. Mais imaginons ce qui se passera dans deux ans ou dans trois ans. Mais là, le régime est quand très affaibli, contrairement à ce que dit la dernière page du Figaro. Et donc (…) Tout ce qui peut affaiblir ce régime, qui est le pire régime, avec celui d’Afghanistan, qu’on ait connu depuis la chute du nazisme. Donc (…) le dommage, c’est que Trump soit le seul à faire le boulot. (…) [On devrait l’aider] Evidemment ! (…) Bien sûr ! (…) On est deux ou trois en France à le dire. (…) On critique Trump autant que s’il avait assassiné 30 000 gamins aux États-Unis. Je veux dire, c’est délirant ! Et donc, j’entends constamment, y compris dans les chaînes de télévision, les journaux, que j’aime beaucoup par ailleurs, des gens qui passent leur temps à critiquer Trump au lieu de critiquer le régime des mollahs. Je suis désolé, mais on est complètement à côté de la plaque. Luc Ferry
Je me retrouve… dans une situation où je souhaite vraiment voir l’Iran vaincu militairement. Car ce régime est un régime terrible pour son peuple et pour la région. Et rien n’améliorerait davantage la situation dans la région que le remplacement de ce régime par un autre qui s’attacherait à donner les moyens à son peuple… et à s’intégrer pacifiquement… Je suis donc tout à fait pour cela. Le problème, c’est que je ne veux vraiment pas voir Bibi Netanyahu ou Donald Trump sortir politiquement renforcés de cette guerre, car ce sont deux êtres humains épouvantables. Ils sont tous deux engagés dans des projets antidémocratiques dans leur propre pays. Ils sont tous deux soupçonnés d’être des escrocs. Ce sont des gens terribles, vraiment terribles, qui nuisent gravement à la réputation des États-Unis et d’Israël dans le monde. Je me retrouve donc vraiment déchiré. Je veux voir l’Iran vaincu militairement, mais je ne veux pas voir ces deux personnes horribles se renforcer. Thomas Friedman (NYT)
La place qu’occupera à l’avenir la République américaine sur la scène internationale dépendra de sa position de puissance dans les théâtres d’opérations de l’Atlantique et du Pacifique, et non au Moyen-Orient. Andrew A. Michta
Ceux qui parlent d’économie et la considèrent comme le fondement de tout… pensent que l’homme n’est qu’un animal préoccupé par le manger… Ceux qui voient le fondement de tout dans l’économie, voient l’homme comme un animal. Pour les animaux, tout tourne autour de leur économie. Un âne aussi considère l’économie comme sa seule infrastructure. Ayatollah Ruhollah Khomeini (1979)
Je ne peux pas croire que le but de tous ces sacrifices était d’avoir des melons moins chers. Ayatollah Khomeini (1979)
Aimez la pauvreté comme une mère. Pape François (2015)
Le pape François a créé une controverse politique… en accusant le capitalisme d’être à l’origine de nombreux problèmes des pauvres. …en mettant de côté les questions religieuses ou philosophiques, nous disposons de plus de deux siècles de preuves historiques… Tout examen sérieux de l’histoire des êtres humains sur des millénaires montre que l’espèce a commencé dans la pauvreté. Ce n’est pas la pauvreté, mais la prospérité, qui a besoin d’explication. …lequel a un meilleur bilan pour aider les moins fortunés — lutter pour une plus grande part du gâteau économique, ou produire un plus grand gâteau ? …le seuil officiel de pauvreté aux États-Unis correspond à la classe moyenne supérieure au Mexique. L’économie de marché tant critiquée des États-Unis a fait bien plus pour les pauvres que l’idéologie de gauche. L’Argentine natale du pape François faisait autrefois partie des économies les plus avancées du monde, avant d’être ruinée par le type de notions idéologiques qu’il promeut aujourd’hui dans le monde entier. Thomas Sowell (2015)
Le vrai miracle aujourd’hui n’est pas la croissance économique ; c’est la pauvreté. Leon Louw (Fondation du Marché Libre d’Afrique du Sud, 2015)
Les attaques contre les infrastructures civiles sont contraires au droit international, et constituent aussi un signe de la haine, de la division et de la destruction dont l’être humain est capable… Nous voulons tous œuvrer pour la paix. Les gens veulent la paix. J’inviterais les citoyens de tous les pays concernés à contacter les autorités, les dirigeants politiques, les parlementaires, pour leur demander, leur dire de travailler pour la paix et de rejeter la guerre. Nous demandons aux personnes de bonne volonté de rechercher toujours la paix et non la violence, de rejeter la guerre, en particulier une guerre que beaucoup de gens ont qualifiée d’injuste, qui continue de s’aggraver et qui ne résout rien. Nous traversons une crise économique mondiale, une crise énergétique, une situation de grande instabilité au Moyen-Orient, qui ne fait que provoquer davantage de haine dans le monde entier. Aujourd’hui, comme nous le savons tous, il y a aussi eu cette menace contre l’ensemble du peuple iranien, et cela est vraiment inacceptable. Commençons par le dialogue. Nous devrions résoudre les problèmes sans en arriver là, et pourtant nous y sommes. Nous devons beaucoup prier. Pape Léon XIV (2026)
Je vous remercie pour cette réflexion et pour ces paroles, si importantes au cours de cette visite, dans un lieu qui représente l’espace appartenant à Dieu, un espace divin et sacré, où tant de personnes viennent prier, chercher la présence du Très-Haut, de Dieu, dans leur vie. Pape Léon XIV (Grande Mosquée d’Alger, 13 avril 2026)
Le pape Léon est FAIBLE sur la criminalité, et terrible en matière de politique étrangère. Il parle de la « peur » de l’administration Trump, mais ne mentionne pas la PEUR que l’Église catholique, et toutes les autres organisations chrétiennes, ont connue pendant le COVID lorsqu’on arrêtait des prêtres, des pasteurs et tout le monde, pour avoir tenu des offices religieux, même en étant à l’extérieur et à dix ou même trois mètres de distance. J’aime beaucoup mieux son frère Louis que lui, parce que Louis est complètement MAGA. Il comprend, et Léon ne comprend pas ! Je ne veux pas d’un pape qui pense qu’il est acceptable que l’Iran possède une arme nucléaire. Je ne veux pas d’un pape qui pense qu’il est terrible que l’Amérique ait attaqué le Venezuela, un pays qui envoyait des quantités massives de drogues aux États-Unis et, pire encore, vidait ses prisons, y compris des meurtriers, des trafiquants de drogue et des tueurs, dans notre pays. Et je ne veux pas d’un pape qui critique le président des États-Unis parce que je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu, PAR UNE VICTOIRE ÉCLATANTE, à savoir faire baisser les chiffres de la criminalité à des niveaux record et créer le plus grand marché boursier de l’histoire. (…) Malheureusement, le fait que Léon soit faible sur la criminalité, faible sur les armes nucléaires, ne me convient pas du tout (…) Léon devrait se ressaisir en tant que pape, faire preuve de bon sens, arrêter de flatter la Gauche radicale, et se concentrer sur le fait d’être un Grand Pape, et non un Politicien. Cela lui nuit énormément et, plus important encore, cela nuit à l’Église catholique ! Président DONALD J. TRUMP (2026)
Ce qui oppose la République islamique d’Iran aux démocraties libérales ne se réduit en effet ni à une crise régionale, ni à une guerre par procuration, ni à un simple contentieux stratégique. Ce qui est en jeu est plus grave : c’est un choc entre deux ordres politiques, deux conceptions de l’homme, deux civilisations politiques. D’un côté, un régime fondé sur une théologie du pouvoir. Depuis 1979, la République islamique repose sur le principe du velayat-e faqih, la « tutelle du juriste-théologien », qui confère au Guide suprême une autorité à la fois religieuse et politique. Dans un tel système, le pouvoir ne procède pas du peuple, mais de Dieu. Dès lors, contester le régime ne relève pas de l’opposition légitime : c’est, dans sa logique même, une faute contre l’ordre sacré. Ce type de régime ne tolère ni le pluralisme ni la contradiction. Il ne connaît que l’adhésion ou la faute. Le citoyen n’y est pas un sujet de droit, mais l’objet d’une conformité exigée. La loi n’y est pas l’expression d’une volonté collective mais l’interprétation d’un texte sacré, monopolisée par l’autorité religieuse. (…) Malgré les mensonges répétés sur nos plateaux par Mohammad Amin Nejad, ambassadeur de la République islamique d’Iran à Paris, assurant sans honte que « le régime ne maltraite pas ses enfants » et qu’il « n’a pas de sang sur les mains », les pendaisons se poursuivent. On tue pour un slogan, un chant, une publication en ligne. Dans un tel système, l’opposition politique est aussitôt criminalisée comme une atteinte à l’ordre sacré. La violence d’État n’est pas un excès : elle est une conséquence logique. La répression n’est pas un dysfonctionnement : elle est une condition de survie du régime. La République islamique d’Iran est un système totalitaire et fanatique, qui ne tolère aucune autre forme de pensée, aucune autre forme de société fondée sur la délibération, le doute et la critique. (…) C’est aussi un régime de conquête. Khomeini n’a jamais caché ses ambitions jihadistes. Il les a proclamées sur tous les tons, jusque dans ses écrits, et elles se retrouvent jusque dans le préambule de la Constitution de la République islamique d’Iran. (…) Et ce combat, elle ne le mène pas seulement sur son territoire, en massacrant les opposants : elle le mène aussi comme modèle, comme projet, comme vision du monde. Il ne faut pas s’y tromper : ce régime ne se contente pas de maintenir un ordre intérieur, il porte une conception politique dans laquelle la liberté est une menace, l’égalité une hérésie, et la fraternité une illusion dès lors qu’elle n’est pas fondée sur l’appartenance religieuse. (…) C’est pourquoi le conflit avec la République islamique ne peut être compris en termes seulement stratégiques. (…) Mais réduire cette opposition à une confrontation entre « l’Occident » et « l’Iran » serait une erreur. Ce serait reprendre, à rebours, la logique essentialiste du régime lui-même. Car ce conflit traverse d’abord la société iranienne. Les manifestations, les actes de désobéissance, les vidéos clandestines montrent qu’une part considérable du peuple iranien aspire précisément aux principes que le régime combat. Ce sont ces femmes qui refusent le voile imposé, ces étudiants qui contestent, ces artistes qui chantent malgré l’interdit. Ils incarnent, de l’intérieur, une autre idée de l’Iran. Il faut donc déconstruire ce mensonge, savamment entretenu, qui consiste à assimiler le régime iranien au peuple iranien. (…) Nommer clairement la nature du régime iranien – non pas simplement autoritaire, mais théologico-totalitaire – est une condition préalable à toute action lucide. De même, reconnaître que l’opposition n’est pas seulement militaire ou économique, mais aussi civilisationnelle, permet de comprendre pourquoi elle ne saurait être résolue par de simples compromis. Mais (…) ce qui rend ce régime particulièrement dangereux, ce n’est pas seulement sa nature interne ni ses menaces extérieures. C’est aussi sa capacité à instrumentaliser nos propres faiblesses : nos divisions, notre relativisme, notre peur d’être accusés. À force de refuser de nommer l’ennemi, nous finissons par désarmer la pensée elle-même. Comment expliquer autrement le silence qui a si souvent entouré, en Europe, la répression iranienne ? Comment comprendre que des milliers de morts, des exécutions, des tortures, des femmes battues pour un voile mal porté, ne suscitent pas partout la même mobilisation que d’autres tragédies ? Faut-il que les victimes soient géographiquement proches, médiatiquement visibles, idéologiquement compatibles pour mériter notre indignation ? À ce compte-là, nous renions nos propres idéaux. Nous nous trahissons nous-mêmes. Or une démocratie qui renonce à défendre ses valeurs au-dehors finit toujours par les affaiblir au-dedans. L’universalisme n’est pas un luxe moral : c’est une exigence politique. Ce conflit n’est pas une fatalité. Mais il impose un choix. Non pas entre des nations, mais entre des principes. Entre une société fermée, écrasée par une vérité imposée, et une société ouverte fondée sur la liberté de penser. Entre la peur et le droit. Entre le silence et la parole. Entre la mort et la vie. Hirbod Dehghani-Azar et Jean-Marie Montali 
Pour comprendre ce qui se passe réellement au Moyen-Orient, un observateur occidental doit tenir simultanément trois dimensions, et l’architecture du débat politique occidental rend cela structurellement difficile, voire impossible dans certains cas. La première est la relation des Arabes avec l’Iran. Du point de vue de Bruxelles ou de Londres, l’Iran se présente comme un mouvement de résistance porteur d’un grief contre l’hégémonie américaine et l’occupation israélienne, et cette présentation s’ajuste confortablement aux cadres anticoloniaux familiers en Occident. Ce à quoi elle ne s’ajuste pas, c’est l’expérience vécue des populations arabes au Liban, en Irak, au Yémen, à Bahreïn, en Syrie et dans tout le Golfe. Dans ces pays, la présence de l’Iran a signifié que le Hezbollah tenait l’État libanais en otage des décisions de Téhéran, que trente-cinq factions armées en Irak touchaient des salaires financés par des fonds iraniens transitant par le Trésor national irakien, et que des commandants houthis répondaient à l’Iranian Revolutionary Guard Corps tout en tirant sur des civils arabes depuis le sol yéménite. Le mot « liberté » n’est pas celui qu’emploierait un observateur arabe sérieux pour décrire ce que l’Iran a apporté. En réalité, le différend du monde arabe avec l’Iran va bien plus loin que les bases américaines ou les frappes israéliennes. Ce qui le motive, c’est la subversion systématique de la souveraineté arabe par une puissance étrangère qui utilise le langage de la solidarité islamique comme couverture d’un projet impérial conduit par procuration. La deuxième dimension est la question des supllétifs elle-même, là où l’analyse occidentale échoue le plus complètement. L’Iran va bien au-delà du simple soutien à des groupes armés. Des structures étatiques parallèles sont construites à l’intérieur des pays arabes, les systèmes financiers sont capturés, et des figures politiques sont installées qui doivent leur existence et leur survie entièrement à Téhéran. Les Iraniens qui ont administré ce projet le comprennent comme l’exportation d’une révolution, mais ce que les populations arabes ont vécu ressemble davantage à une occupation coloniale menée par des intermédiaires. Et à l’heure actuelle, elles ne pleurent pas la République islamique. Quand les Occidentaux traitent ces réseaux de supplétifs comme des instruments de résistance légitime plutôt que comme des mécanismes de soumission, ils cautionnent un projet impérial tout en croyant s’opposer à un autre, et, de fait, se font la force légitimante derrière la guerre de l’Iran contre le monde arabe. La troisième dimension est la plus contre-intuitive pour un public occidental, et c’est celle qui a le plus de conséquences sur la manière dont la guerre actuelle est comprise et mal comprise. Pour les nationalistes arabes, y compris les nationalistes laïcs et même ceux qui ont de profondes réserves sur la politique israélienne, l’Iran représente une menace plus grande et plus immédiate qu’Israël. C’est une position que les médias occidentaux sont structurellement mal équipés pour rendre intelligible, car le discours occidental sur le Moyen-Orient a été organisé pendant des décennies autour du conflit israélo-palestinien comme axe principal de l’injustice régionale. Le résultat est que, lorsque les gouvernements et les opinions publiques occidentaux prennent des positions fermes contre les actions d’Israël face aux opérations de l’Iran, ils croient se tenir aux côtés du monde arabe. En réalité, ils défendent une position que le monde arabe ne partage pas et n’a pas demandée, tout en ignorant la menace à laquelle les gouvernements et les populations arabes font réellement face. L’utilisation rhétorique d’Israël comme alibi perpétuel pour l’agression iranienne a été l’un des outils les plus durables de la République islamique, et l’opinion occidentale en a été l’amplificateur involontaire tout au long de l’existence de la République islamique. Ce qui rend ce moment significatif, c’est que l’Opération Epic Fury a accéléré un règlement de comptes déjà en cours. Le monde arabe regarde l’architecture de supplétifs que l’Iran a mis des décennies à construire se faire démanteler, et il en tire les implications pour son propre avenir politique. La première chose qui en ressort est une démonstration de capacité que personne n’avait prévue. Les États du Golfe qui ont absorbé des milliers de roquettes et de drones tout en maintenant une vie civile normale et un sang-froid politique ont révélé une stabilité militaire que des décennies de condescendance de la part des commentateurs occidentaux et nationalistes arabes avaient jugée impossible. La seconde est une région à un véritable point d’inflexion, où la destruction de l’architecture de supplétifs de l’Iran ouvre une réelle possibilité pour les États arabes de se gouverner eux-mêmes sans ingérence extérieure pour la première fois depuis une génération. Les observateurs occidentaux qui ont suivi cette guerre à travers le prisme des comptes de réseaux sociaux iraniens ont regardé une performance soigneusement mise en scène. Le monde arabe a regardé tout autre chose : le premier défi sérieux lancé à une idéologie qui n’a jamais été adoptée démocratiquement, jamais accueillie, et imposée par la violence et la subversion dès sa fondation. Les États-Unis et Israël, longtemps présentés dans la culture politique arabe comme les deux moteurs de l’oppression régionale, sont perçus par une portion significative et croissante de l’opinion arabe comme des sortes de libérateurs — non pas dans un langage de gratitude, que la dignité arabe rejetterait, mais dans le langage du soulagement. Deux interviews se sont révélées particulièrement éclairantes à cet égard. L’une met en scène un écrivain égyptien, l’autre un ancien parlementaire irakien, tous deux s’exprimant sur une chaîne arabe sponsorisée par l’Arabie saoudite avec une franchise que le paysage médiatique occidental produit et amplifie rarement. Chacun, à sa manière, dit la même chose : l’Iran est l’ennemi. Zineb Riboua
Ce même argument a été répété jusqu’à l’écœurement à propos de Gaza — alors que la présence du Hamas était écrasée à Gaza, ils disaient « le Hamas n’a pas été vaincu, le Hamas existe, le Hamas négocie, le Hamas a forcé l’ennemi à la table des négociations » — la même absurdité répétée encore une fois. Le régime n’est pas tombé — et qui a dit qu’un régime pouvait tomber par les airs seuls ? Saddam Hussein, en 1991, après la libération du Koweït et la défaite massive de l’Irak et de son armée, est resté au pouvoir de 1991 à 2003, soit douze ans. Cela signifie-t-il qu’il n’avait pas été vaincu en 1991 ? Le régime a peut-être survécu, mais il est creux, pourri, pénétré, décrépit, et il va maintenant devoir faire face à son propre peuple après cette trêve — dans une semaine, deux semaines, un mois, deux mois, un an, deux ans — avec d’énormes défis. Supposons l’inverse (…) : si le régime iranien avait réussi à assassiner Netanyahou, le ministre de la Défense, le chef des renseignements, le chef du Mossad — que diraient-ils alors ? Que nous avons été vaincus ? Quand la scène atteint ce niveau de déliquescence politique et de délire politique, nous ne devons pas courir après les arguments des fous. Nous n’allons pas nous asseoir pour discuter d’évidences avec eux, pour convaincre les pro-Iraniens ou le régime des mollahs qu’il a été vaincu. Je ne vais pas le convaincre parce qu’il est comme un homme atteint de daltonisme — il voit le vert comme du rouge, et peu importe combien vous essayez de le convaincre que ce qu’il voit comme vert est en réalité rouge, il ne vous croira pas. (…) Tous ceux qui ont ouvertement et clairement sympathisé avec, soutenu ou gardé le silence sur l’agression sauvage, flagrante et méprisable de l’Iran contre les pays arabes du Golfe (…) soutiennent et cautionnent la trahison et la collaboration. (…) Parce que quand le Hezbollah existe au Liban, quand vous soutenez l’Iran et son infiltration des sociétés et des États arabes — que ce soit l’exemple du Hezbollah, des Forces de mobilisation populaire ou des Houthis — que signifie-t-il, pour vous citoyen arabe ordinaire soumis à une énorme coercition médiatique et culturelle de la part de l’islam politique et des mouvements nationalistes arabes, de soutenir le Hezbollah ? Cela signifie que vous soutenez un parti qui se décrit comme le parti du Velayat-e Faqih au cœur d’un État arabe. Vous soutenez un parti dont la loyauté envers l’Iran est déclarée. Vous soutenez une organisation armée à l’intérieur d’un État — c’est-à-dire que vous soutenez la sécession de l’armée, la rébellion contre l’armée, la prolifération de forces militaires à l’intérieur de n’importe quel pays. Appliquez cela au Liban, à la Jordanie, à l’Irak, à l’Égypte, à la Tunisie. Quand vous me dites qu’une organisation, simplement parce qu’elle brandit la bannière de la lutte contre Israël et d’être « avec la résistance », et que vous l’acceptez comme un agent payé et financé par une puissance étrangère, un traître dont la loyauté va à un autre État, un rebelle militaire contre son pays et sa souveraineté — fragmentant et scindant l’État, comme nous l’avons vu au Yémen et comme nous le voyons aujourd’hui avec le Hezbollah au Liban — détournant la décision de l’État, détournant la décision du peuple — n’est-ce pas de la trahison et de la collaboration ? Comment l’appelleriez-vous autrement ? Trahison et collaboration avec une organisation étrangère à loyauté étrangère à l’intérieur de cette patrie, recevant de l’argent et du soutien, agissant sur des ordres venus de l’extérieur, et recevant des fonds de l’étranger. Si ce n’est pas de la collaboration, qu’est-ce que c’est ? Si ce n’est pas une trahison envers la patrie, qu’est-ce que c’est ? (…) Je tiens la culture politique arabe responsable depuis les années 1950 et 1960 jusqu’à aujourd’hui — l’hégémonie du projet d’islam politique et des idées nasséristes et gauchistes qui dominent la culture arabe, en contrôlent les clés et y règnent. C’est là le vrai problème. Nous sommes face à un héritage — l’héritage de fumier, le fumier mental et intellectuel qui domine et contrôle l’esprit arabe. Beaucoup y ont échappé ; je ne peux pas dire du tout que la société arabe et les peuples arabes ne se sont pas tenus aux côtés des États du Golfe, ou qu’ils se tiennent avec Israël, ou avec l’Iran. Je ne le pense pas. Le problème appartient à ceux qui sont affiliés aux courants islamistes et nationalistes et à ceux qui sont influencés par leurs idées. Et c’est naturel, parce qu’ils le voient dans les programmes scolaires, dans les sermons des mosquées, dans l’enseignement religieux, dans les médias et sur les réseaux sociaux. (…) Cette gauche qui soutient maintenant l’Iran — l’Iran, soit dit en passant, tue vos gauchistes à l’intérieur de l’Iran. Le régime des mollahs réprime la gauche et réprime toute liberté. La gauche peut avoir des manifestants battus et tués par milliers, tandis que vous, dans votre propre pays, voulez le droit de manifester et accusez votre État de réprimer les manifestants, pourtant vous approuvez l’écrasement des manifestants iraniens. Ces gens ont des personnalités schizophrènes. Leur comportement ne peut s’expliquer que psychologiquement, pas politiquement — cela relève de la psychologie, pas de la science politique. Ibrahim Issa (écrivain égyptien)
Les peuples du Golfe, comme le peuple irakien et les peuples du Golfe, contiennent une proportion d’Iraniens — de vieux Iraniens installés là depuis 200, 150, 120 ans, détenant la citoyenneté de ces pays. Ces Iraniens sont maintenant parmi les plus grands haineux de l’Iran et des turbans. Vous avez perdu une forte proportion de vos citoyens d’origine qui vivaient dans les États du Golfe et même en Irak — vous avez perdu leur loyauté et leur amour. Ils vous haïssent maintenant, haïssent l’Iran, haïssent le régime et sa conduite, parce que vous les avez attaqués. Ils ne savaient pas à quel moment une roquette pourrait leur tomber dessus. Parce que la roquette lancée — la fille qui est tombée au Koweït — la roquette venant d’Iran ne fait pas de différence entre un Iranien et un non-Iranien. Je veux dire, tous les gens haïssent maintenant le régime. (…) Le régime est fini. Tout régime dans le monde, surtout un régime dictatorial, se compose d’une tête et de ceux qui entourent la tête. Bien — où est la tête ? Ali Khamenei est parti. Ceux qui entouraient la tête — si seulement les première, deuxième et troisième lignes fondamentales avaient toutes été éliminées. Tout au niveau des Gardiens de la révolution et au niveau des hauts politiciens que nous connaissions depuis 40 ans ou plus — tous partis, tous tués. (…) Il est vrai que les Gardiens de la révolution existent encore, mais je parle du commandement, des figures supérieures. Les commandants actuels des Gardiens de la révolution sont de bas niveau — quatrième échelon, pas troisième, pas deuxième, pas premier. Ceux-ci ont reçu depuis longtemps des ordres permanents : s’il arrive quelque chose à l’Iran, vous agissez seuls, vous prenez vos propres décisions — il n’y a plus de tête suprême qui vous contrôle ni de commandant spécifique qui vous dit quoi faire. Vous agissez comme bon vous semble. Nos ennemis sont le Golfe, nos ennemis sont l’Amérique et Israël. Ces gens se battent maintenant, donc toi, soldat des Gardiens de la révolution au grade de lieutenant, capitaine ou commandant, agis comme tu veux, juge par toi-même ; l’important est l’hostilité envers tous ces pays. (…) [la survie de ces gens est] contre le peuple iranien, parce que ce régime est construit sur la répression. Toutes les révolutions iraniennes ont été réprimées par les Gardiens de la révolution. J’entends qu’au début, le nombre de martyrs de la dernière révolution — juste un jour ou deux avant la guerre — l’Iran a annoncé 3 000, ou le chiffre circulant mondialement est de 32 000, et maintenant Trump parle de 45 000. Ceux qui parlent de ces chiffres ne connaissent ni l’Iran ni le peuple iranien. Je peux dire en toute conscience : plus de 100 000. Parce qu’en 2009, pendant la Révolution verte, quand 60 % du peuple iranien s’est soulevé, les Gardiens de la révolution à eux seuls ont tué un quart de million de personnes. Sans parler des prisons, des arrestations, etc. Ce sont des criminels qui utilisent une politique d’extermination — immédiatement et sans discussion : tu es un agent israélien, un sioniste, un agent américain, un infidèle — ils tuent leur propre peuple, ils l’abattent. Ils ont abattu un quart de million de personnes. (…) Et maintenant je m’adresse au citoyen arabe : qu’as-tu à dire en sympathie avec l’Iran ? (…) comment peux-tu, toi Arabe, accepter cela ? C’est ce que l’Iran fait à un pays arabe. Comment peux-tu être gouverné ainsi ? Comment peux-tu sympathiser avec eux ? Comprends-tu quel genre de superstition et d’ignorance ils répandent parmi nous en Irak ? (…) Tu es maintenant envahi par la sympathie, sous prétexte que ce sont des musulmans qui viennent combattre les Juifs. Et les Juifs ? Allons à ce point — c’est le point décisif. Je suis Irakien — la proportion de Juifs en Irak au début du XXe siècle à Bagdad — la moitié de la population de Bagdad était juive, et l’autre moitié musulmane. La communauté la plus fine, la plus belle, la plus grande, la meilleure et la plus raffinée en Irak était les Juifs, pas les autres. Ils n’ont attaqué personne — voici les registres des tribunaux et les dossiers des commissariats. (…) Ils commettent maintenant tous ces crimes et font les pires choses — pour se sécuriser, pour éliminer quelque chose appelé « résistance », pour sécuriser leurs vies. Mais — et c’est un point très important — ces Juifs qui vivaient dans nos pays arabes, surtout en Irak, nous les avons expulsés, nous les avons déplacés, nous les avons envoyés en Israël, nous les avons déracinés de leurs racines, nous leur avons volé leurs biens meubles et immeubles. Ce Juif dont nous parlons maintenant — quand il fait ce qu’il fait maintenant, ou plutôt le sioniste — oui, il veut se protéger parce que la nuit tu franchis sa frontière, tu violes sa terre. Oui, je sais — tu as violé sa terre pendant qu’il dormait. (…) Et tu le bombardes depuis le sud du Liban. Il te dit : je veux faire un traité avec toi, convenons-en, vivons tous les deux en sécurité — toi dans le sud du Liban, moi en Israël. Tu refuses — tu veux le combattre. Bien sûr, il riposte. (…) le premier, principal et fondamental ennemi est l’Iran, pas Israël. Parce que, en tant qu’Irakien, parlant pour moi-même, qu’est-ce qui m’a amené à Israël ? Je n’ai pas de frontière avec Israël. Je ne suis pas près d’Israël. Israël n’interfère pas dans mes affaires ni dans ma politique. L’Iran — 1 400 ans — est celui qui est à l’intérieur de l’Irak. (…) Je suis Arabe. Je vois l’humiliation de la part des Iraniens. Je ne vois aucune humiliation de la part d’un quelconque Israélien — pas près de moi, je ne le vois pas, je ne traite pas avec lui, il n’occupe pas mon pays, il ne vient pas en Irak. (…) nous avons souffert, mais ces Arabes qui sympathisent maintenant avec l’Iran n’ont pas souffert de l’Iran. L’Iran n’est pas proche d’eux sur leurs frontières. Les Iraniens n’entrent pas et ne les gouvernent pas. Qasem Soleimani ne contrôlait pas leur politique, donc ils sympathisent avec et aiment les Iraniens, aiment les turbans. Et l’étrange est qu’ils sont Arabes — qu’est-ce qui t’a amené au turban, à l’aimer et à le suivre ? (…) maintenant tu me dis que l’Irak est tombé dans un piège. Quel piège ? L’Iran a construit des milices. Tout comme il a soutenu le Hezbollah, tout comme il a soutenu le Hamas, tout comme il a soutenu les Houthis, il a soutenu 35 factions irakiennes loyales à l’Iran. Le financement vient d’Iran, mais de l’Irak — du Trésor irakien, de l’argent du pétrole. L’Iran le prend et le donne à ces 35 factions. Les armes viennent d’Iran. Le soutien politique vient d’Iran. Quand il y a des élections, ces 35 factions gagnent — elles ont des députés au parlement. Tout l’État est contrôlé par l’Iran. Ce sont des esclaves (…) Les Iraniens ont occupé l’Irak et l’ont gouverné à travers des gens qu’ils comprenaient — pas à travers des Irakiens honorables avec une histoire, une lutte et des principes, avec lesquels ils auraient dit : « Nous sommes vos voisins et un grand pays, coopérons dans la gouvernance. » Cela aurait été bien — je peux traiter avec la Turquie, traiter avec l’Arabie saoudite, traiter avec l’Iran. Je n’ai pas de problème. Mais qu’ont-ils fait ? Ils sont allés chercher quelqu’un que tu ne connais pas, que tu n’as jamais entendu parler, que tu n’as jamais vu — cet homme mourait de faim, n’avait pas un dinar — et ils lui ont remis un Trésor de milliards. Quel genre de personne est-ce ? Qu’est-ce que j’attends d’une telle personne ? Que fait-il ? Il est l’esclave de l’Iran jusqu’à sa mort, parce que celui qui l’a créé et l’a fait (…) Le gouvernement est amené par les milices, amené par l’Iran. Si l’Iran n’approuve pas, il n’y a pas de gouvernement. (…) [Donc l’Irak est] dans la poigne de l’Iran. Et laissez-moi aussi critiquer l’Amérique et Israël en même temps. L’Amérique et Israël regardaient ailleurs — en fait, ils étaient d’accord. Quand l’Iran approuvait un Premier ministre et un gouvernement, ils étaient aussi d’accord. Ils ont soutenu tous les gouvernements depuis 2003 — de Bremer jusqu’à aujourd’hui. Tous les gouvernements en Irak — l’Amérique et Israël ont approuvé ce que l’Iran a apporté. Donc dans un pays gouverné ainsi — l’Iranien que j’ai combattu pendant huit ans, que j’ai vaincu et détruit — comment est-il maintenant en train de me gouverner, de prendre sa revanche, de voler mon pays, de tuer mon peuple, d’introduire la discorde sectaire dans mon pays à travers Qasem Soleimani et Abu Mahdi al-Muhandis, en bombardant des sanctuaires sacrés ? La sympathie que vous avez mentionnée peut exister parce que certains peuples arabes n’ont pas vu cette image de l’Iran. Ils voient l’image de l’Iran confrontant Israël. Non — ils voient, entendent et savent. À un haut niveau culturel, qu’est-ce qui ne va pas chez eux ? La direction des Frères musulmans et d’autres — ils ne voient rien, n’entendent rien, ils ne rencontrent pas de politiciens, ils ne savent pas pourquoi ils sympathisent avec l’Iran. Par dépit envers les Arabes et les États du Golfe. Il n’y a absolument aucun Arabe qui sympathise avec l’Iran qui ne porte pas en lui une haine cachée contre les États du Golfe, parce qu’il les regarde de haut et voit qu’ils ont de l’argent, qu’ils ont des ressources, qu’ils ont construit leurs pays et construit leurs peuples. Il ne veut pas que tu construises la personne parce que, si tu le fais, il devient conscient et sait comment. Et si tu construis le pays, ensuite il n’aura besoin de rien — il n’ira pas en Iran, il n’ira dans aucun autre pays. Il vivra dans son propre pays, en vivant la meilleure vie. Ils ne veulent pas cela. Ces Arabes — je suis stupéfait. En ce temps de calamité, de destruction et de mort, tu sympathises avec l’Iran ? Comment peux-tu sympathiser avec l’Iran ? Je demande à Dieu Tout-Puissant — à ceux d’entre vous qui sympathisent avec l’Iran — de vraiment lancer l’Iran contre vous, pour que vous sentiez son feu et voyiez ce qu’est l’Iran. Vous qui sympathisez ne comprenez pas l’Iran. Si vous compreniez l’Iran, vous ne sympathiseriez pas avec lui. Faiq al-Sheikh Ali (ancien député irakien)
Ce que le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) n’avait pas pris en compte, c’était le poids de la dette politique qu’il avait accumulée à travers le monde arabe. Pendant des décennies, Téhéran avait placé le conflit israélo-palestinien au centre sacré de la vie politique arabe, consacrant chaque intervention iranienne et qualifiant de traître à l’islam tout gouvernement arabe qui résistait. L’objectif était de détourner les griefs arabes et de les transformer en couverture pour la conquête de la République islamique. Le Corps des Gardiens de la Révolution en était l’instrument : déployé à travers la région pour construire des États parallèles, s’emparer des systèmes financiers et installer des figures politiques dont la survie dépendait entièrement du patronage iranien. En Irak, 67 factions armées liées aux Forces de mobilisation populaire, revendiquant collectivement quelque 230 000 hommes, absorbaient environ 3,5 milliards de dollars par an du Trésor national, tandis que les premiers ministres irakiens gouvernaient avec la permission de Téhéran plutôt qu’avec un mandat populaire. En Syrie, l’Iran a injecté des milliards dans le régime de Bachar el-Assad et transformé un État arabe autrefois souverain en une base avancée pour la projection de la puissance révolutionnaire. En 2013, Mehdi Taeb, responsable du think tank Ammar Base du régime iranien, avait qualifié la Syrie de « 35e province de l’Iran » . Plus au sud, des commandants houthis répondant directement au CGRI tenaient le détroit de Bab el-Mandeb – par lequel transite 10 % du commerce maritime mondial – en otage permanent. Chaque théâtre d’opérations obéissait à la même logique : subordonner la souveraineté arabe à l’ambition révolutionnaire de la République islamique, puis présenter l’occupation comme de la résistance. Les populations arabes, broyées par cette machinerie révolutionnaire, avaient depuis longtemps compris la vraie nature de l’entreprise. Dès 2017, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait qualifié le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, de « nouve » Hitler du Moyen-Orient ». Lors de l’opération « Epic Fury », Faiq al-Sheikh Ali, ancien député irakien, déclarait : « Je suis arabe. Je vois l’humiliation venue des Iraniens. Je ne vois aucune humiliation venue d’Israël. » Le monde arabe tenait les comptes depuis des années, et le CGRI lui avait fourni plus qu’assez de raisons pour en arriver à ce jugement. C’est pourquoi le deuxième objectif – fracturer l’alignement des pays du Golfe – a échoué. Pour aggraver les choses pour Téhéran, le régime avait passé les semaines précédant les négociations d’Islamabad à frapper précisément les États dont il avait besoin de la neutralité : il avait attaqué des usines de dessalement et des installations pétrolières à travers le Golfe, transformant toute sympathie résiduelle en hostilité ouverte. Sultan Al Jaber, ministre de l’Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis, a déclaré que le détroit n’avait jamais été sous contrôle iranien d’une manière qui permettrait à Téhéran de fermer ou de restreindre légalement le transport maritime international. Les États du Golfe ont directement renforcé la posture américaine, et le dividende politique que Téhéran espérait tirer des perturbations économiques ne s’est jamais matérialisé. En d’autres termes, les Gardiens de la révolution (IRGC) se sont tiré une balle dans le pied. Les alternatives dont dispose l’Iran en dehors du détroit peuvent remplacer moins de 10 % du volume transitant par le Golfe. Avant la guerre, l’inflation dépassait les 40 %, la monnaie avait perdu plus de 80 % de sa valeur au cours de la décennie précédente, et la flotte fantôme que Téhéran avait constituée pour faire passer clandestinement du pétrole et financer les opérations des Gardiens de la révolution était déjà mise à rude épreuve par l’application cumulative des sanctions. Le recrutement s’était effondré à un point tel, sous le poids des salaires impayés et de l’asphyxie économique, que les Gardiens de la révolution enrôlaient, selon les rapports, des enfants de 12 ans. Un blocus naval américain soutenu rend toute résistance prolongée économiquement impossible. En bloquant le détroit que l’Iran tente de taxer, l’Amérique a appelé le bluff de Téhéran, révélant que la République islamique a au moins autant besoin du commerce passant par Hormuz que le reste du monde. (…) Après les déclarations de Trump, l’Arabie saoudite a annoncé le rétablissement complet de la capacité de pompage de pétrole via son oléoduc Est-Ouest à environ sept millions de barils par jour, quelques jours après avoir évalué les dommages subis par son secteur énergétique lors des attaques du conflit. Ce faisant, Riyad a démontré que la région peut acheminer les flux énergétiques entièrement en contournant le détroit. En tentant de transformer Hormuz en levier, l’Iran a accéléré précisément les investissements que sa stratégie visait à empêcher. Le point de passage que Téhéran cherchait à militariser est en train d’être conçu pour sortir de sa pertinence stratégique par les États dont l’alignement Téhéran espérait briser. Mais dans la misère des Gardiens de la révolution se trouve l’opportunité de Washington, et des occasions d’une telle ampleur ne se répètent pas. Bien exploitée, le blocus de Trump pourrait débloquer une consolidation régionale plus large. La première opportunité réside dans l’expansion des Accords d’Abraham en une architecture régionale solide. Les Accords signés en 2020 entre Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc ont déjà produit une coopération mesurable en matière de commerce, de technologie et de sécurité. Pendant l’opération Epic Fury, les États du Golfe ont coordonné avec le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) à un niveau d’intimité inimaginable il y a encore dix ans, en partageant des renseignements, en ouvrant leur espace aérien et en s’intégrant dans une posture de défense qui a fonctionné comme un ensemble cohérent. Intégrer des partenaires supplémentaires du Golfe dans un cadre structuré permettrait de transformer cet alignement de temps de guerre en un ordre durable, avec le corridor Inde-Moyen-Orient-Europe fournissant l’ossature économique autour de laquelle cette architecture plus large pourrait prendre forme. La seconde opportunité est plus lourde de conséquences à long terme. Pendant deux décennies, les États-Unis ont tenté de réprimer les réseaux soutenus par l’Iran par un engagement militaire direct dans des États trop faibles ou trop infiltrés pour agir en véritables partenaires, un modèle qui s’est révélé stratégiquement épuisant et qui n’a produit aucun résultat durable. La dégradation de l’architecture de supplétifs de l’Iran change complètement la donne. Un Irak qui reprend la souveraineté sur son propre secteur de sécurité, une Syrie libérée de l’enracinement iranien, et des États du Golfe qui ont absorbé des attaques soutenues sans fracture politique, sont mieux placés pour contrôler leur propre territoire. (…) Le Moyen-Orient se réorganise déjà autour de l’affaiblissement de l’Iran. L’opportunité de Washington est de consolider ce que la région a commencé. Zineb Riboua
Notre maison pourrait enfin guérir et nous regardons ailleurs ! 

A l’heure où seul contre tous avec l’aide du premier minstre israélien, le président Trump tente enfin d’empêcher les mollahs d’obtenir l’arme nucléaire …

Et où l’éditorialiste du New York Times Thomas Friedman s’inquiète que la défaite des mollahs profite à Trump et Netanyahou …
Comme le jusqu’ici réputé politiologue américain Andrew Michita qui mentionne à peine la menace nucléaire ou balistique dans un article de plus d’un millier de mots sur la « mauvaise guerre » d’Iran …
Pendant qu’après Jean Paul II qui embrassait le Coran, le pape Léon XIV non seulement condamne le président Trump mais bénit les mosquées qui prêchent la guerre sainte contre les juifs et surtout les chrétiens …
Dont se multiplent partout et d’abord dans les pays musulmans les persécutions et les massacres …
Devinez qui sous prétexte des manifestes insuffisances du médecin…
Ignorent complètement les vues du monde arabe…
Au moment même d’une véritable révolution copernicienne au Moyen-Orient et du monde…
A l’instar des Libanais se décidant enfin après près de 80 ans à faire la paix avec ses voisins israéliens…
Avec la fin potentielle enfin avant la nucléarisation qui la sanctuariserait…
De près de cinq décennies de la malédiction iranienne ?

The War the Arab World Is Watching

Iran-backed Iraqi militias consider disarming amid threats from Trump administration | The Times of Israel

The Middle East Has a Different Story and the West Is Not Hearing It
Zineb Riboua
Apr 10, 2026

Western coverage of Operation Epic Fury has unfolded almost entirely on Iran’s own terms.

The dominant frame across European and American commentary treats the Islamic Republic as the aggrieved party narrating its resistance, and the discussion in mainstream outlets and across social media platforms has largely been organized around what Iran claims, what Iran endures, and what Iran dares to threaten.

This frame leaves an enormous gap in the picture, and the gap is the Arab world — a civilization that has spent forty years watching the Islamic Republic erode its institutional, theological, and cultural foundations.

To grasp what is actually happening in the Middle East, a Western observer needs to hold three dimensions simultaneously, and the architecture of Western political debate makes this structurally difficult, if not in certain cases impossible.

Three Things the West Cannot See

The first is the Arab relationship with Iran. From the vantage point of Brussels or London, Iran presents itself as a resistance movement with a grievance against American hegemony and Israeli occupation, and this presentation maps comfortably onto familiar Western anticolonial frameworks.

What it does not map onto is the lived experience of Arab populations in Lebanon, Iraq, Yemen, Bahrain, Syria, and across the Gulf. In those countries, Iran’s presence meant Hezbollah holding the Lebanese state hostage to Tehran’s decisions, thirty-five armed factions in Iraq drawing salaries from Iranian funds channeled through the Iraqi national treasury, and Houthi commanders answering to the Islamic Revolutionary Guard Corps while firing on Arab civilians from Yemeni soil. Freedom is not the word any serious Arab observer would use for what Iran brought.

Indeed, the Arab world’s quarrel with Iran runs far deeper than American bases or Israeli airstrikes. What drives it is the systematic subversion of Arab sovereignty by a foreign power that uses the language of Islamic solidarity as cover for an imperial project conducted through proxies.

The second dimension is the proxy question itself, where Western analysis fails most comprehensively. Iran goes far beyond supporting armed groups. Parallel state structures get built inside Arab countries, financial systems get captured, and political figures get installed who owe their existence and survival entirely to Tehran.

The Iranians who have administered this project understand it as the export of a revolution, but what Arab populations have experienced is closer to a colonial occupation conducted through intermediaries, and as of now, they’re not mourning the Islamic Republic.

When Westerners treat these proxy networks as instruments of legitimate resistance rather than as mechanisms of subjugation, they endorse an imperial project while believing themselves to be opposing one, and as a matter of fact, make themselves the legitimizing force behind Iran’s war against the Arab world.

