D’un vice, le capitalisme financier a fait une vertu. La cupidité a du bon, nous assure Gordon Gekko, personnage principal du film Wall Street, d’Oliver Stone (1987) : grâce à elle, nous faisons des choix plus efficaces et plus rationnels, qui seront bientôt plébiscités par le marché. Cette formule, qui en est venue à résumer notre époque, le philosophe américain Michael Sandel ne la cite pas dans son livre Justice, mais il l’a bien en tête lorsqu’il affirme au tout début de l’ouvrage : « La cupidité est un vice, une manière d’être condamnable, en particulier lorsqu’elle a pour effet de rendre insensible à la souffrance d’autrui. » A ses yeux, la définition du vice et de la vertu, loin d’être une question réglée, est l’enjeu caché de nombreux débats contemporains…
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