The third dimension is the most counterintuitive for a Western audience, and it is the one most consequential for how the current war is understood and misunderstood. For Arab nationalists, including secular nationalists and even those with deep reservations about Israeli policy, Iran represents a greater and more immediate threat than Israel does.

This is a position that Western media are structurally ill-equipped to render intelligible, because Western discourse on the Middle East has been organized for decades around the Israeli-Palestinian conflict as the primary axis of regional injustice.

The result is that when Western governments and Western publics take strong positions against Israel’s actions against Iran’s operations, they believe themselves to be standing with the Arab world. In reality, they are advancing a position that the Arab world does not share and has not asked for, while ignoring the threat that Arab governments and Arab populations actually live with.

The rhetorical use of Israel as a perpetual alibi for Iranian aggression has been one of the Islamic Republic’s most durable tools, and Western opinion has served as the unwitting amplifier of that tool across the entire duration of the Islamic Republic’s existence.

The War the Arab World Is Watching

What makes this moment significant is that Operation Epic Fury has accelerated a reckoning that was already underway. The Arab world is watching the proxy architecture Iran spent decades constructing get dismantled, and it is processing the implications for its own political future.

The first thing that has emerged from this is a demonstration of capability that no one predicted. Gulf states that absorbed thousands of rockets and drones while maintaining full civilian life and political composure have revealed a military steadiness that decades of condescension from Western and Arab nationalist commentators had written off as impossible.

The second is a region at a genuine inflection point, one where the destruction of Iran’s proxy architecture opens a real possibility of Arab states governing themselves without external interference for the first time in a generation.

Western observers who followed this war through the lens of Iranian social media accounts have been watching a carefully produced performance. The Arab world has been watching something else entirely, the first serious challenge to an ideology that was never democratically adopted, never welcomed, and imposed through violence and subversion from the moment of its founding.

The United States and Israel, long cast in Arab political culture as the twin engines of regional oppression, are being processed by a significant and growing portion of Arab opinion as something closer to liberators, not in the language of gratitude, which Arab dignity would resist, but in the language of relief.

Two interviews have proven especially illuminating in this regard. One features an Egyptian writer, the other a former Iraqi parliamentarian, both speaking on a Saudi-sponsored Arab channel with the kind of frankness that the Western media landscape rarely produces and rarely amplifies. Each, in his own way, says the same thing: Iran is the enemy.

I hope that reading them gives serious observers of international affairs a flavor of what the real debate looks like inside the Arab world, conducted in Arabic, on Arab terms, and almost entirely out of Western view.


Ibrahim Issa, Egyptian Writer, speaking from Cairo with host Nayef

Watch Interview

Host: When someone from Iran or from the pro-Iranians listens to you, they will say: in 38 days, the United States and Israel could not destroy the regime, could not change it, could not enter Iran by land, could not force Iran to surrender, and Trump went to a truce because he had no other option. What is your response?

Issa: Look, if these are the arguments that convince them, good — they satisfy themselves. You cannot convince a madman that he is mad. No matter how skilled a psychiatrist you are, there is no mentally disturbed person on earth who admits his disturbance. Let alone someone who is both mentally disturbed and ideologically driven at the same time.

But all of this raises the question about the war’s own objectives. This same argument was repeated to the point of tedium about Gaza — as Hamas’s presence was being crushed in Gaza, they said “Hamas hasn’t been defeated, Hamas exists, Hamas is negotiating, Hamas forced the enemy to the negotiating table” — the same nonsense repeated again.

The regime hasn’t fallen — and who said a regime can fall from the air alone? Saddam Hussein, in 1991, after the liberation of Kuwait and the massive defeat of Iraq and its army, remained in power from 1991 to 2003, twelve years. Does that mean he wasn’t defeated in 1991? The regime may have survived, but it is hollow, rotted, penetrated, decrepit, and now it will face its own people face to face after this truce — in a week, two weeks, a month, two months, a year, two years — with enormous challenges.

Let us assume the opposite, Professor Nayef: if the Iranian regime had managed to assassinate Netanyahu, the defense minister, the head of intelligence, the head of Mossad — what would they say then? That we were defeated? When the scene reaches this level of political decay and political delirium, we should not chase the arguments of madmen. We are not going to sit and talk about self-evident truths with them, to convince the pro-Iranians or the Mullah regime that it has been defeated. I am not going to convince him because he is like a man afflicted with color blindness — he sees green as red, and no matter how hard you try to convince him that what he sees as green is actually red, he will not believe you.

Host: Why did you describe everyone who supports Iran in its aggressive attacks against Gulf states, or even those who stay silent about it — as if they saw nothing — as legitimizing treason and collaboration? Convince the viewer that this description is deserved.

Issa: 1000%. Let me say first: the purpose of dialogue, debate, and presenting evidence is to enlighten people, to enlighten public opinion, to enlighten the Arab masses — not to convince the pro-Iranians, the Iranian regime, or the Mullah system that it has been defeated. That is outside my concerns, not on my list of priorities.

But when I say that everyone who has openly and clearly sympathized with, supported, or stayed silent about the savage, blatant, and despicable Iranian aggression against Arab countries in the Gulf, they are supporting and endorsing treason and collaboration. Why?

Because when Hezbollah exists in Lebanon, when you support Iran and its infiltration of Arab societies and Arab states — whether we take the example of Hezbollah, the Popular Mobilization Forces, or the Houthis — what does it mean when you, an ordinary Arab citizen subjected to massive media and cultural coercion from political Islam and Arab nationalist movements, support Hezbollah? It means you are supporting a party that describes itself as the party of Velayat-e Faqih in the heart of an Arab state.

You are supporting a party whose loyalty to Iran is declared. You are supporting an armed organization inside a state — meaning you are supporting secession from the army, supporting rebellion against the army, supporting the proliferation of military forces inside any country.

Apply this to Lebanon, to Jordan, to Iraq, to Egypt, to Tunisia. When you tell me that an organization, merely because it raises the banner of fighting Israel and being “with the resistance,” and you accept it as an agent paid and funded by a foreign power, a traitor whose loyalty is to another state, a military rebel against his country and its sovereignty — fragmenting and splitting the state, as we saw in Yemen and as we see today with Hezbollah in Lebanon — hijacking the decision of the state, hijacking the decision of the people — is this not treason and collaboration? What else would you call it?

Treason and collaboration with a foreign organization with foreign loyalty inside this homeland, receiving money and support, acting on orders from outside, and receiving funds from abroad. If this is not collaboration, what is? If this is not treason to the homeland, what is?

When we say the organization “Bayt al-Maqdis” in Sinai — when it was from ISIS and al-Qaeda — if you fund an organization that raises its banners and rebels against its army, its country, its sovereignty, receiving external support — what is its name? I think Egyptian patriots, nationalists, and Nasserists would not tell us that those organizations are patriotic. They must be treasonous organizations. Every terrorist organization is necessarily treasonous and collaborationist. But if ISIS raises the banner of fighting Israel, should we be like ISIS?

Host: Professor Ibrahim, you mentioned important points we will return to. But you came a moment ago to the positions of some of these politicians, thinkers, and Arab elites — nationalists, leftists — who agreed with the Islamists, whether from Shia or Sunni militias or otherwise. They are all in the same trench. But can one say today that these elites and thought leaders in the Arab world — the leftists and nationalists — are the reason some Arabs, even citizens of the countries targeted by Iranian aggression, would celebrate and cheer their own targeting by Iran with rockets, drones, and spy cells? Do you hold them responsible?

Issa: I hold the Arab political culture responsible since the 1950s and ‘60s until now — the hegemony of the political Islam project and the Nasserist and leftist ideas that dominate Arab culture, control its keys, and reign over it. That is the real problem.

We are in an inheritance — the dung inheritance, the mental and intellectual dung that dominates and controls the Arab mind.

Many have escaped it; I cannot say at all that Arab society and Arab peoples have not stood with the Gulf states, or that they stand with Israel, or stand with Iran. I do not think that. The problem belongs to those affiliated with the Islamist and nationalist currents and those influenced by their ideas. And this is natural, because they see it in school curricula, in mosque sermons, in religious instruction, in the media, and in social media. These are large, not trivial forces — dominant over the Arab mind since the 1950s.

Then came the post-Islamic Awakening phase and Islamist dominance over the Arab scene. So you are facing a Nasserist-nationalist thought onto which Islamist thought was grafted, creating a terrifying rigidity and paralysis of Arab mentality, to the point of glorifying and magnifying Gamal Abdel Nasser the defeated, while attacking and accusing Anwar Sadat the victor.

I speak militarily, not about peace or anything else. The one who won the battle and the war — Anwar Sadat — is the object of hatred and attack from both Islamists, who also killed him, and Nasserists and nationalists who to this day say we did not win in ‘73.

So it is perfectly natural that someone who believes Egypt and the Arabs did not win in ‘73 would now consider himself victorious. He sees through a completely different lens: the one who crossed and liberated the land is the one who was defeated, and the one who was struck to the bone, whose military power was crushed, who has nothing left but remnants of rockets stockpiled for decades at the expense of the Iranian people’s wealth, capacities, and freedom — these nationalists, Nasserists, human rights advocates, and Islamists who speak about Arab regimes and attack them and consider them producers of human rights violations are conspiring and falsifying in a way that no sound mind can follow — about what Iran commits daily in human rights violations against its own people since the first moment of the accursed revolution, the Islamic Revolution in Iran, which was an Iranian revolution and turned into an Islamic revolution through blood, killing, and executions.

This left that now supports Iran — Iran, by the way, kills your leftists inside Iran. The Mullah regime suppresses the left and suppresses all freedom. The left can have demonstrators beaten and killed by the thousands, while you, in your own country, want the right to demonstrate and accuse your state of suppressing demonstrators, yet you approve of the crushing of Iranian demonstrators.

These people have schizophrenic personalities. Their behavior can only be explained psychologically, not politically — it belongs to psychology, not political science.


Former Iraqi Member of Parliament Faiq al-Sheikh Ali, with host Rasha

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Host: Has the regime fallen or not, Professor Faiq?

Faiq: Rasha, before I answer whether the regime has fallen or not — you know, the peoples of the Gulf, like the Iraqi people and Gulf peoples, contain a proportion of Iranians — old Iranians, 200, 150, 120 years settled there, holding citizenship of these countries. These Iranians are now among the greatest haters of Iran and the turbans. You have lost a high proportion of your original citizens who used to live in the Gulf states and even Iraq — you have lost their loyalty and love. They now hate you, hate Iran, hate the regime and its conduct, because you attacked them. They did not know at what moment a rocket might fall on them. Because the rocket launched — the girl who fell in Kuwait — the rocket coming from Iran does not distinguish between an Iranian and a non-Iranian. I mean, all people now hate the regime.

Host: I will return to the question of people, but has the regime in Iran fallen, politically and practically?

Faiq: The regime is finished. Any regime in the world, especially a dictatorial one, consists of a head and those surrounding the head. Fine — where is the head? Ali Khamenei is gone. Those surrounding the head — would that the first, second, and third fundamental lines had all been eliminated. Everything at the level of the Revolutionary Guard and at the level of senior politicians we knew for 40 or more years — all gone, all killed.

Host: They say the Revolutionary Guard still exists, and as long as it withstood this war, Iran is still strong.

Faiq: True, the Revolutionary Guard still exists, but I am talking about the leadership, the senior figures. The current commanders of the Revolutionary Guard are low-level — fourth tier, not third, not second, not first. These have had standing orders from long ago: if something happens to Iran, you act on your own, you make your own decisions — no longer a supreme head controlling you or a specific commander telling you what to do. You act as you see fit.

Our enemies are the Gulf, our enemies are America and Israel. These people are fighting now, so you, Revolutionary Guard soldier holding the rank of first lieutenant, captain, or major, act as you please, make your own judgment; the important thing is enmity toward all these countries.

Host: Is the survival of these people in the interest of the region and its stability, or against it?

Faiq: Against. First, against the Iranian people, because this regime is built on repression. All Iranian revolutions were suppressed by the Revolutionary Guard. I hear that at the beginning, the number of martyrs of the latest revolution — just a day or two before the war — Iran announced 3,000, or the globally circulating figure is 32,000, and now Trump is talking about 45,000.

Those who speak of these numbers do not know Iran or the Iranian people. I can say with a clear conscience: more than 100,000. Because in 2009, during the Green Revolution, when 60% of the Iranian people rose up, the Revolutionary Guard alone killed a quarter of a million people. Not to mention the prisons, the arrests, and so on. These are criminals who use a policy of extermination — immediately and without discussion: you are an Israeli agent, a Zionist, an American agent, an infidel — they kill their own people, they slaughter them. They slaughtered a quarter of a million.

Host: So, after this war that lasted more than a month, what version of the Iranian regime did the Americans leave us in the region?

Faiq: The war has not ended, Rasha.

(…)

Faiq: This is a given. And now I address the Arab citizen: what do you have to say in sympathy with Iran? You know what my wish is? I should not say this — it is not politically appropriate. But my wish may be that two people govern you: my wish in this life and even in the next — one of them is named Saddam Hussein. Even if you sympathize with Iran, I wish he would slaughter you. I wish he would slaughter you right now because you sympathize with Iran — slaughter your family, your relatives, your neighbors, because you sympathize with Iran. Even if you tell him a million times, he would slaughter them all. That is one. My wish is that this would rule you until you come to understand what Iran is.

The second thing I wish — that Iran governs you as it governs me now, and you see the humiliation, hunger, degradation, abuse, contempt — and an Iranian comes to visit Karbala while the great Iraqi, who stood fighting Iran for eight years and brought it to its knees, kneels and washes the Iranian’s feet — and his feet are covered in mud and filth — and drinks the water used to wash those feet, on the pretext that this person is coming from Iran to walk to Imam Hussein, peace be upon him. I wish this kind of state ruled you, so you understand — how can you, an Arab, accept this? This is what Iran is doing to an Arab country. How can you be ruled like this? How can you sympathize with them?

Do you understand what kind of superstition and ignorance they spread among us in Iraq? I am coming to tell you — I am afraid you might say “what is this?” — or accuse me of being an extremist, maybe al-Qaeda, maybe ISIS.

I don’t know. You need to know I am a son of Najaf and of the religious establishment; my grandfather was a senior religious authority, and I am a son of the Hawza seminary. So, understand who I am and what I am telling you. How are you thinking? I am not like you — I differ from you in thinking. You are now taken over by sympathy, under the pretext that these are Muslims coming to fight Jews. What about the Jews? Let’s get to that point — that is the killer point.

I am Iraqi — the proportion of Jews in Iraq at the beginning of the twentieth century in Baghdad — half of Baghdad’s population was Jewish, and the other half was Muslim. The finest, most beautiful, greatest, best, and most refined community in Iraq was the Jews, not others. They attacked no one — here are the court records and police station files.

Host: Yes, but you are talking about an image that differs from today’s reality. Look at what they are doing in Gaza. Look at what they are doing in the West Bank. Look at the settlements, look at the law to execute the original owner —

Faiq: Look at what they are doing in southern Lebanon.

Host: Yes, yes.

Faiq: Yes, correct. They are now committing all these crimes and doing the worst things — in order to secure themselves, to eliminate something called “resistance,” to secure their lives. But — and this is a very important point — those Jews who lived in our Arab countries, especially Iraq, we expelled them, we displaced them, we sent them to Israel, we uprooted them from their roots, we stole their movable and immovable property. This Jew whom we are now talking about — when he does what he does now, or rather the Zionist — yes, he wants to protect himself because at night you cross his border, you violate his land. Yes, I know — you violated his land while he was sleeping.

Host: And he killed and continues to kill and violate —

Faiq: And you shell him from southern Lebanon. He tells you: I want to make a treaty with you, let’s agree, we both live safely — you in southern Lebanon, I in Israel. You refuse — you want to fight him. Of course, he retaliates.

Host: That is not correct — Israel to this day has not withdrawn from the five points in Lebanon.

Faiq: I congratulate you, it has been ten days.

Host: Fine.

Faiq: What five points?

Host: If Israel does not want to leave — if there are those who see that the primary enemy around which all regional countries must unite is Israel, not Iran —

Faiq: Who are the Arabs who say that?

Host: Some say this view.

Faiq: No — the first, primary, and fundamental enemy is Iran, not Israel. Because, as an Iraqi, speaking for myself, what brought me to Israel? I have no border with Israel. I am not near Israel. Israel is not interfering in my affairs or my politics. Iran — 1,400 years — is the one inside Iraq.

Host: Yes, you are Iraqi, but you are also Arab, and you see what is being done —

Faiq: I am Arab. I see humiliation from the Iranians. I do not see any humiliation from any Israeli — not near me, not seeing him, not dealing with him, not occupying my country, not coming to Iraq.

Host: This judgment may result from what you, or Iraqis, suffered from Iran in the recent crisis. It is said that Iraq fell into the trap —

Faiq: Yes, of course. Now I will answer you: we suffered, but these Arabs who now sympathize with Iran have not suffered from Iran. Iran is not close to them on their borders. The Iranians are not entering and governing them. Qasem Soleimani was not controlling their politics, so they sympathize with and love the Iranians, love the turbans. And the strange thing is that they are Arab — what brought you to the turban, to love it and follow it?

Host: Because the turban is directing itself against Israel, from their point of view.

Faiq: Fine — now you are telling me that Iraq fell into a trap. What trap? Iran built militias. Just as it supported Hezbollah, just as it supported Hamas, just as it supported the Houthis, it supported 35 Iraqi factions loyal to Iran. The funding comes from Iran, but from Iraq — from the Iraqi treasury, from oil money. Iran takes it and gives it to these 35 factions. The weapons come from Iran. The political support comes from Iran. When elections happen, these 35 factions win — they have MPs in parliament. The entire state is controlled by Iran. These are slaves, Rasha.

And this is a very important point — let me tell you. The Iranians occupied Iraq and governed it through people they understood with — not through honorable Iraqis with history, struggle, and principle, with whom they said: “We are your neighbors and a big country, let us cooperate in governance.” That would have been fine — I can deal with Turkey, deal with Saudi Arabia, deal with Iran. I have no problem. But what did they do? They went and brought someone you do not know, never heard of, never seen — this man was starving, did not have a dinar — and they handed him a treasury of billions. What kind of person is that? What do I expect from such a person? What does he do? He is a slave of Iran until he dies, because the one who created and made him —

Host: But there were government and state institutions in Iraq that should have stood up to that.

Faiq: The government is brought by the militias, brought by Iran. If Iran does not approve, there is no government.

Host: So Iraq is in Iran’s grip.

Faiq: In Iran’s grip. And let me also criticize America and Israel at the same time. America and Israel were looking the other way — in fact, they agreed. When Iran agreed on a prime minister and a government, they also agreed. They supported all governments from 2003 onward — from Bremer to this day. All governments in Iraq — America and Israel approved of what Iran brought. So in a country governed like this — the Iranian, whom I fought for eight years, whom I defeated and destroyed — how is he now governing me, taking his revenge, stealing my country, killing my people, entering sectarian strife into my country through Qasem Soleimani and Abu Mahdi al-Muhandis, bombing sacred shrines?

The sympathy you mentioned may exist because some Arab people have not seen this image of Iran. They see the image of Iran confronting Israel. No — they see and hear and know. At a high cultural level, what is wrong with them? The leadership of the Muslim Brotherhood and others — they see nothing, hear nothing, they don’t meet with politicians, they don’t know why they sympathize with Iran. Out of spite toward the Arabs and Gulf states.

There is absolutely no Arab person sympathizing with Iran who does not carry a hidden hatred inside him against the Gulf states, because he looks down on them and sees they have money, they have resources, they built their countries, and built their people. He does not want you to build the person because, if you do, he becomes aware and knows how. And if you build the country, afterward he does not need anything — he will not go to Iran, he will not go to any other country. He will live in his own country, living the best life. They do not want this.

These Arabs — I am astonished. At this time of calamity, destruction, and death, you sympathize with Iran? How do you sympathize with Iran? I ask God Almighty — those of you who sympathize with Iran — to truly set Iran upon you, so you feel its fire and see what Iran is. You who sympathize do not understand Iran. If you understood Iran, you would not sympathize with it.

Host: I can certainly appreciate your feelings. You are a seasoned politician who has lived through many years and eras, who has read history well in the region and in Iraq, and who has lived through the moments you speak of with great passion. Thank you, Professor Faiq al-Sheik Ali.

Voir aussi:

The Strait of Hormuz: Iran’s Miscalculation, Washington’s Opportunity

The Arab World Was Always Keeping Score

IRGC Navy Chief: Speed Of Iran Boats To Be Several Times Higher Than That Of US Vessels In Future - Iran Front Page


Iran Spent Its Last Card

On Sunday, President Donald Trump announced a full U.S. naval blockade of the Strait of Hormuz and threatened to destroy “the little that is left of Iran.” In a pair of Truth Social posts, Trump declared that the U.S. military would begin blocking ships from entering or leaving the strait, intercept any vessel that had paid tolls to Iran to transit it safely, and warned that any Iranian who fires on U.S. or peaceful vessels would be “BLOWN TO HELL” while the Navy works to demine the strait. The announcement came as ceasefire negotiations in Islamabad, Pakistan, broke down and the U.S. delegation led by Vice President J.D. Vance returned home. In effect, Washington has moved to strip Tehran of the one coercive instrument it believed it held in reserve.

Wars usually shut doors for American foreign policy. But this episode has revealed that Operation Epic Fury has opened them with uncommon force. To understand why requires an honest reckoning with Iran’s biggest mistake in this war. The Islamic Revolutionary Guard Corps’ (IRGC) decision to weaponize the Strait of Hormuz ranks among the most consequential miscalculations in the regime’s history.

Following the American and Israeli strikes, the Revolutionary Guard pursued two anticipated outcomes from its Hormuz strategy.

The first was a global economic shock severe enough to force Washington to back down. Iran hoped it could cause a disruption so costly to oil markets and allied supply chains that the United States would be compelled to return to the negotiating table on Iranian terms. The strait carries roughly 20 percent of global oil trade and a similar amount of the world’s liquefied natural gas. A genuine closure would send energy prices soaring across Europe, Asia, and the gulf alike.

The second objective was political. Iran sought to use disruption in the Strait to fracture the alignment between Washington and its Gulf partners, demonstrating that American military operations imposed an unbearable cost on regional stability, pressuring Riyadh, Abu Dhabi, and Doha to demand a stand-down.

The Arab World Was Always Keeping Score

What the IRGC failed to account for was the weight of the political debt it had accumulated across the Arab world. For decades, Tehran positioned the Israeli-Palestinian conflict as the sacred center of Arab political life, consecrating every Iranian intervention and branding every Arab government that resisted as a traitor to Islam. The goal was to hijack Arab grievances and convert them into cover for the Islamic Republic’s conquest.

The Revolutionary Guard was the instrument of that conquest, deployed across the region to construct parallel states, capture financial systems, and install political figures whose survival depended entirely on Iranian patronage.

In Iraq, 67 armed factions tied to the Popular Mobilization Forces, collectively claiming some 230,000 personnel, consumed roughly $3.5 billion annually from the national treasury while Iraqi prime ministers governed with Tehran’s permission rather than a popular mandate.

In Syria, Iran poured billions into the Bashar al-Assad regime and transformed a once-sovereign Arab state into a forward operating base for revolutionary power projection. In 2013, Mehdi Taeb, the head of the Iranian regime’s Ammar Base think tank, called Syria “Iran’s 35th province.”

Farther south, Houthi commanders answering directly to the IRGC held the Bab el-Mandeb Strait, through which 10 percent of global seaborne trade passes, perpetually hostage.

Every theater followed the same logic: subordinate Arab sovereignty to the Islamic Republic’s revolutionary ambition, then present the occupation as resistance.

Arab populations ground down under this revolutionary machinery had long recognized the enterprise for what it was. As far back as 2017, Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman described Iran’s supreme leader, Ali Khamenei, as “the new Hitler of the Middle East.” During Operation Epic Fury, Faiq al-Sheikh Ali, a former member of the Iraqi parliament, stated that “I am Arab. I see humiliation from the Iranians. I do not see any humiliation from any Israeli.” The Arab world had been keeping score for years, and the IRGC had given it no shortage of reasons to reach that judgment.

This is why the second objective, fracturing Gulf alignment, failed. To make matters worse for Tehran, the regime had spent the weeks before the talks in Islamabad striking the very states on whose neutrality the strategy required, hitting desalination plants and oil facilities across the Gulf and curdling any residual sympathy in those countries into open hostility. Sultan Al Jaber, the United Arab Emirates’ (UAE) minister of industry and advanced technology, stated that the strait has never been under Iranian control in any manner that would permit Tehran to legally close or restrict international shipping. The Gulf States reinforced the American posture directly, and the political dividend Tehran had assumed would follow from economic disruption never materialized.

In other words, the IRGC shot itself in the foot. Iran’s available alternatives outside the strait can replace less than 10 percent of Gulf throughput. Before the war, inflation was running above 40 percent, the currency had lost more than 80 percent of its value over the preceding decade, and the shadow fleet Tehran had assembled to smuggle oil and fund IRGC operations was already straining under accumulated sanctions enforcement. Recruitment had collapsed so severely under the weight of unpaid salaries and economic asphyxiation that the IRGC was reportedly pulling 12-year-olds into its ranks. A sustained U.S. naval blockade renders continued resistance economically impossible.

By blockading the strait that Iran is trying to toll, America has called Tehran’s bluff, revealing that the Islamic Republic needs Hormuz commerce at least as much as the rest of the world.

The lesson for all has been that Iran cannot be worked with or relied upon. And Gulf States have since moved to make the lesson permanent. After Trump’s declarations, Saudi Arabia announced the full restoration of oil pumping capacity through its East-West pipeline to approximately seven million barrels per day, days after providing an assessment of damage to its energy sector from attacks during the conflict. By doing so, Riyadh has demonstrated that the region can route energy flows entirely around the strait. In trying to turn Hormuz into leverage, Iran accelerated the very investment the strategy was designed to prevent. The choke point Tehran sought to weaponize is being engineered out of strategic relevance by the states whose alignment Tehran had hoped to shatter.

Washington’s Rare Door

But in the IRGC’s misery there is Washington’s opportunity, and opportunities of this magnitude do not repeat themselves. Properly leveraged, Trump’s blockade could unlock a broader regional consolidation.

The first opportunity lies in expanding the Abraham Accords into a robust regional architecture. The Accords signed in 2020 between Israel, the UAE, Bahrain, and Morocco have already delivered measurable cooperation in trade, technology, and security. During Operation Epic Fury, Gulf States coordinated with U.S. Central Command at a level of intimacy unimaginable a decade ago, sharing intelligence, opening airspace, and integrating into a defense posture that functioned as a coherent whole. Bringing additional Gulf partners into a structured framework would convert that wartime alignment into a durable order, with the India-Middle East-Europe corridor providing the economic spine around which the broader architecture could take shape.

The second opportunity is more consequential over time. For two decades, the United States attempted to suppress Iranian-backed networks through direct military engagement in states too weak or too captured to act as genuine partners, a model that proved strategically exhausting and produced no durable result.

The degradation of Iran’s proxy architecture changes the underlying condition entirely. An Iraq reclaiming sovereignty over its own security sector, a Syria freed from Iranian entrenchment, and Gulf States that absorbed sustained attack without political fracture are better positioned to police their own territory. Strong sovereign states are the only counterterrorism infrastructure capable of producing lasting outcomes, and Washington now has a genuine opportunity to help build them through security cooperation and diplomatic engagement, freeing up American strategic bandwidth for the Indo-Pacific.

The Middle East is already reordering itself around Iran’s diminishment. Washington’s opportunity is to consolidate what the region has begun.

Voir de même:

Ce qui se joue aujourd’hui entre la République islamique d’Iran et les démocraties occidentales ne relève pas du seul rapport de force militaire ou diplomatique. C’est un affrontement plus profond, celui de deux visions du monde, de deux conceptions irréconciliables du pouvoir, de la liberté et de l’homme.

Hirbod Dehghani-Azar et Jean-Marie Montali 

La Nouvelle Revue Politique

 14 avril 2026

Ce qui oppose la République islamique d’Iran aux démocraties libérales ne se réduit en effet ni à une crise régionale, ni à une guerre par procuration, ni à un simple contentieux stratégique. Ce qui est en jeu est plus grave : c’est un choc entre deux ordres politiques, deux conceptions de l’homme, deux civilisations politiques. D’un côté, un régime fondé sur une théologie du pouvoir. Depuis 1979, la République islamique repose sur le principe du velayat-e faqih, la « tutelle du juriste-théologien », qui confère au Guide suprême une autorité à la fois religieuse et politique. Dans un tel système, le pouvoir ne procède pas du peuple, mais de Dieu. Dès lors, contester le régime ne relève pas de l’opposition légitime : c’est, dans sa logique même, une faute contre l’ordre sacré. Ce type de régime ne tolère ni le pluralisme ni la contradiction. Il ne connaît que l’adhésion ou la faute. Le citoyen n’y est pas un sujet de droit, mais l’objet d’une conformité exigée. La loi n’y est pas l’expression d’une volonté collective mais l’interprétation d’un texte sacré, monopolisée par l’autorité religieuse. La politique s’efface alors devant le dogme. L’homme – et surtout la femme – disparaît derrière un idéal unique et indiscutable : la gloire de Dieu, seul censé disposer du destin des hommes. C’est dans cette logique qu’à la suite des manifestations et des massacres de janvier dernier, de très nombreux protestataires ont été accusés par les tribunaux révolutionnaires d’« inimitié envers Dieu » et de « corruption sur terre », des chefs d’inculpation menant à la potence. Malgré les mensonges répétés sur nos plateaux par Mohammad Amin Nejad, ambassadeur de la République islamique d’Iran à Paris, assurant sans honte que « le régime ne maltraite pas ses enfants » et qu’il « n’a pas de sang sur les mains », les pendaisons se poursuivent. On tue pour un slogan, un chant, une publication en ligne. Dans un tel système, l’opposition politique est aussitôt criminalisée comme une atteinte à l’ordre sacré. La violence d’État n’est pas un excès : elle est une conséquence logique. La répression n’est pas un dysfonctionnement : elle est une condition de survie du régime. La République islamique d’Iran est un système totalitaire et fanatique, qui ne tolère aucune autre forme de pensée, aucune autre forme de société fondée sur la délibération, le doute et la critique. Le régime de Téhéran veut un peuple muet, à qui l’on ne demande pas de penser, mais de croire. Et, à défaut, de mourir.

C’est aussi un régime de conquête. Khomeini n’a jamais caché ses ambitions jihadistes. Il les a proclamées sur tous les tons, jusque dans ses écrits, et elles se retrouvent jusque dans le préambule de la Constitution de la République islamique d’Iran. Face à cela, les démocraties modernes, et singulièrement la tradition française, reposent sur une tout autre source de légitimité : non plus la transcendance, mais l’immanence. Ce n’est plus Dieu qui fonde le pouvoir, mais les hommes eux-mêmes. Depuis les Lumières et la Révolution française, la souveraineté procède du peuple. Rousseau l’écrit dans Du contrat social : « La souveraineté n’appartient qu’au peuple. » Cette phrase, que nous croyons familière, est en réalité d’une portée révolutionnaire. Elle retire au sacré le monopole du politique. Elle affirme que les hommes peuvent se gouverner eux-mêmes. C’est précisément cette rupture que la République islamique d’Iran combat. Car elle fait passer l’humanité d’un ordre révélé à un ordre choisi. Et ce combat, elle ne le mène pas seulement sur son territoire, en massacrant les opposants : elle le mène aussi comme modèle, comme projet, comme vision du monde. Il ne faut pas s’y tromper : ce régime ne se contente pas de maintenir un ordre intérieur, il porte une conception politique dans laquelle la liberté est une menace, l’égalité une hérésie, et la fraternité une illusion dès lors qu’elle n’est pas fondée sur l’appartenance religieuse. Pour nous, au contraire, les principes de “liberté, égalité, fraternité” ne sont pas, ou ne devraient pas être, de simples slogans. Ils définissent un universalisme politique. La liberté affirme le droit de chacun à penser, à croire ou à ne pas croire. L’égalité récuse toute hiérarchie naturelle ou sacrée entre les hommes. La fraternité suppose une communauté fondée non sur la foi, mais sur la reconnaissance mutuelle. Dans cet horizon, le pouvoir n’est jamais absolu : il est limité, contestable et révocable. C’est pourquoi le conflit avec la République islamique ne peut être compris en termes seulement stratégiques. Il est aussi, et peut-être d’abord, philosophique. Il oppose deux régimes de vérité. D’un côté, une vérité révélée, fixée, indiscutable. De l’autre, une vérité toujours exposée au débat, à la contradiction, à la révision.

On objectera que toute démocratie est imparfaite, traversée de contradictions, parfois même de renoncements. C’est vrai. Mais sa force réside précisément dans cette capacité à se corriger elle-même. Là où le totalitarisme se sacralise, la démocratie accepte sa propre faillibilité. Elle accepte la critique et la remise en cause. Comme l’écrivait Karl Popper, « la vraie question n’est pas : qui doit gouverner ? mais : comment contrôler les gouvernants ? » Cette question est impensable dans un système où le pouvoir se prétend d’origine divine.

Mais réduire cette opposition à une confrontation entre « l’Occident » et « l’Iran » serait une erreur. Ce serait reprendre, à rebours, la logique essentialiste du régime lui-même. Car ce conflit traverse d’abord la société iranienne. Les manifestations, les actes de désobéissance, les vidéos clandestines montrent qu’une part considérable du peuple iranien aspire précisément aux principes que le régime combat. Ce sont ces femmes qui refusent le voile imposé, ces étudiants qui contestent, ces artistes qui chantent malgré l’interdit. Ils incarnent, de l’intérieur, une autre idée de l’Iran. Il faut donc déconstruire ce mensonge, savamment entretenu, qui consiste à assimiler le régime iranien au peuple iranien. Rien n’est plus faux. Rien n’est plus dangereux. Car ce sont les Iraniens eux-mêmes qui paient le prix de cette confusion. Ce sont eux qui manifestent, qui filment, qui témoignent et qui meurent. Ce sont eux qui, au péril de leur vie, réclament ce que nous tenons souvent pour acquis : le droit de parler, de penser, de vivre.

La véritable ligne de fracture ne passe donc pas entre les peuples, mais entre deux conceptions de l’homme. D’un côté, un être soumis, défini par une loi extérieure, intangible, indiscutable. De l’autre, un être autonome, capable de se donner à lui-même ses règles et ses lois. Comme l’écrivait Hannah Arendt à propos des régimes totalitaires : « Le sujet idéal du régime totalitaire n’est pas le nazi convaincu ou le communiste convaincu, mais l’homme pour qui la distinction entre le vrai et le faux n’existe plus. » En ce sens, la lutte contre le totalitarisme est d’abord une lutte pour la vérité. Ce qui est en jeu dépasse dès lors largement les frontières de l’Iran. Il s’agit de savoir si le modèle d’une société ouverte, pluraliste, fondée sur le droit et sur la critique, peut encore résister à des systèmes qui revendiquent une légitimité absolue et sacrée. Il s’agit aussi de mesurer la fidélité des démocraties à leurs propres principes. Car défendre la liberté en théorie tout en fermant les yeux sur sa négation ailleurs, c’est en affaiblir la portée universelle. Comme le rappelait Camus, « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Nommer clairement la nature du régime iranien – non pas simplement autoritaire, mais théologico-totalitaire – est une condition préalable à toute action lucide. De même, reconnaître que l’opposition n’est pas seulement militaire ou économique, mais aussi civilisationnelle, permet de comprendre pourquoi elle ne saurait être résolue par de simples compromis. Mais il faut aller plus loin encore. Car ce qui rend ce régime particulièrement dangereux, ce n’est pas seulement sa nature interne ni ses menaces extérieures. C’est aussi sa capacité à instrumentaliser nos propres faiblesses : nos divisions, notre relativisme, notre peur d’être accusés. À force de refuser de nommer l’ennemi, nous finissons par désarmer la pensée elle-même. Comment expliquer autrement le silence qui a si souvent entouré, en Europe, la répression iranienne ? Comment comprendre que des milliers de morts, des exécutions, des tortures, des femmes battues pour un voile mal porté, ne suscitent pas partout la même mobilisation que d’autres tragédies ? Faut-il que les victimes soient géographiquement proches, médiatiquement visibles, idéologiquement compatibles pour mériter notre indignation ? À ce compte-là, nous renions nos propres idéaux. Nous nous trahissons nous-mêmes. Or une démocratie qui renonce à défendre ses valeurs au-dehors finit toujours par les affaiblir au-dedans. L’universalisme n’est pas un luxe moral : c’est une exigence politique. Ce conflit n’est pas une fatalité. Mais il impose un choix. Non pas entre des nations, mais entre des principes. Entre une société fermée, écrasée par une vérité imposée, et une société ouverte fondée sur la liberté de penser. Entre la peur et le droit. Entre le silence et la parole. Entre la mort et la vie. Et peut-être, au fond, entre deux questions fondamentales : celle que pose le totalitarisme – « Qui a le droit de parler ? » – et celle que pose la démocratie : « Qui peut être empêché de parler ? » Les réponses à ces deux questions dessinent deux mondes. Et c’est entre ces deux mondes que se joue, aujourd’hui encore, l’essentiel. Le choix que nous ferons dira ce que nous sommes. Pour notre part, nous refusons la lâcheté. Face à l’obscurantisme, défendre nos valeurs démocratiques impose d’assumer le combat. Gandhi lui-même rappelait que, lorsqu’il n’y a plus le choix qu’entre la lâcheté et la violence, la lâcheté n’est pas une option. Mais le combat que nous appelons de nos vœux n’est pas celui des armes. C’est celui de la vérité, de la dénonciation et de la confrontation par les mots. Car il est des heures où parler clairement est un premier acte de résistance.

Hirbod Dehghani-Azar est avocat franco-iranien. Avec une équipe de juristes, il travaille depuis trois ans à la création d’une cour pénale internationale pour juger les auteurs d’exactions commises dans le pays et à l’étranger par les miliciens du régime islamique.

J. M. Montali est journaliste, essayiste et documentariste. Il a été le directeur exécutif du Figaro Magazine et a fait partie de l’équipe de direction du Parisien/Aujourd’hui en France. Co-auteur avec Emmanuel Razavi de « La Pieuvre de Téhéran » et « Paris-Téhéran : le grand dévoilement » (Éditions du Cerf)

Voir aussi:

America strikes back against China’s patient challenge to the U.S. currency’s supremacy.

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A Deutsche Bank report making the rounds argues the Iran war represents a “perfect storm” for the petrodollar, the primary currency in which oil is bought and sold. The report says that U.S. military entanglement in the Gulf, the weaponization of the Strait of Hormuz, and reports that Tehran is granting passage in exchange for yuan-denominated payments add up to a historic blow to dollar dominance. The argument is superficially compelling. It is also exactly backward.

Start with the threat to the petrodollar before this conflict began. China had spent years methodically building the infrastructure to supplant dollar dominance in oil trade: yuan settlement corridors; the mBridge platform, which allows financial institutions to bypass dollar rails and move digital currencies across borders; and deepening financial and technological ties with Gulf producers. Beijing’s ambition wasn’t a dramatic overnight coup. It was patient structural erosion. Shift enough oil settlement into yuan, recycle enough petrodollar surpluses into Chinese assets, and the architecture of dollar dominance quietly hollows out.

The petrodollar system, born from the 1974 security-for-oil-pricing bargain between the U.S. and Saudi Arabia, rests on three pillars: oil priced in dollars, transactions settled in dollars, and oil revenue recycled into dollar-denominated assets. Because oil is so central to global manufacturing and transport, paying for it in dollars creates a gravitational pull that dollarizes trade, saving and reserves across the global economy. Undermine that dollar-based oil trade, and the whole edifice begins to shift.

Washington has noticed. Gulf states, led by Saudi Arabia, supported the U.S. campaign against Iran and have so far viewed American military performance favorably for the most part. Whatever one thinks of the conduct of the war, one thing is clear: When the security commitment was tested, it held.

Then look to the Western Hemisphere, where the removal of Nicolás Maduro and the reassertion of American influence over Venezuelan oil reserves is the other jaw of the same strategic vise. If the U.S. came to control Western Hemisphere oil directly or by proxy, it would command reserves exceeding all of the Organization of the Petroleum Exporting Countries combined. Washington is positioning itself and its sphere of influence as the oil order’s dominant supplier, with all the currency leverage that entails. The U.S. no longer needs Gulf oil for itself, thanks to the shale revolution. But it needs the world to keep paying for oil in dollars. These moves are how you defend that arrangement.

The strategic oil logic illuminates how the war is likely to end, and the options are starker than most commentators acknowledge. The more benign outcome is a Venezuela-style arrangement: a severely weakened Iranian state enters a de facto accommodation with the U.S., Washington gains influence over Iranian oil flows without the costs of occupation, and unimpeded dollar-denominated traffic through the Strait of Hormuz is restored. Plausible, but it requires a coherent Iranian interlocutor capable of delivering a durable agreement.

That is the problem. Sustained military pressure has significantly weakened the Iranian regime. Combined with President Trump’s ultimatum and China’s push for a resolution, it has brought Tehran to the negotiating table, but whether Iran’s current leadership is capable of delivering a durable agreement is uncertain.

This raises the probability of the harder outcome: U.S. forces take and hold Kharg Island, Iran’s primary oil export terminal, and establish a permanent presence to police the Strait of Hormuz. This approach would be brutal in execution and expensive to sustain, but unambiguous in strategic effect. Control the choke point through which a fifth of the world’s oil flows, and you control the conversation about what currency pays for it.

China will be watching all this with considerable frustration. Beijing spent years building the scaffolding for a petroyuan system at enormous diplomatic and financial cost. It was a real and growing challenge to dollar dominance. The Iran conflict has injected American strategic intent back into the equation.

The petrodollar has two legs: the “petro” and the “dollar.” China was making progress on both. For now the U.S. is pushing back hard in the Gulf, in Caracas, and at the Strait of Hormuz. The dollar’s long-term fate will ultimately depend on whether Washington sustains this strategy and on whether the global energy transition eventually makes the contest moot. Neither outcome is certain. But those who conclude that the petrodollar is already in its death throes are reading the map upside down. The storm is real. The dollar is fighting back.

Ms. Choyleva is founder and chief economist at Enodo Economics and the author of “Petrodollar to Digital Yuan: China, the Gulf and the 21st Century Path to De-Dollarization.”


Iran: Quelle meilleure définition du démoniaque? (While Israeli or US troops warn ahead of bombings and risk hundreds to save one… what strange, hybrid mix of archaic religion, modern totalitarianism and a perverted biblical tradition which in a novel form of human-sacrifice strategy aims to maximize the number of civilian deaths in its own camp ?)

7 avril, 2026

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Ce qui signe à nos yeux le démoniaque est que ces actes ont été accomplis au nom d’un bien, sous le couvert d’une morale. Alain Besançon
Le roi de Moab, voyant qu’il avait le dessous dans le combat, prit avec lui sept cents hommes tirant l’épée pour se frayer un passage jusqu’au roi d’Édom; mais ils ne purent pas. Il prit alors son fils premier-né, qui devait régner à sa place, et il l’offrit en holocauste sur la muraille. Et une grande indignation s’empara d’Israël, qui s’éloigna du roi de Moab et retourna dans son pays. 2 Rois 3: 26-27
Devrai-je sacrifier mon enfant premier-né pour payer pour mon crime, le fils, chair de ma chair, pour expier ma faute? On te l’a enseigné, ô homme, ce qui est bien et ce que l’Eternel attend de toi: c’est que tu te conduises avec droiture, que tu prennes plaisir à témoigner de la bonté et qu’avec vigilance tu vives pour ton Dieu. Michée 6: 7-8
Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. Genèse 1: 27
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée? Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Jésus (Matthieu 18: 12-13)
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Dionysos contre le ‘crucifié’ : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyre – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le ‘crucifié’ en tant qu’il est ‘innocent’, sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Adolf Hitler
Une civilisation est testée sur la manière dont elle traite ses membres les plus faibles. Pearl Buck
Les paraboles de la brebis égarée (Mt 18, 12) et du fils prodigue (Lc 15, 11) soulignent encore plus directement l’inversion de la logique victimaire – sacrificielle: au « tous contre un  Jésus oppose le « tous pour un », l’amour préférentiel pour l’égaré, même lorsqu’il semble responsable de son errance. Bernard Perret
C’est une décision difficile à prendre. Mais dans l’armée des États-Unis, nous ne laissons aucun Américain derrière. (…) Des centaines de personnes se sont lancées dans cette opération. Des centaines de personnes auraient pu être tuées. Oubliez l’équipement. Beaucoup d’équipement. Personne ne s’en soucie. Président Trump (6 avril 2026)
Chers citoyens, pour votre sécurité, nous vous prions de bien vouloir, dès à présent et jusqu’à 21 h, heure iranienne, vous abstenir d’utiliser le train et de voyager en train sur l’ensemble du territoire iranien. Votre présence dans les trains et à proximité des voies ferrées met votre vie en danger. Armée israélienne
Cette action a été initiée à la suggestion des jeunes eux-mêmes. Un certain nombre de jeunes universitaires, de jeunes artistes et d’organisations de jeunesse nous ont proposé de former un anneau humain ou une chaîne humaine autour des centrales électriques du pays. Cette action symbolique s’appelle la « Chaîne humaine de la jeunesse iranienne pour un avenir radieux ». Nous espérons qu’avec la participation des jeunes de tout le pays, cette chaîne humaine se formera autour des centrales électriques et qu’elle sera le signe de l’engagement de la jeunesse à protéger les infrastructures du pays et à construire un avenir radieux. Alireza Rahimi (vice-ministre iranien chargé de la jeunesse, 7 avril 2026)
Mères, pères, prenez vos enfants par la main et sortez dans les rues. Voulez-vous que votre fils devienne un homme ? Laissez-le sentir qu’il est un héros sur le champ de bataille, qu’il commande le combat. Mères, pères, envoyez vos enfants la nuit aux barrages routiers. Les enfants deviendront des hommes. Hossein Yekta (télévision d’État iranienne, 23 mars 2026)
Seront, entre autres, considérés comme effectués sans discrimination les types d’attaques suivants (….) les attaques dont on peut attendre qu’elles causent incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil, ou une combinaison de ces pertes et dommages, qui seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu. Protocole additionnel aux Conventions de Genève (du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux (Protocole I), 8 juin 1977, article 51)
Aucune personne protégée ne pourra être utilisée pour mettre, par sa présence, certains points ou certaines régions à l’abri des opérations militaires. Convention (IV) de Genève (relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, 12 août 1949, Zones dangereuses, article 28)
 Dans la conduite des opérations militaires, une attention constante sera portée à l’épargne de la population civile, des civils et des objets civils. En ce qui concerne les attaques, les précautions suivantes seront prises (…) prendre toutes les précautions réalisables dans le choix des moyens et des méthodes d’attaque en vue d’éviter, et en tout cas de réduire au minimum, les pertes incidentes de vies civiles, les blessures de civils et les dommages aux objets civils ; s’abstenir de décider de lancer une attaque qui pourrait entraîner des pertes incidentes de vies civiles, des blessures de civils, des dommages aux objets civils, ou une combinaison de ceux-ci, qui seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu ; un avertissement préalable efficace sera donné des attaques qui peuvent affecter la population civile, sauf si les circonstances ne le permettent pas. Dans la conduite des opérations militaires en mer ou dans les airs, chaque Partie au conflit devra, conformément à ses droits et devoirs découlant des règles du droit international applicables dans les conflits armés, prendre toutes les précautions raisonnables pour éviter les pertes de vies civiles et les dommages aux objets civils. Article 57 (Précautions dans l’attaque, Protocole additionnel I (1977) aux Conventions de Genève)
Les moyens dits pacifiques ne sont pas toujours ni même nécessairement les meilleurs pour préserver une paix existante. On sait aujourd’hui que si les Français et les Anglais avaient eu une autre attitude lors de l’entrée des troupes allemandes dans la zone démilitarisée en 1935, on aurait peut-être réussi à faire tomber Hitler et ainsi empêché la guerre de 1939. Il y a également de fortes chances qu’une action offensive des Alliés les aurait fait passer pour coupables aux yeux de l’opinion mondiale. En général ; on ne connaît qu’après coup l’utilité d’une guerre préventive pour préserver la paix. Julien Freund
Cette année, pour la première fois, honneur sera rendu aux victimes civiles des bombardements (3000 tués le jour J, 15.000 durant les combats en Basse-Normandie, NDLR) par François Hollande au Mémorial de Caen. Cet hommage a longtemps été évité. Il aurait pu être interprété comme une critique des Alliés et de leurs bombardements. Il ne fallait sans doute pas gâcher la fête. Réintégrer les victimes civiles dans le panorama mémoriel s’impose sans doute pour rappeler les souffrances des civils. Olivier Wiervoka (2014)
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. (…) Autrement dit, la problématique judaïque et chrétienne est toujours incorporée à nos déviations. René Girard
Cette différence entre la pensée chrétienne et la pensée païenne apparaît le plus clairement dans la manière dont nous traitons les civils en temps de guerre, et l’une de nos meilleures sources pour comprendre ce contraste n’est autre que Jules César. Au cours des années 50 avant J.-C., César est le principal général militaire de Rome et fait campagne en Gaule. Son objectif officiel est de soumettre le territoire et de le rendre sûr pour une prise de contrôle complète par les Romains. Mais César sent aussi que sa carrière stagne et il a besoin d’un coup de pouce de la part du public romain. Que devait faire un homme dans un tel dilemme avant l’ère des médias sociaux ? Pour rappeler que TikTok n’est pas nécessaire pour documenter les atrocités, César a écrit sur ses victoires militaires avec des détails vicieux et graphiques, publiant en plusieurs fois, de retour à Rome, ce qui allait être connu sous le nom de Guerre des Gaules. Si vous vous êtes déjà demandé ce que le christianisme a pu apporter de bon à notre monde violent et déchiré par la guerre, le texte de César – qui s’inscrit dans la lignée d’autres écrits militaires qui subsistent dans la Méditerranée gréco-romaine – apporte une réponse viscérale. Dans un épisode frappant, l’armée de César rencontre un groupe important de réfugiés germaniques qui ont été chassés de leur ancien foyer par une autre tribu. La description de César montre clairement qu’il ne s’agit pas de soldats entraînés, mais de familles désarmées. À la surprise de la foule, César réagit à la réunion en ordonnant une attaque militaire de grande envergure. Un massacre s’ensuit, les soldats de César poursuivant des hommes, des femmes et des enfants sans défense sur la terre ferme et jusqu’à la rivière voisine, où certains se jettent à l’eau dans une vaine tentative d’évasion. César se vante volontiers que cette « bataille » n’a pas fait une seule victime romaine, alors que l’ennemi comptait 430 000 hommes. César ne précise pas le nombre de victimes, mais les découvertes archéologiques modernes sur le site confirment l’essentiel du récit : 150 000 civils morts. Même ce chiffre inférieur dépasse de loin les 5 000 morts ennemis que Rome considérait comme la base pour qu’un général puisse revendiquer un triomphe, le plus grand honneur militaire qui puisse être accordé à un Romain. En d’autres termes, le massacre n’avait aucune justification militaire, même selon les lois de l’époque. C’était une cruauté insensée, le résultat d’une dévalorisation totale de la vie des non-Romains, et ce n’était que l’un des nombreux épisodes de ce type dont César pensait qu’ils feraient de bonnes relations publiques. À la lecture d’une telle histoire, il est facile de parler de génocide. Mais des spécialistes, dont Michael Kulikowski et Tristan Taylor, affirment que personne, parmi les premiers spectateurs de César, n’a sourcillé devant ces descriptions de violence. Sa popularité à Rome s’est accrue. En d’autres termes, l’horreur que nous ressentons à la lecture du texte de César est tout à fait nôtre – le produit de 2 000 ans d’enseignement chrétien sur la préciosité inconditionnelle de la vie humaine. Le christianisme a offert une alternative radicale et sans précédent à César et à son monde. Même la tradition de la guerre juste, pour problématique qu’elle soit, est enracinée dans un mode de pensée très différent de celui qu’offrait la vision du monde préchrétienne. Au lieu de permettre aux empires d’abuser des peuples à leur guise, la théorie de la guerre juste a défini des normes à respecter pour qu’une guerre soit considérée comme justifiée. Notre mécontentement à l’égard de cette tradition est en soi un exemple de la christianisation de notre pensée. L’accent révolutionnaire mis par le christianisme sur l’imago Dei (Gen. 1:27) est au cœur de ce changement. Si cette idée était importante dans le judaïsme primitif, c’est par l’adoption du concept par le christianisme et sa diffusion rapide autour de la Méditerranée qu’elle est devenue largement connue. Les chrétiens ont affirmé la valeur inestimable de chaque personne aux yeux de Dieu. Mais dans la vision païenne du monde dans laquelle évoluait César, la valeur d’une vie dépendait d’un certain nombre de facteurs subjectifs, dont l’opinion d’un général attaquant. En effet, tout comme dans La Constitution des Athéniens, les citoyens du monde romain appartenaient à l’une des deux catégories suivantes : ceux à qui on ne pouvait pas faire de mal sans encourir de sanction, et ceux à qui on pouvait faire du mal pratiquement à volonté. Les citoyens romains, en particulier les hommes, et surtout les aristocrates, appartenaient à la première catégorie. Les non-citoyens, et en particulier les esclaves, appartenaient à la seconde catégorie. C’est ce qui explique, par exemple, que Paul ait mis l’accent sur sa citoyenneté romaine à plusieurs reprises au cours de son ministère (par exemple, Actes 16:38) : Elle le plaçait dans une classe privilégiée, et il l’utilisait à l’avantage de l’Évangile. Mais les premiers chrétiens considéraient ces distinctions comme nulles et non avenues. Dieu aime tout porteur d’image, homme ou femme, esclave ou libre, citoyen romain ou non (Gal. 3:28). C’est en raison de cette vision différente du monde qu’une noble et son esclave, tous deux nouveaux convertis, pouvaient mourir ensemble en martyrs pour leur foi. Même dans des sociétés de plus en plus post-chrétiennes, la position chrétienne sur la valeur de la vie humaine façonne encore notre vision de la guerre. Elle est à l’origine de l’horreur que nous inspire la violence contre les civils et constitue le fondement des protections formelles de la vie civile telles que les conventions de Genève. C’est à cause du christianisme que nous ressentons une indignation mêlée de tristesse et d’horreur lorsque nous voyons des civils délibérément et cruellement pris pour cible, comme César contre la Gaule sans défense, ou les meurtres et les violences sexuelles perpétrés par le Hamas contre des civils israéliens en octobre, ou encore les frappes de missiles de Poutine contre des civils ukrainiens au cours des deux dernières années. L’histoire montre que les chrétiens n’ont jamais parfaitement vécu la croyance confessée en l’imago Dei. Une pierre d’achoppement pour ma mère juive, par exemple, a été que certains chrétiens pratiquants ont aidé à perpétrer l’Holocauste – dans son pays natal, l’Ukraine, les chrétiens ont parfois livré leurs voisins juifs aux nazis. On pourrait également citer les croisades et bien d’autres maux violents. L’histoire de l’Église est pleine de sang. Mais l’histoire montre aussi l’horreur pure d’un monde dépourvu du vocabulaire moral nécessaire pour reconnaître ces maux, sans l’influence de l’imago Dei et du reste de la vision chrétienne du monde. Elle montre l’horreur d’un monde guidé par César et non par le Christ. Nadya Williams
Jamais auparavant dans l’histoire, un parti n’avait adopté une stratégie de guerre visant à maximiser le nombre de morts civils dans son propre camp. (…) Alors que certaines des tactiques les plus brutales du Hamas, comme le viol systématique et la décapitation des captifs, sont des atrocités pratiquées depuis longtemps et pour lesquelles les armées de Staline, Hitler et Gengis Khan sont tristement célèbres, il est sans précédent qu’un parti adopte une stratégie de guerre visant à maximiser le nombre de morts civils dans son propre camp. C’est tellement étrange et maléfique que cela devrait consterner toute personne décente. Contrairement aux commentaires habituels, il ne s’agit pas d’une stratégie de bouclier humain. Il s’agit d’une stratégie de sacrifice humain. Depuis sa naissance en 1987, le Hamas a déclaré que son objectif était de détruire Israël. Sa stratégie est asymétrique, c’est-à-dire que le Hamas étant plus petit et plus faible que l’armée israélienne, il s’appuie sur une stratégie visant à saper Israël sur le plan politique. Dans l’espoir (vraisemblablement) d’inciter les dirigeants saoudiens à renoncer à leurs projets de normalisation des relations avec Israël, le Hamas a lancé cette guerre avec deux objectifs. Premièrement, provoquer des soulèvements parmi les Arabes et les musulmans, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Israël. Deuxièmement, amener le reste du monde à considérer Israël avec dégoût et haine. Pour atteindre ces objectifs, le Hamas veille à ce que sa guerre blesse et tue un grand nombre de Palestiniens à Gaza. Pour ce faire, il élabore des stratégies et prépare le terrain depuis des années. Son objectif est de faire de la propagande auprès d’un monde crédule – de faire retomber le sang des victimes palestiniennes sur les mains d’Israël. Les responsables de la défense de nombreux pays, pour des raisons opérationnelles et pour se conformer aux lois internationales de la guerre, s’efforcent d’éloigner leurs moyens militaires des civils et de maximiser la protection de ces derniers. Les responsables du Hamas font le contraire. Comme l’ont noté avec désapprobation des représentants des Nations unies et d’autres, le Hamas stocke des munitions dans des écoles, place des lance-missiles à proximité de mosquées, installe des centres de commandement dans des hôpitaux et, d’une manière générale, base ses opérations dans des quartiers civils densément peuplés. Il ne s’agit pas simplement d’une stratégie de bouclier humain, dont l’objectif est de dissuader une attaque en utilisant des vies innocentes comme barrière. Le Hamas fait quelque chose de bien plus insidieux : il s’assure de la mort massive de Palestiniens. (…) Lorsque le Hamas tire des roquettes sur Israël et tue, capture et viole des civils, il sait qu’Israël ripostera.Les dirigeants du Hamas placent leurs ressources dans des bâtiments civils non pas dans l’espoir qu’Israël cesse de tirer, mais en calculant froidement que les représailles causeront de terribles dommages aux civils palestiniens, malgré les efforts extraordinaires déployés par l’armée israélienne pour les éviter. Le Hamas s’efforce de maximiser, et non de minimiser, ces dommages. Il s’agit de générer une pression internationale sur Israël pour qu’il mette fin à ses représailles – et de renforcer les ennemis d’Israël dans leur description de l’État juif comme un méchant. Israël a des raisons morales et pratiques d’éviter de nuire aux civils palestiniens. Les Israéliens sont fiers d’agir avec humanité, même en temps de guerre. Leurs officiers – comme ceux de l’armée américaine – font la distinction entre les sites civils et militaires et ne visent jamais délibérément les premiers. Même lorsqu’il s’agit d’attaquer des chefs terroristes de haut rang, Israël s’efforce d’éviter de blesser les membres de leur famille, sans parler des civils non apparentés. Pour éviter les dommages collatéraux, Israël avertit régulièrement des attaques, même si cela augmente les risques pour les Israéliens et diminue les chances de succès d’une attaque. Au cours de la guerre actuelle, Israël a prévenu les habitants de différents quartiers qu’il y aurait bientôt des attaques et qu’ils devraient se hâter de se rendre dans les zones de sécurité désignées. La stratégie du Hamas est innovante au plus haut point. Pour tous ceux qui aspirent à renforcer les contraintes morales qui pèsent sur la guerre, elle constitue un énorme pas en arrière. C’est sauvage, cynique et contre nature, mais le pire, c’est que c’est efficace. C’est pourquoi elle est utilisée. Les Palestiniens innocents méritent la sympathie. Mais lorsque les Américains, les Européens et d’autres dirigent leur indignation vers Israël, sans saisir la responsabilité du Hamas, ils encouragent la cruauté même qu’ils ont l’intention de condamner. La responsabilité du sacrifice délibéré de Palestiniens innocents incombe avant tout au Hamas, bien sûr, mais aussi à ceux d’entre nous qui, dans le monde extérieur, se laissent duper par cette stratégie. Des écoles, des hôpitaux et des mosquées seront bombardés dans les prochains jours. C’est ce que veut le Hamas, ce dont il s’est assuré. Ceux qui, même s’ils sont bien intentionnés, blâment Israël sont complices des crimes de guerre du Hamas. Il est temps d’attribuer la responsabilité à juste titre et de cesser d’encourager les crimes du Hamas contre les Palestiniens (sans parler de ceux contre les Israéliens). Pour le bien des Palestiniens et des Israéliens, et pour respecter la décence et le droit les plus élémentaires, c’est le moins que nous puissions faire. Douglas J. Feith
J’ai l’impression que cette religion a puisé dans la tradition biblique pour recréer une religion archaïque plus puissante que toutes les autres. Elle menace de devenir un instrument apocalyptique, le nouveau visage de l’escalade aux extrêmes. Bien que la religion archaïque n’existe plus, tout se passe comme si une autre avait été construite sur le dos de la tradition biblique — une tradition biblique légèrement transformée. Ce serait une religion archaïque renforcée par les apports du biblique et du chrétien. Car l’archaïque avait disparu devant la révélation judéo-chrétienne. Mais l’islam, au contraire, a résisté. Alors que le christianisme, partout où il entre, supprime le sacrifice, l’islam semble à bien des égards se tenir avant ce refus. Certes, il y a du ressentiment dans son attitude envers le judéo-christianisme et l’Occident. Mais c’est aussi une nouvelle religion ; on ne peut le nier. (…) Car il y a certains aspects de cette religion qui impliquent un rapport à la violence que nous ne comprenons pas — et qui est d’autant plus inquiétant pour cette raison même. Pour nous, être prêt à payer de sa propre vie pour le plaisir de voir l’autre mourir ne signifie rien. Nous ne savons pas si ces phénomènes proviennent d’une psychologie particulière ou non. (…) Le terrorisme est une violence supérieure, et cette violence affirme qu’elle triomphera. (…) à la fois lié à l’islam et différent de lui. On peut donc dire, de façon tout à fait provisoire, que l’escalade aux extrêmes utilise aujourd’hui l’islamisme comme elle a autrefois utilisé l’impérialisme napoléonien ou le pangermanisme. Le terrorisme est formidable dans la mesure où il sait très bien s’articuler avec les technologies les plus meurtrières, et cela en dehors de toute institution militaire. (…) Les chrétiens comprennent que la Passion a rendu le meurtre collectif inopérant. C’est pourquoi, loin de réduire la violence, la Passion la multiplie. L’islamisme semble l’avoir compris très tôt, mais dans le sens du djihad. Il y a donc des formes d’accélération de l’histoire qui se perpétuent. On a l’impression que le terrorisme actuel est en quelque sorte l’héritier du totalitarisme, qu’il y a des formes de pensée communes, des habitudes acquises. Nous avons suivi l’un des fils possibles de cette continuité, avec la construction du modèle napoléonien par un général prussien. Ce modèle a ensuite été repris par Lénine et Mao Zedong, auxquels Al-Qaïda est censée se référer. René Girard

Quelle meilleure définition du démoniaque ?

Alors que les troupes israéliennes ou américaines avertissent avant de bombarder ou risquent des centaines de vies pour en sauver une…
Quel étrange mélange hybride d’archaïque religieux, de totalitarisme moderne et de tradition biblique tordue, pervertie …
Qui sous une forme nouvelle de stratégie de sacrifice humain…
Détournant les lois de la guerre qui interdisent l’utilisation de civils pour protéger des installations militaires mais comme par exemple en Normandie en juin 1944 tiennent compte de l’avantage militaire
Vise à maximiser, jusqu’à piéger leurs propres habitations, le nombre de morts civiles dans son propre camp ?

 

A month into the Iran war, the United States has offered a 15-point plan to end the hostilities, which includes a broad range of demands on Iran’s nuclear and missile programs, and guarantees on freedom of navigation in the Strait of Hormuz. The U.S. is also insisting on Iranian commitments to stop funding and supporting its network of proxies, including Hezbollah, Hamas and Houthi militants in Yemen, recognizing that these terrorist groups have been one of the major driving forces behind the chaos that currently exists in the region.

While the U.S. is right to press Tehran hard on the proxy front, it should minimize expectations that this decades-long problem will be solved in the near term.

First, don’t count on Iran agreeing to the U.S. conditions. During his 37-year reign, the late Ayatollah Ali Khamenei made it one of his highest priorities to build and strengthen Iran-backed militias and terrorist groups that could extend the regime’s influence and project its power across the Middle East. That legacy is likely to outlive Khamenei. Furthermore, while these proxies still rely on Iranian support, particularly Hezbollah, they have also all developed their own global, independent terrorist, procurement, financial and logistical networks. The threat these groups pose to both the region and beyond is unlikely to disappear regardless of how the Iran war ends — and the U.S. and its partners should be prepared.

Consider Hezbollah, Iran’s most loyal and longest operating partner. Over the decades, Hezbollah developed terrorist networks and infrastructure around the world that operates independently of Iran. Hezbollah terrorist activity has been uncovered and disrupted in Cyprus, Peru, Colombia, Thailand, London and the U.S., among many other locales — demonstrating its threat well beyond the Middle East. And while Hamas has never carried out a successful terrorist attack outside of Israel, the West Bank or Gaza, recent criminal cases in Germany and Denmark reveal that Hamas had contingency plans prior to the Oct. 7 attacks for strikes in Europe, stashing small arms for its operatives in multiple European countries. This is a dangerous trend well worth watching.

Hezbollah and the Houthis have also established their own robust international procurement networks to obtain cutting edge communications, electronics and other dual-use and weapons technology. All this has been critical for building Hezbollah’s and the Houthis’ own drone forces — which are now central to their battle plans. To disguise their hands, both Hezbollah and the Houthis have created numerous front companies, run by individuals without known ties to the groups. These fronts have been particularly active in China and the United Arab Emirates, though they have also sourced supplies from Europe, elsewhere in Asia and even the U.S.

In some cases, the sellers are well aware of who they are dealing with and are willing to help evade detection. For example, two Chinese companies sanctioned by the U.S. Treasury Department in 2025 — Hubei Chica Industrial Co. and Shenzhen Shengnan Trading Co. — allegedly helped the Houthis falsify shipping documents to facilitate the transactions. According to the Treasury Department, Hubei supplied the Houthis with “bulk quantities of chemical precursors” for “ballistic missiles, explosives, and other advanced weapon systems,” while Shenzhen Shengnan provided electronic equipment used in drones.

This past summer, European authorities disrupted a large-scale Hezbollah procurement network operating in Spain, Germany, France and the U.K. According to media reports, front companies linked to Hezbollah were obtaining drone components (including engines, chemical compounds and electronic systems) for use in targeting Israel. Criminal charges were brought against suspects in all four countries.

Hezbollah, Hamas and the Houthis all can raise funds independently of Iran. For the last several years, the Houthis have found a surprising new profit center: selling weapons to Al Shabab, the Al Qaeda-linked terrorist group in Somalia. This partnership not only demonstrates the Houthis’ fundraising creativity but their apparent surplus of weapons in Yemen. The Houthis also tax and extort money from the local population and engage in smuggling and other means of raising funds.

Hamas has an even more extensive overseas financial infrastructure. Hamas has established so-called charities and other nongovernmental organizations to raise its funds. Europe has been a particular hotbed for this type of Hamas activity, according to the Israeli government. The U.S. estimated that Hamas was raising $10 million a month from these sham charities in the lead-up to the Oct. 7 attacks, rivaling what it received from Iran. Given Hamas’ successful Gaza fundraising campaigns post-Oct. 7, these figures may well have even increased since the attacks.

While Hezbollah relies far more on Iran for its funding than Hamas and the Houthis do, the Lebanese militia also has its own fundraising mechanisms. Hezbollah has long-established networks in South America and West Africa that generate funding for the organization. This includes funding from licit and illicit businesses owned and operated by Hezbollah financiers and donations from supporters in the large expatriate communities throughout these regions. This funding alone would not sustain Hezbollah or let it rebuild from the Israeli attacks. But Hezbollah could likely call on these networks to generate more funding if Iran were unable or unwilling to sustain its past levels of resources.

Cutting the ties between Iran and its proxies would certainly be a major step forward, though the selection of the ayatollah’s hard-line son Mojtaba as the new supreme leader is a strong indication that Iran is not moving in a better direction.

But don’t assume that even if Iran cuts off its support, it would eliminate the threat. Even as it works to secure promises from Tehran, the U.S. should also press its partners around the world to maintain pressure on the proxies’ independent networks, particularly in the locales where Hezbollah, Hamas and the Houthis have been most active. If the international community fails to aggressively crack down on these networks, the late ayatollah might have the last laugh.

Michael Jacobson is a former director of strategy, plans and initiatives in the State Department’s Counterterrorism Bureau. Matthew Levitt is a former deputy assistant secretary for intelligence and analysis at the Treasury. They are senior fellows at the Washington Institute.

 


Disparition de Lionel Jospin: Voter pour qui ? (Looking back on this nadir of French democracy 24 years ago when, by imposing five more years of one of the most calamitous presidencies in the history of France—alongside those of Mitterrand, Hollande, and Macron—our Chevènementistes and our Taubiristes deprived us of the only statesman of the Fifth Republic who, at great personal cost, had dared to tell the truth about both Palestinian terrorism and the Front National’s so-called fascism !)

23 mars, 2026
Publications – Manoocher Deghati

They’ll stone you when you’re trying to tell the truth … D’après Bob Dylan
Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice. Exode 23: 2
Il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha. La foule sans tête était à la fête. Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas. C’est plus juste en somme d’abattre un seul homme. Ce jeune homme a dit la vérité. Il doit être exécuté. Guy Béart (né Behar, La Vérité, 1968)
Moi, j’ai peur des foules. Il y a d’ailleurs quelque part dans l’Exode : « Ne suivez pas le nombre ». D’où ma chanson « Le premier qui dit la vérité… ». Elle parle de « La foule sans tête », manipulée. Guy Béhar-Hassan
Lors de sa visite à l’université de Birzeit, Lionel Jospin a eu le culot de qualifier les combattants du Hezbollah de terroristes, exprimant également sa « compréhension »  des actions d’Israël contre le Liban. Edward Said
La France condamne les attaques du Hezbollah et toutes les actions terroristes unilatérales, où qu’elles se mènent, contre des soldats ou des populations civiles. Oui, ces attaques sont terroristes, et la France souhaite que la réplique frappe aussi peu que possible les populations civiles. Epargner les populations civiles est une contrainte que s’efforce de respecter Israël. Lionel Jospin (Jérusalem, 24 février 2000)
J’ai simplement dit, et je l’ai expliqué au Parlement à mon retour, que la politique de la France, certes, devait être équilibrée et impartiale. Mais équilibrée ne signifie pas équidistante. Je veux dire par là que nous devons choisir de nous élever contre les forces de la violence quand elles existent et où qu’elles existent, d’ailleurs. Parce que les tentations existent, peuvent exister aussi en Israël. Pas en Israël en tant que gouvernement, je parle en Israël notamment où un Premier ministre a été assassiné. Et puis, il peut y avoir des tentations aussi parfois dans la politique israélienne. (…) il n’est pas interdit non plus de garder le souvenir d’un certain nombre de choses qui sont arrivées à des Français. Il n’est pas interdit de garder le souvenir. C’est tout, je n’en dis pas plus. Alors, simplement une politique impartiale, oui. Mais une politique impartiale n’est pas une politique indifférente et elle ne doit pas être indifférente à ce que sont à mon avis les grands axes qui doivent être les nôtres dans l’approche des questions du Proche-Orient et notamment de la question israélo-palestinienne : la recherche de la paix, l’appui au développement et le soutien aux forces qui choisissent la démocratie. Lionel Jospin (Paris, 16.03.2000)
Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front National, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. D’abord le procès en fascisme à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la fois absurde et scandaleux. Je suis profondément attaché à l’identité nationale et je crois même ressentir et savoir ce qu’elle est, en tout cas pour moi. L’identité nationale, c’est notre bien commun, c’est une langue, c’est une histoire, c’est une mémoire, ce qui n’est pas exactement la même chose, c’est une culture, c’est-à-dire une littérature, des arts, la philo, les philosophies. Et puis, c’est une organisation politique avec ses principes et ses lois. Quand on vit en France, j’ajouterai : l’identité nationale, c’est aussi un art de vivre, peut-être, que cette identité nationale. Je crois profondément que les nations existent, existent encore, et en France, ce qui est frappant, c’est que nous sommes à la fois attachés à la multiplicité des expressions qui font notre nation, et à la singularité de notre propre nation. Et donc ce que je me dis, c’est que s’il y a aujourd’hui une crise de l’identité, crise de l’identité à travers notamment des institutions qui l’exprimaient, la représentaient, c’est peut-être parce qu’il y a une crise de la tradition, une crise de la transmission. Il faut que nous rappelions les éléments essentiels de notre identité nationale parce que si nous doutons de notre identité nationale, nous aurons évidemment beaucoup plus de mal à intégrer. Lionel Jospin (France Culture, 29.09.07)
Voter pour qui ?
Retour sur ce nadir de la démocratie française il y a 24 ans…
Quand nous imposant cinq ans de plus de la plus calamiteuse, avec celles de Mitterrand, Hollande et Macron, des présidences de l’histoire de France…
Nos chevènementistes et nos taubiristes nous ont privé du seul homme d’Etat de la 5e République…
Qui avait, au prix fort, osé dire la vérité sur tant le terrorisme palestinien…
Que le prétendu fascisme du Front national !
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BUT WHO TO VOTE FOR ? (To Lionel Jospin, RIP)  
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The medicine of purging and expulsion is also developed from the origin. From the enemas and bleedings of the Ancien Régime to the modern processes of immunization and vaccination, it is always a matter of pharmacy in the sense of the pharmakos, that is, expulsion of evil. René Girard
Even when structural abnormalities are found in the back and in arthritic joints, many people with these conditions have no symptoms; others have pain symptoms disproportionate to the actual pathology or normal aging process. Even after surgical interventions to correct these “abnormalities,” the pain persists. (…) The buried feelings—usually because they are frightening, embarrassing, or otherwise unacceptable (…) and the rage they often provoke—are the source of many psychosomatic symptoms (…) When we become aware of these feelings, in some cases by gradually becoming able to feel them, the physical symptoms become unnecessary and disappear. John Sarno
Do not follow the multitude to do evil, cries the Bible
It is expedient that one man die for the people, urges Caiaphas
He spoke the truth, he must be executed, sings Guy Béart
They’ll stone you when you’re trying to tell the truth, could have warned Dylan
You had the gall to call out Hezbollah’s terrorism and take Israel’s side
Even dared to recall their evil deeds, including all at once 58 of our own soldiers
That one fateful day at a Palestinian university
And you paid the price twice
First there, under the evil men’s stones
Then, back in Paris, by your enemies and the media lynch mob
You refused to howl with the wolves that other day
When everyone called out the Front National’s supposed fascism
You also denounced the witch-hunting of Sarko
Even dared to praise as our common good our national identity and culture
And the only way to assimilate our own immigrants
At fifty, I cast my first and only whole-hearted vote
When the choice seemed then so easy
Chirac’s serial crookery, Le Pen’s mad Jew-hatred
But it was all wasted and ruined by my colleagues’ silly votes
Hence my massive rage at having to go blank for five more years of these thugs
And for two months the worst back pain of my life it turned into
That two weeks later even your sweet birth
Still could not quench, dear André
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MAIS POUR QUI VOTER ? (À Lionel Jospin, paix à son âme)
Le remède par la purge et l’expulsion est lui aussi développé dès l’origine. Des lavements et saignées de l’Ancien Régime aux procédés modernes d’immunisation et de vaccination, il s’agit toujours de pharmacie au sens du pharmakos, c’est-à-dire expulsion du mal. René Girard
Même quand des anomalies structurelles sont constatées dans le dos et dans les articulations arthritiques, beaucoup de personnes atteintes de ces affections n’ont aucun symptôme ; d’autres présentent des douleurs disproportionnées par rapport à la pathologie réelle ou au processus normal de vieillissement. Même après des interventions chirurgicales destinées à corriger ces « anomalies », la douleur persiste. (…) Les sentiments enfouis – généralement parce qu’ils sont effrayants, embarrassants ou autrement inacceptables (…) et la rage qu’ils provoquent souvent – sont à l’origine de nombreux symptômes psychosomatiques (…) Quand nous prenons conscience de ces sentiments, dans certains cas en devenant progressivement capables de les ressentir, les symptômes physiques deviennent inutiles et disparaissent. John Sarno
Ne suis pas la multitude pour faire le mal, crie la Bible
Il est expédient qu’un seul homme meure pour le peuple, presse Caïphe
Il a dit la vérité, il faut l’exécuter, chante Guy Béart
On te lapidera quand tu diras la vérité, aurait pu prévenir Dylan
Tu as eu l’audace de dénoncer le terrorisme du Hezbollah et de prendre le parti d’Israël
Tu as même osé rappeler leurs méfaits, y compris celui qui, en un seul funeste jour, a coûté la vie à 58 de nos soldats
À l’université palestinienne de Birzeit
Et tu l’as payé deux fois
D’abord là-bas, sous les pierres des méchants
Puis, de retour à Paris, par la meute de tes ennemis et des médias
Tu as refusé, un autre jour, de hurler avec les loups
Quand tout le monde criait au soi-disant fascisme du FN
Tu as aussi dénoncé la chasse aux sorcières contre Sarko
Tu as même osé louer comme notre bien commun notre identité et culture
Et la seule voie pour assimiler nos propres immigrants
À cinquante ans, j’ai donné mon premier et unique vote de cœur
Quand le choix paraissait alors si simple
La filouterie en série de Chirac, le dément antisémitisme de Le Pen
Mais tout a été gâché par les votes abrutis de mes collègues
D’où ma rage immense d’avoir dû voter blanc pour cinq années de plus de ces voyous
Et pendant deux mois, le pire mal au dos de ma vie
Que même ta douce naissance, deux semaines plus tard
Ne pouvait encore apaiser, cher André

Iran: Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas (As the signs accumulate of the fast-approaching collapse of the evil Iranian regime, what hypocrisy of our historically amnesiac and strategically hemiplegiac critics who obsessed by the visible, immediate costs of action… keep acting as if the invisible, compounding costs of prolonged inaction and endless diplomacy were zero ?)

17 mars, 2026
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Davies's J-Curve Theory of Revolution | Download Scientific Diagram

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Quand vous voyez un nuage se lever à l’occident, vous dites aussitôt: La pluie vient. Et il arrive ainsi. Et quand vous voyez souffler le vent du midi, vous dites: Il fera chaud. Et cela arrive. Hypocrites! vous savez discerner l’aspect de la terre et du ciel; comment ne discernez-vous pas ce temps-ci? Jésus (Luc 12: 54-56)
S’ils se taisent, les pierres crieront! Jésus (Luc 19 : 40)
Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Jésus (Matthieu 11: 25)
Le plus difficile n’est pas de dire ce que l’on voit mais d’accepter de voir ce que l’on voit. Charles Péguy
Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez. Orwell
En politique, ce qu’il y a souvent de plus difficile à apprécier et à comprendre, c’est ce qui se passe sous nos yeux. Tocqueville
Ce n’est pas toujours en allant de mal en pis que l’on tombe en révolution. Il arrive le plus souvent qu’un peuple qui avait supporté sans se plaindre, et comme s’il ne les sentait pas, les lois les plus accablantes, les rejette violemment dès que le poids s’en allège. Le régime qu’une révolution détruit vaut presque toujours mieux que celui qui l’avait immédiatement précédé, et l’expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui il commence à se réformer. Il n’y a qu’un grand génie qui puisse sauver un prince qui entreprend de soulager ses sujets après une oppression longue. Le mal qu’on souffrait patiemment comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. Tout ce qu’on ôte alors des abus semble mieux découvrir ce qui en reste et en rend le sentiment plus cuisant : le mal est devenu moindre, il est vrai, mais la sensibilité est plus vive. La féodalité dans toute sa puissance n’avait pas inspiré aux Français autant de haine qu’au moment elle allait disparaître. Les plus petits coups de l’arbitraire de Louis XVI paraissaient plus difficiles à supporter que tout le despotisme de Louis XIV. Le court emprisonnement de Beaumarchais produisit plus d’émotion dans Paris que les dragonnades. Tocqueville (L’ancien régime et la révolution, 1856)
La révolution à plus de chances de se produire quand une période prolongée de progrès économiques et sociaux est suivie par une courte période de retournement aigu, devant laquelle le fossé entre les attentes et les gratifications s’élargit rapidement, devenant intolérable. La frustration qui en résulte, dès lors qu’elle s’étend largement dans la société, cherche des modes d’expression dans l’action violente. James Chowning Davies
De nombreux sociologues contemporains reprennent cette analyse de Tocqueville, en expliquant les conflits sociaux par la frustration résultant de l’écart croissant « entre ce que les gens désirent et ce qu’ils ont ». Pour Ted Gurr (Why men rebel, 1970), la révolution de 1917 serait due au contraste entre les attentes suscitées par les progrès accomplis depuis les années 1880 et la situation réelle de la paysannerie, du prolétariat naissant ou de l’intelligentsia. Pour James Davies (Toward a theory of Revolution, 1962), le concept de frustration relative trouvé chez Tocqueville a une plus grande portée que celui de frustration absolue attribué à Marx; il explique en effet que les révoltes naissent rarement dans les populations écrasées de misère mais chez ceux qui relèvent la tête et réalisent ce qui leur manque car ils ont plus. (…) Les grands conflits sociaux ou les changements révolutionnaires s’expliquent donc moins par des mécontentements à propos de grandes inégalités que par des sentiments « relatifs » basés sur des différences minimes, ou réduites par l’égalisation des conditions. Jean-Pierre Delas
Une opposition classique met en vis-à-vis la lecture marxienne, selon laquelle la dégradation des conditions de vie agirait comme facteur déterminant et explicatif des soulèvements révolutionnaires, à celle de Tocqueville, pour qui, au contraire, l’amélioration des situations économiques serait à l’origine des évènements révolutionnaires. James Chowning Davies, sociologue américain, tente une synthèse des deux points de vue dans un modèle associant l’idée d’une genèse progressive (liée à l’amélioration des conditions de vie sur plusieurs décennies) d’aspirations sociales longtemps contenues et la thèse des frustrations surgissant plus brutalement à l’occasion de retournements de conjonctures. Le modèle psycho-sociologique de James C. Davies (Toward A Theory of Revolution) tente d’expliquer les renversements de régimes politiques par l’augmentation soudaine d’un écart entre les attentes de populations motivées par des progrès économiques et les satisfactions réelles brutalement réduites par un retournement de conjoncture économique (ex. : mauvaises récoltes, récession économique…) ou politique (ex. : répression brutale, défaite militaire…). (…) James C. Davies schématise sa théorie par une courbe devenue fameuse, dite « courbe de Davies » formant comme un « J » Inversé (…), qui pointe la période « t2 » comme début probable de la dynamique révolutionnaire. La première étude James C. Davies porte sur la rébellion conduite par Thomas W. Dorr – dite « Rébellion Dorr » – au milieu du 19e siècle à Rhode Island dans le nord-est des Etats-Unis. Durant la première moitié du 19e siècle l’industrie du textile se développe et prospère, attirant vers la ville des populations rurales jusqu’en 1835/1840 quand s’amorce une période déclin. La Rebellion Dorr, en 1841/1842 fut durement réprimée. A partir de cette étude de cas, l’auteur construit sont modèle et l’utiliser pour interpréter la Révolution française de 1789, la révolution du Mexique de 1911, la révolution russe de 1917, le coup d’état nassérien de 1952. L’exemple de la révolution russe lui permet de montrer que l’écart est d’autant plus fort que des progrès économiques importants marquèrent le XIXe siècle : à partir du milieu du 19e siècle les serfs s’émancipèrent, l’exode rural entraîna une processus d’urbanisation, le nombre d’ouvriers travaillant en usine augmenta en leur apportant des salaires supérieurs à ce qu’ils gagnaient comme paysans et des conditions de vie également améliorées. Ainsi la période allant de 1861 à 1905 peut être considérée comme celle d’une progression des aspirations sociales jusqu’à une conjoncture de frustrations qui intervient au début du XXe siècle dans différents groupes sociaux : intelligentsia choquée par la répression brutale des manifestations de 1905, paysannerie affectée par les effets des réformes et par une succession de mauvaises récoltes, armée humiliée par la défaite dans la guerre contre le Japon. La détresse et la famine qui affectent la majorité de la population pendant la Première Guerre mondiale achèvent d’agréger ces frustrations de préparer ainsi la révolution de 1917. Jérome Valluy
Je rejette toute tentative d’objectivité entre la Brigade des pompiers et l’incendie. Winston Churchill (1926)
Quand la situation était gérable, elle a été négligée, et maintenant qu’elle est tout à fait hors de contrôle nous appliquons trop tard les remèdes qui auraient pu alors contribuer à la guérison. Il n’y a rien de nouveau dans l’histoire. C’est aussi vieux que les livres sibyllins. Cela tombe dans ce long et morne catalogue de l’inutilité des expériences, et de l’inéducabilité confirmée de l’humanité. Manque de prévoyance, reluctance à agir quand l’action serait simple et efficace, manque de réflexion claire, confusion des conseils jusqu’à ce que l’urgence arrive, jusqu’à ce que l’instinct de conservation ne frappe son gong discordant—ce sont là les caractéristiques qui constituent la répétition sans fin de l’histoire. Winston Churchill (Chambre des Communes, après la conférence tardive des alliés de Stresa avec Mussolini pour assurer l’indépendance de l’Autriche, annexée par Hitler trois ans plus tard, 2 mai 1935)
L’un des problèmes majeurs de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés, et qu’il n’y a jamais eu de tribunal de Nuremberg pour juger les crimes qui y ont été commis. Thérèse Delpech (2005)
En 1985, (…) les États-Unis consacraient 6,9 % de leur PIB à la défense, tandis que l’Europe de l’OTAN affichait en moyenne 3,8 %. La Grèce dépensait 7,1 %, et le Royaume-Uni comme la Turquie atteignaient 5,4 %. (…) Tout au long de cette époque, les membres européens de l’OTAN dépensaient régulièrement entre 3,5 et 4 % de leur PIB en défense, la Grèce et le Royaume-Uni dépassant souvent les 5 %. Les États-Unis, de leur côté, dépassaient régulièrement les 6 %. (…) La Chine, en 2024, a dépensé 296 milliards de dollars, soit seulement 1,7 % de son PIB, mais elle reste le deuxième plus grand dépensier militaire au monde, avec un accent mis sur la domination navale et l’avance technologique. Au Moyen-Orient, la défense d’Israël représente aujourd’hui 8,8 % de son PIB, soit le double du niveau de 2022. The Economic Times (28 juin 2025)
En novembre, deux moments décisifs ont changé le paysage géopolitique mondial. Pour la première fois, des troupes nord-coréennes sont apparues sur le champ de bataille dans la guerre russo-ukrainienne. Peu après, l’armée danoise a intercepté un vraquier battant pavillon chinois, le Yi Peng 3, soupçonné d’avoir délibérément sectionné deux câbles de données au fond de la mer Baltique. Ces deux incidents marquent un changement fondamental dans l’environnement stratégique. Pour la première fois, les adversaires des États-Unis sont prêts à se porter mutuellement assistance militaire directe, même à l’autre bout du globe. Qu’on l’appelle « axe des agresseurs », « alliance impie », nouvel « axe du mal » ou autrement, le fait est que les liens militaires entre la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord se renforcent. Et ce changement devrait bouleverser la façon dont les États-Unis et leurs alliés dans le monde pensent leur sécurité nationale et la financent. (…) Même si l’administration Trump parvient à arrêter les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, l’axe naissant entre la Chine, la Russie, l’Iran et la Corée du Nord perdurera, pour la simple raison qu’il reste dans l’intérêt stratégique de ces quatre États de le préserver. Pour la Chine, cet axe se traduit par de nouvelles sources de matières premières, de technologies militaires et potentiellement un outil futur pour distraire géopolitiquement les États-Unis. Pour la Russie, il offre une bouée de sauvetage économique (sous la forme de la Chine) et du matériel militaire (venant de la Corée du Nord et de l’Iran). L’Iran et la Corée du Nord, en retour, gagnent en technologies militaires et en soutien de grandes puissances. Aucune de ces raisons ne disparaîtra – même si l’administration Trump négocie une sorte de trêve. (…) Et donc, malgré le désir de certains à Washington de se retirer de la sécurité européenne pour se concentrer exclusivement sur l’Indo-Pacifique, les États-Unis découvriront qu’il est bien plus facile de le dire en théorie que de le mettre en pratique. (…) Bien sûr, affronter le poids combiné de la Chine, de la Russie, de l’Iran et de la Corée du Nord est une tâche herculéenne. Cela exigera une armée plus importante et des dépenses de défense nettement plus élevées. Ce sera peut-être difficile à vendre politiquement. Mais les États-Unis ne consacrent aujourd’hui qu’environ la moitié de ce qu’ils dépensaient en défense en part du PIB pendant la Guerre froide. Et donc, si les dirigeants américains croient vraiment ce qu’ils affirment dans leurs documents de stratégie – à savoir que nous vivons la période la plus dangereuse depuis la Guerre froide et peut-être même depuis la Seconde Guerre mondiale –, il est logique qu’ils doivent consacrer un niveau d’effort comparable à celui de ces époques passées. Même avec des dépenses accrues, les États-Unis ne pourront pas y arriver seuls. Aussi fort que les États-Unis puissent prôner « l’Amérique d’abord », assurer la sécurité et la prospérité américaines sera bien moins cher et bien plus efficace si Washington peut s’appuyer sur la force combinée de son réseau mondial d’alliés et de partenaires. Cela suppose évidemment que ces alliés et partenaires soient des contributeurs nets – et non de simples consommateurs – de la sécurité globale. Donc, tandis que les États-Unis augmentent leurs investissements de défense, leurs alliés dans le monde doivent relever les leurs en parallèle. En janvier, il y aura une nouvelle administration, une nouvelle stratégie et une chance potentielle de réévaluer les hypothèses stratégiques des États-Unis. Cela devrait commencer par reconnaître que Washington se soucie bel et bien de plusieurs parties du monde, et que les menaces posées par l’axe des adversaires – ou quel que soit le nom que vous choisissez pour le désigner – sont là pour de bon. Il est grand temps de planifier en conséquence. Raphael S. Cohen (5 décembre 2024)
Il y a deux conséquences en histoire : l’une immédiate et qui est à l’instant connue, l’autre éloignée et qu’on n’aperçoit pas d’abord. Ces conséquences souvent se contredisent ; les unes viennent de notre courte sagesse, les autres de la sagesse perdurable. L’événement providentiel apparaît après l’événement humain. Dieu se lève derrière les hommes. Niez tant qu’il vous plaira le suprême conseil, ne consentez pas à son action, disputez sur les mots, appelez force des choses ou raison ce que le vulgaire appelle Providence ; mais regardez à la fin d’un fait accompli, et vous verrez qu’il a toujours produit le contraire de ce qu’on en attendait quand il n’a point été établi d’abord sur la morale et la justice. François-René de Chateaubriand  (Mémoires d’outre-tombe, 1849)
Arrêtez là ! Votre théorie se limite à ce qu’on voit ; elle ne tient aucun compte de ce qu’on ne voit pas. (…) Habituons-nous donc à ne pas juger des choses seulement sur ce qu’on voit, mais aussi sur ce qu’on ne voit pas. Frédéric Bastiat (1850)
Dans la sphère économique, un acte, une habitude, une institution, une loi n’engendrent pas seulement un effet, mais une série d’effets. De ces effets, le premier seul est immédiat; il se manifeste simultanément avec sa cause, on le voit. Les autres ne se déroulent que successivement, on ne les voit pas ; heureux si on les prévoit. Entre un mauvais et un bon Économiste, voici toute la différence : l’un s’en tient à l’effet visible ; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit et de ceux qu’il faut prévoir. Mais cette différence est énorme, car il arrive presque toujours que, lorsque la conséquence immédiate est favorable, les conséquences ultérieures sont funestes, et vice versa. D’où il suit que le mauvais Économiste poursuit un petit bien actuel qui sera suivi d’un grand mal à venir, tandis que le vrai économiste poursuit un grand bien à venir, au risque d’une petit mal actuel. Du reste, il en est ainsi en hygiène, en morale. Souvent, plus le premier fruit d’une habitude est doux, plus les autres sont amers. Témoin : la débauche, la paresse, la prodigalité. Lors donc qu’un homme, frappé de l’effet qu’on voit, n’a pas encore appris à discerner ceux qu’on ne voit pas, il s’abandonne à des habitudes funestes, non-seulement par penchant, mais par calcul. Ceci explique l’évolution fatalement douloureuse de l’humanité. L’ignorance entoure son berceau ; donc elle se détermine dans ses actes par leurs premières conséquences, les seules, à son origine, qu’elle puisse voir. Ce n’est qu’à la longue qu’elle apprend à tenir compte des autres. Deux maîtres, bien divers, lui enseignent cette leçon : l’Expérience et la Prévoyance. L’expérience régente efficacement mais brutalement. Elle nous instruit de  tous les effets d’un acte en nous les faisant ressentir, et nous ne pouvons manquer de finir par savoir que le feu brûle, à force de nous brûler. À ce rude docteur, j’en voudrais, autant que possible, substituer un plus doux : la Prévoyance. C’est pourquoi je rechercherai les conséquences de quelques phénomènes économiques, opposant à celles qu’on voit celles qu’on ne voit pas. Frédéric Bastiat (1850)
Si toutes les conséquences d’une action retombaient sur son auteur, notre éducation serait prompte. Mais il n’en est pas ainsi. Quelquefois les bonnes conséquences visibles sont pour nous, et les mauvaises conséquences invisibles sont pour autrui, ce qui nous les rend plus invisibles encore. Il faut alors attendre que la réaction vienne de ceux qui ont à supporter les mauvaises conséquences de l’acte. C’est quelquefois fort long, et voici ce qui prolonge le règne de l’erreur. Un homme fait un acte qui produit de bonnes conséquences égales à 10, à son profit et de mauvaises conséquences égales à 15, réparties sur 30 de ses semblables de manière qu’il n’en retombe sur chacun d’eux que 1/2. Au total, il y a perte et la réaction doit nécessairement arriver. On conçoit cependant qu’elle se fasse d’autant plus attendre que le mal sera plus disséminé dans la masse et le bien plus concentré sur un point. Frédéric Bastiat (1850)
Attentats-suicides, véhicules piégés, enlèvements et assassinats, la liste est incroyablement longue depuis sa création en 82 des forfaits perpétrés contre les diplomates, soldats, journalistes ou simples citoyens français, au Liban ou sur son propre sol, par ce bras armé de l’Iran. Résumé (revu et complété): – 8 avril 1983 : attaque à la roquette du Djihad islamique contre paras français – 27 août 1983 : détournement d’un avion d’Air France (Vienne-Paris) sur Téhéran (par Amal Islamique – cerveau : Hussein Moussawi; demandes: retrait de la France du Liban, fin de l’aide militaire française à l’Irak, libération de tous les prisonniers libanais des prisons françaises) – exécution de Gilles Vidal, n°2 de l’ambassade française. – opération préventive ratée DGSE: jeep militaire aux couleurs de la croix rouge remplie de 500 kilos d’explosifs devant l’ambassade iranienne de Beyrouth.– 23 octobre 1983: camions piégés contre baraquements américains et français de Beyrouth (djihad Islamique : autre nom du Hezbollah : 241 Marines, 58 soldats français; dix jours à la France pour quitter le Liban – 12 décembre 1983: voiture piégée du Hezbollah devant l’ambassade de France au Koweït – 21 décembre 1983 : attaque soldats FINUL sud-Liban, 10 morts dont un soldat français, centaine de blessés – 23 décembre 1983: expulsion de 6 diplomates iraniens suspectés d’activités terroristes et bombardement français de Amal Islamique et d’un camp du Hezbollah à Baalbek (20 militants chiites, 12 formateurs iraniens), dénonciation de la France par l’ayatollah Khomeiny comme « état terroriste » – 31 décembre 1983: double explosion simultanée gare de Marseille et TGV Paris Marseille (Carlos, Djihad Islamique : 4 morts) – 1984 : départ définitif de la France du Liban – mars 1985-janvier 1987 : prise d’otage de 16 Français (journalistes ou diplomates pour soutien à l’Irak: jusqu’à trois ans, dont un assassiné) – décembre 85 – Septembre 86 : campagne de terreur au sein des villes françaises (FNAC, BHV, Pub Renault): Iran commanditaire, via réseau Hezbollah et cellule logistique de maghrébins : 13 morts, centaines de blessés) – 18 jullet 1986: assassinat du patron de Renault et… fondateur d’ Eurodif Georges Besse (pour cause de non-remboursement d’avoirs prêtés mais aussi de refus de livraisons, contractuellement prévues, d’uranium enrichi du temps du Shah – notamment en 78 le milliard de dollars comme entrée dans le capital d’Eurodif qui devait être remboursé à partir de 81 et tardant à être rendus pour cause de guerre avec l’Irak) – octobre 99: invitation de Khatami à Paris avec en bonus… dépot de gerbe au Panthéon sur les tombes des Curie! – février 2000 : qualification du Hezbollah de groupe terroriste par le premier ministre Lionel Jospin (conférence de presse en Israël) ; contestation du ministre des affaires étrangères Hubert Védrine rappel à l’ordre de Chirac – octobre 2002 : invitation de Nasrallah par Chirak au Sommet de la Francophonie de Beyrouth– 17 décembre 2003 : menace du cheikh Fadlallah suite au projet d’interdiction du foulard dans écoles françaises – mai 2004 : description du Hezbollah comme organisation essentiellement sociale par Jean Daniel Levitte, ambassadeur de France aux USA (aucune raison de mettre le Hezbollah sur la liste des terroristes de l’Union Européenne) – août 2004 : soutien conjoint franco-américain résolution 1559 de l’ONU Nations appelant au retrait des troupes syriennes du Liban et au désarmement des milices y compris le Hezbollah (mais uniquement par les autorités libanaises) – décembre 2004 : interdiction en France, sous la pression de l’opinion, d’Al-Manar, chaîne de télévision de propagande du Hezbollah violemment antisémite – 29 août 2005: insistance de Chirak, devant les ambassadeurs français, sur application intégrale de la résolution 1559, suite à assassinat de son ami intime et premier ministre Rafik Hariri le 14 Février (condamnation des actions illégales et violentes du Hezbollah à l’encontre d’Israël par le ministre des Affaires Étrangères français, Douste-Blazy et Catherine Colonna, Ministre des Affaires Européennes, mais traîne les pieds pour inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne) – 27 septembre 2005: Gérard Araud, ambassadeur de France en Israël (la France veut donner au Hezbollah «une place dans le processus démocratique et lui faire comprendre que dans ce processus démocratique il n’y a pas de place pour les armes et le terrorisme» ; placer le Hezbollah sur la liste des terroristes ne changerait rien mais serait une occasion pour le monde arabe d’y voir «un complot américano-sioniste». La France «ne veut pas leur donner ce plaisir») – 19 janvier 2006 : déclaration de Chirak sur le terrorisme (en cas d’attaque terroriste contre les alliés français (les monarchies du Golfe Persique essentiellement) et/ou les intérêts nationaux (dont les équipements pétroliers) la France pouvait avoir recours à un usage du nucléaire) – 12 juillet 2006: critique d’israël par Chirak pour un usage de la force disproportionné, mais pas de solution à long terme sans désarmer le Hezbollah le plus rapidement possible. – 24 juillet 2006: ministre des affaires étrangères Douste-Blazy obligé de s’abriter lors d’une visite de Haïfa, suite à une attaque de roquettes remplies de billes de fer du Hezbollah («la première des conditions pour un cessez-le-feu est bien sûr le désarmement du Hezbollah»)– 31 juillet 2006 : déclaration de Douste-Blazy sur l’Iran : ”un grand pays, un grand peuple et une grande civilisation, qui est respecté et qui joue un rôle de stabilisation dans la région” Olivier Guitta
Je ne dirais pas que c’est une assurance-vie au sens strict. En revanche, cela contribue clairement au maintien du régime et à sa capacité à poursuivre son effort de guerre. Il existe déjà des cadres de coopération entre la Chine et l’Iran. L’Iran est membre de l’Organisation de coopération de Shanghai, ce qui crée un cadre de coopération politique et sécuritaire. Mais il faut aussi rappeler que la Chine, contrairement aux États-Unis, dispose de très peu d’alliances formelles. Elle n’a pratiquement pas de traités d’alliance, à l’exception d’un ancien accord avec la Corée du Nord. Sa politique étrangère reste très pragmatique. Les relations économiques sino-iraniennes sont largement centrées sur les matières premières : la Chine est la cible de près de 80 % des exportations iraniennes de pétrole brut. Dans cette logique, la Chine pourrait très bien poursuivre ses relations économiques avec un autre pouvoir iranien si le régime actuel disparaissait. Ce qui importe avant tout pour Pékin, c’est la stabilité. Un effondrement de l’Iran, une guerre civile ou un éclatement territorial seraient beaucoup plus problématiques pour les intérêts chinois. La Chine soutient donc un certain statu quo. Ce soutien s’inscrit aussi dans une bataille de récits. Pékin cherche à présenter les États-Unis comme une puissance impériale déstabilisatrice, tandis que la Chine se positionne comme garante d’un ordre international stable. Elle se présente comme une puissance réformatrice de cet ordre international, alors que la Russie adopte davantage une posture de contestation et de fragmentation. Dans ce contexte, la Chine peut afficher un soutien économique relativement visible à l’Iran tout en restant certaine de préserver ses intérêts à long terme. Yohan Briant 
Juste avant le déclenchement de l’opération, le 28 février dernier, l’Iran a organisé des manœuvres navales communes avec la Russie et la Chine. Cela prouve l’existence de contacts réguliers entre l’armée russe et l’armée iranienne, ainsi qu’entre l’armée iranienne et l’armée chinoise. Cependant, ces manœuvres n’ont manifestement pas permis d’empêcher l’intervention. Elles ont simplement contribué à la retarder d’environ deux semaines. Les Américains ont en effet choisi de ne pas intervenir pendant la présence d’unités de la marine russe ou de la marine chinoise. La Chine reste très prudente sur le conflit en Iran. Si l’on compare l’aide chinoise apportée actuellement à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine, celle-ci demeure limitée. Elle consiste principalement en la fourniture de composants critiques, notamment des puces électroniques destinées aux drones ou à certains équipements militaires lourds comme les chars, dont certains composants sont aujourd’hui fabriqués en Chine. Il existe également des exemples montrant la prudence chinoise. La Chine a interdit l’exportation d’uniformes militaires vers la Russie. Les uniformes ne semblent pas, en apparence, représenter un élément critique dans une guerre. Pourtant, une partie des uniformes militaires, notamment ceux de couleur kaki, est produite en Chine. De nombreuses armées, y compris occidentales, achètent ce type d’uniformes en raison de leur coût de production relativement faible. Malgré cela, la Chine a officiellement décidé d’interdire cette exportation afin d’éviter d’être soupçonnée d’apporter un soutien direct à la Russie. L’aide chinoise reste limitée à une coopération commerciale dans certains secteurs précis. Elle concerne notamment les puces électroniques, les composants de drones ou encore des drones civils, qui peuvent ensuite être modifiés ou rééquipés pour un usage militaire. Si une aide existe aujourd’hui entre la Chine et l’Iran, elle pourrait suivre une logique similaire. Il s’agirait plutôt de la fourniture de drones ou, plus probablement, de composants technologiques. Nous allons entrer dans la troisième semaine de guerre. L’Iran a déjà commencé à épuiser son stock de drones. Les usines de fabrication de drones fonctionnent actuellement à plein régime. Les composants nécessaires à la fabrication de ces drones ne se trouvent pas aujourd’hui en Iran, mais en Chine. D’une manière ou d’une autre, ils doivent donc être acheminés vers l’Iran. Les Chinois participent probablement à ce type de livraisons. Il ne s’agit pas directement d’armes, mais plutôt de matériel pouvant être utilisé pour la fabrication de certains types d’armements. La Chine serait donc beaucoup plus prudente que la Russie et se limiterait à des livraisons très ponctuelles de matériels spécifiques. Concernant le renseignement, la Chine dispose de quelques satellites, mais ils sont moins nombreux et servent surtout à couvrir l’espace géographique chinois. Les satellites russes, en revanche, semblent pouvoir couvrir ponctuellement le Moyen-Orient. Le système satellitaire russe est légèrement plus développé que le système chinois. Viatcheslav Avioutskii 
China’s largest chipmaker, Semiconductor Manufacturing International Corp, has sent chipmaking tools and technical training to Iran’s military industrial complex, two senior Trump administration officials reportedly told Reuters on Thursday. The transfers reportedly began roughly a year ago and are believed to be ongoing. The officials, who spoke on condition of anonymity to discuss previously undisclosed U.S. government information, said the collaboration « almost certainly included technical training on SMIC’s semiconductor technology. » They did not confirm whether the tools were of U.S. origin, which would make shipments to Iran a violation of existing sanctions against SMIC. One official said the equipment was provided to Iran’s « military industrial complex » and could be applied to any electronics that require chips. That broad potential use makes it difficult to trace what role, if any, the tools have played in Iran’s response to the conflict launched by the U.S. and Israel on February 28. The transfers reportedly predate the war by several months, beginning around this time last year. SMIC has operated under a U.S. trade blacklist since 2020, when the Trump administration first restricted its access to American chipmaking equipment over alleged ties to the Chinese military. Reuters
Jamais auparavant dans l’histoire, un parti n’avait adopté une stratégie de guerre visant à maximiser le nombre de morts civils dans son propre camp. (…) Alors que certaines des tactiques les plus brutales du Hamas, comme le viol systématique et la décapitation des captifs, sont des atrocités pratiquées depuis longtemps et pour lesquelles les armées de Staline, Hitler et Gengis Khan sont tristement célèbres, il est sans précédent qu’un parti adopte une stratégie de guerre visant à maximiser le nombre de morts civils dans son propre camp. C’est tellement étrange et maléfique que cela devrait consterner toute personne décente. Contrairement aux commentaires habituels, il ne s’agit pas d’une stratégie de bouclier humain. Il s’agit d’une stratégie de sacrifice humain. Depuis sa naissance en 1987, le Hamas a déclaré que son objectif était de détruire Israël. Sa stratégie est asymétrique, c’est-à-dire que le Hamas étant plus petit et plus faible que l’armée israélienne, il s’appuie sur une stratégie visant à saper Israël sur le plan politique. Dans l’espoir (vraisemblablement) d’inciter les dirigeants saoudiens à renoncer à leurs projets de normalisation des relations avec Israël, le Hamas a lancé cette guerre avec deux objectifs. Premièrement, provoquer des soulèvements parmi les Arabes et les musulmans, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Israël. Deuxièmement, amener le reste du monde à considérer Israël avec dégoût et haine. Pour atteindre ces objectifs, le Hamas veille à ce que sa guerre blesse et tue un grand nombre de Palestiniens à Gaza. Pour ce faire, il élabore des stratégies et prépare le terrain depuis des années. Son objectif est de faire de la propagande auprès d’un monde crédule – de faire retomber le sang des victimes palestiniennes sur les mains d’Israël. Les responsables de la défense de nombreux pays, pour des raisons opérationnelles et pour se conformer aux lois internationales de la guerre, s’efforcent d’éloigner leurs moyens militaires des civils et de maximiser la protection de ces derniers. Les responsables du Hamas font le contraire. Comme l’ont noté avec désapprobation des représentants des Nations unies et d’autres, le Hamas stocke des munitions dans des écoles, place des lance-missiles à proximité de mosquées, installe des centres de commandement dans des hôpitaux et, d’une manière générale, base ses opérations dans des quartiers civils densément peuplés. Il ne s’agit pas simplement d’une stratégie de bouclier humain, dont l’objectif est de dissuader une attaque en utilisant des vies innocentes comme barrière. Le Hamas fait quelque chose de bien plus insidieux : il s’assure de la mort massive de Palestiniens. (…) Lorsque le Hamas tire des roquettes sur Israël et tue, capture et viole des civils, il sait qu’Israël ripostera.Les dirigeants du Hamas placent leurs ressources dans des bâtiments civils non pas dans l’espoir qu’Israël cesse de tirer, mais en calculant froidement que les représailles causeront de terribles dommages aux civils palestiniens, malgré les efforts extraordinaires déployés par l’armée israélienne pour les éviter. Le Hamas s’efforce de maximiser, et non de minimiser, ces dommages. Il s’agit de générer une pression internationale sur Israël pour qu’il mette fin à ses représailles – et de renforcer les ennemis d’Israël dans leur description de l’État juif comme un méchant. Israël a des raisons morales et pratiques d’éviter de nuire aux civils palestiniens. Les Israéliens sont fiers d’agir avec humanité, même en temps de guerre. Leurs officiers – comme ceux de l’armée américaine – font la distinction entre les sites civils et militaires et ne visent jamais délibérément les premiers. Même lorsqu’il s’agit d’attaquer des chefs terroristes de haut rang, Israël s’efforce d’éviter de blesser les membres de leur famille, sans parler des civils non apparentés. Pour éviter les dommages collatéraux, Israël avertit régulièrement des attaques, même si cela augmente les risques pour les Israéliens et diminue les chances de succès d’une attaque. Au cours de la guerre actuelle, Israël a prévenu les habitants de différents quartiers qu’il y aurait bientôt des attaques et qu’ils devraient se hâter de se rendre dans les zones de sécurité désignées. La stratégie du Hamas est innovante au plus haut point. Pour tous ceux qui aspirent à renforcer les contraintes morales qui pèsent sur la guerre, elle constitue un énorme pas en arrière. C’est sauvage, cynique et contre nature, mais le pire, c’est que c’est efficace. C’est pourquoi elle est utilisée. Les Palestiniens innocents méritent la sympathie. Mais lorsque les Américains, les Européens et d’autres dirigent leur indignation vers Israël, sans saisir la responsabilité du Hamas, ils encouragent la cruauté même qu’ils ont l’intention de condamner. La responsabilité du sacrifice délibéré de Palestiniens innocents incombe avant tout au Hamas, bien sûr, mais aussi à ceux d’entre nous qui, dans le monde extérieur, se laissent duper par cette stratégie. Des écoles, des hôpitaux et des mosquées seront bombardés dans les prochains jours. C’est ce que veut le Hamas, ce dont il s’est assuré. Ceux qui, même s’ils sont bien intentionnés, blâment Israël sont complices des crimes de guerre du Hamas. Il est temps d’attribuer la responsabilité à juste titre et de cesser d’encourager les crimes du Hamas contre les Palestiniens (sans parler de ceux contre les Israéliens). Pour le bien des Palestiniens et des Israéliens, et pour respecter la décence et le droit les plus élémentaires, c’est le moins que nous puissions faire. Douglas J. Feith
Ces positions techniques peuvent inclure de vastes espaces couverts, tels que des hangars industriels ou des salles de sport, où des lance-missiles et des véhicules de soutien peuvent être amenés à l’intérieur, et où les missiles peuvent être montés sur les lanceurs, les ogives fixées et, dans le cas des systèmes à propergol liquide, les opérations de ravitaillement effectuées. (…) Bon nombre de ces lanceurs ressemblent pour l’essentiel à des véhicules ou à des remorques civils. (…) L’utilisation d’environnements, de structures et de bâtiments civils à cette fin est illégale au regard du droit de la guerre. Elle prive ces bâtiments de la protection dont ils bénéficieraient autrement et en fait des cibles militaires légitimes. (…) Le danger est que les civils vivant ou travaillant dans de tels lieux puissent ignorer qu’un lance-missiles est dissimulé à proximité jusqu’à ce qu’ils soient eux-mêmes exposés à une attaque. Farzin Nadimi (Washington Institute)
Le déploiement de forces militaires sur des sites civils « déplace les risques du champ de bataille sur les civils. L’utilisation de tels lieux à des fins militaires est interdite par le droit international. Lorsque des forces de sécurité ou paramilitaires s’installent dans des écoles, des hôpitaux ou des mosquées, elles mettent les civils en danger physiquement, dégradent les services civils protégés et peuvent transformer ces sites en objectifs militaires. (…) Les écoles sont des objets civils ; les utiliser comme casernes, positions de tir, lieux de détention ou dépôts d’armes peut en faire des cibles militaires licites, tout en laissant l’attaquant tenu par les principes de distinction, de proportionnalité et de précautions praticables. Cela constitue un bouclier humain. (…) Les hôpitaux bénéficient d’une protection encore plus forte que les écoles. Selon le droit international humanitaire, ils doivent être respectés et protégés, mais s’ils sont utilisés en dehors de leur rôle humanitaire, par exemple comme base, poste d’observation, centre militaire, abri pour du personnel militaire ou de sécurité, ou dépôt d’armes, ils perdent cette protection spéciale, bien qu’un avertissement clair soit requis avant toute attaque. L’utilisation de mosquées à des fins militaires est interdite, mais si elles sont transformées en objectif militaire, elles perdent leur protection, tandis que les forces attaquantes doivent toujours prendre des précautions et éviter toute action indiscriminée ou disproportionnée. Regional security source
Le régime iranien, comme tous ses groupes supplétifs et terroristes à travers le Moyen-Orient qu’il active et emploie, a effectivement transformé des personnes sans défense en boucliers humains et se cache derrière ces populations civiles innocentes et malheureuses. Il tente de dissimuler ses actifs et armes militaires derrière les gens et au milieu de la population, y compris dans les hôpitaux, les écoles et les mosquées. Des avertissements d’évacuation sont émis avant les opérations et des armes guidées de précision sont utilisées pour limiter les dommages collatéraux. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir, dans la mesure du possible, pour empêcher les dommages aux civils et aux citoyens de la chère nation iranienne. Je demande au peuple d’Iran de prêter attention à nos messages afin de protéger leur vie et leur sécurité. Dès qu’ils reçoivent un message d’avertissement, ils doivent s’éloigner et le transmettre également à leurs voisins, amis et proches. Kamal Penhasi (IDF)
Le régime iranien utilise des zones civiles densément peuplées pour mener des opérations militaires, notamment le lancement de drones d’attaque à sens unique et de missiles balistiques. Cette décision dangereuse met en danger la vie de tous les civils en Iran, car les lieux utilisés à des fins militaires perdent leur statut protégé et peuvent devenir des cibles militaires légitimes selon le droit international. CENTCOM
Les forces de sécurité et militaires iraniennes ont déplacé du personnel, des armes et du matériel vers au moins 70 sites civils pendant les frappes aériennes américano-israéliennes, selon une enquête d’Iran International. Cela révèle ce qui semble être un schéma national d’utilisation d’espaces publics à des fins militaires. Ces sites s’étendent sur 17 provinces, 28 villes et deux villages. Près de la moitié d’entre eux – 34 au total – étaient des écoles primaires ou secondaires. D’autres lieux identifiés dans les témoignages oculaires et les documents examinés par Iran International comprenaient des hôpitaux, des stades, des universités, des mosquées, des parcs et des bâtiments gouvernementaux. Les témoignages ont été recueillis sur une période de 10 jours, du 2 au 14 mars 2026, pendant une quasi-coupure totale d’internet qui a fortement restreint la circulation des messages, photos et vidéos depuis l’intérieur de l’Iran. Bien qu’Iran International n’ait pas pu vérifier indépendamment chaque témoignage, elle a géolocalisé des preuves visuelles provenant de sept sites signalés, tous des écoles. (…) Au moins quatre hôpitaux ont été identifiés dans des témoignages oculaires comme ayant fait l’objet de déploiements militaires à proximité ou associés, notamment l’hôpital Golestan à Ahvaz et des sites médicaux à Kermanshah et dans d’autres régions de l’ouest. « Les hôpitaux bénéficient d’une protection encore plus forte que les écoles. (…) Au moins trois mosquées ont été identifiées dans des témoignages comme ayant été utilisées pour des déploiements militaires. Dans la capitale, Téhéran, cela incluait la mosquée Rezvan le 8 mars et la mosquée Chahardeh Masoum dans la Cité universitaire le 7 mars, où des unités de police spéciale étaient stationnées. (…) Les témoignages examinés par Iran International illustrent l’ampleur des déploiements signalés dans de multiples provinces. À Téhéran et dans les zones environnantes du centre-nord de l’Iran, des rapports de témoins oculaires indiquent que des bureaux de police, de renseignement et administratifs de Malard ont été relocalisés le 8 mars vers le lycée de filles Fatemiyeh, situé à côté de deux autres écoles près d’une station-service. L’un des principaux hubs des forces de sécurité en civil à Téhéran est le district de résistance Meghdad du Basij, connu sous le nom de « base Meghdad ». Il est situé sur l’avenue Azadi, à côté de l’Université de technologie Sharif. Pendant les manifestations du 15 juin 2009 – faisant partie des manifestations de masse qui ont suivi l’élection présidentielle contestée en Iran et sont devenues connues sous le nom de Mouvement vert – des tirs à balles réelles ont été dirigés contre les manifestants depuis le toit de la base. La base Meghdad se trouve à côté du quartier général central du Conseil des combattants de Téhéran-Ouest, un complexe exerçant une influence importante sur les structures paramilitaires et de sécurité. La zone environnante a été ciblée lors de frappes le 6 mars. Après les frappes, des témoignages oculaires du 8 mars indiquent que le personnel et le matériel restants ont été déplacés vers un bâtiment de caserne de pompiers situé directement en face de l’ancienne base Meghdad. Un autre témoignage oculaire du 9 mars indique que les forces et le matériel ont été relocalisés à nouveau, cette fois vers un complexe de la Bank Mellat sur l’avenue Azadi, près du début de la rue Jeyhoon. Ce site est l’une des installations nationales clés de la banque et abrite son centre de données. Au-delà de la capitale, des déploiements similaires ont été signalés dans de multiples régions du pays. Dans la province du Khuzestan, dans le sud-ouest de l’Iran, des témoignages indiquent que des forces militaires étaient stationnées aux stades Takhti à Izeh et Ahvaz, ainsi qu’à l’Université Chamran et près de l’hôpital Golestan à Ahvaz, et dans une école primaire de filles à Dezful. Dans la province du Fars, dans le sud de l’Iran, des forces militaires ont été signalées au stade Sardaran et près du complexe commercial Negin à Chiraz, ainsi que dans des écoles en zones rurales. À Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran, des lance-missiles et des forces militaires ont été déployés près de grands hôpitaux et dans une usine industrielle. Dans l’Azerbaïdjan oriental, dans le nord-ouest de l’Iran, des forces ont été signalées dans plusieurs écoles à Tabriz et à Hadishahr. Dans la province d’Ispahan, au centre de l’Iran, des forces étaient stationnées dans des parcs pour femmes, des installations sportives et des écoles dans plusieurs villes, dont Ispahan, Dastgerd et Naein. Dans la province d’Alborz, à l’ouest de Téhéran, des déploiements ont été signalés à Karaj, Hashtgerd et Mehrshahr. Dans le Khorasan Razavi, dans le nord-est de l’Iran, des forces ont été signalées avoir utilisé des écoles à Machhad comme bases, tandis qu’à Bouchehr, dans le sud de l’Iran, elles étaient stationnées dans des universités. Dans l’Azerbaïdjan occidental, dans le nord-ouest de l’Iran, des forces ont été signalées dans une école à Khoy, tandis que le stade 22 Bahman à Qazvin, dans le centre-nord de l’Iran, a servi de base principale. Dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, dans le sud-ouest de l’Iran, des forces militaires ont utilisé le stade Naft à Gachsaran. Dans la province de Markazi, au centre de l’Iran, des déploiements ont été signalés dans une école et un bâtiment gouvernemental à Arak. Dans le Mazandaran, dans le nord de l’Iran, des écoles à Tonekabon ont été utilisées comme bases. Dans le Golestan, dans le nord de l’Iran, des forces militaires ont été signalées dans une école et un bâtiment gouvernemental à Gorgan, tandis que dans le Lorestan, dans l’ouest de l’Iran, des déploiements ont été signalés dans plusieurs lycées à Borujerd. Azadeh Akbari
Ce qui s’est passé à Oman n’était pas notre choix. Nous avons déjà dit à nos Forces armées de faire attention aux cibles qu’elles choisissent. Nos unités militaires sont maintenant, en fait, indépendantes et quelque peu isolées, et elles agissent sur la base d’instructions générales qui leur ont été données à l’avance. Abbas Araghchi (Iranian foreign minister, March 1, 2026)
Beaucoup des signes habituels de continuité étatique restent visibles. La République islamique continue de tirer des missiles et des drones sur Israël et d’autres cibles dans la région, y compris des systèmes avancés comme le missile balistique Sejjil. La télévision d’État diffuse toujours. Des unités du Basij et de l’IRGC sont encore présentes dans les rues. Mojtaba Khamenei a été installé comme successeur. Aucune fracture majeure au sein de l’élite n’a encore fait surface. Une partie du réseau régional du régime existe encore. Les boutiques proposent toujours des biens de première nécessité. Et le soulèvement national que beaucoup attendaient ne s’est toujours pas matérialisé. Pour de nombreux observateurs, ces signes ne mènent qu’à une seule conclusion : le régime a pris un coup sévère, mais il tient encore bon. Cette lecture pourrait être fondamentalement erronée. Ces indicateurs ne sont pas faux ; ils sont simplement interprétés dans le mauvais cadre. On les prend comme la preuve que le système a absorbé le choc et reste solide. En réalité, ils indiquent exactement le contraire. La République islamique s’était préparée au moment où son centre serait frappé et où sa chaîne de commandement se fracturerait. Dans ce scénario, les unités régionales continuent de tirer, les forces de sécurité continuent de réprimer, et l’État projette des fragments de normalité même lorsque le contrôle central s’effondre. L’activation de ces mécanismes est la preuve que le système est entré dans sa phase d’effondrement, et non qu’il y a échappé. Ce que nous voyons n’est pas de la résilience, mais un régime qui préserve la violence et une apparence de fonctionnement suffisamment longtemps pour épuiser la patience politique de ses adversaires. C’est là l’essence du calcul de Téhéran. Il ne croit pas pouvoir vaincre les États-Unis et Israël dans une longue guerre conventionnelle. Il croit que Washington ne tiendra pas une telle guerre très longtemps. Sa stratégie n’est donc pas la victoire, mais l’endurance : continuer à tirer, continuer à réprimer, continuer à signaler un fonctionnement ininterrompu et continuer à imposer des coûts jusqu’à ce que les Américains décident que le jeu n’en vaut plus la chandelle. (…) au milieu des années 2000. Sous le commandant de l’IRGC Aziz Jafari, les Gardiens de la Révolution se sont réorganisés autour de la logique de la guerre asymétrique. Les planificateurs iraniens avaient compris qu’ils ne pouvaient pas rivaliser avec les États-Unis dans une guerre classique navale, aérienne ou blindée. Ils ont donc construit une structure conçue pour survivre à une décapitation, à une fragmentation et à une perturbation prolongée. Une partie clé de cette conception était le réseau de dix quartiers généraux régionaux de l’IRGC. Chacun supervise une partie des trente-deux corps des Gardiens du pays et les unités du Basij qui leur sont rattachées. Ces commandements ont été conçus pour contrôler les brigades locales, les bataillons, les formations de sécurité et les actifs militaires régionaux avec une autonomie substantielle. Leur objectif était explicite : si la chaîne de commandement à Téhéran était gravement endommagée ou détruite, le régime conserverait encore des organes armés régionaux capables de réprimer les troubles, de faire face aux menaces internes et de continuer à combattre les ennemis extérieurs sans attendre d’ordres du centre. C’était la logique de la « défense en mosaïque ». Si la chaîne de commandement se brisait, le système ne se figerait pas. Il se fragmenterait en pièces semi-indépendantes et continuerait à fonctionner. Les formations régionales continueraient à tirer et à réprimer même si la coordination centrale devenait faible, intermittente ou impossible. C’est pourquoi les lancements continus de missiles doivent être interprétés avec prudence. Ils ne montrent pas de cohérence stratégique. Ils montrent que le régime est entré dans la phase qu’il avait préparée pour son pire jour : préserver la violence après que le commandement cohérent a commencé à faillir. Abbas Araghchi l’a pratiquement admis lorsqu’on l’a interrogé sur les frappes iraniennes contre Oman, l’un des partenaires régionaux les plus proches de Téhéran. « Ce qui s’est passé à Oman n’était pas notre choix », a-t-il déclaré, ajoutant que les unités militaires étaient « indépendantes et quelque peu isolées » et qu’elles agissaient « sur la base d’instructions… données à l’avance ». En d’autres termes, les missiles continuent de voler non pas parce que le centre politique contrôle pleinement la situation, mais parce que le système a été conçu pour continuer à tirer après que l’emprise du centre a déjà commencé à s’effilocher. C’est aussi pourquoi la mort des plus hauts commandants de l’IRGC tels que Salami, Rashid, Pakpour et bien d’autres ne produit pas automatiquement le silence. La machine continue de tirer parce qu’elle a été construite pour leur survivre. Ce qui ressemble à de la résilience n’est en réalité que le legs fonctionnel d’un dispositif-catastrophe. La même logique s’applique aux rues. (…) La question la plus courante, « Pourquoi les Iraniens ne protestent-ils pas ? », est aussi l’une des plus trompeuses. (…) Pahlavi a exhorté les gens à rester chez eux pour leur sécurité, à stocker l’essentiel, à poursuivre les grèves, à maintenir les chants nocturnes et à attendre le moment décisif. Les rues calmes ne prouvent donc pas le contrôle du régime. Elles reflètent une retenue tactique d’une société qui se souvient exactement de ce qui arrive quand les gens bougent trop tôt. La même erreur d’interprétation apparaît dans la question de la succession. (…) près de trois semaines après le début de la guerre, le nouveau Guide suprême reste un fantôme. (…) L’absence de défections visibles est également facile à mal interpréter. Le silence ne signifie pas nécessairement loyauté. Il peut signifier peur, incertitude et attente. Si des figures influentes à l’intérieur du système ne savent pas si les États-Unis ont l’intention de maintenir la pression jusqu’à un effondrement décisif ou si Washington acceptera finalement une porte de sortie, elles ont toutes les raisons d’hésiter. Il en va de même pour les acteurs anti-régime. Personne ne veut tout miser sur un dernier mouvement s’il soupçonne que la pression américaine pourrait bientôt s’atténuer. Ce qui ressemble à de la cohésion n’est peut-être que de la paralysie face à l’incertitude. Le réseau régional de l’Iran est également plus faible que ne le suggèrent les lectures superficielles. (…) Le Hezbollah et le Hamas ont été sévèrement dégradés. Les milices irakiennes semblent plus faibles et plus hésitantes. Les Houthis restent la composante la moins touchée, mais même eux se sont largement limités à des menaces plutôt qu’à une intervention sérieuse. (…) Une erreur similaire est commise dans la lecture de l’économie. (…) Les banques ont largement fermé. Les cyberattaques se poursuivent. Les restrictions sur Internet ont perturbé les paiements en ligne. Les marchés sont fermés. Les achats de fin d’année sont au point mort. Les administrations ne fonctionnent qu’en partie. Les exportations de pétrole sont sous forte pression. Les salaires des employés de l’État, y compris du personnel de sécurité, sont, selon les rapports, retardés ou impayés. Les pertes se chiffrent déjà en milliards. Pour un régime qui repose sur le clientélisme et la coercition payée, ce n’est pas un problème secondaire. Cela frappe à la base matérielle de la loyauté. Même la diffusion d’État, l’un des plus anciens symboles de continuité du régime, ne signifie plus ce qu’elle signifiait autrefois. Dans les coups d’État et les révolutions classiques, la chute d’un régime était marquée par la prise de la station de radio et de télévision ou par le silence soudain du diffuseur national. (…) Grâce à la technologie numérique, un régime peut continuer à transmettre depuis des emplacements dispersés ou improvisés tant que des parties du réseau restent en vie. (…) Pris un par un, ces signes peuvent rassurer ceux qui cherchent des preuves d’endurance. Pris ensemble, ils créent une puissante illusion de résilience. Mais c’est précisément ce que l’architecture de contingence est censée faire. Un système construit pour son pire scénario peut continuer à tirer, à réprimer, à diffuser, à nommer des successeurs et à projeter des fragments d’ordre bien après avoir perdu la cohérence centrale, la confiance stratégique et la profondeur institutionnelle qu’il possédait autrefois. (…) La République islamique (…) n’a besoin que d’empêcher l’apparence d’un effondrement final, de maintenir suffisamment de force en mouvement pour imposer des coûts, et de tenir bon jusqu’à ce que les États-Unis perdent la volonté de continuer. Mehdi Parpanchi
In recent weeks, much of the media commentary on the Iran war has followed the same line. Trump, we are told, entered the conflict without a strategy. His goals are unclear. The Islamic Republic is still functioning. It is still firing missiles. Its leaders are still speaking in the language of defiance. Therefore, the argument goes, the United States must be failing. Much of the commentary has described the war as lacking a plan, marked by confusion over its aims, and driven by shifting goals. Some have gone further, arguing that even an American victory over Iran would be bad for the United States and for the wider world This reading is wrong. The war is not the absence of strategy. It is coercive diplomacy: terms first, pressure second, pause third, then renewed pressure from a stronger position. To judge the war only by missile launches, angry speeches, and the continued movement of a battered regime is to miss the larger picture. What critics call a war without a strategy is, in fact, an attempt to end twenty years of failed policy. For two decades, Washington tried different ways to stop the Islamic Republic’s nuclear advance. Some administrations leaned more on sanctions. Others leaned more on diplomacy. Some tried both. Yet through all of it, the Islamic Republic moved from zero enrichment to 60 percent. By June 2025, the IAEA said Iran had 440.9 kilograms of uranium enriched to that level, enough for multiple nuclear bombs if enriched further. At the same time, the IRGC’s missile stockpile grew, its range and destructive power increased, and those capabilities spread to proxies from Lebanon to Iraq and Yemen. That was the result of the old approach. The war has costs for the United States, politically and financially. But inaction was costlier. Washington began negotiating with Iran when enrichment was at 3 to 5 percent. It was still negotiating two decades later, after that level had reached 60 percent. By then, from a technical point of view, reaching weapons-grade material was no longer a scientific hurdle. It was a political decision. For years, diplomacy was politically and financially preferable to war. But there was no longer another twenty-year window. Iran was a nuclear-threshold state, shielded by a large missile arsenal and aligned with China and Russia. And Iran is not North Korea. It sits in the middle of the world’s most strategic region, close to major energy routes, trade corridors, and American allies. Its weaponisation would have carried far wider consequences. The price the United States is paying now is heavy. But it is still far less than the political, economic, and geopolitical price it would have paid for allowing the Islamic Republic to harden into an entrenched nuclear-threshold power. Trump’s answer was different. He was no longer trying to manage the problem or secure another temporary arrangement. After returning to office in January 2025, he demanded rollback: an end to enrichment, limits on the missile programme, and the dismantling of the proxy network through which the Islamic Republic had built regional power. Tehran refused, as it had through two decades of diplomacy and negotiation. The result was a shift from bargaining to attrition. The regime began to lose, by force, the very instruments through which it had built deterrence and projected power. In that sense, coercion was producing the rollback that diplomacy had failed to secure. (…) Ali Khamenei rejected those terms again and was killed in the opening moments of the second war. This followed the same logic. If Khamenei himself was the main barrier to surrender, then removing him could create space for others inside the system to accept what the Islamic Republic had long refused. But the regime remained defiant. Seventeen days after Khamenei’s death, Ali Larijani, another senior political figure, was also killed. Now, Ghalibaf’s name is being floated as the man who could be pushed to accept those demands. But the deeper reality is that Ghalibaf is not the man calling the shots in Iran today. Nor was Larijani. After Khamenei, no one is fully in command. This, too, is a sign of a system struck at the centre and beginning to unravel. The administration’s refusal to recognise Mojtaba Khamenei, along with Trump’s dismissal of him as “a lightweight” who would be “unacceptable” as Iran’s leader, is part of the same coercive sequence. By denying him legitimacy from the outset, Washington is floating names, testing possibilities, and searching for someone within the regime willing to sign. At the same time, the regime’s nuclear, missile, naval, and proxy assets, together with the wider military machinery on which its regional power depended, are being steadily degraded. The Islamic Republic still has a choice: relinquish what remains by agreement, or lose it by force. Negotiation and war are not opposites. They are successive phases of the same campaign. This is the point many critics miss. In Trump’s approach, negotiation and war are not opposites. They are successive phases of the same campaign. Negotiation presented the terms. Force raised the cost of refusal. The pause tested whether the strikes had altered the regime’s calculations. Negotiation then resumed from a position of greater pressure. That is not incoherence. It is strategy. Whatever happens next, Trump has already changed the strategic picture. If this war ends with the fall of the Islamic Republic, he will have secured a historic victory. If the regime survives, it will survive in a diminished form. In less than a month, Washington has already achieved what twenty years of negotiations did not: an Islamic Republic with its nuclear and missile programmes sharply pushed back and its regional reach greatly reduced. Either way, the old status quo is gone. Two analytical mistakes have made this harder to see. The first is to mistake visible continuity for strength. (…) a system can still fire missiles, repress, broadcast, and project fragments of normality after its centre has been hit. None of that proves it is strategically healthy. The second is to act surprised by escalation. Before the war, I described the Islamic Republic’s logic as deterrence through escalation. Anyone who thought the regime would collapse through decapitation alone misunderstood it. The administration clearly did not make that mistake. That is why it deployed hundreds of tons of ammunition to the region before the war began. Continued missile fire does not prove that Trump has no strategy. It shows that the Islamic Republic has one too: absorb punishment, escalate where possible, and hope that fear, market shock, and regional pressure weaken American resolve before the regime is forced into real surrender. But that strategy has limits. The more the regime threatens shipping, attacks infrastructure, and uses missiles, drones, and proxies as tools of pressure, the more it convinces its neighbours that their own trade, investment, and long-term stability cannot safely coexist with the Islamic Republic as it is. Tehran’s calculation was that regional havoc would frighten neighbouring Arab states into pressing Washington to stop the war. Instead, the logic has begun to reverse. Qatar and Saudi Arabia have declared Iranian diplomatic personnel persona non grata, while the UAE has closed its embassy in Tehran and withdrawn its diplomatic mission. The very states Iran hoped to intimidate are moving in the opposite direction, concluding that its capacity for disruption must be reduced, not accommodated. (…) Much of the prevailing media reading is wrong because it mistakes visible continuity for strategic success and escalation for surprise. It sees a regime still speaking, still firing, still standing in some form, and concludes that Washington must have no plan. But the plan is visible. Trump appears to have concluded that sanctions, diplomacy, delay, and partial restriction did not stop the Islamic Republic’s nuclear advance. They only slowed it while the programme moved closer to threshold status. His answer was not to manage the problem more carefully, but to try to end it. (…) For two decades, those same states were Tehran’s economic lifeline, tolerating the Islamic Republic’s elaborate sanctions-busting networks and the thousands of front companies through which it kept trade alive. That lifeline is now fraying. The old status quo is gone. With or without another war, the regime’s days are numbered. That is the strategic shift many analysts still fail to see. Mehdi Parpanchi
In the two weeks since the US and Israel launched strikes on Iran, US President Donald Trump increasingly has been knocked on his political heels. He’s grown more agitated with news coverage and has failed to find a way to explain why he started the war — or how he will end it — that resonates with a public concerned by American deaths in the conflict, surging oil prices and dropping financial markets. Even some of his supporters are questioning his plan and his overall poll numbers are declining. Meanwhile, Moscow is getting a boost from the war’s early days after Trump eased sanctions on some Russian oil shipments. That, combined with rising oil prices, undercut the yearslong push to crimp President Vladimir Putin’s ability to wage war in Ukraine. (…) “I think Democrats are well-positioned for this November and the midterms,” said Kelly Dietrich, CEO of the National Democratic Training Committee, which trains party backers to run for office and staff campaigns. Dietrich said the past two weeks show the Trump administration has failed at long-term planning. “They’re flying by the seat of their pants, and the rest of us are paying the price,” he said. Trump let some of his frustrations show on Air Force One as he flew back from a weekend at his Mar-a-Lago estate in Florida, lashing out at allies and other countries dependent on Middle Eastern oil for not doing more to counter Iran and specifically name-checking British Prime Minister Keir Starmer, who he said initially declined to put British aircraft carriers “into harm’s way.” (…) The US Treasury Department announced this past week a 30-day waiver on Russian sanctions, aiming to free up Russian oil cargoes stranded at sea to help ease supply shortages caused by the Iran war. That’s despite analysts saying that spiraling oil prices due to Persian Gulf production blockages are benefiting the Russian economy. Moscow relies heavily on oil revenue to finance its war on Ukraine, and sanctions were a growing handicap. (…) With midterm races now starting to heat up, Trump was asked about the potential political impact of voters seeing gas prices jump. (…) Iran also has even divided Trump’s “Make America Great Again” base, between those who support the action and others who say that Trump expressly campaigned on ending wars. Will Weissert
L’une de nos expressions pour ceux qui travaillent sur le Moyen-Orient c’est ne croyez jamais qu’ils ont touché le fond du baril. Ils peuvent toujours creuser plus profond. Il y a toujours un autre fond. Il y a toujours pire ailleurs. (…) L’Iran a d’ailleurs toujours eu la capacité d’interférer avec le trafic dans le détroit d’Ormuz. Ils n’ont jamais vraiment essayé de le fermer. Ils ne l’ont jamais fait parce qu’ils étaient toujours terrifiés à l’idée que, s’ils le faisaient, les États-Unis passeraient à l’option changement de régime. Que nous déciderions que ce régime est au-delà du tolérable. Qu’il faut s’en débarrasser parce qu’ils interfèrent avec l’économie mondiale. Donc qu’il faut éliminer le régime. Et pour cette raison, ils n’ont jamais touché jamais au détroit d’Ormuz. Mais imaginez ce qu’a fait Trump. Il tue l’Ayatollah. Il tue la plupart des dirigeants militaires et des services de sécurité intérieure. Le premier soir, il proclame le changement de régime. Il dit : « Nous voulons un nouveau régime. C’est moi qui vais choisir le nouveau Guide suprême de l’Iran. » (…) Il annonce très clairement qu’il cherche le changement de régime. Et alors c’est à ce moment-là que les Iraniens activent leur plan de d’urgence. Leur plan d’urgence, c’est que si les Américains essaient un jour de changer le régime, alors nous fermons le détroit d’Ormuz. Et à ce moment-là, ce qu’ils découvrent, c’est que fermer le détroit d’Ormuz ne pousse pas les États-Unis à essayer de renverser le régime. Ca les fait au contraire reculer et renoncer au changement de régime. Trump ne parle plus du tout de changement de régime. Il n’en a plus aucun intérêt. C’est le signal qu’il a envoyé à la direction iranienne. Et ce qu’il nous faut reconnaitre, c’est que nous avons affaire à nous une version bien pire de ce régime. Nous n’avons pas changé le régime. Nous avons changé la direction, et c’est une version beaucoup plus dure. (…) Ce sont les plus durs des durs. Et il y a clairement une certaine dissonance. C’est l’Iran. Il y a des factions. Il y a toujours des factions en Iran. C’est des gens qui ont toujours voulu l’arme nucléaire. Ce sont des gens qui ne se soucient pas beaucoup de l’économie iranienne et qui ne se soucient certainement pas beaucoup du peuple iranien. Ils vont être beaucoup plus difficiles à gérer. (…) D’abord, il nous faut aussi reconnaître que ça fait 47 ans que le régime iranien a défini les États-Unis et Israël comme ses ennemis. Sans la moindre raison. Chaque président américain depuis Jimmy Carter a essayé de se réconcilier avec le régime iranien. Nous avons tout essayé. (…) Nous avons fait toutes sortes de choses pour tenter un rapprochement. Ca n’a jamais intéressé les Iraniens. Ils ont tout fait pour nous nuire. Au fil des années, ils ont tué au moins mille Américains. Donc c’est pas un bon régime. (…) Les Saoudiens, les Émiratis, les Koweïtiens, les Qatariens ne voulaient pas de cette guerre et ils ont dit très clairement à Trump de ne pas attaquer l’Iran. (…) Même avant le début de la guerre, ils ont dit aux États-Unis qu’ils ne nous autoriseraient pas à utiliser leurs bases pour des attaques contre l’Iran. Ils n’en voulaient pas parce qu’ils craignaient exactement ce qui s’est produit. Donc point numéro un : ils ne voulaient pas cette guerre. (…) Il n’y a littéralement rien qui s’est passé dans cette guerre du côté iranien (…) que je n’aurais pas prédit, et que mille autres experts de l’Iran n’auraient pas prédit. La première fois que j’ai participé à un exercice militaire sur ce sujet — les Iraniens fermant le détroit d’Ormuz —, je crois que c’était en 1992. On n’a pas arrêté d’en faire encore et encore. On planifie, on se prépare. L’armée maîtrise parfaitement le sujet. Ils ont tout envisagé sous tous les angles. Ce que les Iraniens ont fait n’était absolument pas inattendu. C’était totalement attendu. Ce qui a été complètement inattendu, c’est ce qu’ont fait les États-Unis. (…) Dans les bribes d’informations au sein du renseignement que nous recevons, il apparaît qu’ils l’avaient en effet prédit. Comme je l’ai dit, tout indique que c’est l’exact opposé d’un échec du renseignement. (…) Chaque étape a été anticipée à chaque tournant. Mais encore une fois, vous aviez un président qui croyait ce qu’il voulait croire : que le changement de régime serait facile, peu coûteux, tout à fait faisable et probable. (…) Le gouvernement américain étudie cela depuis plus de 30 ans et comprenait parfaitement exactement, ce qui allait se passer. (…) En ce moment, il y a un débat en Iran, mais le groupe qui semble l’emporter est celui des plus durs des durs, qui semblent croire qu’ils sont en train de gagner la guerre contre les États-Unis et que, s’ils tiennent bon, ils forceront Trump à leur faire toutes sortes de concessions en matière d’argent et de contrôle du détroit d’Ormuz. Et ce qu’il nous faut reconnaître, c’est que cela a une valeur énorme pour eux, encore une fois à cause de la leçon que j’ai soulignée précédemment : leur contrôle du détroit d’Ormuz ne leur apporte pas seulement de l’argent, mais la conviction que les États-Unis n’essairons plus de changer le régime. C’est probablement plus utile pour eux qu’une arme nucléaire. C’est d’ailleurs l’une des choses les plus dangereuses en ce moment : ils pourraient être prêts à faire des concessions sur le front nucléaire parce qu’ils ont soudain quelque chose de plus utile et tout aussi important pour garantir la survie du régime. Ils subissent des dommages. Ils souffrent économiquement. Mais comme je l’ai dit, c’est un groupe qui ne se soucie pas beaucoup d’économie. Ils croient qu’ils peuvent se maintenir au pouvoir en tuant autant de gens qu’il le faut. Donc je pense qu’ils sont probablement nerveux à l’idée que, si la guerre reprenait, les Américains et les Israéliens pourraient tuer certains d’entre eux. Il y a probablement un élément d’instinct de survie. Mais encore une fois, ce que nous voyons d’eux, c’est une volonté de tenir bon en supposant qu’ils peuvent endurer la douleur qu’ils subissent actuellement plus longtemps que le président Trump lui-même. (…) C’est une tragédie absolue. Le seul espoir, c’est peut-être qu’à long terme la conduite de cette guerre, son issue et la férocité de cette version du régime vont encore plus antagoniser le peuple iranien contre ses dirigeants. Et peut-être qu’à un moment donné dans le futur, ils seront en mesure de se révolter à nouveau contre lui. (…) À peu près tous les deux ou trois ans, le peuple iranien essaie de se soulever et de renverser son gouvernement (…) et cela dure depuis presque 20 ans, voire 30 ans. Peut-être qu’un jour cela changera, mais à court terme, je pense que c’est encore eux qui vont payer les pots cassés. (…) Il y a une opportunité incroyable au Liban. Et c’est un autre sujet qui me frustre avec l’administration Trump, parce que si vous cherchiez une victoire, c’est au Liban qu’il faut regarder. C’est là et pas ailleurs. Vous avez maintenant une situation où le Hezbollah a été sérieusement affaibli par les attaques israéliennes de 2024. La population libanaise s’est retournée dramatiquement contre le Hezbollah, y compris de larges segments de la communauté chiite libanaise. Il semble qu’environ 80 % de la population libanaise veuille voir le Hezbollah désarmé. Vous avez un président, un Premier ministre, un chef de l’armée, tous engagés à désarmer le Hezbollah. Le parlement libanais a exigé que le Hezbollah se désarme et a déclaré que ses actions militaires étaient illégales. C’est incroyable. Mais Israël ne peut pas aider le Liban à atteindre cela ni profiter de cette opportunité. Seuls les États-Unis le peuvent. Et si on laisse ça aux Israéliens, ça ne résoudra pas le problème. Pour moi, c’est tellement frustrant. Les États-Unis ne reconnaissent pas que c’est à nous de fournir une assistance au gouvernement libanais et aux forces armées libanaises. Si nous le faisons, si nous augmentons notre soutien, tout indique que les Libanais eux-mêmes désarmeront le Hezbollah et transformeront le Liban. Si on laisse ça aux Israéliens, ce qui va inévitablement arriver, c’est ce que nous voyons se produire, car Israël ne peut pas transformer les choses. Ils ne peuvent pas aider les forces armées libanaises parce qu’ils sont encore vus omme l’ennemi par l’immense majorité des Libanais. Ils ne veulent pas d’eux, là. (…) [Donc je pense que] nous sommes en train de gagner, mais ce qui m’inquiète beaucoup, c’est qu’à la fin nous n’allons pas gagner. Je veux dire, nous gagnons dans le sens où nous avons fait beaucoup de dégâts à l’Iran. Et si d’une manière ou d’une autre on pouvait juste arrêter ça et faire le bilan militaire, nous leur avons infligé bien plus de dommages qu’ils ne nous en ont infligé. Mais le problème, c’est le détroit d’Ormuz. Et le problème, c’est la manière dont (…) les Iraniens ont aussi démontré à tous nos alliés du Golfe qu’ils peuvent les menacer quand ils veulent. Et même s’il est vrai que les États du Golfe, avec notre aide, ont fait un travail remarquable pour abattre les drones et missiles iraniens, le Golfe s’est construit comme un paradis pour l’argent, les gens et les marchandises. Personne ne voudra investir dans le Golfe. Personne ne voudra commercer dans le Golfe. Personne ne voudra prendre des vacances dans le Golfe si tous les deux jours ils reçoivent un drone iranien ou un missile balistique, même s’il est abattu. C’est pas exactement le genre d’endroit où vous voulez miser votre vie ou votre fortune. Tout ça m’inquiète beaucoup : quand ça se terminera, nous allons probablement faire des concessions importantes aux Iraniens, leur verser beaucoup d’argent, directement ou indirectement. Et ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que les Iraniens ont déjà commencé à dire à nos alliés du Golfe qu’ils peuvent leur faire tout ça quand ils veulent. Les Américains ont démontré qu’ils ne peuvent pas nous arrêter. Donc si vous voulez qu’on vous le fasse pas, il va falloir nous payer, et nous payer des dizaines de milliards de dollars, ce que le Golfe peut se permettre. Ils ne vont pas aimer. Mais imaginez ce régime iranien, cette version du régime, la pire, les plus durs des durs, avec des centaines de milliards de dollars supplémentaires. Ca va pas être un bon Moyen-Orient. Et ma crainte, c’est que c’est la direction vers laquelle nous nous dirigeons. Ken Pollack (ancien analyste du renseignement américain, Middle East Institute, 02.06.2026)
La discussion sur les progrès de la guerre est largement menée par un récit promu par les opposants politiques du président et leurs cheerleaders médiatiques. Ils proclament que l’effort américain est déjà un échec. Des démocrates comme le sénateur Chris Murphy (D-Conn.), ainsi que de nombreux collègues du Congrès et d’autres aspirants à la présidentielle de 2028, ont déversé leur mépris sur l’administration dès l’instant où les bombes ont commencé à tomber sur l’Iran. Ils l’ont tour à tour dénoncée comme illégale, dépourvue d’objectifs clairs et mal dirigée. Chaque petit revers et chaque victime américaine est dépeint comme une catastrophe et une raison suffisante non seulement pour mettre fin immédiatement aux frappes, mais aussi pour destituer le président et tous les responsables impliqués dans leur mise en œuvre.Certains, mais pas tous, de ces critiques de la guerre rendent brièvement hommage au fait que l’adversaire de l’Amérique est un gouvernement théocratique terroriste et barbare qui massacre son propre peuple par dizaines de milliers et qui est en guerre avec les États-Unis depuis qu’il a pris le pouvoir lors de la révolution de 1979. Pourtant, il est difficile d’échapper à l’impression que la plupart de ceux qui affirment que la campagne est déjà un « bourbier » – reprenant la propagande de figures du régime comme le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Saeed Khatibzadeh – espèrent, d’une manière ou d’une autre, la défaite des États-Unis.Comme cela était évident dès les premiers jours suivant la décision de Trump, les démocrates et leurs nouveaux alliés de la droite antisémite, menés par l’ancien animateur de Fox News Tucker Carlson, ont beaucoup à gagner à l’échec de l’effort visant à stopper l’Iran. Pour les démocrates, comme pour leurs rivaux républicains dans cet âge hyperpartisan de Trump, chaque enjeu, même ceux qui devraient faire l’objet d’un consensus bipartisan fondé sur une conception commune et facilement compréhensible de l’intérêt national, représente un jeu à somme nulle. Cela est particulièrement vrai pour les opposants du président, dont l’aversion à son égard dépasse l’antagonisme politique normal et s’est muée en une sorte de syndrome de dérangement.Dans cette optique, tout ce qui pourrait être interprété comme une victoire pour Trump, même si cela fait progresser les intérêts nationaux ou la sécurité du peuple américain, est considéré comme mauvais. C’est parce qu’ils le voient comme un leader autoritaire, raciste et/ou fasciste, et que son embarras, voire sa défaite, transcende tout autre intérêt possible. Constater ce fait incontestable sur ses opposants ne signifie pas affirmer que Trump ne peut pas ou n’a pas commis d’erreurs. Cela ne lui accorde pas non plus un blanc-seing pour sa manière caractéristique de communiquer ses positions, qui est, au mieux, peu orthodoxe, souvent confuse et clairement plus axée sur le trolling de ses critiques que sur la transmission de messages clairs au peuple américain.C’est vrai même si, après avoir passé au crible ses divers commentaires sur ce sujet, ses intentions ne sont pas exactement un mystère. En effet, Trump a exprimé à maintes reprises sa conviction – partagée par ses prédécesseurs des deux partis au cours des deux dernières décennies – que l’Iran ne doit pas être autorisé à posséder une arme nucléaire et que cela doit être empêché à tout prix. Il a également exprimé, tout comme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le désir de voir tomber le régime iranien et de donner au peuple opprimé de ce pays torturé l’opportunité de choisir un meilleur gouvernement, et donc de meilleures vies pour lui-même.S’il ne l’a pas exposé point par point dans le cadre d’un discours spécifique au peuple américain, c’est davantage lié au style de gouvernance de Trump, ainsi qu’à sa démonstration d’une prudence sensée face à des événements qu’il ne peut pas contrôler, plutôt qu’à un manque de clarté de sa part. Là où il diffère des autres présidents, c’est par sa compréhension lucide que toutes les négociations et tous les accords conclus avec les Iraniens ont été des échecs désastreux. L’accord nucléaire de 2015 de l’ancien président Barack Obama était, au mieux, une tentative de repousser le problème. Ce qu’il a fait, c’est enrichir et renforcer un régime dangereux, lui permettant de financer une campagne de terrorisme international et une tentative d’hégémonie régionale. Pire encore, il n’a pas seulement échoué à arrêter le programme nucléaire de Téhéran, mais a garanti que les mollahs pourraient acquérir une bombe une fois ses faibles restrictions expirées à la fin de la décennie actuelle.Ces faits peuvent être contestés par des partisans, mais cela ne change rien à la vérité : les efforts d’Obama et de son successeur Joe Biden pour apaiser l’Iran ont en réalité rendu le monde moins sûr. Sans l’accord sur l’Iran d’Obama et les avantages qu’il a donnés au régime islamiste, y compris des financements et un encouragement à ses proxys terroristes, l’assaut terroriste palestinien arabe mené par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 n’aurait peut-être pas eu lieu. Et le monde n’en serait pas arrivé à ce point.Pourtant, le débat actuel sur la guerre en Iran ne porte pas sur l’opportunité d’arrêter les ambitions nucléaires de l’Iran, son programme de missiles balistiques ou de mettre fin à son statut de principal sponsor étatique du terrorisme dans le monde. Il s’agit d’une affirmation selon laquelle la campagne militaire américano-israélienne échoue dans ses objectifs. Et cela est aussi manifestement faux que le déni concernant l’impact désastreux du pacte nucléaire d’Obama en premier lieu.Quoi qu’il arrive par la suite, il ne fait aucun doute que la dévastation des capacités militaires de l’Iran, de ses installations nucléaires et de son programme de missiles a, au minimum, retardé la capacité du régime à semer le trouble et à infliger des douleurs à la région pendant des années. Si la campagne se poursuit, comme la logique le dicterait, ces dommages seront amplifiés. Même maintenant, le régime a été dépouillé d’une grande partie de son pouvoir. Il n’est plus le « cheval fort » du Moyen-Orient à la suite de son triomphe diplomatique sur une administration Obama incompétente qui avait abandonné son levier dans les négociations pour obtenir un accord à tout prix.Cela dit, il n’y a encore aucun signe que le régime soit au point de tomber, ce qui est décevant. L’idée que le mouvement de protestation iranien qui a secoué le régime en janvier ne se lèvera pas à nouveau et ne descendra pas dans la rue est, au mieux, prématurée. Mais la campagne de bombardements est toujours en cours, et il est encore trop tôt pour être sûr du résultat du conflit.La campagne peut-elle être un succès, même si les mollahs qui ont succédé à l’ayatollah Ali Khamenei et à d’autres figures du régime éliminées pendant les premiers jours du conflit restent au pouvoir, aussi fragile que soit leur emprise ? Il est vrai que le conflit avec l’Iran ne prendra fin que lorsque les islamistes seront écartés du pouvoir. Si Trump accepte à un moment donné une trêve avec les théocrates encore aux commandes, Téhéran se déclarera victorieux. Ce verdict sera accepté par les critiques de Trump, mais aussi par ceux en Amérique et en Israël qui estiment que la campagne actuelle est une occasion unique d’en finir une fois pour toutes. Pourtant, la vraie leçon de l’histoire récente n’est pas, contrairement à Murphy et aux autres adversaires de Trump, que toutes les tentatives de « changement de régime » sont stupides et vouées à l’échec. C’est qu’on ne peut pas imposer un changement de système de gouvernement dans un pays de l’extérieur. Trump a raison de ne pas envahir l’Iran et de ne pas remplacer son gouvernement. Ce que lui et les Israéliens ont fait, c’est donner aux opposants du régime une meilleure chance de succès. Les États-Unis et Israël ont réduit leurs oppresseurs à leur juste taille, en tuant leurs dirigeants et de nombreux opérateurs, en les privant de leurs armes les plus meurtrières et, peut-être surtout, en les humiliant par une défaite militaire retentissante. Mais la question de leur renversement reste entre les mains du peuple iranien, et non de Washington ou de Jérusalem.En résumé, même si la campagne contre l’Iran s’arrêtait immédiatement, la dévastation qu’elle a infligée à un régime dangereux devrait encore être comptée comme un succès. Que ce soit une victoire complète dépendra, comme l’a écrit l’analyste militaire John Spencer, de la capacité de Trump et de Netanyahu à aller au-delà de la portée limitée actuelle de leur effort conjoint pour s’assurer que l’Iran ne puisse pas simplement revenir dans quelques années avec une vengeance, forçant leurs successeurs à frapper à nouveau.Il est vrai que les Iraniens ont fait payer un prix à l’Amérique et à Israël pour cette opération militaire. Israël a subi des semaines d’attaques de missiles, dont certaines ont causé des victimes et des dommages matériels importants. Les États-Unis ont également subi des pertes militaires. Le fait que ces pertes soient très peu nombreuses par rapport à l’ampleur de la destruction infligée à l’Iran ne rend pas les décès individuels moins tragiques.Mais une analyse impartiale devrait reconnaître que ces victimes ne nient pas le fait qu’un régime dangereux, qui se considère en guerre avec l’Occident et allié à la Chine et à la Russie, a été rendu bien plus faible. Quelle que soit la chance que les Iraniens avaient de courir vers une arme nucléaire ou d’atteindre leur espoir de dominer le Moyen-Orient, elle a disparu. C’est une contribution bien plus grande à la sécurité du Moyen-Orient que la politique d’apaisement désastreuse d’Obama.La guerre a également provoqué une hausse immédiate et forte des prix du pétrole, avec une augmentation conséquente du coût de l’essence à la pompe. Cela a bien sûr affecté les économies américaine et mondiale. Si cela continue indéfiniment, cela pourrait sérieusement compromettre les chances du GOP de conserver le Congrès lors des élections de mi-mandat de novembre. Cela pourrait à son tour ruiner les deux dernières années de Trump au pouvoir, ses adversaires démocrates utilisant leurs majorités pour enquêter et probablement le destituer (bien qu’avec peu ou pas de chances de le retirer de ses fonctions) comme ils l’ont fait lors de son premier mandat.Mais en regardant au-delà des implications politiques de la hausse des prix du pétrole, les prédictions d’un effondrement de l’économie ne sont que de l’hyperbole, et non une analyse sérieuse des perspectives d’un tel événement.En fin de compte, la vision pessimiste de la guerre qui est publiée et diffusée, et reprise par les démocrates, est simplement une question d’espoir que leur principal adversaire soit blessé par le conflit, et non de savoir si celui-ci est réellement perdu ou fait plus de mal que de bien. C’est une arme de plus pour frapper tout ce qui sort de cette administration.Il y a aussi le fait que beaucoup de ceux qui s’opposent vocalement à l’attaque contre l’Iran sont attachés au mythe selon lequel Israël a entraîné les États-Unis dans une guerre qui n’était pas dictée par les intérêts américains. Ils croient cela non pas parce qu’une guerre contre un régime qui a tué des milliers d’Américains et cherche la destruction du pays en raison de leur fanatisme religieux est injustifiée. Leurs arguments dans ce sens sont facilement réfutés par un simple rappel des 47 dernières années de comportement iranien.Ils s’opposent à la campagne américano-israélienne parce que beaucoup d’entre eux craignent qu’elle rende réellement Israël, ainsi que l’Amérique, plus sûrs. Ceux qui embrassent les mensonges de propagande du Hamas post-7 octobre selon lesquels Israël commet un « génocide » sont horrifiés à l’idée qu’une menace existentielle pour l’État juif soit réduite. Autrement dit, c’est à quel point un groupe significatif aux États-Unis déteste l’existence de l’État d’Israël et le pouvoir qu’il détient actuellement.Un sondage mené par l’institut de gauche Israel Democracy Institute a montré que pas moins de 93 % des Israéliens – un chiffre qui englobait l’écrasante majorité même de ceux qui sont politiquement opposés à Netanyahu – soutiennent la guerre contre l’Iran. En effet, même le journal Haaretz d’extrême gauche, dont la politique est encore plus extrême que celle de la plupart des démocrates libéraux, a fustigé J Street, le groupe américain libéral qui se prétend « pro-Israël » mais qui a plus en commun avec des organisations anti-Israël et antisémites qu’avec des organisations sionistes, pour s’être opposé à la guerre.Pourtant, ces haineux d’Israël ignorent le fait que les nations arabes du Golfe et de toute la région exhortent apparemment Trump à ne pas s’arrêter. La décision de Téhéran d’attaquer ses voisins musulmans avec encore plus de missiles et de drones que ceux qu’il a tirés sur Israël rappelle qu’il est, comme il l’a toujours été, en guerre contre tous les pays qui n’embrassent pas la marque d’islam chiite fanatique et obsédé par le djihad que les mollahs ont imposée à l’Iran.La guerre n’est pas un projet personnel de Trump ou de Netanyahu. C’est une guerre commencée par les islamistes eux-mêmes. Ils combattent essentiellement contre tout le monde sauf leurs alliés et auxiliaires terroristes. Ce que Trump a fait, c’est cesser de faire semblant que cette lutte existentielle est quelque chose qui peut être résolu par des compromis occidentaux. Cette reconnaissance devrait être soutenue par un consensus bipartisan fondé sur l’idée que la politique s’arrête au bord de l’eau.Malheureusement, ce genre de volonté de prioriser les meilleurs intérêts et la sécurité du pays par rapport au jeu politique est quelque chose que les opposants de Trump ne peuvent tout simplement pas reconnaître. Leur étroitesse d’esprit, leur frustration et leur obsession de ne pas le laisser gagner à n’importe quel prix rendent cela impossible à envisager.Quelle que soit l’issue de la campagne contre l’Iran – que ce soit en termes de changement de régime ou des perspectives des mollahs de reconstruire leur arsenal s’ils conservent le contrôle à Téhéran –, l’effort visant à les priver de leurs actifs militaires et à rendre beaucoup plus difficile, voire impossible, le regain de la force qu’ils possédaient avant le conflit actuel a été déclenché par les atrocités du 7 octobre.Les coups portés au Hamas et au Hezbollah, ainsi que le changement significatif de leadership en Syrie, ont tous été provoqués par une attaque atroce sur le sud d’Israël. Comme on dit, la guerre a des conséquences.Quant à celle-ci, au pire, c’est une victoire limitée sur un ennemi dangereux qui rendra le prochain round de conflit moins dangereux pour l’Occident et les voisins moyen-orientaux de l’Iran. Au mieux (et c’est encore une possibilité très réelle), elle a lancé un processus qui se terminera éventuellement par l’effondrement d’un régime maléfique et l’élimination de l’une des plus grandes menaces pour la paix sur la planète. Appeler cela un bourbier – ou un échec alors que ces opérations sont encore à plein régime – n’est pas seulement de l’hyperbole politique. C’est prématuré, fondé sur de petites prévarications, et tout simplement faux. Jonathan S. Tobin
C’est un article de l’Associated Press. Il a été repris partout. La plupart des gens l’ont lu sans même se rendre compte des graines qu’il plante dans leur subconscient. Cet article était une véritable masterclass de manipulation par les médias legacy.« Deux semaines après le début de la guerre avec l’Iran, Trump est mis sur la défensive sur le plan politique alors que les midterms approchent » Technique : Blanchiment de conclusion Le titre n’est pas un fait. C’est une sorte de verdict. « Mis sur la défensive sur le plan politique » est une conclusion éditoriale présentée comme une simple observation journalistique. Avant même de lire un seul mot de l’article, on vous a déjà dit comment interpréter tout ce qui suit. C’est un peu comme le « thinking past the sale » de Scott Adams. C’est du blanchiment de conclusion : emballer une opinion en description neutre pour que les lecteurs l’absorbent comme un fait sans réaliser qu’ils sont en train d’être persuadés. Remarquez aussi ce que le titre met en avant. Pas les progrès militaires. Pas les objectifs stratégiques. Pas les pertes iraniennes ni les systèmes d’armes détruits. Le titre met en avant la situation politique de Trump et les midterms. La guerre est cadrée comme une histoire de handicap politique, et non comme une histoire militaire. Ce choix de cadrage est en soi une manipulation. EMPILEMENT D’ASSERTIONS « Deux semaines après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur l’Iran, le président américain Donald Trump est de plus en plus mis sur la défensive sur le plan politique. Il s’est montré de plus en plus agacé par la couverture médiatique et n’a pas réussi à trouver un moyen d’expliquer pourquoi il a déclenché cette guerre — ni comment il compte y mettre fin — qui résonne auprès d’un public préoccupé par les morts américains dans le conflit, la flambée des prix du pétrole et la chute des marchés financiers. » Technique : Assertion stacking Comptez les assertions entassées dans ces deux phrases : Trump est « mis sur la défensive ». Trump est « de plus en plus agacé ». Trump a « échoué » à expliquer la guerre. Ses explications ne « résonnent » pas. Le public est « préoccupé » par les morts, les prix du pétrole et les marchés. Plein de verbes ici. C’est ce qu’on appelle l’assertion stacking. Chacune de ces affirmations est une conclusion, pas un fait. Aucune n’est sourcée. Aucune n’a de témoin nommé. Ce sont des suppositions faites à distance. L’AP les présente simplement comme des observations évidentes par elles-mêmes. C’est de l’assertion stacking : charger un paragraphe avec de multiples conclusions éditoriales présentées sans preuve, de sorte que chacune rende la suivante plus crédible par simple proximité. Au moment où vous arrivez à la troisième phrase, vous avez déjà accepté cinq affirmations contestables comme des faits de fond établis. Tout le reste de l’article est construit sur cette base.LA CITATION DE L’EXPERT « Je ne pense pas que le président Trump… ait compris dans quoi il s’embarquait », a déclaré Karim Sadjadpour, chercheur senior à la Carnegie Endowment for International Peace. Technique : Autorité à source unique Remarquez ce qui se passe ici. Une conclusion générale sur la compréhension du président d’une opération militaire est attribuée à un seul chercheur d’un think tank, la Carnegie Endowment for International Peace. Cette organisation a un biais institutionnel bien documenté en faveur de la diplomatie plutôt que de l’action militaire, et en faveur d’une politique étrangère internationaliste. Son opinion est présentée non pas comme un point de vue parmi d’autres, mais comme un témoignage d’expert, avec tout le poids de l’autorité. Où est l’expert équilibrant qui pense que l’opération se déroule selon le plan ? Où est le général à la retraite ? Où est le responsable du CENTCOM ? Ils n’apparaissent pas. C’est de l’autorité à source unique : les propagandistes sélectionnent un expert dont l’opinion correspond au récit qu’ils veulent raconter et présentent son point de vue comme le consensus des experts. LE PARAGRAPHE SUR LES SONDAGES « Même certains de ses partisans remettent en question son plan et ses chiffres globaux dans les sondages sont en baisse. » Technique : Source vague « Même certains de ses partisans. » Qui ? Combien ? Quel sondage ? Quelle était la base de référence ? Quelle est la marge d’erreur ? Rien de tout cela n’est fourni. La formule « même certains de ses partisans » est conçue pour déclencher une réponse émotionnelle précise — la suggestion de défection, d’une coalition qui se fissure — sans fournir la moindre preuve que cela se produit à une échelle significative. »Ses chiffres globaux dans les sondages sont en baisse. » En baisse par rapport à quoi ? De combien ? Comparé à quelle mesure précédente ? Sur quelle question précise ? Encore une fois, rien. Le lecteur est laissé remplir les blancs avec son imagination, ce qui est exactement l’objectif de la technique. LE PARAGRAPHE SUR MOSCOU « Pendant ce temps, Moscou bénéficie d’un coup de pouce dès les premiers jours de la guerre après que Trump a assoupli les sanctions sur certaines expéditions de pétrole russe. Cela, combiné à la hausse des prix du pétrole, a sapé des années d’efforts pour limiter la capacité du président Vladimir Poutine à mener la guerre en Ukraine. » Technique : Culpabilité par conséquence Ce paragraphe n’accuse pas Trump de collusion avec la Russie. C’est plus subtil. Il place simplement la décision politique de Trump à côté du résultat que la Russie en bénéficie, sans expliquer le raisonnement stratégique — à savoir que l’assouplissement temporaire des sanctions pétrolières était une mesure calculée pour stabiliser les marchés énergétiques mondiaux pendant une crise dans le détroit d’Ormuz. En omettant le raisonnement et en juxtaposant simplement « décision de Trump » et « bénéfice pour la Russie », l’article plante une association qu’il n’a jamais à défendre. C’est de la culpabilité par conséquence : lier une décision à un résultat négatif sans établir que la décision était mauvaise, mal informée ou motivée par de mauvaises raisons. L’implication fait le travail que les preuves ne peuvent pas faire.LA CITATION DE CLÔTURE « Ils improvisent totalement, et c’est nous tous qui en payons le prix », a déclaré Kelly Dietrich, PDG du National Democratic Training Committee. Technique : Source partisane présentée comme observateur neutre Le National Democratic Training Committee forme les candidats et le personnel de campagne démocrates. Son PDG est un opérateur professionnel du Parti démocrate dont toute la carrière et l’organisation visent à faire élire des démocrates et à battre des républicains. Ce n’est pas un analyste de défense. Ce n’est pas un responsable du renseignement. Ce n’est pas un expert militaire. C’est un partisan. Et il est cité comme la voix finale de l’article — le dernier mot que le lecteur retient — sans que son affiliation ne soit pleinement mise en perspective. L’article identifie son organisation mais n’explique pas ce qu’elle fait. Un lecteur qui ne le sait pas déjà n’a aucune idée qu’il vient de recevoir le message du Parti démocrate comme conclusion de l’article. C’est de la source partisane présentée comme observateur neutre : sélectionner un opérateur politique pour une citation qui cadre toute l’histoire et enterrer son parti pris dans un langage organisationnel plutôt que dans une divulgation claire. CE QU’ILS ONT OMIS L’article ne mentionne pas l’évaluation de l’Institute for the Study of War selon laquelle la campagne atteint ses objectifs militaires. Il ne mentionne pas le rapport du CENTCOM indiquant que plus de 100 navires de guerre iraniens ont été détruits. Il ne mentionne pas que le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré à CBS News que les missiles les plus avancés de l’Iran n’ont pas encore été tirés — ce qui signifie que la capacité de représailles que les démocrates prétendent avoir été « sous-estimée » est toujours en réserve, suggérant que l’Iran lui-même n’est pas assez confiant pour utiliser ses meilleures armes. L’omission n’est pas neutre. Choisir ce qu’on laisse de côté est la décision éditoriale la plus puissante d’un journaliste, et la plus invisible. LE FOND DE L’HISTOIRE Cet article ne ment pas. C’est précisément ce qui le rend efficace. Chaque phrase est techniquement défendable. Les techniques fonctionnent précisément parce qu’elles opèrent juste en deçà de la ligne de la fabrication pure et simple. Ce que fait l’article, c’est sélectionner, cadrer, sourcer et conclure de manière systématique pour produire une seule impression : que Trump échoue, que la guerre est un désastre, et que les Démocrates ont raison de s’y opposer. Cette impression n’est pas construite à partir de faits, mais à partir de techniques. Maintenant vous connaissez les techniques. Lisez en conséquence. Ryan Virtanen
Nous ne sommes pas partie prenante au conflit, jamais la France ne prendra part à des opérations d’ouverture du détroit d’Ormuz dans le contexte actuel. Par contre, nous sommes convaincus qu’une fois la situation sera plus calme –et j’utilise à dessein ce terme plus large–  une fois que le coeur des bombardements aura cessé, nous sommes prêts avec d’autres nations à prendre la responsabilité d’un système d’escorte. Mais c’est tout un travail à la fois politique, technique avec l’ensemble des acteurs du transport maritime, avec les assureurs et opérationnels que nous devons bâtir. Ce travail supposera des discussions et une déconfliction avec l’Iran. En aucun cas, cela peut être une opération de vive force. Cela doit être pleinement distinct des opérations de guerre en cours. Emmanuel Macron
Il y a suffisamment de preuves pour voir comment les choses se passent réellement. Les Européens ne s’approcheraient jamais de l’Iran à moins de penser que la situation tourne en notre faveur et qu’ils estiment que nous allons gagner. Sinon, ils resteraient silencieux. Et la raison pour laquelle les nations pétrolières du Golfe survivent, c’est qu’elles ont le doigt en l’air pour sentir le vent et qu’elles sont très attentives au climat ambiant. Quand on voit Al Jazeera louer la campagne de bombardements américaine en disant qu’elle a été sous-estimée, qu’elle est brillante et efficace, on a l’impression qu’ils pensent non seulement que les États-Unis devraient finir le travail, mais qu’ils le peuvent et le feront. Et puis, quand on voit des appareils tactiques comme les Phacochères et les Apaches, cela signifie qu’ils offrent presque un appui au sol et en mer pour frapper des cibles. Donc il n’y a rien, aucune défense du tout, quand on a ce genre d’avions qui volent à leur guise dans l’espace aérien iranien. Si on met tout cela ensemble, je pense que c’est assez clair : cette stratégie du “rope-a-dope” – l’idée que nous nous fatiguerons avant eux – repose uniquement sur l’opinion publique et les élections de mi-mandat aux États-Unis. Et si Trump va jusqu’au bout – ce que je pense qu’il fera – je crois qu’ils vont tomber assez vite.  Victor Davis Hanson
Un par un, les architectes de la brutale dictature islamique iranienne sont éliminés dans une guerre que les ayatollahs n’ont absolument aucune chance de gagner. De l’assassinat du guide suprême du pays, l’ayatollah Ali Khamenei, au début de la campagne conjointe États-Unis-Israël, jusqu’à l’élimination d’Ali Larijani, le chef de la sécurité nationale du pays, l’édifice du régime qui terrorise le peuple iranien depuis près de cinq décennies est en train d’être détruit.Alors que Khamenei contrôlait directement les institutions étatiques toutes-puissantes, telles que le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC), créé dès les premiers jours de la révolution iranienne pour défendre l’agenda islamique intransigeant du régime, ce sont des apparatchiks comme Larijani qui supervisaient la mise en œuvre de l’oppression brutale qui a coûté la vie à des dizaines de milliers d’Iraniens.Les autres responsabilités de Larijani incluaient la gestion du vaste réseau d’organisations terroristes opérant à travers le monde – y compris au Royaume-Uni – ainsi que la supervision du développement du programme nucléaire de Téhéran, que la plupart des services de renseignement occidentaux considèrent comme visant à produire des armes nucléaires.Loin d’être l’individu « raisonnable » encensé par le rédacteur en chef des affaires mondiales de la BBC, John Simpson, Larijani était le Beria de la révolution islamique, un fanatique qui avait personnellement du sang iranien sur les mains.L’élimination systématique des figures clés de la République islamique n’est pas seulement essentielle pour dégrader la capacité du régime à survivre à la guerre. Elle pourrait finalement offrir au peuple iranien, longtemps opprimé, l’opportunité d’établir un nouveau système de gouvernement plus responsable, susceptible de mener à la réhabilitation internationale de cette terre ancienne.C’est pourquoi il n’est pas question pour les dirigeants mondiaux de perdre leurs nerfs. Au contraire, alors que tous les indicateurs clés montrent que les campagnes militaires américaine et israélienne respectives atteignent leurs objectifs, c’est le moment de faire preuve de résolution en menant la guerre jusqu’à sa conclusion logique – la destruction du régime islamique et l’élimination de la menace posée par son programme nucléaire.(…)Sans surprise, l’intensité de l’assaut conjoint américano-israélien a suscité des rapports selon lesquels des militaires iraniens refusent d’obéir aux ordres, et même désertent leurs postes, ce qui, si cela est vrai, ne fait qu’ajouter aux signes que le régime approche du point de rupture.Et alors que beaucoup d’attention est portée aux effets des attaques iraniennes sur les marchés énergétiques internationaux, il est important de se souvenir de l’impact que la guerre a sur l’économie iranienne déjà dévastée.C’est particulièrement le cas après l’attaque récente de l’administration Trump sur l’île de Kharg, par laquelle transite 90 % des exportations pétrolières iraniennes.La vulnérabilité du secteur énergétique iranien a été mise en évidence à nouveau hier, suite à l’attaque israélienne sur le champ gazier de South Pars, qui a gravement perturbé les exportations de gaz iranien vers l’Irak voisin.Tant que l’Iran conserve certaines capacités défensives, la possibilité demeure qu’il puisse continuer à perturber les approvisionnements énergétiques mondiaux, en particulier si Téhéran persiste à menacer le détroit d’Ormuz avec des mines et des drones suicides.Pourtant, ni l’administration Trump ni Israël ne montrant la moindre inclination à arrêter les hostilités, un point de bascule pourrait bientôt être atteint, où le régime n’aurait ni le leadership ni les ressources pour se défendre, ouvrant ainsi la voie à la troisième et dernière phase de la campagne militaire – le changement de régime.Quand cela arrivera, les tentatives de Sir Keir Starmer d’éviter toute implication dans le conflit paraîtront encore plus ridicules, surtout si la guerre se termine par le renversement d’un régime qui n’a jamais caché sa haine innée envers le Royaume-Uni.Si notre Premier ministre a ne serait-ce qu’une once de sens politique, il travaillerait jour et nuit pour assembler un groupe de travail militaire capable à la fois de défendre nos intérêts et d’assurer la sécurité de l’ensemble de la région du Golfe.C’est une proposition parfaitement réalisable, indépendamment de l’état actuel affaibli de nos Forces armées.Avec la direction politique requise de Downing Street, le Royaume-Uni pourrait au minimum déployer un porte-avions accompagné d’un détachement de Royal Marines.Le fait que les États-Unis envoient des marines dans le Golfe suggère qu’il reste un rôle important pour ces forces spécialisées dans le conflit.Avoir des forces déployées ne signifie pas qu’elles doivent être engagées au combat. Con Coughlin
Donald Trump peut être (…) imprévisible (…), mais ce qui ne fait aucun doute, c’est le rôle de l’Iran, depuis des décennies, dans sa volonté de déstabiliser ses voisins, d’attiser les conflits à travers le Moyen-Orient et d’acquérir l’arme nucléaire. Il a constamment soutenu le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, les milices fondamentalistes en Irak et les mouvements islamistes dans chaque État du Golfe. Les agents de l’Iran ont mené des opérations secrètes, y compris des assassinats, à travers l’Occident. Le régime a utilisé le crime organisé pour faire avancer ses objectifs dans les nations européennes. Il a développé une capacité cybernétique pour subvertir les démocraties. Et il a employé toutes les techniques d’évasion, de tromperie et de dissimulation pour constituer un stock nucléaire qu’il pourra, le moment venu, déployer avec un effet dévastateur contre le seul État juif du monde.Une victoire en Iran offrirait à ce pays la chance de montrer ce qu’une société libre post-islamiste pourrait accomplir. L’Iran a soutenu l’invasion russe de l’Ukraine avec sa technologie de drones, soutenu l’économie esclavagiste de la Chine avec ses exportations de pétrole et déchaîné une violence brutale et indiscriminée contre sa propre population. Les droits des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques ont été supprimés tandis que le pouvoir et la richesse ont été concentrés entre les mains d’idéologues et de sadiques professionnels. Rarement le cas d’un changement de régime n’a été aussi impérieux.Il n’aurait dû surprendre personne que les dirigeants iraniens résistent aux attaques américaines et israéliennes. Ce sont des hommes imprégnés de sang et voués à la terreur. Ils savaient que toute offensive initiale submergerait leurs forces conventionnelles, ils ont donc opté pour une défense en profondeur. La stratégie a consisté à faire payer un prix à chaque voisin susceptible de soutenir une action contre eux et à utiliser la géographie délicate du détroit d’Ormuz pour infliger un coût économique exorbitant à l’Occident. Le régime espère que ces coûts et ce prix s’avéreront un fardeau trop lourd pour un Occident qu’ils jugent irrémédiablement décadent. Après tout, nos politiciens sont prisonniers des cycles électoraux, des courtes attentions et d’électorats économiquement affaiblis. Le régime pourrait bien avoir raison.Les alliés de l’Amérique à l’OTAN tergiversent sur les efforts pour rétablir la liberté de navigation – un intérêt fondamental de l’Occident. Les traumatismes des interventions passées ont suscité une résistance farouche au sein de l’establishment politique américain à l’envoi de forces terrestres. Les dirigeants politiques européens, y compris notre Premier ministre, courtisent une popularité à court terme en résistant à ce qu’ils perçoivent comme l’« adventurisme » de Trump. Mais quelles seraient les conséquences si cette guerre était autorisée à se terminer avec le régime iranien toujours en place ?Nos alliés du Golfe – d’Oman aux Émirats arabes unis et à l’Arabie saoudite – seraient laissés à méditer sur notre inconstance. Ils se retrouveraient également avec un Iran blessé et rancunier, complotant sa revanche. Téhéran aurait un nouvel incentivo à financer des proxies terroristes et la technologie des missiles nucléaires, afin de mieux dissuader et intimider ses voisins. La Russie et la Chine se sentiraient confortées dans leur conviction qu’un Occident affaibli n’a ni la force ni l’endurance pour résister à leur propre adventurisme. Le peuple iranien verrait la démocratie dont il rêvait s’évanouir à l’horizon, et ceux qui n’avaient pas été farouchement loyaux au régime seraient écrasés sous le pied.Et l’Occident dans tout cela ? Ceux qui célébreraient un tel résultat seraient la gauche « post-coloniale », qui se réjouirait d’un renversement historique du pouvoir américain, et l’extrême droite ethno-nationaliste, qui rage contre Israël, l’influence juive et « la classe Epstein » qui, selon eux, nous a entraînés dans un désastre coûteux et contre-productif. Ce sont les forces au sein de la société occidentale qui méprisent la civilisation occidentale elle-même – libérale, ouverte, capitaliste, créative, judéo-chrétienne et confiante. Ces gens se sentiraient enhardis dans leur poussée vers l’identitarisme, la division et l’inimitié communautaire.Une victoire en Iran, au contraire, donnerait à ce pays la chance de montrer au monde ce qu’une société libre, prospère, post-islamiste mais majoritairement musulmane pourrait accomplir. Elle libérerait les talents, les voix et les consciences de millions de personnes. Elle consoliderait la stabilité et la prospérité des puissances du Golfe et leur orientation vers l’Occident, avec des pays comme les Émirats arabes unis en avant-garde. Elle libérerait Israël de la menace existentielle et permettrait à la fois un accommodement avec ses voisins palestiniens et un soutien occidental à cet égard. Elle réaffirmerait la capacité de l’Occident à sécuriser ses objectifs stratégiques par un déploiement uni de la force militaire, renforçant ainsi la défense de l’Ukraine et la sécurité de Taïwan. Elle placerait le contrôle du pétrole et du gaz entre les mains d’alliés occidentaux pour contrer les énormes avantages économiques que la Chine a accumulés.La victoire est loin d’être facile ou assurée. Elle exigera un engagement en temps, en troupes et en patience qui n’a pas encore été clairement exprimé. Mais si cet engagement n’est pas pris, le prix à payer sera bien plus élevé que ce que nous pourrions endurer dans les semaines à venir. Nous pouvons soit finir le travail en Iran, soit c’est lui qui nous finira.The Spectator
Dans le ciel des Émirats Arabes Unis (EAU), les Rafale français ne chôment pas pour neutraliser missiles et drones tirés par Téhéran et qui frappent ce pays du Moyen-Orient situé en face de l’Iran ainsi que des intérêts américains basés dans cet émirat. Dans le cadre des accords de défense signés entre Abu Dhabi et Paris, la France vient donc légitimement en aide aux EAU. Depuis une quinzaine de jours, les pilotes français de Rafale ont intercepté plusieurs dizaines de drones Shahed en tirant des missiles air-air MICA avec un taux de réussite très élevé. (…) Mais, au-delà du savoir-faire indéniable de l’armée française, il y a un problème. Un très gros problème même. Le stock de missiles MICA a très (trop) rapidement fondu sous le chaud soleil des Émirats malgré la fameuse économie de guerre lancée depuis plus de trois ans par Emmanuel Macron. Si la France aide autant qu’elle le peut son partenaire émirien reconnaissant, ce conflit révèle à nouveau et cruellement l’une des vulnérabilités les plus criantes des armées françaises, dont l’armée de l’air : les stocks de munitions complexes sont encore très échantillonnaires. C’est le cas aujourd’hui des missiles MICA fabriqués notamment à la Selles-Saint-Denis (Loir-et-Cher) par MBDA, coentreprise détenue par Airbus (37,5%), le britannique BAE Systems (37,5%) et l’italien Leonardo (25%). La Tribune
To the dear and noble Iranian people, to the free peoples of the world, to all lovers of resistance, and to all Muslims: « A servant of God has joined his Lord as a martyr. » He attained the lofty rank of martyrdom in the blessed pre-dawn hours of Ramadan, along with his faithful son Morteza, the Deputy Secretary of Security at the Supreme National Security Council Ali Reza Bayat, and a group of zealous defenders. Congratulations to him on this station, for it was the natural reward for a path of struggle whose only recompense was this great victory.  Office of Ali Larijani
Le coût de cette guerre, y compris le choc à court terme sur les prix de l’énergie, n’est pas négligeable. Mais les coûts de ne pas mener cette guerre auraient été bien plus élevés. Pendant de nombreuses années, les ayatollahs ont investi d’énormes ressources dans le renforcement des capacités que nous avons vues se manifester, y compris l’attaque par procuration contre Israël le 7 octobre 2023, les attaques contre le transport maritime international en mer Rouge et les frappes de missiles et de drones contre des voisins qui n’avaient pris aucune mesure contre eux. Avant les frappes sur leur programme nucléaire, l’Iran était bien avancé dans la construction d’une bombe. Est-il responsable de laisser de telles armes entre les mains d’une direction cléricale apocalyptique qui ne pourrait certainement pas être considérée comme capable de se retenir d’un Armageddon ? Comment gérerions-nous alors les autres capacités agressives de l’Iran ? Les dirigeants européens, y compris Keir Starmer, passent manifestement à côté de ce point, d’où leur refus de soutenir l’opération américano-israélienne. Oui, ils affirment volontiers que l’Iran ne doit pas posséder ces armes, mais qu’il faut le raisonner par la négociation, et non par la guerre. Cela, malgré l’échec total de la diplomatie remontant à l’accord nucléaire d’Obama en 2015 (traité avec mépris par Téhéran dès le départ). Certains soi-disant experts se plaignent que l’élimination de Larijani ait supprimé leur chère « voie de sortie » vers une solution négociée. Ce n’est pas le moment de négocier, du moins pas avec le régime actuel. C’est le moment de continuer les attaques jusqu’à ce que la menace militaire iranienne soit détruite. Et nous devons espérer que le régime s’effondre à la suite de cela, car s’il ne le fait pas, les capacités démantelées seront reconstruites et il faudra recommencer à les affronter dans 10 ans ou moins. Colonel Richard Kemp (ancien officier de l’armée britannique)
Quand on regarde ce qui est réellement arrivé aux principaux instruments de pouvoir de l’Iran – son arsenal de missiles balistiques, son infrastructure nucléaire, ses défenses aériennes, sa marine et son architecture de commandement des proxies –, le tableau n’est pas celui d’un échec américain. C’est celui d’une dégradation systématique et phasée d’une menace que les administrations précédentes ont laissé croître pendant quatre décennies. (…) Ce que je vois dans la campagne actuelle, c’est une opération militaire reconnaissable qui progresse par phases identifiables contre un adversaire dont la capacité de projection de puissance s’effondre en temps réel. Les lancements de missiles balistiques iraniens ont chuté de plus de 90 % : de 350 le 28 février à environ 25 le 14 mars, selon les données publiques disponibles. Les lancements de drones racontent la même histoire : de plus de 800 le jour 1 à environ 75 le jour 15. Les chiffres tirés des déclarations militaires américaines et iraniennes diffèrent dans les détails mais convergent sur la trajectoire. Des centaines de lanceurs de missiles iraniens ont été rendus inopérants. Selon certains rapports, 80 % de la capacité iranienne à frapper Israël a été éliminée. Les actifs navals iraniens – vedettes rapides d’attaque, sous-marins de poche et capacités de pose de mines – sont en train d’être liquidés. Ses défenses aériennes ont été supprimées au point que les États-Unis font désormais voler des bombardiers B-1 non furtifs dans l’espace aérien iranien, une décision qui signale une quasi-totale confiance dans la suprématie aérienne. La campagne a traversé deux phases distinctes. La première a supprimé les défenses aériennes iraniennes, décapité son commandement et contrôle, et dégradé son infrastructure de lancement de missiles et de drones. Le 2 mars, le Commandement central américain a annoncé une supériorité aérienne locale sur l’ouest de l’Iran et Téhéran, obtenue sans la perte confirmée d’un seul avion de combat américain ou israélien. La deuxième phase, en cours, cible la base industrielle de défense iranienne : usines de production de missiles, centres de recherche à double usage et complexes souterrains où sont stockés les stocks restants. Ce n’est pas un bombardement aveugle. C’est une campagne méthodique pour s’assurer que ce qui a été détruit ne puisse pas être reconstruit. L’Iran fait désormais face à un dilemme stratégique qui se resserre chaque jour. S’il tire ses missiles restants, il expose ses lanceurs qui sont promptement détruits. S’il les conserve, il renonce à sa capacité d’imposer des coûts à la guerre. Les données sur les lancements de missiles et de drones suggèrent que l’Iran rationne sa capacité restante pour des salves politiquement timed plutôt que pour maintenir un tempo opérationnel. Une grande partie des critiques de la campagne américano-israélienne se concentre sur ses coûts tout en traitant le statu quo ante comme s’il était sans coût. Il ne l’était pas. L’Iran est entré en 2026 avec 440 kg d’uranium enrichi à 60 % de pureté – assez, si enrichi davantage, pour une dizaine d’armes nucléaires. Avant les frappes de juin, Téhéran était à moins de deux semaines d’enrichir assez d’uranium pour une bombe nucléaire, selon les évaluations du renseignement américain. À l’époque, l’Agence internationale de l’énergie atomique reconnaissait que l’accumulation par l’Iran de matériau quasi-armes n’avait aucune justification civile claire. La campagne actuelle a endommagé davantage l’installation nucléaire de Natanz. Celle de Fordow reste inopérable. Les installations industrielles de défense nécessaires pour reconstituer la capacité d’enrichissement sont systématiquement ciblées. (…) L’alternative implicite des critiques, la retenue continue pendant que l’Iran avançait vers l’arme nucléaire, est précisément la politique qui a produit la crise en premier lieu. Chaque année de patience stratégique ajoutait des centrifugeuses aux halls d’enrichissement et des kilogrammes au stock. Les limites de la force militaire contre un programme nucléaire sont réelles et, comme d’autres l’ont argumenté ailleurs, les frappes peuvent détruire des installations mais ne peuvent éliminer le savoir. Les 440 kg d’uranium enrichi restent non comptabilisés. Un régime successeur, de n’importe quelle couleur politique, héritera d’un environnement stratégique où le cas du nucléaire de dissuasion a été renforcé, non affaibli. Ce sont de véritables risques à long terme. Mais ce sont des arguments en faveur d’une architecture diplomatique post-conflit complète, pas des arguments contre la campagne elle-même. La fermeture du détroit d’Ormuz domine les commentaires critiques. Le sénateur américain Chris Murphy l’a qualifiée de preuve que le président Donald Trump a mal jugé la capacité de représailles de l’Iran. CNN l’a décrite comme preuve que l’administration a perdu le contrôle de l’escalade de la guerre. La douleur économique est réelle : les prix du pétrole ont flambé, un record de 400 millions de barils de pétrole seront libérés des réserves mondiales, et les États du Golfe font face à des frappes de drones et de missiles sur leurs infrastructures énergétiques. Mais ce cadrage inverse la logique stratégique. Fermer le détroit a toujours été la carte de représailles la plus visible de l’Iran, et toujours un actif en voie d’épuisement. Environ 90 % des exportations pétrolières iraniennes passent par l’île de Kharg puis par le détroit. La Chine, le principal partenaire économique restant de Téhéran, ne peut recevoir le brut iranien tant que le détroit est fermé. Chaque jour où le blocus se prolonge, l’Iran coupe sa propre ligne de vie économique et aliène la seule grande puissance qui l’a constamment protégée aux Nations unies. La fermeture ne fait pas seulement mal à l’économie mondiale ; elle accélère l’isolement de l’Iran. Pendant ce temps, les actifs navals dont l’Iran a besoin pour maintenir le blocus – vedettes rapides, drones, mines, missiles antinavires basés à terre – sont dégradés quotidiennement. Ses bases navales de Bandar Abbas et Chahbahar ont été gravement endommagées. La question n’est pas de savoir si le détroit rouvrira, mais quand et si l’Iran conservera une quelconque capacité navale pour le contester. Les critiques comparent l’escorte de cent pétroliers par jour à un fardeau logistique impossible. Mais on n’a pas besoin d’escorter des pétroliers à travers un détroit si l’adversaire n’a plus les moyens de les menacer. C’est la trajectoire opérationnelle. L’escalade régionale – Hezbollah reprenant les attaques contre Israël, milices irakiennes frappant des bases américaines, Houthis menaçant en mer Rouge – est citée comme la preuve la plus claire de l’échec stratégique américano-israélien. La guerre s’étend, disent les critiques, comme en Irak. Cela méconnaît la dynamique du réseau d’alliances de l’Iran. Mes recherches sur la manière dont les États autorisent la violence par procuration identifient quatre couches de contrôle : légitimation stratégique, coordination opérationnelle, distribution financière-logistique et calibration de la dénégabilité. La campagne actuelle a perturbé les quatre simultanément. L’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei a éliminé le sommet de la pyramide d’autorisation. La nomination de son fils Mojtaba comme successeur, un transfert dynastique sans précédent dans la République islamique, signale une fragilité institutionnelle, non une continuité. La structure de commandement du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) a été décapitée à plusieurs niveaux – le ministre de la Défense par intérim figurait parmi les tués. Quand les proxies lancent des attaques de représailles dans la région, ce n’est pas la preuve d’un réseau en expansion ; c’est la preuve d’une autorité de réponse pré-déléguée, ce qu’un système de commandement centralisé active quand il anticipe sa propre destruction. La pré-délégation est un signe de désespoir, non de force. Cela signifie que le centre ne peut plus coordonner. Les attaques continueront, mais elles deviendront de plus en plus désordonnées, stratégiquement incohérentes et politiquement coûteuses pour les États hôtes où ces groupes opèrent. Le Qatar et Bahreïn arrêtent des agents de l’IRGC. Le Koweït et l’Arabie saoudite interceptent des drones iraniens sur leur propre territoire. L’environnement régional qui soutenait l’architecture proxy de l’Iran, y compris la tolérance réticente des États du Golfe par peur de représailles iraniennes, est remplacé par une hostilité active. Le Hezbollah est plus faible qu’à aucun moment depuis 2006, dégradé par plus d’un an d’opérations israéliennes avant le début de cette campagne. Les milices irakiennes conservent la capacité de lancer des attaques, mais elles le font dans une région où elles font face à un isolement croissant. Les Houthis au Yémen possèdent une capacité indépendante mais manquent de l’intégration de commandement avec Téhéran qui transforme l’activité de milice en effet stratégique. Ce que les critiques décrivent comme une guerre régionale en expansion est mieux compris comme le spasme mortel d’une architecture proxy dont le centre autorisant a été brisé. La critique la plus politiquement puissante est que l’administration n’a pas de plan final. La rhétorique de Trump lui-même n’a pas aidé : l’oscillation entre « reddition inconditionnelle » et allusions à la négociation, entre changement de régime et déni de changement de régime, nourrit l’impression d’une incohérence stratégique. Seulement 33 % des répondants américains dans un récent sondage Reuters-Ipsos ont dit que le président avait clairement expliqué le but de la mission. Mais le plan final est visible dans le phasage opérationnel, même si la rhétorique l’obscurcit. L’objectif est la dégradation permanente de la capacité de l’Iran à projeter sa puissance au-delà de ses frontières par les missiles, la latence nucléaire et les réseaux proxies. Appelez cela un désarmement stratégique. Cela est plus proche de l’approche des Alliés envers la capacité industrielle de guerre de l’Allemagne en 1944-1945 que de la guerre américaine en Irak en 2003. L’analogie est imparfaite : un désarmement stratégique sans occupation exige une architecture de vérification et d’application que personne n’a encore proposée, mais la logique opérationnelle est la même. (…) La question est ce qui se passe quand les bombardements s’arrêtent (…) Mais l’absence d’un plan diplomatique public ne signifie pas que la campagne militaire échoue. Cela signifie que la campagne est en avance sur la diplomatie, un problème de séquençage, non stratégique. Les conditions militaires pour un règlement durable – capacité de missiles iranienne trop dégradée pour être reconstruite rapidement, infrastructure nucléaire inaccessible, réseaux proxies fragmentés – sont en train d’être créées en ce moment même. (…)  Cela ne minimise en rien les coûts humains. (…) La flambée des prix du pétrole affecte toutes les économies de la planète. (…) Ces coûts sont bien réels, ils sont graves, et toute analyse qui les ignore est malhonnête. (…) Mais les critiques commettent une erreur différente : ils traitent les coûts de l’action comme si les coûts de l’inaction étaient nuls. Ils ne l’étaient pas. Ils se mesuraient dans l’accumulation lente d’une menace qui, laissée sans contrôle, aurait produit exactement la crise que tout le monde prétend craindre : un Iran doté de l’arme nucléaire capable de fermer le détroit d’Ormuz à volonté, entouré de forces proxies qui pourraient tenir toute la région en otage indéfiniment. Dix-sept jours après, le Guide suprême de l’Iran est mort, son successeur est rapporté blessé et chaque principal instrument de projection de puissance iranienne – missiles, infrastructure nucléaire, défenses aériennes, marine, réseaux de commandement proxies – a été dégradé au-delà d’une récupération à court terme. (…) et la stratégie – la vraie stratégie, mesurée en capacités dégradées plutôt qu’en cycles d’actualités câblées – fonctionne. Muhanad Seloom (Doha Institute for Graduate Studies)
Mais quid des coûts de l’inaction ?

A l’heure où après le nouveau coup de maître des forces israéliennes …
Avec l’élimination du véritable homme fort du régime des mollahs Ali Larjani 
Et après seulement 18 jours de combat la domination toujours plus grande de la coalition israélo-américaine du théâtre iranien …
Avec la décapitation quasi-totale du régime et la destruction, entre missiles, lanceurs, usines, centres de recherches et centres de commandements, de l’essentiel des capacités militaires du pays …
Pendant que continue l’assistance aux mollahs entre images satellite et équipements militaires, surprise, des membres fondateurs de l’Axe du mal revanchiste et irrédentiste à Moscou et Pékin …
Alors que le monde libre consacre à peine la moitié pour sa défense que pendant la Guerre froide en proportion de PIB …
Comment ne pas voir…
Avec l’historien militaire américain Victor Davis Hanson …
Devant tant de signes qui s’accumulent du proche et de plus en probable effondrement d’un régime iranien réduit aux réactions, programmées à l’avance, d’un canard sans tête
L’hypocrisie à la fois de nos médias et, des pays du Golfe aux chefs d’Etat européens et leur rues arabes, nombre des acteurs de l’actuelle tragi-comédie…
Comme la France de Macron à cours de munitions en tête dont le régime voyou iranien a pourtant déjà assassiné des centaines de ressortissants
Mais comment aussi ne pas voir, nouveau signe du vent en train de tourner …
Avec la tribune dans Al Jazeera du chercheur Muhanad Selhoom …
L’erreur capitale de la plupart de nos médias et commentateurs …
Qui obsédés par les coûts visibles et immédiats de l’action…
Les critiques historiquement amnésiques et stratégiquement hémiplégiques de l‘intervention iranienne de Trump et Netanyahu…
Agissent comme si les coûts invisibles et cumulatifs d’une inaction prolongée étaient nuls …
Autrement dit comme si cette même politique de diplomatie sans fin qui a produit la crise en premier lieu …
Sans compter l’oppression et le massacre d’une population entière …
Qui confirmation de la loi de Tocqueville après une relatif adoucissement de ses conditions, n’est pas près de revenir dans sa boîte…
Après le désastre inévitable au ralenti où chaque année de patience stratégique ajoutait des centrifugeuses aux salles d’enrichissement et des kilogrammes au stock …
Ainsi que des missiles toujours plus nombreux, puissants et à plus longue portée …
Ne pouvait générer générer autre chose à terme que le renforcement d’un méga-Etat terroriste désormais nucléaire (près de quatre fois la superficie de l’Irak, 4 500 fois Gaza, plus de 9 000 fois Mossoul et 47 000 fois Raqqa) …
Avec bien sûr toute la perfidie et la proprement diabolique perversion de la stratégie sacrificielle de boucliers humains de ses supplétifs …
Capable avec son contrôle du détroit d’Hormuz et ses forces supplétives de tenir en otage indéfiniment toute la région et le monde entier ?
The US-Israeli strategy against Iran is working. Here is why

Every aspect of Iran’s ability to project regional power is being successfully degraded.

Muhanad Seloom
Al Jazeera

Two weeks into Operation Epic Fury, the dominant narrative has settled into a comfortable groove: The United States and Israel stumbled into a war without a plan. Iran is retaliating across the region. Oil prices are surging, and the world is facing another Middle Eastern quagmire. US senators have called it a blunder. Cable news has tallied the crises. Commentators have warned of a long war.

The chorus is loud and, in some respects, understandable. War is ugly, and this one has imposed real costs on millions of people across the Middle East, including the city I live in.

But this narrative is wrong. Not because the costs are imaginary, but because the critics are measuring the wrong things. They are cataloguing the price of the campaign while ignoring the strategic ledger.

When you look at what has actually happened to Iran’s principal instruments of power – its ballistic missile arsenal, its nuclear infrastructure, its air defences, its navy and its proxy command architecture – the picture is not one of US failure. It is one of systematic, phased degradation of a threat that previous administrations allowed to grow for four decades.

I write this from Doha, where Iranian missiles have triggered alerts for residents to take shelter and Qatar Airways has started operating evacuation flights. I lived through four years of war in Baghdad.

I have worked for the US Department of State and advised defence and intelligence agencies in multiple countries. I have no interest in cheerleading for war.

But I have spent my academic career studying how states authorise the use of force through intelligence institutions, and what I see in the current campaign is a recognisable military operation proceeding through identifiable phases against an adversary whose capacity to project power is collapsing in real time.

An arsenal built over decades, dismantled in days

Iranian ballistic missile launches have fallen by more than 90 percent from 350 on February 28 to roughly 25 by March 14, according to publicly available data. Drone launches tell the same story: from more than 800 on Day 1 to about 75 on Day 15.

The figures drawn from US and Iranian military statements differ in detail but converge on the trajectory. Hundreds of Iranian missile launchers have been rendered inoperable. According to some reports, 80 percent of Iran’s capacity to strike Israel has been eliminated.

Iran’s naval assets, fast-attack craft, midget submarines and mine-laying capabilities are being liquidated. Its air defences have been suppressed to the point at which the US is now flying nonstealth B-1 bombers over Iranian airspace, a decision that signals near-total confidence in air dominance.

The campaign has moved through two distinct phases. The first suppressed Iran’s air defences, decapitated its command and control, and degraded its missile and drone launch infrastructure. By March 2, US Central Command announced local air superiority over western Iran and Tehran, achieved without the confirmed loss of a single American or Israeli combat aircraft.

The second phase, now under way, targets Iran’s defence industrial base: missile production facilities, dual-use research centres and the underground complexes where remaining stockpiles are stored. This is not aimless bombing. It is a methodical campaign to ensure that what has been destroyed cannot be rebuilt.

Iran now faces a strategic dilemma that tightens every day. If it fires its remaining missiles, it exposes launchers that are promptly destroyed. If it conserves them, it forfeits the ability to impose costs of the war. Missile and drone launch data suggest Iran is rationing its remaining capacity for politically timed salvoes rather than sustaining operational tempo.

This is a force managing decline, not projecting strength.

The nuclear threshold that previous US presidents accepted

Much of the criticism of the US-Israeli campaign focuses on its costs while treating the status quo ante as if it were cost-free. It was not.

Iran entered 2026 with 440kg of uranium enriched to 60 percent purity – enough, if further enriched, for as many as 10 nuclear weapons. Before the June strikes, Tehran was less than two weeks away from enriching enough uranium for one nuclear bomb, according to US intelligence assessments. At that time, the International Atomic Energy Agency acknowledged that Iran’s accumulation of near-weapons-grade material had no clear civilian justification.

The current campaign has damaged further the Natanz nuclear facility. The one in Fordow remains inoperable. The defence industrial facilities that would be needed to reconstitute enrichment capacity are being systematically targeted.

Reasonable people can disagree about whether diplomatic alternatives were fully exhausted, the Omani-mediated negotiations in February showed real progress, and there are legitimate questions about whether Washington walked away too soon.

But the critics’ implicit alternative, continued restraint while Iran inched towards a nuclear weapon, is the policy that produced the crisis in the first place. Every year of strategic patience added centrifuges to the enrichment halls and kilogrammes to the stockpile.

The limits of military force against a nuclear programme are real, and as others have argued elsewhere, strikes can destroy facilities but cannot eliminate knowledge. The 440kg of enriched uranium remains unaccounted for.

A successor regime of any political colour will inherit a strategic environment in which the case for nuclear deterrence has been strengthened, not weakened. These are genuine long-term risks. But they are arguments for a comprehensive post-conflict diplomatic architecture, not arguments against the campaign itself.

The Strait of Hormuz: Iran’s wasting asset

The closure of the Strait of Hormuz is dominating the critical commentary. US Senator Chris Murphy has called it evidence that President Donald Trump misjudged Iran’s capacity to retaliate. CNN has described it as proof that the administration has lost control of the war’s escalation.

The economic pain is real: Oil prices have surged, a record 400 million barrels of oil will be released from global reserves, and Gulf states are facing drone and missile strikes on their energy infrastructure.

But this framing inverts the strategic logic. Closing the strait was always Iran’s most visible retaliatory card, and always a wasting asset. About 90 percent of Iran’s own oil exports pass through Kharg Island and then the strait.

China, Tehran’s largest remaining economic partner, cannot receive Iranian crude while the strait is shut. Every day the blockade continues, Iran severs its own economic lifeline and alienates the one major power that has consistently shielded it at the United Nations. The closure does not just hurt the global economy; it accelerates Iran’s isolation.

Meanwhile, the naval assets Iran needs to sustain the blockade – fast-attack boats, drones, mines, shore-based antiship missiles – are being degraded daily. Its naval bases at Bandar Abbas and Chahbahar have been severely damaged.

The question is not whether the strait reopens but when and whether Iran retains any naval capacity to contest it. Critics compare the challenge of escorting a hundred tankers daily to an impossible logistical burden. But you do not need to escort tankers through a strait if the adversary no longer has the means to threaten them. That is the operational trajectory.

A proxy network that is fragmenting, not expanding

The regional escalation – Hezbollah resuming attacks on Israel, Iraqi militias striking US bases, Houthis issuing threats in the Red Sea – is cited as the clearest evidence of US-Israeli strategic failure. The war is spreading, the critics say, just as it did in Iraq. This misreads the dynamics of Iran’s alliance network.

My research on how states authorise proxy violence identifies four layers of control: strategic legitimation, operational coordination, financial-logistical distribution and deniability calibration. The current campaign has disrupted all four simultaneously.

The assassination of Supreme Leader Ali Khamenei eliminated the apex of the authorisation pyramid. His son Mojtaba’s appointment as his successor, a dynastic transfer without precedent in the Islamic Republic, signals institutional fragility, not continuity. The Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) command structure has been decapitated at multiple levels – the acting defence minister was among those killed.

When proxies launch retaliatory attacks across the region, this is not evidence of an expanding network; it is evidence of predelegated response authority, which is what a centralised command system activates when it anticipates its own destruction.

Predelegation is a sign of desperation, not strength. It means the centre can no longer coordinate. The attacks will continue, but they will become increasingly uncoordinated, strategically incoherent and politically costly for the host states where these groups operate.

Qatar and Bahrain are arresting IRGC operatives. Kuwait and Saudi Arabia are intercepting Iranian drones over their own territory. The regional environment that sustained Iran’s proxy architecture, including the grudging tolerance by Gulf states fearful of Iranian retaliation, is being replaced by active hostility.

Hezbollah is weaker than at any point since 2006, degraded by more than a year of Israeli operations before this campaign began. Iraqi militias retain the ability to launch attacks, but they are doing so into a region where they face increasing isolation.

The Houthis in Yemen possess independent capability but lack the command integration with Tehran that transforms militia activity into strategic effect. What the critics described as an expanding regional war is better understood as the death spasm of a proxy architecture whose authorising centre has been shattered.

A clear endgame

The most politically potent criticism is that the administration has no endgame. Trump’s own rhetoric has not helped: the oscillation between “unconditional surrender” and hints at negotiation, between regime change and denial of regime change, feeds the impression of strategic incoherence. Only 33 percent of American respondents in a recent Reuters-Ipsos poll said the president had clearly explained the mission’s purpose.

But the endgame is visible in the operational phasing, even if the rhetoric obscures it. The objective is the permanent degradation of Iran’s ability to project power beyond its borders through missiles, nuclear latency and proxy networks.

Call it strategic disarmament. This is closer to the approach of the Allies to Germany’s industrial war-making capacity in 1944-1945 than to the US war on Iraq in 2003. The analogy is imperfect: Strategic disarmament without occupation requires a verification and enforcement architecture that no one has yet proposed, but the operational logic is the same.

No one is proposing to occupy Tehran. The question is what happens when the bombing stops, and here the critics raise a legitimate concern, which Murphy articulated concisely after a classified briefing: What prevents Iran from restarting production?

The answer requires a post-conflict framework that does not yet exist in public: a verification regime, a diplomatic settlement or a sustained enforcement posture. The administration owes the American public and its regional partners a clear account of what that framework would look like.

But the absence of a public diplomatic blueprint does not mean the military campaign is failing. It means the campaign is ahead of the diplomacy, a sequencing problem, not a strategic one. The military conditions for a durable settlement – Iranian missile capacity too degraded to rebuild quickly, nuclear infrastructure inaccessible, proxy networks fragmented – are being created right now.

War is ugly, but the war strategy is working

None of this minimises the human costs. More than 1,400 civilians have been killed in Iran, a moral burden the US and Israel will carry. Oil price spikes are hurting every economy on Earth. At least 11 US service members have been killed. I live with these sirens every day, as does everyone across the Gulf. The costs are real, they are serious, and any accounting that ignores them is dishonest.

But the critics are making a different error: They are treating the costs of action as if the costs of inaction were zero. They were not. They were measured in the slow accretion of a threat that, left unchecked, would have produced exactly the crisis everyone claims to fear: a nuclear-armed Iran capable of closing the Strait of Hormuz at will, surrounded by proxy forces that could hold the entire region hostage indefinitely.

Seventeen days in, Iran’s supreme leader is dead, his successor is reportedly wounded and every principal instrument of Iranian power projection – missiles, nuclear infrastructure, air defences, the navy, proxy command networks – has been degraded beyond near-term recovery. The campaign’s execution has been imperfect, its public communication poor and its post-conflict planning incomplete. War is never clean. But the strategy – the actual strategy, measured in degraded capabilities rather than cable news cycles – is working.

Voir aussi:

Trump and Israel are systematically destroying Iran’s ability to threaten others

Yes this operation has costs. But the cost of inaction would have been far greater

Ali Larijani’s scalp is the latest to be taken in the US-Israeli war against Iran, a conflict that has seen a greater scale of regime decapitation than any in history. Larijani’s death may be a pivot point in this war. Officially chief of national security, he had actually been running the country and its war effort since even before Khamenei’s death. He was the last senior figure with the clout and expertise to hold together a largely shattered political and military command structure. There were always power struggles within the regime but they have been dramatically intensified since this war began, not least following the controversial appointment of Khamenei’s son as Supreme Leader. That does not mean the imminent collapse of the government and its forces, but it does seriously harm its chances of survival in the face of further onslaught.

Larijani’s death, some argue the most important in this war, is also symbolic of the remarkable success so far of the US-Israeli campaign. The decapitation strategy is a critical element, aside from the impact on Iran’s offensive and defensive capabilities that the removal of layer after layer of the command chain achieves. If political leaders and military commanders remain hidden in bomb shelters and safe houses it undermines their authority among followers, and if they put themselves in the open they risk rapid elimination as we have seen. It’s Catch-22, and both choices also embolden regime opponents and increase the risk of further uprisings.

Even if the regime survives, its offensive and defensive capabilities have been dramatically reduced over the last two and a half weeks and will potentially be eradicated or neutralised altogether if the war continues.

Much of the nuclear programme has been destroyed, including storage sites, technical and research facilities and nuclear scientists. Significant damage was done by US and Israeli air strikes last June and further  destruction has been achieved in this war.

Ballistic missiles and drones, their launchers, storage depots and manufacturing facilities have been systematically attacked for over 18 days. That has translated to an estimated reduction in firings of up to 90 per cent since the start of the war. In particular Iran is now very short of ballistic missiles, its most dangerous weapons. As well as destruction by attack on the ground by the IDF and US Air Force, Iran has been using up its weapon stocks in largely impotent attacks that have only a small chance of getting to their targets without being shot down.

Iran’s air defences were substantially reduced by Israeli action during the 12-day war. Now the job has been almost totally completed with the US and Israeli air forces able to fly over the country with impunity. Although Tehran tried to rebuild these capabilities, with the aid of Russia and China, they achieved little in 8 months which shows how hard it would be to restore air defences after the ongoing assault.

Iran’s navy is now mostly at the bottom of the sea or burnt out hulks. That does however leave a potential threat from mine-layers disguised as civilian vessels which are much harder to locate and identify. The already clapped out air force, made up largely of 1970s and 80s planes, have not really joined the fight, with many destroyed on the ground and the remainder easily shot down if they dare to take off.

One of the objectives of the US-Israeli coalition is to dismantle or destroy Tehran’s proxy terrorist network. Lebanese Hezbollah, Iran’s jewel in the crown, is again being mauled by the IDF following its decimation in the last two years of war. Hamas, another important proxy, is struggling for its survival in Gaza after the beating it took at the hands of the IDF since 7th October 2023. These remnants will have to be dealt with once the Iran war is stabilised. Adding to the disarray of Iran’s proxies, the Houthis in Yemen haven’t entered the current war and militias in Iraq have achieved minimal effect.

The cost of this war, including the short-term shock to energy prices, is not negligible. But the costs of not fighting the war would have been far higher. Over many years the ayatollahs invested huge resources in building up the capabilities we have seen demonstrated including the proxy attack on Israel on 7th October 2023, attacks on international shipping in the Red Sea and missile and drone strikes against neighbours who had taken no action against them. Before the strikes on their nuclear programme, Iran had been well on the way to building a bomb. Is it responsible to allow such weapons to be in the hands of an apocalyptic, clerical leadership that certainly could not be trusted to restrain themselves from Armageddon? How would we deal with Iran’s other aggressive capabilities then?

European leaders, including Keir Starmer, evidently miss this point, hence their failure to back the US-Israeli operation. Yes, they readily say Iran can’t have these weapons, but they must be reasoned with by negotiation, not war. That, despite the complete failure of diplomacy going back to Obama’s nuclear deal in 2016 which was treated with contempt by Tehran from the start.

Some so-called experts complain that taking out Larijani removed their beloved “off-ramp” of a negotiated solution. This is not the time for negotiation, at least not with the current regime. It is the time to keep attacking until the military threat from Iran is destroyed. And we must hope the regime falls as a result of it, because if it does not then the smashed up capabilities will be rebuilt and will have to be dealt with again in 10 years or less.


Colonel Richard Kemp is a former British Army officer

Voir également:

What Looks Like Resilience in Iran Is Its Collapse Plan

Why the Regime’s Visible Signs of Survival May Actually Signal System Breakdown

Mehdi Parpanchi
Mar 17, 2026

The Islamic Republic’s continued fire, street repression, broadcasting, leadership succession, muted elites, and projections of normality are not signs of strategic coherence or durability. They are the visible mechanics of a regime in its collapse phase, executing the plans built for the moment its center was hit, functioning through fragmentation, and betting that Washington will not stay in the war long enough to finish the job.

The Misleading Signs

Eighteen days after the United States and Israel launched their military campaign against Iran on February 28, 2026, many of the usual signs of state continuity are still visible. The Islamic Republic is still firing missiles and drones at Israel and other targets across the region, including advanced systems such as the Sejjil ballistic missile. State television is still broadcasting. Basij and IRGC units are still present on the streets. Mojtaba Khamenei has been installed as successor. No major elite split has yet surfaced. Parts of the regime’s regional network still exist. Shops still carry basic goods. And the nationwide uprising many expected has yet to materialize.

For many observers, these signs point to one conclusion: the regime has taken a severe blow, but it is still holding.

That reading may be fundamentally wrong.

These indicators are not false; they are simply being read through the wrong framework. They are taken as evidence that the system has absorbed the shock and remains solid. In reality, they indicate the opposite. The Islamic Republic prepared for the moment when its center would be hit, and its command structure would fracture. In that scenario, regional units keep firing, security forces keep repressing, and the state projects fragments of normality even as central control collapses. The activation of these mechanisms is evidence that the system has entered its collapse phase, not escaped it. What we are seeing is not resilience, but a regime preserving violence and surface function long enough to outlast the political patience of its adversaries.

That is the essence of Tehran’s calculation. It does not believe it can defeat the United States and Israel in a long conventional war. It believes Washington will not fight such a war for long. Its strategy, then, is not victory but endurance: keep shooting, keep coercing, keep signaling continued function, and keep imposing costs until the Americans decide the game is no longer worth the price.

The System Was Built for Decapitation

To understand why the usual indicators can mislead, it is necessary to go back to the mid-2000s. Under IRGC commander Aziz Jafari, the Revolutionary Guards reorganized around the logic of asymmetric warfare. Iranian planners understood that they could not match the United States in classic naval, air, and armored war. So they built a structure meant to survive decapitation, fragmentation, and prolonged disruption.

One key part of that design was the network of ten regional IRGC headquarters. Each sits above parts of the country’s thirty-two Guard corps and their attached Basij units. These commands were built to control local brigades, battalions, security formations, and regional military assets with substantial autonomy. Their purpose was explicit: if the command structure in Tehran were badly damaged or destroyed, the regime would still retain armed regional organs able to suppress unrest, confront internal threats, and continue fighting external enemies without waiting for the center to tell them what to do.

This was the logic of “mosaic defense”. If the chain of command broke, the system would not freeze. It would fragment into semi-independent pieces and keep operating. Regional formations would continue firing and repressing even if central coordination became weak, intermittent, or impossible.

That is why continued missile launches should be handled carefully as evidence. They do not show strategic coherence. They show that the regime has entered the phase it prepared for its worst day: preserving violence after coherent command has begun to fail. Abbas Araghchi all but admitted this when he was asked about Iranian strikes on Oman, one of Tehran’s closest regional partners. “What happened in Oman was not our choice,” he said, adding that military units were “independent and somehow isolated” and were “acting based on instructions … given to them in advance.” In other words, the missiles are still flying not because the political center is fully in control, but because the system was built to keep firing after the center’s grip had already started to fray.

That is also why the deaths of top IRGC commanders such as Salami, Rashid, Pakpour, and many others do not automatically produce silence. The machine keeps firing because it was built to outlive them. What looks like resilience is in fact the functioning legacy of a doomsday design.

The Repression Machine Is Still Lethal, but It Is Not Intact

The same logic applies to the streets.

The regime’s urban repression system did not depend simply on armed men standing at street corners. It relied on an elaborate structure of surveillance, monitoring, command centers, drones, neighborhood bases, police stations, and rapid-response deployment. During the January 7 and 8 uprising, that system operated on multiple levels. Personnel sat in command centers such as Tharallah Headquarters in Tehran before walls of monitors linked to cameras across the city. Mobile units deployed camera-equipped drones over neighborhoods and streets. Helicopters monitored urban movement from above. Security forces were stationed in hundreds of neighborhood-level Basij compounds, IRGC facilities, and police posts, ready to be dispatched wherever needed. It was a meticulously designed and repeatedly rehearsed system for suppressing dissent with speed and precision.

That infrastructure is now badly damaged. Tharallah Headquarters has been struck. Numerous neighborhood-level bases in Tehran have been bombed, destroyed, or evacuated because they can be hit at any time. The same pattern is not limited to Tehran. Bases in towns and even villages have also been targeted.

The result is not the disappearance of repression, but its degradation. Basij and IRGC units can still appear, still shoot, and still kill. But they no longer operate with the same surveillance depth, the same aerial visibility, the same command-and-control confidence, or the same dense local infrastructure that made repression so effective in the past. A system that can still shoot is not necessarily a system that can still control.

That distinction matters because January remains central to the political mood. In roughly one hundred cities, protesters effectively seized urban space before the regime reasserted control after nightfall and in the following hours. It regained control because it still possessed the integrated machinery to observe, track, dispatch, surround, and overwhelm. This time, the conditions are different. If protesters return and seize the space again, the regime will be far less able to retake it quickly. And this time the skies are not empty. American and Israeli aircraft and drones are already overhead.

The most common question, “Why are Iranians not protesting?”, is also one of the most misleading. The answer is not necessarily that the regime has restored control, that society has rallied around the flag, or that people have accepted the system. A simpler explanation is that many are doing exactly what they have been told to do: stay home, for now.

Since the war began, the message from key anti-regime voices has not been to flood the streets immediately. It has been caution. Pahlavi has urged people to stay indoors for safety, stock essentials, continue strikes, maintain nighttime chants, and wait for the decisive moment. Quiet streets, then, do not prove regime control. They reflect tactical restraint by a society that remembers exactly what happens when people move too early.

The Succession Is a Sign of Exposure, Not Confidence

The same interpretive error appears in the succession question.

Mojtaba Khamenei’s elevation has been cited as a sign of continuity. But continuity in name is not the same as continuity in power. In a system built on the theology of Velayat-e Faqih, the leader’s physical presence is one of the primary instruments of authority. Yet nearly three weeks into the war, the new supreme leader remains a ghost.

His first and only statement was read by news anchors over a handful of still photographs, and even those have been rare. Several looked so artificial that many Iranians mockingly called him “the first AI-generated leader in the world.” There has been no live speech, no public appearance, no visible projection of sovereign authority. Whether he is in a Tehran bunker or somewhere else under heavy protection, his total invisibility sends the same message to the elite: the center is hiding rather than holding. He looks less like a sovereign projecting command than the head of an underground cell struggling to stay alive. This is not a transition of confidence. It is a transition of survival, with a leader constrained by decapitation risk and the remnants of a badly damaged, fragmented IRGC calling the shots around him.

Silence Inside the Elite Does Not Mean Cohesion

The absence of visible defections is also easy to misread.

Silence does not necessarily mean loyalty. It can mean fear, uncertainty, and waiting. If influential figures inside the system are unsure whether the United States intends to sustain pressure to the point of decisive breakdown, or whether Washington will eventually accept an off-ramp, they have every reason to hesitate. The same is true for anti-regime actors. No one wants to gamble everything on a final move if they suspect American pressure may soon ease.

What looks like cohesion may simply be paralysis under uncertainty.

The Axis Still Exists, but as a Damaged Remnant

Iran’s regional network is also weaker than surface readings suggest.

For years, Tehran’s so-called Axis of Resistance provided strategic depth, deterrent reach, and the ability to fight through partners rather than through conventional force alone. Today, that network looks badly diminished. Hezbollah and Hamas have been severely degraded. Iraqi militias appear weaker and more hesitant. The Houthis remain the least damaged component, yet even they have largely limited themselves to threats rather than serious intervention.

The axis has not disappeared; what remains is no longer what it once was. It survives not as the robust regional architecture Tehran once commanded, but as a reduced, ineffective remnant.

Surface Normality Can Hide Economic Breakdown

A similar mistake is made in reading the economy.

The fact that bread is still on shelves proves very little. The real question is whether the systems underneath daily life are starting to break down. Iran is now in the final days before Nowruz, the most sensitive financial period of the year, when the state is expected to pay salaries and bonuses to millions of employees, including the security forces.

Banks have largely shut. Cyberattacks continue. Internet restrictions have disrupted online payments. Markets are closed. End-of-year shopping has stalled. Government offices are only partly functioning. Oil exports are under heavy pressure. Salaries for state employees, including security personnel, are reportedly delayed or unpaid. Losses are already running into the billions.

For a regime that relies on patronage and paid coercion, this is not a secondary problem. It strikes at the material basis of loyalty.

State Television Is No Longer the Test It Once Was

Even state broadcasting, one of the oldest symbols of regime continuity, no longer means what it once did.

In classic coups and revolutions, the fall of a regime was marked by the seizure of the radio and television station or by the sudden silence of the national broadcaster. That image still shapes political instinct. But broadcasting no longer depends on one building in the old way. Thanks to digital technology, a regime can keep transmitting from dispersed or improvised locations as long as parts of the network remain alive. The IRIB building has been struck, yet broadcasting continues. The fact that television is still on the air therefore tells us far less than older political habits suggest. These days, a few people with an internet connection can stream a discussion from a basement. That is essentially what state television is now doing.

The Regime Does Not Need to Win. It Needs to Last

Taken one by one, these signs can reassure those looking for evidence of endurance. Taken together, they create a powerful illusion of resilience. But that is precisely what contingency architecture is meant to do. A system built for its worst-case scenario can go on firing, repressing, broadcasting, appointing successors, and projecting fragments of order long after it has lost the central coherence, strategic confidence, and institutional depth it once had.

That is why the Islamic Republic’s present behavior should be read differently. It does not need to look healthy. It does not need to rebuild the world it had before February 28. It does not need to prove that its command structure is intact. It only needs to prevent the appearance of final collapse, keep enough force in motion to impose costs, and hold out until the United States loses the will to continue.

What we are watching, then, is not a regime demonstrating strength. It is a regime in its collapse phase, still able to produce violence and surface function, but no longer able to hide the fact that this is the stage it prepared for when the center began to break.

COMPLÉMENT:

The West should double down on the Iran war

The Spectator

 21 March 2026

Donald Trump may be the volatile leader of an unstable coalition. America’s numerous interventions in the Middle East may have been marked by chaos, inconstancy and the erosion of western prestige. Nato, and even more so the European Union, may be militarily anaemic and economically sclerotic. And the war in Iran may well have intensified fears about American intentions, as well as placing further strains on the Atlantic alliance. But that does not mean now is the time to step away, shake one’s head and lament the un-wisdom of war. It only reinforces the need to finish the job: to rid Iran of its rulers, its regime infrastructure, its nuclear capability and the Islamist nightmare it has endured for almost five decades.

The justifications for this intervention may be contested but what is not in doubt is Iran’s role, over decades, in seeking to de-stabilise its neighbours, foment conflict across the Middle East and acquire nuclear weapons. It has consistently supported Hamas, Hezbollah, the Houthis, fundamentalist militias in Iraq and Islamist movements in every Gulf state. Iran’s agents have been conducting covert operations, including assassinations, across the West. The regime has used organised crime to advance its goals in European nations. It has developed a cyber capability to subvert democracies. And it has used every technique of evasion, deception and dissimulation to build a nuclear stockpile that it can, in time, deploy with devastating effect against the world’s only Jewish state.

Iran has supported the Russian invasion of Ukraine with its drone technology, supported China’s slave economy with its oil exports and unleashed brutal, indiscriminate violence against its own population. The rights of women, homosexuals and ethnic minorities have been suppressed while power and wealth have been concentrated in the hands of ideologues and professional sadists. Rarely has the case for regime change been so compelling. It should have come as no surprise that Iran’s leaders have resisted American and Israeli attacks. These are men who are steeped in blood and committed to terror. They knew that any initial assault would overwhelm their conventional forces so they required defence in depth. The strategy has been to levy a cost on every neighbour that might support action against them and use the fraught geography of the Strait of Hormuz to exact a steep economic price on the West. The regime hopes these costs and that price may prove too heavy a burden for a West they deem irredeemably decadent. After all, our politicians are bound by electoral cycles, short attention spans and economically weakened electorates.

The regime may yet be proven right. America’s Nato allies equivocate over efforts to restore freedom of navigation – a core interest of the West. The traumas of past interventions have encouraged formidable resistance within the US political establishment to deploying ground forces. European political leaders, including our Prime Minister, are courting short-term popularity by resisting what they see as Trump’s ‘adventurism’.

But what would the consequences be if this war was allowed to end with the Iranian regime still in place? Our allies in the Gulf – from Oman to the United Arab Emirates and Saudi Arabia – would be left to reflect on our inconstancy. They would be left, too, with a wounded and resentful Iran, plotting its revenge. Tehran would have renewed incentive to fund terrorist proxies and nuclear missile technology, the better to deter and overawe its neighbours. Russia and China would feel confirmed in their view that a weakened West has neither the strength nor the stamina to resist their own adventurism. Iran’s people would see the democracy they dreamt of vanish beyond the horizon, and those who had been anything other than fierce in their loyalty to the regime would be crushed underfoot.

What of the West? Those celebrating such an outcome would be the ‘post-colonial’ left, who would rejoice in an epochal reversal of American power, and the ethno-nationalist right, who rage against Israel, Jewish influence and ‘the Epstein class’ which, as they see it, dragged us into a costly and counter-productive debacle. These are the forces within western society that disdain western civilisation itself – liberal, open, capitalist, creative, Judeo-Christian and confident. These people would feel emboldened in their drive towards identitarianism, division and communal enmity.

Victory in Iran, by contrast, would give that country the chance to show the world what a free, successful, post-Islamist but majority-Muslim society could achieve. It would liberate the talents, voices, and consciences of millions. It would undergird the stability and prosperity of Gulf powers and their orientation towards the West, with the leadership of nations such as the UAE in the vanguard. It would liberate Israel from existential threat and enable both an accommodation with its Palestinian neighbours and western support to that end. It would re-affirm the ability of the West to secure its strategic goals through united deployment of military strength and thus bolster the defence of Ukraine and the security of Taiwan. It would place control of oil and gas in the hands of western allies to counter the huge economic advantages that China has built up.

Victory is far from easy or assured. It will require a commitment of time, troops and patience that has so far not been articulated. But if that commitment is not made then the price will be far higher than what we might endure in the weeks ahead. We can either finish the job in Iran, or it will finish us.

Voir également:

Hoaxology: Analyzing a Propaganda Article #1
Today’s Case Study: “Two Weeks Into Iran War, Trump Knocked Back on His Political Heels as Midterms Loom”
Ryan Virtanen
Mar 19, 2026

Today’s Case Study: “Two Weeks Into Iran War, Trump Knocked Back on His Political Heels as Midterms Loom” (AP , March 15, 2026)

Today we are doing something different.

Instead of telling you a story was fake, we are going to teach you how to read a propaganda piece using Hoaxology. We are going to take a real article from a major publication – AP- published this week, and go line by line through the techniques being used to shape what readers think.

The article is from the Associated Press. It ran everywhere. Most people read it and don’t even realize the seeds it’s planting in their subconscious minds. This article was a masterclass in legacy media manipulation. Once you see the techniques, you cannot unsee them.

Here is the original article link.

Let’s go.

THE HEADLINE

“Two Weeks Into Iran War, Trump Knocked Back on His Political Heels as Midterms Loom”

Technique: Conclusion Laundering

The headline is not a fact. It is a verdict of sorts. “Knocked back on his political heels” is an editorial conclusion presented as a news observation. Before you read a single word of the article, you have been told how to interpret everything that follows. It’s kind of like Scott Adams’ “thinking past the sale”. This is Conclusion Laundering- packaging an opinion as a neutral description so readers absorb it as fact without realizing they are being persuaded.

Notice also what the headline foregrounds. Not military progress. Not strategic objectives. Not Iranian casualties or destroyed weapons systems. The headline foregrounds Trump’s political standing and the midterms. The war is being framed as a political liability story, not a military story. That framing choice is itself the manipulation.

ASSERTION STACKING

“In the two weeks since the US and Israel launched strikes on Iran, US President Donald Trump increasingly has been knocked on his political heels. He’s grown more agitated with news coverage and has failed to find a way to explain why he started the war — or how he will end it — that resonates with a public concerned by American deaths in the conflict, surging oil prices and dropping financial markets.”

Technique: Assertion Stacking

Count the assertions packed into these two sentences:

Trump is “knocked on his political heels.” Trump is “increasingly agitated.” Trump has “failed” to explain the war. His explanations do not “resonate.” The public is “concerned” about deaths, oil prices, and markets. Lots of verbs here. This is called assertion stacking.

Every single one of these is a conclusion, not a fact. None of them are sourced. None of them have a named witness. Assumptions from afar. The AP simply states them as though they are self-evident observations. This is Assertion Stacking- loading a paragraph with multiple editorial conclusions presented without evidence so that each one makes the next one feel more credible by proximity.

By the time you reach sentence three, you have accepted five contested claims as established background facts. The rest of the article is built on top of that foundation.

THE EXPERT QUOTE

“’I don’t think President Trump… understood what he was getting into,’ said Karim Sadjadpour, a senior fellow at the Carnegie Endowment for International Peace.”

Technique: Single Source Authority

Notice what is happening here. A sweeping conclusion about the president’s understanding of a military operation is sourced to a single think tank fellow at the Carnegie Endowment for International Peace. This is an organization with a well-documented institutional bias toward diplomacy over military action and toward internationalist foreign policy. His opinion is presented not as one perspective among many but as expert testimony, given the full weight of authority.

Where is the counterbalancing expert who believes the operation is proceeding according to plan? Where is the retired general? Where is the CENTCOM official? They do not appear. This is Single Source Authority where the propagandists select one expert whose opinion matches the narrative you want to tell and presenting their view as the expert consensus.

THE POLLING PARAGRAPH

“Even some of his supporters are questioning his plan and his overall poll numbers are declining.”

Technique: Vague Sourcing

“Even some of his supporters.” Who? How many? What poll? What was the baseline? What is the margin of error? None of this is provided. The phrase “even some of his supporters” is designed to trigger a specific emotional response — the suggestion of defection, of a coalition cracking — without providing any evidence that this is actually happening at meaningful scale.

“His overall poll numbers are declining.” Declining from what? By how much? Compared to what previous measurement? On what question specifically? Again, nothing. The reader is left to fill in the blanks with their imagination, which is exactly what the technique intends.

THE MOSCOW PARAGRAPH

“Meanwhile, Moscow is getting a boost from the war’s early days after Trump eased sanctions on some Russian oil shipments. That, combined with rising oil prices, undercut the yearslong push to crimp President Vladimir Putin’s ability to wage war in Ukraine.”

Technique: Guilt by Consequence

This paragraph does not accuse Trump of colluding with Russia. It is smarter than that. It simply places Trump’s policy decision next to the outcome that Russia benefits, without explaining the strategic rationale — which is that easing oil sanctions temporarily was a calculated move to stabilize global energy markets during a Strait of Hormuz crisis. By omitting the rationale and simply juxtaposing “Trump decision” with “Russia benefits,” the article plants an association it never has to defend.

This is Guilt by Consequence — linking a decision to a negative outcome without establishing that the decision was wrong, uninformed, or made for the wrong reasons. The implication does the work that the evidence cannot.

THE CLOSING QUOTE

“’They’re flying by the seat of their pants, and the rest of us are paying the price,’ said Kelly Dietrich, CEO of the National Democratic Training Committee.”

Technique: Partisan Source Presented as Neutral Observer

The National Democratic Training Committee trains Democratic candidates and campaign staff. Its CEO is a professional Democratic Party operative whose entire career and organization exist to elect Democrats and defeat Republicans. He is not a defense analyst. He is not an intelligence official. He is not a military expert.

He is a partisan. And he is quoted as the closing voice of the article — the last word the reader receives — without his affiliation being given its full weight. The article identifies his organization but does not characterize what it does. A reader who does not already know would have no idea they just received the Democratic Party’s messaging as the article’s conclusion.

This is Partisan Source Presented as Neutral Observer — selecting a political operative for a quote that frames the entire story and burying their partisanship in organizational language rather than clear disclosure.

WHAT THEY LEFT OUT

The article does not mention the Institute for the Study of War’s assessment that the campaign is achieving its military objectives. It does not mention CENTCOM’s report that over 100 Iranian naval vessels have been destroyed. It does not mention that Iran’s foreign minister told CBS News that Iran’s most advanced missiles have not yet been fired — meaning the retaliation capacity Democrats claim has been “underestimated” has still been held in reserve, which suggests Iran itself is not confident enough to use its best weapons.

Omission is not neutral. Choosing what to leave out is the most powerful editorial decision a journalist makes, and the most invisible one.

THE BOTTOM LINE

This article is not lying. That is what makes it effective. Every sentence is technically defensible. The techniques work precisely because they operate just inside the line of outright fabrication.

What the article is doing is selecting, framing, sourcing, and concluding in ways that systematically produce one impression: that Trump is failing, that the war is a disaster, and that Democrats are right to oppose it.

That impression is built not from facts but from technique.

Now you know the techniques. Read accordingly.

Voir de plus:

Iran is on the brink of collapse
Con Coughlin
The Telegraph
19 March 2026

One by one, the architects of Iran’s brutal Islamic dictatorship are being eliminated in a war the ayatollahs have absolutely no prospect of winning. From the assassination of the country’s supreme leader, Ayatollah Ali Khamenei, at the start of the joint US-Israel campaign, to the killing of Ali Larijani, the country’s national security chief, the edifice of the regime that has terrorised the Iranian people for nearly five decades is being destroyed.

While Khamenei directly controlled all-powerful state institutions, such as the Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC), which was established in the early days of the Iranian revolution to defend the regime’s uncompromising Islamic agenda, it was apparatchiks like Larijani who oversaw the implementation of the brutal oppression that has cost tens of thousands of Iranians their lives.

Larijani’s other responsibilities included running the extensive network of terrorist organisations operating across the globe – including in the UK – as well as overseeing the development of Tehran’s nuclear programme, which most Western intelligence agencies believe is aimed at producing nuclear weapons.

Far from being the “reasonable” individual lauded by BBC World Affairs Editor, John Simpson, Larijani was the Beria of the Islamic revolution, a fanatic who personally had Iranian blood on his hands.

The systematic elimination of key figures in the Islamic Republic is not only vital to degrading the regime’s ability to survive the war. It could ultimately provide the long-oppressed Iranian people with the opportunity to establish a new, more accountable system of government that could lead to the international rehabilitation of this ancient land.

This is why it is no time for world leaders to lose their nerve. On the contrary, when all the key indices suggest the respective American and Israeli military campaigns are achieving their objectives, this is a moment to demonstrate resolve by seeing the war through to its logical conclusion – the destruction of the Islamic regime, and the eradication of the threat posed by its nuclear programme.

In purely military terms, the first two weeks of America’s Operation Epic Fury and Israel’s Operation Roaring Lion have achieved impressive results. Total air superiority – a key element in the success of any modern military campaign – has been established so that US and Israeli warplanes can operate at will.

The regular Iranian navy has all but been destroyed, while the country’s ballistic programme has been severely diminished, with Israeli officials claiming that between 160 and 190 launchers have been destroyed, and another 200 disabled. Iranian ballistic missile attacks have fallen by 90 per cent since hostilities began.

Unsurprisingly, the intensity of the joint US-Israeli assault has prompted reports of Iranian military personnel refusing to obey orders, and even deserting their posts, which, if true, only adds to suggestions the regime is nearing the point of collapse.

And while much attention is being paid to the effect Iran’s attacks are having on international energy markets, it is important to remember the impact the war is having on Iran’s already decimated economy.

This is especially so after the Trump administration’s recent attack on Iran’s Kharg Island, through which 90 per cent of Iranian oil exports flow. The vulnerability of Iran’s own energy sector was highlighted again yesterday following Israel’s attack on the South Pars gas field, severely disrupting Iranian gas exports to neighbouring Iraq.

So long as Iran does retain some defensive capabilities, the possibility remains that it can continue to disrupt global energy supplies, particularly if Tehran continues to threaten the Strait of Hormuz with mines and suicide drones.

Yet, with neither the Trump administration nor Israel showing any inclination to halt hostilities, a tipping point could soon be reached whereby the regime does not have the leadership nor the resources to defend itself, thereby opening the way for the third and final stage of the military campaign – regime change.

When that happens, Sir Keir Starmer’s attempts to avoid involvement in the conflict will seem even more ludicrous, especially if the war ends with the removal of a regime that has made no secret of its innate hatred for the UK.

If our Prime Minister has an iota of political acumen, then he would be working round the clock to assemble a military task force with the ability to both defend our interests and provide security for the wider Gulf region. It is a proposition that is perfectly feasible irrespective of the current hollowed-out state of our Armed Forces.

With the requisite political direction from Downing Street, the UK could at the very least deploy an aircraft carrier together with a detachment of Royal Marines. The fact that the US is sending marines to the Gulf suggests there is still an important role for these specialised forces to play in the conflict. Having forces deployed does not mean they have to be committed to combat.

Authorising such deployment – even at this late stage – would at least give the UK options to respond to this fast-moving situation. This could become a major priority if the war ultimately results in the collapse of the Iranian regime.

Voir encore:

Two weeks into Iran war, Trump knocked back on his political heels as midterms loom

US president appears unable to explain why he launched conflict or how he plans to end it, to an American public that feels it’s paying the price

US President Donald Trump speaks to reporters aboard Air Force One, March 15, 2026, en route from West Palm Beach, Florida, to Joint Base Andrews, Maryland. (AP Photo/Mark Schiefelbein)

ABOARD AIR FORCE ONE (AP) — In the two weeks since the US and Israel launched strikes on Iran, US President Donald Trump increasingly has been knocked on his political heels.

He’s grown more agitated with news coverage and has failed to find a way to explain why he started the war — or how he will end it — that resonates with a public concerned by American deaths in the conflict, surging oil prices and dropping financial markets. Even some of his supporters are questioning his plan and his overall poll numbers are declining.

Meanwhile, Moscow is getting a boost from the war’s early days after Trump eased sanctions on some Russian oil shipments. That, combined with rising oil prices, undercut the yearslong push to crimp President Vladimir Putin’s ability to wage war in Ukraine.

Then there are Democrats, who were left reeling after Trump won the 2024 election. With control of Congress at stake in November’s midterms, the party has come together to oppose Trump’s Iran policy and point to the economic turmoil as proof that Republicans haven’t kept their promises to bring down everyday costs.

“I think Democrats are well-positioned for this November and the midterms,” said Kelly Dietrich, CEO of the National Democratic Training Committee, which trains party backers to run for office and staff campaigns.

Dietrich said the past two weeks show the Trump administration has failed at long-term planning. “They’re flying by the seat of their pants, and the rest of us are paying the price,” he said.

Trump let some of his frustrations show on Air Force One as he flew back from a weekend at his Mar-a-Lago estate in Florida, lashing out at allies and other countries dependent on Middle Eastern oil for not doing more to counter Iran and specifically name-checking British Prime Minister Keir Starmer, who he said initially declined to put British aircraft carriers “into harm’s way.”

“Whether we get support or not,” Trump said, “I can say this, and I said to them: We will remember.”

Trump seeks help securing the Strait of Hormuz

The president spent much of his weekend at his golf club in West Palm Beach, Florida. He also attended a closed-door fundraiser for his MAGA Inc. super PAC at Mar-a-Lago on Saturday night.

Last weekend, Trump played golf at another of his South Florida properties a day after witnessing the dignified transfer for six US soldiers killed in the Iran war. A political action committee used a photo of the solemn event in a fundraising email, but Trump brushed off a question about whether it was appropriate, saying “there’s nobody that’s better to the military than me.”

Trump and his White House have increasingly complained about media coverage of the conflict. On Saturday, he cheered on his broadcast regulator for threatening to pull broadcast licenses unless they “correct course.”

He angrily told reporters flying with him on Air Force One that coverage of the war had been influenced by Iranian propaganda, which exaggerated the military and political strength of Iran’s leaders and their support among the country’s people.

The president — who kept allies other than Israel in the dark about his war plans for Iran — this weekend began suggesting the US would need to lean on the international community to help oil tankers move through the Strait of Hormuz, where transportation has been severely disrupted, throwing global energy markets into a tailspin.

Iran has said it plans to keep up attacks on energy infrastructure and use its effective closure of the strait as leverage against the United States and Israel. A fifth of the world’s traded oil flows through the waterway.

Trump said the US was talking to “about seven” countries about providing military support to help reopen the strait. But he wouldn’t say which ones and gave no indication of when such a coalition might be formed.

“It’s something that we don’t need and these countries do need,” the president said, adding “I think it’s a good thing for other countries to come in.”

Singling out allies in Europe, Trump also said, “We’re always there for NATO” and “It’d be interesting to see what country wouldn’t help us with a very small endeavor.”

“Really I’m demanding that these countries come in and protect their own territory,” Trump said.

US President Donald Trump gestures to the media as he walks on the South Lawn upon his arrival to the White House, March 15, 2026, in Washington. (AP Photo/Jose Luis Magana)

But other countries have reacted to that call only cautiously so far.

South Korea plans to “closely coordinate and carefully review” Trump’s comments, while Japan is closely watching developments. Britain’s defense ministry said it was “discussing with our allies and partners a range of options to ensure the security of shipping in the region.”

A spokesperson for the Chinese Embassy in Washington said keeping the strait “safe and stable serves the common interests of the international community” and that “as a sincere friend and strategic partner of Middle Eastern countries, China will continue to strengthen communication with relevant parties.” Trump — who is slated to visit Beijing later this month — declined to say whether China would join the effort.

Trump had pledged at the beginning of the war that US naval ships would escort tankers through the waterway. But that hasn’t happened yet.

In the meantime, questions about the strait continue to undermine Trump’s recent pronouncement during a Kentucky rally that, “We’ve won.”

“You know, you never like to say too early you won. We won,” he said. “We won the, in the first hour, it was over.”

The war has far-reaching political implications

The US Treasury Department announced this past week a 30-day waiver on Russian sanctions, aiming to free up Russian oil cargoes stranded at sea to help ease supply shortages caused by the Iran war.

That’s despite analysts saying that spiraling oil prices due to Persian Gulf production blockages are benefiting the Russian economy. Moscow relies heavily on oil revenue to finance its war on Ukraine, and sanctions were a growing handicap.

Some of Washington’s key allies have decried the move as empowering Putin. Ukrainian President Volodymyr Zelensky called easing sanctions “not the right decision” and said it “certainly does not help peace” because it leads to a “strengthening of Russia’s position.”

With midterm races now starting to heat up, Trump was asked about the potential political impact of voters seeing gas prices jump.

“Politically, sure, everybody has concern — I have to do what’s right,” Trump said Sunday night. “I can’t say that ‘Gee, I don’t want to have any impact on oil prices for three or four weeks, or two months, and we’re going to let Iran have a nuclear weapon.’”

Energy Secretary Chris Wright said of higher energy prices on NBC’s “Meet the Press” that “Americans are feeling it right now” and would “for a few more weeks.”

Iran also has even divided Trump’s “Make America Great Again” base, between those who support the action and others who say that Trump expressly campaigned on ending wars.

The political turbulence has some Democrats predicting their party could see midterm gains rivaling 2018’s “blue wave” election during Trump’s first term.

“Democrats just have to keep reminding people that he made a promise to bring prices down, and they’re still going up,” Democratic strategist Brad Bannon said of Trump. “And now they’re going to go up even more because prices in gasoline can increase prices of everything else, including at the grocery store.”

Voir aussi:

Leaked IRGC manual shows systematic use of civilian sites as missile cover

Arash Sohrabi

Iran International

March 31, 2026
People walk near Iranian missiles in a park in Tehran, March 26, 2026.
People walk near Iranian missiles in a park in Tehran, March 26, 2026.

 

A leaked internal directive from the IRGC’s missile command appears to show that the use of civilian locations to conceal, support and in some cases facilitate missile launch operations is not ad hoc, but structured, documented and built into operational planning.

The 33-page document shared with Iran International by the hacktivist group Edalat-e Ali (Ali’s Justice) has been marked “very confidential” and is titled Instruction for Identification, Maintenance, and Use of Positions.

The document is attributed to the Specialized Documents Center of the Intelligence and Operations Deputy of the IRGC’s missile command.

A framework for missile operations

What emerges from the directive is a bureaucratic framework for missile deployment that goes well beyond hardened silos or underground “missile cities.”

The text lays out categories of launch positions, inspection procedures, coding systems, site records, chains of responsibility and rules for maintaining access to a wide network of locations that can be used before, during and after missile fire.

Its significance lies not only in the variety of launch positions it defines, but in the explicit inclusion of non-military environments in that system.

In its introduction, the document says missile positions are an inseparable part of missile warfare tactics and argues that the enemy’s growing ability to detect, track and destroy missile systems requires special rules for identifying, selecting, using and maintaining such positions.

It adds that the use of “deception,” “cover” and “normalization” alongside other methods would make the force more successful in using those positions.

That language is important. It suggests the document is not merely about protecting fixed military assets. It is about making missile units harder to distinguish from their surroundings and harder to detect in the first place.

  • Iran’s military uses schools and civilian sites during US-Israeli war

     

    Iran’s military uses schools and civilian sites during US-Israeli war

     

Civilian locations as missile cover

The implication of the directive is that it describes a system for embedding missile activity within ordinary civilian geography.

Rather than relying only on conventional military facilities, the document sets out a model in which missile units can move across a wider landscape of pre-identified sites selected for concealment, access and operational utility.

The result is a structure that appears designed to preserve launch capability while reducing visibility and complicating detection.

The clearest indication comes in the section on what the document describes as artificial dispersion or cover positions. These include service, industrial and sports centers, as well as sheds and warehouses – places that are civilian in function or appearance, but can be repurposed to hide missile units.

The conditions listed for such sites include being enclosed, not overlooked by surrounding buildings, and either lacking CCTV cameras or allowing them to be switched off.

Taken together, those requirements point to a deliberate screening process for civilian sites that can be used as missile cover. The concern is not only protection from attack, but invisibility within the civilian landscape.

The broader structure of the document reinforces that conclusion. It contains sections on site identities, naming and coding, inspections of routes and positions, record maintenance and responsibilities across intelligence, operations, engineering, communications, safety, health and counterintelligence.

This is the language of a standing system, not an improvised wartime workaround.

An Iranian couple walks near Iranian missiles in a park in Tehran, March 26, 2026.
An Iranian couple walks near Iranian missiles in a park in Tehran, March 26, 2026.

A system for concealment

Farzin Nadimi, a senior defense and security analyst at the Washington Institute who reviewed the document for Iran International’s The Lead with Niusha Saremi, said the text points to a database-driven effort to identify areas around missile bases that can be used for different kinds of positions.

He said the IRGC missile force appears to have mapped not only launch positions, but also dispersal, deception and technical positions – the latter being places suitable for storing launchers and support vehicles and, when needed, preparing missiles for firing.

“These technical positions,” Nadimi said, “can include large, covered spaces such as industrial sheds or sports halls, where missile launchers and support vehicles can be brought inside, and where missiles can be mounted onto launchers, warheads attached and, in the case of liquid-fueled systems, fueling operations carried out.”

That point is critical. If civilian-looking or civilian-owned structures are being used not only to shelter launchers, but also to prepare them for launch, then the document describes more than concealment. It describes the embedding of missile operations inside civilian infrastructure.

A network built for dispersal

Nadimi also said the directive places repeated emphasis on speed – getting launch vehicles into these buildings quickly before launch and returning them to cover quickly afterward.

In his reading, the database tied to these positions includes technical features of each site, access routes and nearby facilities, including the nearest medical center, police station and military post.

It also, he added, records whether use of the property can be coordinated in advance with the owner, including contact details, or whether occupation could occur without prior coordination in urgent cases.

If so, that would suggest the system extends down to the level of property access and local civilian surroundings, turning seemingly ordinary sites into preplanned nodes in a missile network.

The document’s own emphasis on route inspection, site profiles, records and coded classification supports the picture of a missile force operating through a dispersed support architecture rather than through fixed bases alone.

Iranian missiles displayed in a park (March 26, 2026)
Iranian missiles displayed in a park (March 26, 2026)

Why this puts civilians at risk

Nadimi warned that the use of civilian environments is especially troubling because many IRGC launchers are themselves designed to blend into civilian traffic.

“Many of these launchers essentially resemble civilian vehicles or trailers,” he said.

He added that larger launchers for Khorramshahr missiles can be covered with a white casing that makes them look like an ordinary white civilian trailer, while the towing vehicle is also typically white.

Smaller launchers, he said, are often painted not in conventional camouflage but in ways that make them less conspicuous in civilian surroundings.

That observation fits closely with the document’s emphasis on cover, concealment and post-launch disappearance. The combination of disguised launch vehicles and preidentified civilian sites suggests an operational doctrine built around blending missile units into non-military space.

According to Nadimi, this has direct consequences under the laws of war.

“The use of civilian environments, structures and buildings for this purpose is unlawful under the laws of war,” he said. “It removes the protection those buildings would otherwise have and turns them into legitimate military targets.”

The danger, he added, is that civilians living or working in such places may have no idea a missile launcher is being hidden in their vicinity until they themselves are exposed to attack.

An organized doctrine, not an exception

The leaked directive therefore appears to document something broader than the existence of underground missile facilities or dispersed launch sites.

It points to an organized method for extending missile operations into the civilian sphere – using industrial buildings, service facilities, sports complexes, warehouses and other non-military spaces as part of a launch architecture designed to survive surveillance, evade detection and preserve firing capability under wartime pressure.

In that sense, the document is not just about positions where missiles are launched from. It is about how a military force can fold launch operations into everyday civilian geography – and in doing so, transfer the risks of missile warfare onto places and people that outwardly have nothing to do with it.

Voir de même:

Azadeh Akbari
Iran International
Mar 30, 2026
Iran’s security and military forces moved personnel, weapons and equipment into at least 70 civilian sites during the US-Israeli airstrikes, an Iran International investigation found, exposing what appears to be a nationwide pattern of using public spaces for military purposes.
The sites span 17 provinces, 28 cities and two villages. Nearly half of them – 34 in total – were primary or secondary schools. Other locations identified in eyewitness accounts and documents reviewed by Iran International included hospitals, stadiums, universities, mosques, parks and government offices. The accounts were gathered over a 10-day period from March 2 to March 14, 2026, during a near-total internet shutdown that sharply restricted the flow of messages, photos and video from inside Iran. While Iran International could not independently verify every account, it geolocated visual evidence from seven reported sites, all of them schools.
Civilian sites and battlefield risk
The deployment of military forces at civilian sites “shifts battlefield risks onto civilians,” a regional security source who requested anonymity said, adding that using such locations for military purposes is prohibited under international law. “When security or paramilitary forces move into schools, hospitals or mosques, they endanger civilians physically, degrade protected civilian services and may turn those sites into military objectives,” the source said. Under international humanitarian law, civilian sites can lose protected status if used for military purposes, though attacking forces must still comply with rules on distinction, proportionality and precaution. The source said the legal implications vary depending on the type of site but warned that such practices can strip civilian locations of their protected status. “Schools are civilian objects; using them as barracks, firing positions, detention sites, or weapons depots can make them lawful military targets, while still leaving the attacker bound by distinction, proportionality, and feasible precautions,” the source said, adding that this “amounts to human shielding.” At least four hospitals were identified in eyewitness accounts as having nearby or associated military deployments, including Golestan Hospital in Ahvaz and medical sites in Kermanshah and other western regions. “Hospitals get even stronger protection than schools. Under International Humanitarian Law, they must be respected and protected, but if they are used outside their humanitarian role, such as for a base, observation post, military center, shelter for military-security personnel, or weapons depot, they lose that special protection, although a clear warning is required before any attack,” the source said. At least three mosques were identified in eyewitness accounts as having been used for military deployments. In the capital, Tehran, this included Rezvan Mosque on March 8 and Chahardeh Masoum Mosque in University Town on March 7, where special police units were stationed. Mosques are protected as civilian objects and may also qualify as cultural property under the 1954 Hague Convention for the Protection of Cultural Property, the source said. “Using mosques for military purposes is prohibited, but if turned into a military objective, they lose protection, while attacking forces must still take precautions and avoid indiscriminate or disproportionate action,” the source added.
How the reporting was assembled
As authorities imposed a near-total internet shutdown across the country after the outbreak of the war, only a limited number of messages were able to get through filtering systems, while photo and video footage remained scarce. Iran International collected eyewitness accounts from March 2 to March 14 but could not independently verify every claim. It was nevertheless able to geolocate visual evidence accompanying some of the reports, identifying seven locations, all of them schools.
A pattern across multiple provinces
The accounts reviewed by Iran International illustrate the breadth of the reported deployments across multiple provinces. In Tehran and surrounding areas in north-central Iran, eyewitness reports said police, intelligence and administrative offices in Malard were relocated on March 8 to Fatemiyeh Girls’ High School, which is located alongside two other schools near a gas station. One of the main hubs for Iran’s plainclothes security forces in Tehran is the Basij’s Meghdad Resistance District, known as the “Meghdad base.” It is located on Azadi Street, next to Sharif University of Technology. During the June 15, 2009 protests – part of the mass demonstrations that followed Iran’s disputed presidential election and became known as the Green Movement – gunfire using live ammunition was directed at demonstrators from the base’s rooftop. The Meghdad base sits next to the central headquarters of the West Tehran Combatants Council, a complex with significant influence across paramilitary and security structures. The surrounding area was targeted in strikes on March 6. After the strikes, eyewitness accounts on March 8 said remaining personnel and equipment had been moved to a fire department building directly opposite the former Meghdad base. Another eyewitness account on March 9 said forces and equipment were relocated again, this time to a Bank Mellat complex on Azadi Street near the start of Jeyhoon Street. The site is one of the bank’s key national facilities and houses its data center. Beyond the capital, similar deployments were reported across multiple regions of the country. In Khuzestan province in southwestern Iran, eyewitness accounts said military forces were stationed at Takhti stadiums in Izeh and Ahvaz, as well as at Chamran University and near Golestan Hospital in Ahvaz, and at a girls’ primary school in Dezful. In Fars province in southern Iran, military forces were reported at Sardaran Stadium and near the Negin commercial complex in Shiraz, as well as at schools in rural areas. In Kermanshah in western Iran, missile launchers and military forces were deployed near major hospitals and at an industrial factory. In East Azarbaijan in northwestern Iran, forces were reported at multiple schools in Tabriz and in Hadishahr. In Isfahan province in central Iran, forces were stationed at women’s parks, sports facilities and schools in several cities, including Isfahan, Dastgerd and Naein. In Alborz province west of Tehran, deployments were reported across Karaj, Hashtgerd and Mehrshahr. In Razavi Khorasan in northeastern Iran, forces were reported to have used schools in Mashhad as bases, while in Bushehr in southern Iran they were stationed at universities. In West Azarbaijan in northwestern Iran, forces were reported at a school in Khoy, while 22 Bahman Stadium in Qazvin in north-central Iran served as a main base. In Kohgiluyeh and Boyer-Ahmad province in southwestern Iran, military forces used Naft Stadium in Gachsaran. In Markazi province in central Iran, deployments were reported at a school and a government office in Arak. In Mazandaran in northern Iran, schools in Tonekabon were used as bases. In Golestan in northern Iran, military forces were reported at a school and a government building in Gorgan, while in Lorestan in western Iran, deployments were reported at several high schools in Borujerd. US warning and Israeli response Iranian officials have repeatedly denied accusations that the country uses civilians as shields and have accused Israel of targeting civilian infrastructure during the conflict. The Israeli military, when contacted for comment, confirmed that Iranian forces were deploying personnel and weapons at civilian sites such as schools, mosques and stadiums. “Iran’s regime, like all of its proxy and terrorist groups across the Middle East that are activated and employed by this regime, has effectively turned defenseless people into its human shields and hides behind these innocent, unfortunate civilian populations,” Israel Defense Forces Persian-speaking spokesman Kamal Penhasi told Iran International. “It tries to conceal its military assets and weapons behind people and among the population, including in hospitals, schools, and mosques,” he added. Asked how civilian harm is minimized in populated areas, Penhasi said evacuation warnings are issued ahead of operations and precision-guided weapons are used to limit collateral damage. “We do everything within our power to the extent possible to prevent harm to civilians and the citizens of the dear Iranian nation.” Penhasi urged people to distance themselves from such locations and follow evacuation warnings. “I ask the people of Iran to pay attention to our messages to protect their lives and safety. As soon as they receive a warning message, they should move away and also pass it on to their neighbors, friends, and relatives,” he said. Iran International also reached out to the US Central Command, the White House and the Pentagon for comment, but they did not immediately respond to requests for comment. US Central Command on March 8 issued a safety warning to civilians in Iran, saying civilian locations used for military purposes could become legitimate military targets under international law. “The Iranian regime is using heavily populated civilian areas to conduct military operations, including launching one-way attack drones and ballistic missiles,” CENTCOM said in a statement. “This dangerous decision risks the lives of all civilians in Iran since locations used for military purposes lose protected status and could become legitimate military targets under international law,” the statement added.
Voir enfin:
Le président russe Vladimir Poutine et le président iranien Massoud Pezeshkian lors d'une rencontre au Kremlin à Moscou le 17 janvier 2025.
Entre assistance cyber, partage de renseignement, approvisionnements technologiques ou soutien économique envers l’Iran, la Russie et la Chine cherchent à préserver leurs intérêts stratégiques. Jusqu’où ces deux puissances sont-elles réellement prêtes à aller pour soutenir l’Iran ?
Viatcheslav Avioutskii et Yohan Briant
Atlantico

14 mars 2026

Atlantico : Au-delà des déclarations diplomatiques, quelle forme concrète prend aujourd’hui le soutien de la Russie à l’Iran ? Jusqu’où Moscou serait-il prêt à aller sans entrer directement en confrontation avec les États-Unis ou Israël ?

Yohan Briant : Pour répondre à cette question, il faut presque commencer par la fin : jusqu’où Moscou serait-il réellement capable d’aller ? La première chose à examiner est en effet la capacité d’action de la Russie. On n’en a pas toujours l’impression, mais la Russie connaît aujourd’hui des difficultés importantes. Sur le plan économique comme sur le plan opérationnel, ses capacités restent relativement limitées. La Russie vend son or, ses marges financières sont contraintes, et son appareil militaire est très sollicité.

Cela étant dit, la Russie reste une puissance scientifique et technique. Elle dispose de compétences humaines très solides, notamment dans le domaine cyber. Et c’est précisément un domaine dans lequel elle peut s’engager plus facilement, parce qu’elle possède l’expérience et les capacités nécessaires. Le cyber présente en outre un avantage stratégique majeur : il permet d’agir sous le seuil du conflit ouvert. On est dans des zones grises, des opérations difficiles à attribuer avec certitude, ce qui laisse une marge d’ambivalence sur le soutien apporté. Cette ambiguïté est souvent la forme de soutien la plus efficace.

Si l’on regarde la situation régionale, la Russie a par ailleurs perdu un point d’appui essentiel avec l’affaiblissement de sa présence en Syrie. Cela limite ses possibilités d’intervention directe au Moyen-Orient. En réalité, Moscou n’a plus tant de capacités que cela pour s’impliquer militairement dans la région ; le cyber reste donc l’un des rares domaines où elle peut peser.

Sur le plan stratégique, la Russie se trouve aussi dans une position ambivalente vis-à-vis des États-Unis. La relation entre Donald Trump et Vladimir Putin a souvent oscillé entre signaux d’ouverture et tensions, ce qui rend la situation difficile à lire. On l’a vu avec certains épisodes récents, comme l’arraisonnement d’un navire russe lié au Venezuela. Dans ce contexte, il est probable que Vladimir Poutine adopte une posture de retenue et d’attente.

La Russie observe aussi les divergences potentielles entre les objectifs américains et ceux d’Israël. Les États-Unis ont généralement une approche plus pragmatique, soucieuse de préserver un certain ordre régional et les relations avec les partenaires du Golfe. Israël, lui, peut avoir des objectifs plus radicaux, comme la destruction du régime iranien, sans forcément se projeter sur ce qui viendrait après. Si le conflit devait durer, ces divergences pourraient apparaître plus nettement. On pourrait même imaginer, dans certaines circonstances, une tentative américaine de négociation avec les Gardiens de la révolution si le pouvoir iranien évoluait vers un régime plus militarisé.

La Russie est consciente de ces dynamiques. Dans ce contexte, un soutien cyber à l’Iran lui permet d’intervenir tout en conservant une distance stratégique. Cela lui offre une marge d’action sans exposition directe.

Par ailleurs, la posture russe a été très prudente au début du conflit. Une implication trop visible aux côtés de l’Iran aurait été risquée si le régime iranien s’était effondré rapidement. Aujourd’hui, la situation semble plus incertaine et le conflit pourrait durer, notamment en raison de la culture du martyre qui caractérise les Gardiens de la révolution. Dans ce contexte, il est possible que le soutien russe évolue progressivement.

Donald Trump a admis dans une récente interview que Vladimir Poutine aidait l’Iran contre les Etats-Unis, notamment pour viser des cibles américaines. Quelle pourrait être cette aide fournie par la Russie à l’Iran, notamment via les services de renseignement ?

Viatcheslav Avioutskii : La Russie dispose de capacités beaucoup plus importantes pour mener ce type d’activité. Historiquement, les services de renseignement russes, très liés au régime, ont toujours bénéficié d’un réseau extrêmement développé à l’étranger. Depuis l’époque soviétique, ces réseaux n’ont pas disparu.

Il existe une présence russe assez importante à Dubaï, où la présence iranienne est également très forte. Les Russes ont aussi été récemment beaucoup plus actifs au Qatar, mais également en Arabie saoudite. Ils disposent de relais locaux.

D’une manière générale, le renseignement russe possède davantage d’expérience et se révèle plus performant. Il dispose de capacités d’analyse et de croisement des informations plus importantes. La connaissance par la Russie des infrastructures américaines dans les pays du Golfe est plus développée que celle de l’Iran. La Russe a éventuellement pu partager ce type d’informations.

Il n’est pas exclu non plus que certains satellites aient été utilisés, permettant de suivre le déplacement de systèmes antiaériens ou d’autres moyens militaires américains et israéliens présents dans la région du Golfe.

Les Américains, qui se préparaient à la guerre, ont choisi de frapper les premiers plutôt que de rester exposés dans leurs bases en attendant une riposte. Leurs unités ont probablement été déplacées, ce qui se produit de manière tout à fait naturelle. Les lance-missiles, tout comme les systèmes antiaériens, ne restent jamais longtemps au même endroit.

L’Iran ne dispose pas de toutes les capacités nécessaires pour détecter ces systèmes. Le pays manque d’expérience dans ce domaine. Contrairement à la Russie, l’Iran n’a pas été engagé dans une guerre conventionnelle lui permettant de développer la capacité de repérer les systèmes mobiles antimissiles ou les rampes de lancement.

La Russie, en revanche, a réussi à développer ces compétences et est beaucoup plus adaptée. Il ne faut pas oublier que, avec l’armée ukrainienne, l’armée russe est aujourd’hui l’une des armées les plus expérimentées au monde dans la conduite d’une guerre conventionnelle de nouvelle génération.

C’est donc ce type de renseignement que les Russes peuvent potentiellement transmettre à leur allié iranien.

Malgré une certaine condamnation de cette guerre en Iran par la Russie, on constate que ces condamnations restent assez modérées, même si la question a été évoquée au Conseil de sécurité.

Dans le même temps, la Russie tente de rester présente, même sous une forme réduite ou à travers une équipe très limitée, à un niveau inférieur. Le principal canal d’influence dont elle dispose aujourd’hui est le renseignement et le partage d’informations.

La seconde dimension du soutien de la Russie à l’Iran pourrait être la fourniture de certains matériels militaires disponibles et potentiellement critiques dans la situation actuelle. Il est peu probable que la Russie soit aujourd’hui capable de fournir des missiles à l’Iran, car elle en a elle-même besoin sur le front ukrainien. En revanche, la Russie pourrait tout à fait partager avec l’Iran des équipements de dernière génération dans le domaine des drones, ainsi que différents types de technologies associées.

La Russie dispose notamment de drones intercepteurs et de systèmes qui semblent aujourd’hui plus développés que les drones iraniens, lesquels ont parfois servi de prototypes. Il est donc possible qu’il ne s’agisse pas nécessairement de fournir directement des drones, mais plutôt de transmettre certaines technologies.

Il est également possible que l’expérience soit partagée à travers la présence de conseillers militaires.

La Russie cherche surtout à préserver un minimum d’influence auprès de l’Iran, car une absence totale ou une passivité complète serait interprétée, du point de vue de Téhéran, comme une rupture stratégique, ce que la Russie ne peut pas se permettre.

Il est important toutefois de rappeler que l’accord de défense signé avec la Russie ne prévoit pas un engagement militaire direct de la Russie aux côtés de l’Iran contre un agresseur externe. Il ne prévoit pas non plus une fourniture automatique d’armes à l’Iran. Chaque livraison doit faire l’objet d’un dossier spécifique.

La question logistique n’est pas simple également, puisque la Russie ne possède pas de frontière terrestre commune avec l’Iran. Les livraisons doivent donc passer soit par l’Azerbaïdjan, soit par la mer Caspienne. Ce n’est donc pas une route particulièrement directe. S’il y a eu des livraisons de certains équipements militaires, elles ont probablement dû se faire par voie aérienne.

Les drones russes et les drones iraniens de longue portée sont assez similaires. Il faut donc mener un travail d’analyse très approfondi pour parvenir à les distinguer, d’autant plus que leurs composants sont souvent d’origine chinoise.

Au début de la guerre en Ukraine, les drones iraniens utilisés par l’armée russe ont parfois simplement été rebaptisés. Le nom changeait et la présentation était adaptée, ce qui rend l’identification plus complexe.

Si Donald Trump a fait ce type de déclaration sur l’influence de la Russie en Iran, il s’agit probablement d’un message adressé directement à Vladimir Poutine, avec lequel il a eu une conversation il y a quelques jours. Il est possible que le président américain dispose d’informations auxquelles nous n’avons pas accès. Il pourrait s’agir de renseignements militaires ou d’informations provenant d’agents présents sur le terrain.

Il existe en effet des éléments indiquant que des agents américains opèrent au sein même de certaines structures de l’armée russe, y compris dans des centres de décision à un niveau relativement élevé. Ces informations apparaissent notamment à travers des fuites régulières.

La Chine est aujourd’hui le principal soutien économique de l’Iran : elle achète une grande partie de son pétrole malgré les sanctions et investit dans ses infrastructures énergétiques. Ce soutien constitue-t-il une assurance-vie stratégique pour le régime iranien ?

Yohan Briant : Je ne dirais pas que c’est une assurance-vie au sens strict. En revanche, cela contribue clairement au maintien du régime et à sa capacité à poursuivre son effort de guerre. Il existe déjà des cadres de coopération entre la Chine et l’Iran. L’Iran est membre de l’Organisation de coopération de Shanghai, ce qui crée un cadre de coopération politique et sécuritaire.

Mais il faut aussi rappeler que la Chine, contrairement aux États-Unis, dispose de très peu d’alliances formelles. Elle n’a pratiquement pas de traités d’alliance, à l’exception d’un ancien accord avec la Corée du Nord. Sa politique étrangère reste très pragmatique. Les relations économiques sino-iraniennes sont largement centrées sur les matières premières : la Chine est la cible de près de 80 % des exportations iraniennes de pétrole brut.

Dans cette logique, la Chine pourrait très bien poursuivre ses relations économiques avec un autre pouvoir iranien si le régime actuel disparaissait. Ce qui importe avant tout pour Pékin, c’est la stabilité. Un effondrement de l’Iran, une guerre civile ou un éclatement territorial seraient beaucoup plus problématiques pour les intérêts chinois. La Chine soutient donc un certain statu quo.

Ce soutien s’inscrit aussi dans une bataille de récits. Pékin cherche à présenter les États-Unis comme une puissance impériale déstabilisatrice, tandis que la Chine se positionne comme garante d’un ordre international stable. Elle se présente comme une puissance réformatrice de cet ordre international, alors que la Russie adopte davantage une posture de contestation et de fragmentation.

Dans ce contexte, la Chine peut afficher un soutien économique relativement visible à l’Iran tout en restant certaine de préserver ses intérêts à long terme.

La Chine pourrait-elle utiliser ce conflit en Iran pour développer ses activités de renseignement face aux États-Unis, dans le cadre d’une rivalité plus large avec les Américains, voire comme une forme de répétition stratégique en vue d’une confrontation autour de Taïwan ?

Viatcheslav Avioutskii : Cela est possible. Juste avant le déclenchement de l’opération, le 28 février dernier, l’Iran a organisé des manœuvres navales communes avec la Russie et la Chine. Cela prouve l’existence de contacts réguliers entre l’armée russe et l’armée iranienne, ainsi qu’entre l’armée iranienne et l’armée chinoise.

Cependant, ces manœuvres n’ont manifestement pas permis d’empêcher l’intervention. Elles ont simplement contribué à la retarder d’environ deux semaines. Les Américains ont en effet choisi de ne pas intervenir pendant la présence d’unités de la marine russe ou de la marine chinoise.

La Chine reste très prudente sur le conflit en Iran. Si l’on compare l’aide chinoise apportée actuellement à la Russie dans la guerre contre l’Ukraine, celle-ci demeure limitée. Elle consiste principalement en la fourniture de composants critiques, notamment des puces électroniques destinées aux drones ou à certains équipements militaires lourds comme les chars, dont certains composants sont aujourd’hui fabriqués en Chine.

Il existe également des exemples montrant la prudence chinoise. La Chine a interdit l’exportation d’uniformes militaires vers la Russie. Les uniformes ne semblent pas, en apparence, représenter un élément critique dans une guerre. Pourtant, une partie des uniformes militaires, notamment ceux de couleur kaki, est produite en Chine. De nombreuses armées, y compris occidentales, achètent ce type d’uniformes en raison de leur coût de production relativement faible. Malgré cela, la Chine a officiellement décidé d’interdire cette exportation afin d’éviter d’être soupçonnée d’apporter un soutien direct à la Russie.

L’aide chinoise reste limitée à une coopération commerciale dans certains secteurs précis. Elle concerne notamment les puces électroniques, les composants de drones ou encore des drones civils, qui peuvent ensuite être modifiés ou rééquipés pour un usage militaire.

Si une aide existe aujourd’hui entre la Chine et l’Iran, elle pourrait suivre une logique similaire. Il s’agirait plutôt de la fourniture de drones ou, plus probablement, de composants technologiques.

Nous allons entrer dans la troisième semaine de guerre. L’Iran a déjà commencé à épuiser son stock de drones. Les usines de fabrication de drones fonctionnent actuellement à plein régime. Les composants nécessaires à la fabrication de ces drones ne se trouvent pas aujourd’hui en Iran, mais en Chine. D’une manière ou d’une autre, ils doivent donc être acheminés vers l’Iran. Les Chinois participent probablement à ce type de livraisons. Il ne s’agit pas directement d’armes, mais plutôt de matériel pouvant être utilisé pour la fabrication de certains types d’armements. La Chine serait donc beaucoup plus prudente que la Russie et se limiterait à des livraisons très ponctuelles de matériels spécifiques.

Concernant le renseignement, la Chine dispose de quelques satellites, mais ils sont moins nombreux et servent surtout à couvrir l’espace géographique chinois.

Les satellites russes, en revanche, semblent pouvoir couvrir ponctuellement le Moyen-Orient. Le système satellitaire russe est légèrement plus développé que le système chinois.

Pour contrer les stratégies et les plans de la Russie et de la Chine en Iran, les États-Unis pourraient-ils compter sur une nouvelle vague de manifestations dans les rues iraniennes afin de fragiliser davantage le régime iranien ? Les services de renseignement occidentaux, notamment le Mossad ou la CIA, peuvent-ils permettre d’encourager et de déclencher de nouvelles manifestations contre le régime des mollahs ?

Viatcheslav Avioutskii : Je doute que les agents israéliens ou américains puissent parvenir à déclencher une nouvelle série de manifestations.

Les dernières manifestations en Iran ont eu lieu à la fin du mois de décembre et au début du mois de janvier. Il s’agissait de manifestations spontanées qui se sont propagées très rapidement et qui reflétaient le mécontentement d’une grande partie de la population iranienne à l’égard du régime.

L’activité des services secrets pourrait-elle relancer ces manifestations ? Les agents constituent une ressource très rare. Cela ne concerne pas uniquement des Israéliens présents en Iran. Certains agents sont des Iraniens qui sont en contact avec les Israéliens pour des raisons diverses, parfois financières, parfois idéologiques.

Lorsque ces agents sont découverts, ils sont exécutés sans pitié. Israël ne va pas utiliser aujourd’hui ces agents, dont le nombre est limité, pour tenter de relancer des manifestations d’ampleur. Le risque serait trop élevé qu’ils soient identifiés, arrêtés ou exposés s’ils apparaissaient parmi les leaders de ces manifestations.

Après les manifestations et les représailles massives qui ont coûté la vie à plus de 30 000 personnes en Iran, de nouvelles manifestations ne pourraient être déclenchées que par un événement particulièrement grave, par exemple le début de l’effondrement du régime politique ou militaire en Iran.

Il me paraît très difficile d’imaginer à nouveau des dizaines ou des centaines de milliers de jeunes descendre dans la rue pour risquer d’être massacrés même si les autorités sont actuellement très occupées à répondre aux attaques américaines.

Les Kurdes auraient pu jouer un rôle de déclencheur de manifestations massives, dans la mesure où le séparatisme et une attitude pro-démocratie auraient pu se rejoindre.

Cependant, d’après les informations dont je dispose, Téhéran aurait formulé une proposition préventive. Les autorités iraniennes auraient proposé aux Kurdes d’Iran l’octroi d’une autonomie nationale en échange de leur neutralité pendant ce conflit.  Dans les banlieues de Téhéran, de nombreuses minorités sont présentes, notamment des populations azéries et des Kurdes dans certaines zones.

Les habitants sont aujourd’hui principalement préoccupés par leur sécurité personnelle. Après les premiers jours, lorsque les installations militaires étaient visées, ce sont désormais des infrastructures civiles qui sont touchées, provoquant des dégâts collatéraux. Dans les grandes villes, les habitants se cachent et il est difficile d’imaginer que des centaines de milliers de personnes puissent sortir dans les rues pendant la poursuite de ces bombardements.

Entre le soutien politique au Conseil de sécurité de l’ONU, la coopération militaire et technologique et les exercices communs, observe-t-on la formation d’un axe stratégique durable entre la Chine, la Russie et l’Iran, ou s’agit-il plutôt d’un partenariat opportuniste ?

Yohan Briant : Je ne pense pas que l’on puisse parler d’un véritable partenariat stratégique au sens classique. Dans les relations extérieures de la Chine, lorsqu’il existe un partenariat stratégique, il y a presque toujours une hiérarchie très nette. On le voit par exemple dans les relations entre la Chine et le Pakistan : Pékin occupe la position dominante.

La Chine a du mal à concevoir les relations internationales sous la forme d’une interdépendance symétrique. Elle privilégie des relations dans lesquelles elle conserve une position dominante et où elle dispose d’une diversification suffisante pour ne jamais dépendre d’un seul partenaire. Cela lui permet d’éviter les risques de retournement ou de trahison d’un allié.

On l’a vu dans d’autres contextes, par exemple au Venezuela, où le soutien chinois est resté relativement limité malgré des intérêts économiques. Pékin cherche avant tout à développer un réseau large de partenaires, un maillage stratégique qui élargit progressivement son rayon d’action. Sur ce point, la Chine s’inspire en partie de la stratégie américaine, qui repose historiquement sur un vaste réseau d’alliances et de partenariats.

Dans le cas de l’Iran, Pékin dispose d’un partenaire important qui lui permet d’avoir une présence relativement stable dans la région. C’est stratégique, mais cela ne signifie pas une alliance égalitaire. Dans ce type de relation, il existe toujours un dominant et un dominé — et le dominant est clairement la Chine. Cette hiérarchie introduit forcément des limites dans la profondeur du partenariat.

Autrement dit, on peut parler d’une convergence d’intérêts entre la Chine, la Russie et l’Iran, mais pas d’un véritable axe stratégique comparable à une alliance structurée. Du point de vue chinois, il s’agit avant tout d’un élément supplémentaire dans un réseau d’influence plus large. Pour l’Iran, en revanche, ce rapprochement n’apporte pas forcément des gains matériels très importants au-delà du soutien économique et diplomatique existant.

Voir par ailleurs:

Call the Axis of Adversaries Whatever You Want, but Take It Seriously

Raphael S. Cohen

Rand

Dec 5, 2024

North Korea's Kim Jong-un and Russian President Vladimir Putin meet at the Vostochny Cosmodrome, in the Far East of Russia, photo published by the North Korean Central News Agency on September 14, 2023

North Korea’s Kim Jong-un and Russian President Vladimir Putin meet at the Vostochny Cosmodrome, in the Far East of Russia, September 14, 2023

Photo by KCNA/Latin America News Agency/Reuters

This commentary was originally published by Foreign Policy on December 2, 2024.

In November, two watershed moments changed the global geopolitical landscape. For the first time, North Korean troops showed up on the battlefield in the Russia-Ukraine war. Shortly afterward, the Danish military detained a Chinese-flagged bulk carrier, the Yi Peng 3, on the suspicion that it had deliberately cut two data cables on the floor of the Baltic Sea.

Both incidents mark a fundamental shift in the strategic environment. For the first time, the United States’ adversaries are willing to come to the direct military aid of one another, even on the other side of the globe.

Call it an “axis of aggressors,” an “unholy alliance,” a new “axis of evil,” or something else altogether—the fact remains that military ties among China, Russia, Iran, and North Korea are deepening. And this change should upend how the United States and its allies around the world think about and provide for their national security.

Military ties among China, Russia, Iran, and North Korea are deepening. And this change should upend how the United States and its allies around the world think about and provide for their national security.

North Korea’s troop deployment and China’s suspected cable-cutting cargo carrier did not come out of nowhere. For years now, millions of North Korean shells and thousands of Iranian drones have showed up on the battlefield in Ukraine while Chinese economic assistance has also backstopped Russia’s war effort. China and Russia announced their “no limits” friendship in February 2022, just days before Russia launched its invasion of Ukraine.

More recently, Russia and North Korea inked a mutual defense pact committing the two to aid each other in war, while Russia and Iran are working on a comprehensive treaty that the Russian foreign minister has said will include a defense component. But pacts and promises are one thing; direct involvement in two ongoing wars in Europe—a hot one and a hybrid one—is quite another. China and North Korea have now crossed that Rubicon.

To better understand why these events change everything for the United States, one must delve into the rather wonky world of U.S. defense strategy and force planning.

Beginning with its entry into World War II, the United States sized its military to be able to fight two wars at once—one in the Pacific against Imperial Japan and one in Europe against Nazi Germany. That force-planning construct stuck—more or less—for much of the Cold War, when the United States was worried about beating back communism around the globe.

After the Cold War, the U.S. military held on to a two-war force structure—ostensibly to guard against the possibility of simultaneous wars against Iraq and North Korea—at least on paper. Whether the United States could have fought two full-blown wars in practice remains an open question.

But as Chinese military power became increasingly formidable and the United States worked to reduce the military modernization deficit left over from the so-called global war on terror, a two-war force structure became increasingly untenable. Defense planners recognized that the United States military would be hard-pressed to fight even one war against a major power, let alone two simultaneously.

So Washington lowered the bar. The Obama administration’s 2011 Defense Strategic Guidance—a policy document that serves as the basis for overall military planning—called for “defeating aggression by any potential adversary” while imposing “unacceptable costs” on another—nicknamed the one-and-a-half-war strategy. The first Trump and then the Biden administrations went one step further and got rid of the half: The 2018 (PDF) and 2022 (PDF) defense strategies directed the U.S. military to plan for fighting and winning one war in one theater at a time, while deterring other adversaries without major fighting. The plan is to keep a conflict isolated and localized.

This, in turn, brings us back to why North Korea’s military deployment and China’s cable-cutting are so important. First, both acts indicate that a conflict with one adversary in one part of the world will not necessarily stay limited to that one adversary and region. And second, these events highlight the United States’ limited ability—if not lack thereof—to deter one adversary from joining the fight with another halfway around the globe.

Simply put, as the United States’ adversaries grow closer to one another, the chances of any one conflict in one region then metastasizing elsewhere increases dramatically. And that means that the bedrock planning assumptions in the most recent national defense strategies are outdated, if not outright wrong.

Previous administrations have tried to head off this increasingly precarious strategic environment by attempting to break apart this conglomeration of malign actors. The Obama and Biden administrations offered overtures to Iran. The first Trump administration tried rapprochement with North Korea. And the Bush, Obama, and Trump administrations all tried various resets and overtures to Russia.

All of these ventures, unsurprisingly, have come up short for the simple reason that each of these adversaries is, in its own way, unhappy with status quo and has interests that fundamentally clash with the United States.

As the United States’ adversaries grow closer to one another, the chances of any one conflict in one region then metastasizing elsewhere increases dramatically.

Even if the Trump administration succeeds in stopping the wars in Ukraine and the Middle East, the budding axis between China, Russia, Iran, and North Korea will endure, for the simple reason that it remains in all four states’ strategic self-interest to preserve it.

For China, the axis translates to new sources of raw materials, military technology, and potentially a future tool for geopolitically distracting the United States. For Russia, the axis provides an economic lifeline (in the form of China) and military hardware (from North Korea and Iran). Iran and North Korea, in turn, stand to gain military technology and great-power backing.

None of these reasons will go away—even if Trump administration brokers some sort of truce.

The other way that administrations have tried to tackle the mismatch between threats and military resources is by writing off parts of the world. Most notably, the Obama, Trump, and Biden administrations all wanted to downsize the United States’ military commitment to the Middle East. But each administration found itself pulled back into the region in pretty big ways—to stop the Islamic State; repel Iranian proxies; or, most recently, defend Israel and stop a broader regional war.

This is what some might call a revealed preference: Whereas successive administrations may pay lip service to the idea that the Middle East is peripheral to core U.S. strategic interests, time and again, Washington has demonstrated that it actually does care enough about this region to risk blood and treasure there.

The same may be even truer of Europe, with which the United States is fundamentally intertwined. Even leaving aside the cultural and historical ties, trade between the United States and the European Union makes up nearly 30 percent of all global trade in goods and services and 43 percent of global GDP.

And so, despite the desire by some in Washington to walk away from European security and focus squarely on the Indo-Pacific, the United States will find that it is much easier to say that in the abstract than it is to implement such a shift in practice.

If the United States cannot break the axis apart or ignore aspects of it, then it needs to plan for a changed strategic environment. This includes the very real possibility that the United States will need to fight more than one adversary in more than one theater at a time.

That is why the National Defense Strategy Commission—an bipartisan group of experts tasked with reviewing the national defense strategies—called in its most recent report for the United States to develop a three-theater force construct, acknowledging the reality that the United States faces simultaneous challenges in the Indo-Pacific, Europe, and the Middle East and must therefore be prepared to defend, along with allies and partners, its global interests in all three regions.

Of course, confronting the combined weight of China, Russia, Iran, and North Korea is a herculean proposition. It will require a larger military and significantly more defense spending. That may be a tough political sell. But the United States today only spends about half as much on defense as a share of GDP as it did during the Cold War.

And so, if U.S. leaders truly believe what they say in their strategy documents—that this is most dangerous period since the Cold War and perhaps even since World War II—then it only stands to reason that the United States will need to devote a similar level of effort as during those previous times.

Even with increased spending, the United States still won’t be able to go it alone. As much as the United States may preach “America first,” providing for U.S. security and prosperity will be far cheaper and more effective if Washington can draw on the combined strength of its global network of allies and partners.

That, of course, is premised on the idea that the allies and partners are net contributors to—rather than mere consumers of—global security. So as the United States ramps up its defense investments, its allies around the world must raise theirs in parallel.

In January, there will be a new administration, a new strategy, and a potential chance to reevaluate the United States’ strategic assumptions. That should start by acknowledging that Washington does indeed care about multiple parts of the world, and that the threats posed by the axis of adversaries—or whatever label you choose to describe it—are here to stay. It’s high time to plan accordingly.

Voir de plus:

The ‘failed war’ narrative on Iran is political spin

Though not without cost, the U.S.-Israeli offensive has already made the world safer. Claims of a “quagmire” are an attempt to politicize an issue that should be bipartisan.

Trump
U.S. President Donald Trump boards Air Force One at Palm Beach International Airport in West Palm Beach, Fla., March 23, 2026. Credit: Molly Riley/White House.
Jonathan S. Tobin is editor-in-chief of the Jewish News Syndicate, a senior contributor for The Federalist, a columnist for Newsweek and a contributor to many other publications. He covers the American political scene, foreign policy, the U.S.-Israel relationship, Middle East diplomacy, the Jewish world and the arts. He hosts the JNS “Think Twice” podcast, both the weekly video program and the “Jonathan Tobin Daily” program, which are available on all major audio platforms and YouTube. Previously, he was executive editor, then senior online editor and chief political blogger, for Commentary magazine. Before that, he was editor-in-chief of The Jewish Exponent in Philadelphia and editor of the Connecticut Jewish Ledger. He has won more than 60 awards for commentary, art criticism and other writing. He appears regularly on television, commenting on politics and foreign policy. Born in New York City, he studied history at Columbia University.

President Donald Trump’s announcement of a five-day delay before making good on his threats to bomb Iran’s power plants was greeted with relief by those who have been hoping that he would end the U.S.-Israeli military campaign as soon as possible. It remains to be seen whether the talks reportedly taking place with the Islamist regime to end their nuclear program are achieving any real progress.

This may be evidence that those within the White House pushing for a diplomatic deal with Iran are winning the day over concerns about the economy and increasing gas prices. Or, as with previous decisions by the president prior to the 12-day war in June 2025 and the start of the current conflict, it may be that he is giving them one more chance to bend to America’s will to avoid heavier blows yet to come on what’s left of the country’s infrastructure and military capabilities.

In the absence of evidence that the fanatics who still control Tehran are finally giving up their faith in a perpetual jihad against the West, the latter still seems the most likely answer. His assurance that Israel would be satisfied with what the United States is demanding—and his reminder that if the Iranians don’t satisfy him, his threat that “we’ll just keep bombing our little hearts out”—seems to indicate that he has not changed his position from one of maximum pressure to appeasement.

Politicizing Iran
Regardless of how anyone chooses to interpret this development, discussion about the progress of the war is largely being driven by a narrative promoted by the president’s political opponents and their media cheerleaders. They crow that the American effort is already a failure. Democrats like Sen. Chris Murphy (D-Conn.), as well as many of his congressional colleagues and other would-be 2028 presidential contenders, have been pouring scorn on the administration from the moment the bombs started falling on Iran. They have variously denounced it as illegal, without clear goals and incompetently led. Every small setback and American casualty is depicted as a catastrophe and reason enough not only to end the strikes immediately, but to impeach the president and every official involved with their implementation.

Some, though not all, of these war critics pay brief lip service to the fact that America’s opponent is a savage, theocratic terrorist government that slaughters its own people in their tens of thousands and has been at war with the United States since it seized power in the 1979 revolution. Yet it’s hard to avoid the impression that most of those claiming that the campaign is already a “quagmire”—echoing the propaganda emanating from regime figures like Iran’s Deputy Foreign Minister Saeed Khatibzadeh—are in one way or another rooting for the United States to be defeated.

As was apparent from the first days after Trump’s decision, the Democrats and their new allies on the antisemitic right, led by former Fox News host Tucker Carlson, have a great deal invested in the failure of the effort to stop Iran.

For Democrats, like their Republican foes, in this hyperpartisan age of Trump, every issue, even those that ought to be a matter of bipartisan consensus rooted in a common and easily understood conception of national interest, represents a zero-sum game.

That is especially true for the president’s opponents, whose dislike of him goes beyond normal political antagonism and has become something of a derangement syndrome. In this view, anything that might be construed as a victory for Trump, even if it advances national interests or the security of the American people, is considered bad. That’s because they think he is an authoritarian racist and/or fascist leader, and his discomfiture, if not defeat, transcends every other possible interest.

Where Trump differs
To note this incontrovertible fact about his opponents is not to assert that Trump cannot or has not made mistakes. Nor does it give him a pass for his trademark way of communicating his positions, which is, at best, unorthodox, often confusing and clearly more focused on trolling his critics than on conveying clear messages to the American people. That’s true even if, after sifting through his various comments on this issue, his intentions are not exactly a mystery.

Indeed, Trump has expressed over and over again his belief, shared by his predecessors of both parties over the last two decades, that Iran must not be allowed to have a nuclear weapon and that this must be prevented at all costs. He has also expressed, as has Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, a desire to see the Iranian regime fall and the oppressed people of that tortured country given the opportunity to choose a better government, and thus better lives, for themselves. If he hasn’t laid that out point by point as part of a specific address to the American people, then that is more Trump’s governing style, as well as his demonstrating sensible caution about events he can’t control, than a lack of clarity on his part.

Where he differs from other presidents is his clear-eyed understanding that all of the negotiations and deals cut with the Iranians have been disastrous failures. Former President Barack Obama’s 2015 nuclear agreement was, at best, an effort to kick the can down the road. What it did do was to enrich and empower a dangerous regime, enabling it to finance a campaign of international terrorism and a bid for regional hegemony. Even worse, it not only failed to shut down Tehran’s nuclear program but guaranteed that the mullahs could acquire a bomb once its weak restrictions expired at the end of the current decade.

Those facts may be disputed by partisans, but that doesn’t alter the truth that the efforts of Obama and his predecessor, Joe Biden, to appease Iran actually made the world less safe. Without Obama’s Iran deal and the advantages it gave the Islamist regime, including finances and encouragement of its terror proxies, the Hamas-led Palestinian Arab terrorist assault on Israel on Oct. 7, 2023, may not have occurred. And the world would not have gotten to this point.

Still, the debate currently taking place about the Iran war is not about the desirability of stopping Iran’s nuclear ambitions, its ballistic-missile program or ending its status as the world’s leading state sponsor of terror. It’s an assertion that the U.S.-Israel military campaign is failing in its goals. And that is as palpably false as is the denial about the disastrous impact of Obama’s nuclear pact in the first place.

Is ‘regime change’ possible?
No matter what follows, there is no question that the devastation of Iran’s military capabilities, nuclear facilities and missile program has, at the very least, set back the regime’s ability to make mischief and inflict pain on the region for years to come.

Should the campaign continue, as logic would dictate that it should, that damage will be compounded. Even now, it’s to the point where the regime has been stripped of much of its power. No longer is it the “strong horse” of the Middle East in the wake of its diplomatic triumph over a feckless Obama administration that gave away its leverage in negotiations to get a deal at any price.

That said, there is no sign yet that the regime is at the point where it will fall, which is disappointing. The notion that the Iranian protest movement that shook the regime back in January won’t rise again and take to the streets is, at best, premature. But the bombing campaign is still ongoing, and it’s too soon right now to be sure of the outcome of the conflict.

Can the campaign be a success, even if the mullahs who have succeeded Ayatollah Ali Khamenei and other regime figures taken out during the opening days of the conflict stay in power, however shaky their hold might be?

It’s true that the conflict with Iran will never end until the Islamists are out of power. If Trump accepts a truce at some point with the theocrats still in control, Tehran will declare itself victorious. That verdict will be accepted by Trump’s critics, but also by those in America and Israel who believe that the current campaign is a singular opportunity to end things once and for all.

Yet the real lesson of recent history is not, contrary to Murphy and other Trump foes, that all attempts at “regime change” are foolish and bound to fail. It’s that you can’t impose a change in the system of government in any country from the outside. Trump is right not to invade Iran and replace its government. What he and the Israelis have done is give the regime’s opponents a better chance of success. The United States and Israel have cut their oppressors down to size, killing their leaders and many of their operatives, depriving them of their most deadly weapons and, perhaps most importantly, humiliating them with a resounding military defeat. But the question of their overthrow remains in the hands of the Iranian people, not Washington or Jerusalem.

Simply put, even if the Iran campaign ended immediately, the devastation that it wrought on a dangerous regime should still be counted as a success. Whether it will be a full victory will, as military analyst John Spencer has written, be a function of whether Trump and Netanyahu follow through beyond the current limited scope of their joint effort to ensure that Iran cannot simply come back in a few years with a vengeance, forcing their successors to strike again.

The price that’s being paid
It’s true that the Iranians have made America and Israel pay a price for this military operation.

Israel has suffered through weeks of missile attacks, including some that have caused casualties and significant property damage. The United States has also suffered military casualties. That these losses have been very few when compared to the scale of destruction being visited upon Iran doesn’t make the individual deaths any less tragic. But a dispassionate analysis would have to acknowledge that those casualties do not negate the fact that a dangerous regime that considers itself at war with the West, and allied to China and Russia, has been rendered far weaker. Whatever chance the Iranians had of racing to a nuclear weapon or achieving their hopes to dominate the Middle East is gone. That’s a far greater contribution to the security of the Middle East than that of Obama’s disastrous policy of appeasement.

The war has also caused an immediate and steep rise in oil prices, with a consequential hike in the cost of gasoline at the pump. That, of course, has affected the American and global economies. If this continues indefinitely, it could seriously impact the GOP’s chances of holding onto Congress in the November midterm elections. That, in turn, could ruin Trump’s final two years in office as his Democratic foes proceed to use their majorities to investigate and likely impeach him (albeit with little or no chance of removing him from office) as they did in his first term.

But looking beyond the political implications of higher oil prices, predictions of the collapse of the economy are mere hyperbole, not a serious analysis of the prospects of such an event.

Cheering for Israel’s foes
In the end, the doom-and-gloom view of the war that is being published and broadcast, and echoed by the Democrats, is simply a matter of hoping that their principal opponent can be hurt by the conflict, not whether it’s actually being lost or is doing more harm than good. It is one more cudgel with which to bash anything that comes out of this administration.

There’s also the fact that many of those who are vocally opposed to the attack on Iran are committed to the myth that Israel dragged the United States into a war that wasn’t dictated by U.S. interests. They believe this not because a war against a regime that has killed thousands of Americans and seeks the country’s destruction because of their religious fanaticism is unjustified. Their arguments along those lines are easily refuted by a simple rehashing of the last 47 years of Iranian behavior.

They oppose the U.S.-Israeli campaign because many of them fear it will actually make Israel, as well as America, safer. Those who embrace the post-Oct. 7 Hamas propaganda lies about Israel committing “genocide” are appalled at the idea that an existential threat to the Jewish state is being reduced. Meaning, that is how much a significant cadre in the United States hates the existence of the State of Israel and the power that it currently has.

A poll conducted by the left-leaning Israel Democracy Institute showed that a whopping 93% of Israelis—a figure that encompassed the overwhelming majority of even those who are politically opposed to Netanyahu—support the war on Iran. Indeed, even the far-left Haaretz newspaper, whose politics are even more extreme than those of most liberal Democrats, excoriated J Street, the liberal American group that purports to be “pro-Israel” but which has more in common with anti-Israel and antisemitic organizations than Zionist ones, for opposing the war.

Yet those Israel-haters ignore the fact that the Arab nations in the Gulf and throughout the region are reportedly urging Trump not to stop. Tehran’s decision to attack its Muslim neighbors with even more missiles and drones than the ones it has fired at Israel is a reminder that it is, as it always has been, at war with every country that doesn’t embrace the brand of fanatical and jihad-obsessed Shia Islam that the mullahs have imposed on Iran.

A war for American interests
The war is not a personal project of Trump or Netanyahu. It is one started by the Islamists themselves. They are essentially fighting against everyone but their terrorist allies and auxiliaries. What Trump has done is to stop pretending that this existential struggle is something that can be solved by Western compromises. That recognition ought to be backed by a bipartisan consensus rooted in the notion that politics ends at the water’s edge. Unfortunately, that sort of willingness to prioritize the country’s best interests and security over political one-upmanship is something Trump’s opponents just cannot acknowledge. Their small-mindedness, frustration and obsession with him not winning at any cost make that impossible to consider.

Whatever the campaign against Iran turns out to be—either in terms of regime change or the mullahs’ eventual prospects for rebuilding their arsenal if they hold onto control in Tehran—the effort to strip them of their military assets and make it much harder, if not impossible, to regain the strength they possessed before the current conflict was set in motion by the Oct. 7 atrocities. The blows administered to Hamas and Hezbollah, as well as the significant leadership change in Syria, were all brought on by an atrocious attack on southern Israel. As they say, war has consequences.

As for this one, at worst, it is a limited victory over a dangerous foe that will make the next round of conflict less dangerous for the West and Iran’s Middle Eastern neighbors. At best (and that is still a very real possibility), it has started a process that will eventually end with the collapse of an evil regime and the removal of one of the greatest threats to peace on the planet. Calling that a quagmire—or a failure when these operations are still in full throttle—isn’t just hyperbolic political spin. It’s premature, based on petty prevarications, and downright false.

Jonathan S. Tobin is editor-in-chief of JNS (Jewish News Syndicate). Follow him: @jonathans_tobin.

Voir par ailleurs:

In recent weeks, much of the media commentary on the Iran war has followed the same line. Trump, we are told, entered the conflict without a strategy. His goals are unclear. The Islamic Republic is still functioning. It is still firing missiles. Its leaders are still speaking in the language of defiance. Therefore, the argument goes, the United States must be failing. Much of the commentary has described the war as lacking a plan, marked by confusion over its aims, and driven by shifting goals. Some have gone further, arguing that even an American victory over Iran would be bad for the United States and for the wider world.

This reading is wrong. The war is not the absence of strategy. It is coercive diplomacy: terms first, pressure second, pause third, then renewed pressure from a stronger position.

To judge the war only by missile launches, angry speeches, and the continued movement of a battered regime is to miss the larger picture. What critics call a war without a strategy is, in fact, an attempt to end twenty years of failed policy.

The Logic of Coercion

For two decades, Washington tried different ways to stop the Islamic Republic’s nuclear advance. Some administrations leaned more on sanctions. Others leaned more on diplomacy. Some tried both. Yet through all of it, the Islamic Republic moved from zero enrichment to 60 percent. By June 2025, the IAEA said Iran had 440.9 kilograms of uranium enriched to that level, enough for multiple nuclear bombs if enriched further. At the same time, the IRGC’s missile stockpile grew, its range and destructive power increased, and those capabilities spread to proxies from Lebanon to Iraq and Yemen. That was the result of the old approach.

The war has costs for the United States, politically and financially. But inaction was costlier. Washington began negotiating with Iran when enrichment was at 3 to 5 percent. It was still negotiating two decades later, after that level had reached 60 percent. By then, from a technical point of view, reaching weapons-grade material was no longer a scientific hurdle. It was a political decision. For years, diplomacy was politically and financially preferable to war. But there was no longer another twenty-year window. Iran was a nuclear-threshold state, shielded by a large missile arsenal and aligned with China and Russia. And Iran is not North Korea. It sits in the middle of the world’s most strategic region, close to major energy routes, trade corridors, and American allies. Its weaponisation would have carried far wider consequences. The price the United States is paying now is heavy. But it is still far less than the political, economic, and geopolitical price it would have paid for allowing the Islamic Republic to harden into an entrenched nuclear-threshold power.

The war has costs for the United States. But inaction was costlier.

Trump’s answer was different. He was no longer trying to manage the problem or secure another temporary arrangement. After returning to office in January 2025, he demanded rollback: an end to enrichment, limits on the missile programme, and the dismantling of the proxy network through which the Islamic Republic had built regional power. Tehran refused, as it had through two decades of diplomacy and negotiation. The result was a shift from bargaining to attrition. The regime began to lose, by force, the very instruments through which it had built deterrence and projected power. In that sense, coercion was producing the rollback that diplomacy had failed to secure.

The 12-day war began in June 2025, after diplomacy failed and Israel struck the Islamic Republic’s nuclear and military infrastructure. The attack came at the end of a two-month negotiating window set by Trump. It marked the shift from coercive diplomacy to open war.

Trump stopped the war after twelve days. That pause, too, was part of the strategy. The June war did not target the political leadership. It was meant to shock the regime and force a choice, while giving its political leaders time to assess the damage and decide whether saving the system now required giving up some of its strategic assets.

That did not happen. A few months later, negotiations resumed, but within the same coercive framework. They were not a fresh search for compromise. They were another attempt to force acceptance of the same core demands.

Ali Khamenei rejected those terms again and was killed in the opening moments of the second war. This followed the same logic. If Khamenei himself was the main barrier to surrender, then removing him could create space for others inside the system to accept what the Islamic Republic had long refused.

But the regime remained defiant. Seventeen days after Khamenei’s death, Ali Larijani, another senior political figure, was also killed. Now, Ghalibaf’s name is being floated as the man who could be pushed to accept those demands. But the deeper reality is that Ghalibaf is not the man calling the shots in Iran today. Nor was Larijani. After Khamenei, no one is fully in command. This, too, is a sign of a system struck at the centre and beginning to unravel.

The administration’s refusal to recognise Mojtaba Khamenei, along with Trump’s dismissal of him as “a lightweight” who would be “unacceptable” as Iran’s leader, is part of the same coercive sequence. By denying him legitimacy from the outset, Washington is floating names, testing possibilities, and searching for someone within the regime willing to sign. At the same time, the regime’s nuclear, missile, naval, and proxy assets, together with the wider military machinery on which its regional power depended, are being steadily degraded. The Islamic Republic still has a choice: relinquish what remains by agreement, or lose it by force.

Negotiation and war are not opposites. They are successive phases of the same campaign.

This is the point many critics miss. In Trump’s approach, negotiation and war are not opposites. They are successive phases of the same campaign. Negotiation presented the terms. Force raised the cost of refusal. The pause tested whether the strikes had altered the regime’s calculations. Negotiation then resumed from a position of greater pressure. That is not incoherence. It is strategy.

The End of the Old Status QuoWhatever happens next, Trump has already changed the strategic picture. If this war ends with the fall of the Islamic Republic, he will have secured a historic victory. If the regime survives, it will survive in a diminished form. In less than a month, Washington has already achieved what twenty years of negotiations did not: an Islamic Republic with its nuclear and missile programmes sharply pushed back and its regional reach greatly reduced. Either way, the old status quo is gone.

Two analytical mistakes have made this harder to see.

The first is to mistake visible continuity for strength. In an earlier essay on the Islamic Republic’s collapse plan, I argued that a system can still fire missiles, repress, broadcast, and project fragments of normality after its centre has been hit. None of that proves it is strategically healthy.

The second is to act surprised by escalation. Before the war, I described the Islamic Republic’s logic as deterrence through escalation. Anyone who thought the regime would collapse through decapitation alone misunderstood it. The administration clearly did not make that mistake. That is why it deployed hundreds of tons of ammunition to the region before the war began. Continued missile fire does not prove that Trump has no strategy. It shows that the Islamic Republic has one too: absorb punishment, escalate where possible, and hope that fear, market shock, and regional pressure weaken American resolve before the regime is forced into real surrender.

The very states Iran hoped to intimidate are moving in the opposite direction.

But that strategy has limits. The more the regime threatens shipping, attacks infrastructure, and uses missiles, drones, and proxies as tools of pressure, the more it convinces its neighbours that their own trade, investment, and long-term stability cannot safely coexist with the Islamic Republic as it is. Tehran’s calculation was that regional havoc would frighten neighbouring Arab states into pressing Washington to stop the war. Instead, the logic has begun to reverse. Qatar and Saudi Arabia have declared Iranian diplomatic personnel persona non grata, while the UAE has closed its embassy in Tehran and withdrawn its diplomatic mission. The very states Iran hoped to intimidate are moving in the opposite direction, concluding that its capacity for disruption must be reduced, not accommodated.

So the central argument is simple. Much of the prevailing media reading is wrong because it mistakes visible continuity for strategic success and escalation for surprise. It sees a regime still speaking, still firing, still standing in some form, and concludes that Washington must have no plan. But the plan is visible. Trump appears to have concluded that sanctions, diplomacy, delay, and partial restriction did not stop the Islamic Republic’s nuclear advance. They only slowed it while the programme moved closer to threshold status. His answer was not to manage the problem more carefully, but to try to end it.

One may say this strategy is dangerous. One may say it is too blunt, too risky, or too ambitious. But it is not absent. The question is no longer whether Trump has a strategy. The question is whether the Islamic Republic, under the greatest pressure it has faced in decades, will accept strategic retreat before the cost of refusal becomes existential.

With or without another war, the regime’s days are numbered

The war may continue until the regime falls. It may also pause again, to give Tehran one more chance to accept the terms. But if the regime persists on the same path and tries to rebuild what it has lost, a third war will be hard to avoid. In the meantime, it will face crippling sanctions and a far more hostile region after firing hundreds of missiles and drones at neighbouring states. They will not forget this episode. For two decades, those same states were Tehran’s economic lifeline, tolerating the Islamic Republic’s elaborate sanctions-busting networks and the thousands of front companies through which it kept trade alive. That lifeline is now fraying. The old status quo is gone. With or without another war, the regime’s days are numbered. That is the strategic shift many analysts still fail to see.


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